Des semis qui filent à la verticale… et qui finissent par s’écrouler

Au printemps, on a tous envie de semis bien trapus, bien verts, prêts à filer au potager. Mais quand les jeunes plants s’étirent,pâlissent et tombent,c’est souvent le signe que quelque chose cloche dans la lumière,la température,l’arrosage ou la densité de semis.
Et là, on parle de sérieux pour le sol, mais aussi pour la suite de la saison : un plant chétif au départ donne rarement une belle récolte ensuite.
Le printemps est enfin arrivé. Les graines ont déjà été achetées, le terreau de semis a été préparé et les engrais sont en stock. Les graines ont été semées pour produire des plants, et voilà que les semis levés se sont étirés et sont tombés.
La question qui se pose alors est simple : que faire si les semis s’étirent et tombent ? Et surtout,pourquoi cela arrive-t-il ?
Quand la lumière manque,les semis font dans la grande tige

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les plantules s’affaiblissent. Quand le rapport entre l’éclairage,le chauffage,les horaires d’arrosage,la fréquence de semis et les engrais n’est pas bon,les semis finissent par filer.
Le manque de lumière, les températures élevées et l’air sec provoquent l’allongement et la fragilisation de la tige.
Un semis trop dense pousse les plants à chercher la lumière et à se battre entre eux.
Ce phénomène est encore accéléré par une fertilisation excessive. Plus on force, plus on fragilise : c’est le meilleur moyen de se planter.
Pour éviter que les jeunes plants ne s’étirent, il faut réunir quelques conditions de base : un bon substrat, une lumière suffisante, une température adaptée et un arrosage mesuré.
On prépare le terreau de plantation avec des engrais complets, si besoin. L’azote est essentiel au développement et à la croissance des plantes. Les engrais contenant du phosphore renforcent et développent le système racinaire. Le potassium, lui, améliore la résistance de la plante aux maladies.
Thermomètre en main,pas en surchauffe

La désinfection,la germination et l’endurcissement des graines comptent beaucoup. On maintient les récipients de germination au chaud jusqu’à l’apparition des plantules. La plupart des plantes germent à une température comprise entre 20 et 25 °C, et la lumière n’est pas encore indispensable à ce stade.
Mais dès que les premières boucles apparaissent,on déplace les contenants dans un endroit suffisamment lumineux et un peu plus frais. Avec l’apparition de deux ou trois vraies feuilles, la température autour des semis est abaissée à 12-15 °C. Cela ralentit leur développement et évite qu’ils ne filent trop vite.
Le bon réflexe : lumière forte, chaleur modérée. pas l’inverse.
*La tête du jardinier quand il découvre des semis tout maigres parce qu’ils ont passé trois jours au-dessus du radiateur…*
Le produit « Athlète » : à utiliser avec prudence
Avec l’apparition de deux à trois vraies feuilles, on peut pulvériser les jeunes plants avec « Athlète ». En plus de ralentir la croissance, ce produit agit sur la division cellulaire. On ne va pas se mentir, il faut rester prudent : il est difficile de prévoir son effet sur le rendement plus tard.
Sur le terrain, on recommande de l’utiliser avec discernement, et seulement si les autres paramètres sont déjà corrigés : lumière, température, arrosage, densité. Le produit peut aider, mais il ne remplace jamais de bonnes conditions de culture.
Arrosage : la douche froide, mais en douceur

L’humidité du sol est un autre facteur qui influence la qualité des plants obtenus. Même avec des trous de drainage dans les contenants, cela ne suffit pas à éviter un substrat trop humide.
On ne peut pas donner une fréquence d’arrosage universelle pour les jeunes plants. En revanche, on peut dire qu’ils ont besoin d’eau quand leur feuillage commence à s’affaisser légèrement. Trop arroser,c’est souvent favoriser des racines paresseuses et des maladies. Pas idéal.
Un semis trop mouillé, c’est une invitation aux ennuis.
Trop serrés,trop pressés,trop fragiles
Quand les semis sont trop denses,ils s’allongent,pâlissent et s’affaiblissent parce qu’ils se disputent la nourriture,l’eau et la lumière au milieu d’une croissance trop serrée. Ces plants-là ont peu de chances de produire une belle récolte après repiquage.
La probabilité d’apparition de maladies fongiques augmente aussi dans les zones trop plantées, et la proximité des jeunes plants permet à l’infection de se propager rapidement.
Moins de promiscuité, plus de lumière, et déjà moins de soucis.
