Semis de clou de girofle Chabot calendrier et conseils de culture

Œillets au jardin : semis de patience,floraison de caractère

Œillets au jardin : semis de patience,floraison de caractère

Les œillets font partie de ces fleurs qui en mettent plein les bordures sans demander des soins extravagants. Avec un semis bien mené, un peu de lumière et un sol proprement préparé, on obtient des plantes fiables, parfumées et généreuses.

Parmi les nombreuses fleurs cultivées dans les plates-bandes, les œillets se distinguent par leur caractère frangé. Ces plantes ornementales peuvent se multiplier par boutures, mais la méthode des semis reste la plus courante.

Une vieille dame du jardin qui a du répondant

Une vieille dame du jardin qui a du répondant

L’œillet est l’une des fleurs traditionnelles du jardin, cultivée depuis la Rome antique. Il n’est donc pas étonnant que cette grande famille rassemble un grand nombre de variétés et de formes. Selon leur type, les œillets sont classés en annuelles, bisannuelles et vivaces.

Environ vingt-cinq espèces d’œillets sont utilisées pour décorer les parcelles. Certaines s’intègrent naturellement dans les bordures et occupent une place méritée dans les massifs.D’autres, surtout les grandes variétés, sont cultivées pour les bouquets.

*un massif d’œillets bien installé : pas besoin d’en faire des tonnes pour attirer le regard.*

Des variétés qui ne jouent pas toutes la même partition

Des variétés qui ne jouent pas toutes la même partition

Chaque jardinier a ses préférences florales. Cela dit,on peut retenir quelques variétés d’œillets populaires,parmi les plus simples à cultiver au jardin.

Œillet d’Orient

Il s’agit d’une plante vivace, souvent cultivée comme une annuelle.On peut obtenir aussi bien une forme étalée pouvant atteindre 50 cm de haut qu’une forme herbacée compacte.

La plante possède de nombreuses tiges lisses, fines et ramifiées, ainsi que des feuilles allongées et lancéolées. Les fleurs, d’un diamètre de 9 cm, sont disposées le long des tiges. Selon le cultivar, elles sont simples ou double, avec deux ou trois teintes.

Les variétés les plus répandues sont Coral Charm, Vesuvius, Diamond et Schneeball.

Œillet de Turquie

Il s’agit principalement d’une plante bisannuelle, même s’il existe aussi des formes annuelles et vivaces. Cette variété est la moins exigeante ; elle pousse sans faire d’histoires dans presque n’importe quel environnement (on la trouve même parfois à l’état spontané). elle convient donc parfaitement aux jardiniers débutants.

L’œillet de Turquie se distingue par une tige robuste et élancée, qui atteint 60 cm de hauteur. Ses nombreuses feuilles sont réduites et ses inflorescences, en bouquets serrés, mesurent jusqu’à 12 cm de diamètre. Les fleurs,souvent petites,ont une coloration particulière et sont fréquemment bicolores,avec une bordure sur le pourtour et un œil à la base. Parmi les variétés d’œillets de Turquie, on trouve des formes à fleurs simples et des formes à fleurs doubles.

Les variétés Harris Perfectin et Willie Willy sont connues pour leur aspect multicolore. Summer Beauty est monochrome,mais peut décliner plusieurs couleurs (blanc,rouge,rose). Les noms de certains cultivars, comme White et Salmon Pink, reflètent directement leur couleur.

Œillet de Chabot, le grand classique des semis

La variété la plus populaire parmi les œillets de jardin annuels est Chabot. La suite concerne donc principalement la multiplication de l’œillet de Chabot à partir de graines.

Il s’agit d’un groupe très connu de fleurs élégantes et parfumées. Cette plante reste assez compacte et possède un système racinaire peu profond, qui ne dépasse pas 20 cm de profondeur. Les inflorescences en forme de fleur double, d’un diamètre pouvant atteindre 6 cm, couronnent des tiges élancées, hautes jusqu’à 50 cm, avec un feuillage grisâtre. Les teintes sont variées.

Parmi les œillets de Chabot,on peut citer :

Jeanne Dionysus,la variété la plus populaire,avec de nombreuses tiges dressées portant des fleurs blanches de taille moyenne.

Nero, aux tiges robustes et fortement tachées. Il existe deux types de fleurs cramoisies : de taille moyenne et très vives.

Aurora, qui se distingue par ses fleurs roses densément disposées sur une tige semi-fleurie.

Rose Queen,reconnaissable à ses inflorescences rose mauve légèrement retombantes sur des tiges dressées.

Étincelant (selon les catalogues et les traductions), apprécié pour son parfum prononcé. En revanche, ses fleurs rouge vif peuvent souffrir des fortes chaleurs et du soleil direct.

Quand semer pour que ça tienne la route ?

Quand semer pour que ça tienne la route ?

Les œillets ont une longue période entre le semis et la floraison. C’est surtout vrai pour l’espèce Chabot : pour obtenir une floraison au milieu de l’été, il faut semer en plein hiver, généralement entre janvier et début février.

Certains producteurs commencent même dès décembre, mais il faut alors prévoir un éclairage d’appoint, car les jeunes plants n’ont pas assez de lumière naturelle pour se développer correctement. On ne va pas se mentir, c’est le meilleur moyen de se planter si on néglige la lumière.

Les œillets fleurissent ensuite pendant environ cinq mois, jusqu’aux premiers froids sérieux, après le début du bourgeonnement.

Des jeunes plants bien élevés,sinon rien

À première vue,la culture des jeunes plants semble simple.En réalité, pour l’œillet Chabot, il faut surtout préserver la variété et soigner chaque étape. C’est pourquoi les jardiniers débutants ont tout intérêt à bien comprendre le processus avant de se lancer.

Un terreau qui respire

Pour les semis floraux, on évite de prélever de la terre au hasard dans le jardin : mieux vaut utiliser un terreau spécial semis acheté en jardinerie. si l’on préfère préparer son mélange soi-même, on peut combiner trois parts de terre de jardin et d’humus avec quatre parts de sable propre. Ce substrat doit être désinfecté, soit par calcination, soit par pulvérisation avec une solution de Phytosporine.

La perlite peut améliorer la structure du sol. Si le cultivateur ne peut pas arroser régulièrement les semis, on peut ajouter de l’hydrogel au substrat pour retenir l’humidité.

Les caissettes de semis ou les bacs à fleurs sont remplis de terre jusqu’à 1 cm du bord.Pour éviter les vides, il faut tasser légèrement le mélange. Cette opération peut se faire avec un outil improvisé, par exemple le fond d’un verre.

Préparer les graines sans les brusquer

Si les graines ont été achetées en magasin spécialisé, elles ont déjà reçu les préparations nécessaires et sont prêtes à être semées. Les graines récoltées soi-même, ou achetées à des connaissances, doivent en revanche être préparées au préalable.

D’abord, on calibre les graines en ne gardant que les plus mûres. Ce tri s’effectue dans une solution saline. Les graines qui coulent au fond sont ensuite semées.

La désinfection se fait en plusieurs étapes :

traitement thermique par immersion pendant une heure dans de l’eau tiède, autour de 50 °C ;

puis traitement au permanganate de potassium ou au sulfate de cuivre.

Il est parfois utile de stratifier les graines en les stockant au froid, au réfrigérateur, pendant environ un mois avant le semis, sur un substrat humide. Cela permet d’augmenter le pourcentage de graines germées. Des régulateurs de croissance peuvent aussi être utilisés dans le même objectif.

Le semis : du papier, de l’humidité et un peu de sang-froid

Les graines doivent être réhydratées juste avant le semis. Sur une assiette ou une soucoupe, on dispose deux couches de papier absorbant, on les humidifie, puis on place les graines dessus en les recouvrant d’une autre couche de papier, elle aussi humide.