Premiers secours au carré des plantules
Quelle qu’en soit la cause, les jeunes plants se sont développés de travers. Que faut-il faire ? La réponse dépend de la variété concernée. Ce qui convient aux tomates ne s’applique pas aux poivrons ou aux aubergines, et la méthode utilisée pour les courges ne vaut pas pour les choux.
Tomates en longueur, tomates en rattrapage
Les semis de tomates peuvent s’effondrer pour deux raisons : un étiolement excessif ou une maladie des semis. Les méthodes de rattrapage varient selon la cause.
Si un plant de tomate est très allongé,il existe plusieurs façons de corriger la situation. Un plant très étiré peut être sectionné en plusieurs morceaux, chacun pouvant être enraciné séparément. On peut aussi couper la partie supérieure et la placer dans l’eau jusqu’à l’apparition de racines.
Si la tige n’est pas trop allongée, on peut la planter en biais. Il est inutile d’enterrer le plant dans une tranchée trop profonde. Lors de la plantation, on creuse simplement une tranchée modeste mais longue. On couche la tige horizontalement jusqu’à une feuille bien développée, puis on recouvre de terre. Grâce à cela, les racines se formeront à la bonne profondeur et la tige enterrée favorisera le développement de racines supplémentaires, ce qui peut donner une meilleure récolte.
Pour en savoir plus sur la plantation de tomates fragiles, consultez l’article « Comment planter des tomates en surnombre ».
La jambe noire, une maladie infectieuse qui touche les semis trop serrés, peut aussi provoquer le flétrissement et la mort des plants de tomates. Dans ce cas, on élimine les plants atteints et on pulvérise le sol avec du Fitosporin, une solution de manganèse rose ou tout autre fongicide adapté.
Poivrons : on évite le bricolage de secours
Couper et enraciner le sommet,ou coucher la tige pour la faire repartir,est inefficace sur les poivrons. Cette méthode ne produira pas de racines supplémentaires ; elle convient surtout aux tomates.
Si cela se produit dans le lieu de culture définitif, il faut retirer immédiatement la fleur et suspendre l’allongement du plant pendant le stade de semis. Avant la plantation en pleine terre, on supprime la fleur ou le bouton floral situé à la fourche, puis on taille les plants sans fourche de manière à leur laisser cinq à six feuilles.
La culture principale se développe sur les branches latérales. En outre, la tige d’une plante taillée ne grandit plus pendant deux à trois semaines, mais elle s’épaissit et se ramifie nettement.
Chez le poivron,on mise sur la structure,pas sur la course en hauteur.
Aubergines : un peu de terre, beaucoup de tenue
Avec les aubergines, tout est assez simple. Si on abaisse la température ambiante dès l’apparition des germes,les plantules ne s’allongeront pas. Lors du repiquage en godets individuels, il est très pratique de laisser un peu de place sous le bord pour ajouter de la terre au fur et à mesure.
Si la plante continue de se développer,on dispose ainsi d’un espace pour rajouter du substrat. Et si cet espace n’existe pas, on peut fabriquer un collet supplémentaire en prolongeant le godet avec une bande de film plastique épais. On découpe cette bande en morceaux de 5 à 7 cm de large, on l’enroule autour du haut du gobelet et on la fixe avec une agrafeuse ou du ruban adhésif.
On remplit alors cet espace de terre. Il n’y aura pas forcément de formation de racines supplémentaires, mais la plante restera plus stable et plus droite. La plante vous dira merci.
Concombres, courgettes, pastèques : les lianes aiment qu’on les recadre
Ces plantes, tout comme le potiron, le melon et la courgette, appartiennent à la famille des cucurbitacées. Elles sont naturellement rampantes ou grimpantes, avec des tiges très souples. Si elles deviennent ingérables, on peut les traiter ainsi : quand la tige est suffisamment longue, on l’enroule en cercle, on la plaque contre la terre, puis on la recouvre légèrement de substrat.
*La recette de la flemme intelligente : plutôt que lutter contre une tige de courgette, on l’aide à faire ce qu’elle sait déjà faire.*
choux : des plants modestes, mais costauds
Le chou est le plus souvent cultivé en plants. Il n’est pas difficile à produire, mais il faut lui offrir de bonnes conditions. Les plus importantes sont la température, l’éclairage et l’arrosage.
La germination des graines de chou s’effectue à environ 20 °C. Dès l’apparition des plantules, les caissettes doivent être déplacées dans une pièce maintenue entre 10 et 12 °C.
Dans ces conditions, avec une lumière suffisante, les semis restent compacts, bien verts, peu allongés et dotés de racines robustes.
Si les plants de chou s’étirent malgré tout, on corrige les erreurs de la même manière.