Le tout se fait à température ambiante. Quelques jours plus tard, les graines commencent à germer. Il n’est pas nécessaire d’attendre que tout le lot ait levé ; il suffit de semer lorsque 5 % environ des graines ont germé.

Les œillets Chabot sont ensuite installés dans un contenant rempli du substrat préparé à l’avance, en essayant de répartir les graines uniformément. Le récipient doit être maintenu comme sous serre, ou à température ambiante stable.

Quand les premières feuilles apparaissent, on les observe de près et on attend l’apparition de deux à trois vraies feuilles. Les plantules sont alors repiquées dans des récipients individuels (petits pots en tourbe ou godets en plastique) et cultivées jusqu’à la plantation en pleine terre.

Le repiquage,ou l’art de donner un peu d’air

pour obtenir des plantules robustes,il faut les repiquer,ou les transplanter en raccourcissant légèrement la racine centrale.

On peut garder les pousses les plus vigoureuses dans la caissette de semis, tout en retirant celles qui sont faibles. Ainsi, il y a davantage d’espace pour la croissance des jeunes plants.

En général, les jardiniers repiquent les plants dans des contenants séparés. On les dégage soigneusement du substrat, puis on les replante après avoir, si besoin, raccourci les racines. Cette opération favorise la ramification du système racinaire.

Dans leur nouveau contenant, les plantules sont installées un peu plus profondément que dans la caissette de semis, jusqu’aux cotylédons. Le terreau autour est légèrement tassé pour bien mettre les racines en contact avec le sol.

Certains jardiniers ne repiquent pas : ils sèment clair, ou utilisent un récipient distinct pour chaque graine. Cela prend du temps et n’est pas toujours justifié, car cette méthode demande beaucoup de place.

Les semis en ligne ou en godets : la recette de la flemme intelligente, quand on veut éviter le casse-tête du repiquage.

Des soins simples, mais pas bâclés

L’entretien des jeunes plants d’œillets reste simple et consiste surtout à respecter les besoins de base : eau, lumière et température stable.

Arrosage : ni désert, ni marécage

L’arrosage est essentiel. Le sol sous les plants ne doit jamais se dessécher complètement, donc il faut surveiller l’humidité du substrat. Mais il faut aussi éviter les excès : les œillets n’aiment pas l’eau stagnante. Les jeunes plants sont régulièrement arrosés avec de l’eau tiède à l’aide d’un pulvérisateur. Les plants un peu plus développés peuvent recevoir de l’eau à température ambiante, avec un arrosoir. Il est préférable d’arroser les plants plus âgés par le bas, via la soucoupe, afin de favoriser un système racinaire plus vigoureux. Le principe est simple : arroser souvent, mais avec parcimonie.

Température : la douceur avant tout

Même si les œillets adultes résistent plutôt bien au froid,leurs semis sont très sensibles aux variations de température. Il ne faut donc jamais laisser la pièce descendre sous +15 °C. Un peu d’air plus frais, introduit régulièrement, permet d’endurcir les jeunes plants.

Lumière : là, on parle de sérieux pour le sol… et pour les feuilles

La condition la plus importante pour bien développer les jeunes plants reste la lumière. Si les plantes adultes se contentent d’une durée d’ensoleillement standard, ce n’est pas le cas des semis : sans lumière suffisante, ils filent, deviennent frêles et s’étiolent.

Si les contenants sont posés près d’une fenêtre, on les tourne régulièrement. Chaque plant reçoit ainsi la même quantité de lumière.

En outre, un éclairage artificiel devient nécessaire : on place des lampes diffusant une lumière homogène juste au-dessus des contenants, et on les allume la nuit si besoin.

Direction le jardin : le bon moment, pas le bon caprice

Les jeunes plants sont cultivés en contenant jusqu’en mai, lorsque les risques de gelées nocturnes sont écartés, puis ils sont repiqués en pleine terre.

Le sol de la plate-bande doit être préparé à l’avance : dès l’automne, on peut incorporer des engrais minéraux à base de chlorure et de potassium.

Au printemps, après la fonte des neiges, il faut amender la parcelle destinée à accueillir l’œillet Chabot avec des engrais azotés et phosphorés.

Pour le sol, mieux vaut cultiver, deux ans avant la plantation des giroflées, une terre enrichie en matière organique. La plante peut aussi s’installer dans un autre sol, à condition qu’il soit neutre et bien drainé.

L’emplacement du jardin de fleurs doit toujours être en plein soleil.

Les œillets s’accommodent de la plupart des climats et cohabitent bien avec d’autres plantes au jardin. Pour éviter les croisements si l’on veut conserver la variété, il faut cependant éloigner les œillets Chabot des autres membres de cette famille.

Été sur la corde raide : arroser, nourrir, éclaircir

Les œillets demandent, comme les autres plantes du jardin, des arrosages, des apports nutritifs et un peu de surveillance.

La méthode d’arrosage de l’œillet Chabot varie selon le stade de croissance. L’arrosage par aspersion convient avant la floraison, tandis que les plantes fleuries sont irriguées au pied. Dans ce cas,il est essentiel de prévoir un drainage efficace de la plate-bande,afin que l’humidité ne stagne pas.

Après l’arrosage, on apporte les engrais. Avant la floraison, les apports azotés sont utiles, tandis que le potassium et le phosphore prennent le relais pendant la floraison. Sur un sol épuisé, un engrais minéral complet peut être appliqué tout au long de la saison.

Il faut aussi ameublir régulièrement le sol, pour éviter qu’une croûte ne se forme en surface et empêche les racines de respirer (et ça change tout pour les limaces, au passage).

Si le jardinier récolte lui-même les graines afin de reproduire la variété Chabot, il devra observer les fleurs tout au long de l’été.Les œillets se distinguent ici par deux types de fleurs : celles qui se ressèment facilement et celles qui ne se ressèment pas. Les secondes doivent être supprimées à temps.

Graines en poche, avenir en bocal

Lors de la récolte du matériel de semis, il faut absolument surveiller la maturité des capsules.

Une seule capsule se forme sur une fleur d’œillet.Une fois arrivée à maturité, elle s’ouvre. Le jardinier n’a alors plus qu’à secouer le contenu dans un récipient déjà prêt. En cas de retard, les graines tombent au sol, et la récolte devient impossible.

Après la récolte, les graines doivent être séchées au soleil, sous un abri ou sur le rebord d’une fenêtre. Elles sont ensuite placées dans des sachets en papier ou en tissu.

Il ne faut pas conserver les graines d’œillet dans un contenant en plastique, car elles risqueraient de s’humidifier.

Les sachets doivent être étiquetés pour éviter toute confusion entre les variétés lors des semis de l’année suivante.

Les graines d’œillet restent en dormance jusqu’à ce qu’elles soient stimulées pour germer. Dans de bonnes conditions, elles peuvent être conservées jusqu’à trois ans sans trop perdre leur pouvoir germinatif.

Les bonnes conditions de conservation sont celles qui maintiennent une faible humidité et une température stable de l’air. Autrement dit, la pièce doit être fraîche (entre 5 et 10 °C, c’est l’idéal), suffisamment sèche et bien ventilée.

*Le petit stock de graines bien étiqueté : pas très glamour, mais terriblement pratique au moment du semis.*

Le dernier mot du jardin : du parfum, et un peu de méthode

La culture de l’œillet de Chabot à partir de graines demande un peu d’attention, mais le jeu en vaut la chandelle. Avec une bonne lumière, un arrosage mesuré et des repiquages soignés, on profite de fleurs tout l’été et jusqu’à l’automne.

Au fond, l’œillet ne demande pas la perfection : juste un semis propre, un sol vivant et un jardinier qui n’arrose pas par culpabilité. Le reste, la plante vous dira merci.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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