On commence par les repiquer en godets individuels.Lors du repiquage, on veille à bien tasser la terre autour du collet, ce qui limite leur croissance.Le plant de chou est enterré jusqu’aux feuilles cotylédonaires.
Les plants étirés doivent recevoir davantage de lumière ; si besoin, on renforce l’éclairage artificiel, on abaisse la température de l’air à 10-12 °C et on ajoute un peu de terre riche en nutriments sur les tiges.
Sept à dix jours plus tard, on apporte un engrais potassique ou une infusion de cendre aux plants transplantés et fertilisés.
Fleurs d’intérieur, fleurs de balcon : elles filent aussi
Lorsqu’elles sont semées en godets, les plantes ornementales peuvent elles aussi s’allonger. les causes sont les mêmes que pour les légumes : température trop élevée, manque de lumière, semis trop serrés, humidité excessive et fertilisation trop généreuse.
Les semis de pétunias se font en février et mars. À cette période, les journées sont encore courtes et la lumière faible. dans l’atmosphère chaude et sèche de l’appartement, les graines lèvent dans de mauvaises conditions. Les pousses, mêmes vigoureuses au départ, finissent par filer.
On peut toutefois rattraper ces plants. Il faut les repiquer un peu plus profondément, jusqu’aux cotylédons, pincer les extrémités, renforcer l’éclairage des semis et baisser la température ambiante. Il est aussi possible de tailler franchement les plants trop développés ; les boutures obtenues s’enracinent facilement.
Un pétunia trop long n’est pas perdu. Il est juste mal élevé… par la lumière.
Les semis précoces de viola,de pensée,de lobélie et de muflier s’étirent souvent. Leurs graines sont minuscules et germent lentement. Les jeunes plants souffrent alors de la chaleur excessive et du manque de soleil ; les jardiniers compensent parfois par trop d’humidité, ce qui n’aide pas vraiment.
Les petites graines sont difficiles à répartir uniformément à la surface du récipient de germination, ce qui donne des plants trop denses.
Pour remédier à cela,on peut pincer les têtes des plants,raccourcir les racines,prévoir une distance suffisante dans la caissette,compléter l’éclairage avec des lampes de croissance pendant 14 à 16 heures et abaisser la température ambiante. Là, on parle de plantes qui respirent mieux.
Pour obtenir des semis de schizanthus viables, il faut offrir à la plante un sol fertile, une lumière abondante et un arrosage modéré. En cas de manque de lumière et de nutriments, la tige s’allongera et la floraison sera pauvre. Pour une floraison généreuse au printemps, il vaut mieux semer à l’automne et protéger les plants du gel.
Les œillets semés en janvier peuvent beaucoup s’allonger. Même avec un complément de lumière, des semis trop serrés se développent souvent de travers. Après repiquage en godets individuels, les plants trop longs peuvent être pincés. La végétation restante s’allongera moins qu’avant. Les boutures, elles, peuvent s’enraciner.
La mauve, aussi appelée rose trémière, et les soucis germent facilement et demandent peu de soins. Quand elles sont semées, les graines donnent des jeunes plants qui supportent assez bien des conditions de culture difficiles, comme une température excessive, un manque de lumière ou des arrosages irréguliers.
Même si les jeunes plants se sont étirés sur le rebord de la fenêtre, une fois transplantés à leur place définitive, ils reprennent souvent une forme normale et fleurissent bien.
Un plant pâle et filandreux, c’est rarement une bonne base. Mieux vaut corriger tôt que réparer tard.
Les bons réflexes pour éviter les semis qui se couchent
Quelques principes simples permettent d’obtenir des plants sains et robustes :
- Utiliser des graines saines, désinfectées et germées pour les semis.
- Remplir les contenants avec un terreau stérile, nutritif et aéré.
- Planter les semis à une distance appropriée les uns des autres.
- Installer les contenants dans un endroit modérément chaud et bien éclairé.
- Arroser avec des quantités modérées d’eau tiède.
- Fertiliser les plants dès que possible, mais sans excès.
- Surveiller chaque jour et prévenir si besoin les infections virales et fongiques.
- Acclimater progressivement les jeunes plants à l’extérieur.
Des semis bien menés, c’est déjà la moitié du potager gagné.
Protéger les jeunes plants contre l’étiolement permet d’obtenir une production plus abondante et des fleurs plus belles. Et franchement, entre un plant qui tombe au premier courant d’air et un autre qui tient debout, le choix est vite fait.
*Bien à vous, et bon courage avec vos semis qui veulent parfois jouer les équilibristes sur la fenêtre.*






