Récolter juste, stocker malin : les racines passent l’hiver sans broncher

Dans un mois environ, il sera temps de récolter les racines pour les stocker pendant l’hiver, notamment dans l’Oural. Comment préparer et conserver au mieux vos récoltes hivernales ? comment garder des légumes-racines dans un appartement en ville ? On va voir ça proprement, sans fioritures et sans faire n’importe quoi.
Les principales cultures de racines à conserver sont les carottes, les betteraves, les radis, les navets et les daïkons.Ce sont elles qui nous intéressent aujourd’hui, parce qu’une récolte bien menée, c’est déjà la moitié du travail. Et on ne va pas se mentir : c’est souvent au moment du stockage que tout se joue.
Quand la terre rend ses trésors

Nos légumes doivent être récoltés au moment opportun pour être conservés dans de bonnes conditions.Dans l’Oural et dans les régions centrales du pays, la deuxième quinzaine de septembre est souvent la période la plus adaptée. Au début du mois, les plantes-racines sont encore en pleine croissance et gagnent en poids. Il n’y a donc aucune raison de les laisser trop longtemps en terre. Mieux vaut aussi ne pas attendre les gelées pour sortir les légumes.
Récolter au bon moment, c’est éviter les pertes avant même de penser au stockage.
pas de bains de soleil pour les carottes

On récolte de préférence les légumes par temps sec, sans précipitations. Il ne faut pas les laisser sécher longtemps au soleil : dans le cas contraire, les carottes risquent de flétrir. Évitez aussi d’abîmer les légumes au moment de les déterrer, en les manipulant avec précaution. Ensuite, on coupe les fanes au bon moment : on laisse environ un centimètre sur les carottes, et on rabat les betteraves jusqu’aux épaules. Sur les jeunes plants, on garde quelques centimètres de tiges.
Les légumes-racines doivent être stockés le plus rapidement possible après la récolte, sans être exposés à la chaleur. Là, on parle de sérieux pour le sol, mais aussi pour la conservation : un légume qui chauffe trop vite perd en qualité, tout simplement.
Les légumes ne doivent en aucun cas être stockés avant d’avoir été lavés,sinon ils commencent rapidement à s’abîmer et à se décomposer. Il vaut mieux les laver juste avant de les consommer.
Les petites carottes doivent être râpées immédiatement puis congelées dans des récipients en plastique. En hiver, c’est pratique pour les ajouter à différents plats. C’est la recette de la flemme intelligente : on gagne du temps sans sacrifier la récolte.
Sable, argile et compagnie : les racines au frais

Les légumes-racines peuvent être saupoudrés de craie puis empilés dans la cave, mais cette méthode réduit leur durée de conservation. Il vaut mieux ranger de petites quantités dans des cartons de 10 à 15 kg. C’est plus simple à manipuler, et, franchement, plus pratique à descendre à la cave ou dans une crypte.
Le sable, la cachette classique
C’est la méthode la plus courante pour conserver les légumes-racines. On place les carottes et les betteraves dans des caisses, en les séparant les unes des autres. Au fond, on met d’abord du sable, puis une couche de légumes, puis à nouveau du sable. On veille à terminer par une couche de sable sur le dessus pour pouvoir superposer plusieurs rangées. Le sable doit être légèrement humide.
Les caisses de carottes et de betteraves sont ensuite transférées dans une cave ou dans un autre local frais,à l’abri du gel. La température idéale se situe autour de 0 à 3 °C.
Les sacs en polyéthylène, mais pas n’importe comment
Les carottes et les betteraves peuvent aussi être conservées efficacement dans des sacs ou des conteneurs en polyéthylène. Il faut simplement vérifier chaque légume-racine pour repérer d’éventuels légumes malades ou abîmés. Le sac est rempli sans être fermé, puis on pratique des perforations ou des incisions sur la surface pour permettre aux légumes de respirer. Il convient d’être prudent afin de ne pas endommager ces légumes. Ils peuvent ainsi se conserver jusqu’à quatre ou cinq mois à une température modérée de 5 à 10 °C.
La chemise d’argile, version rustique
Cette méthode empêche les légumes-racines de se déshydrater trop rapidement.On prépare une bouillie d’argile. Pour cela, on dilue l’argile dans l’eau, puis on laisse reposer. Le lendemain, on ajoute de l’eau, généralement pour obtenir une consistance un peu plus fluide. On plonge ensuite les légumes dans cette bouillie d’argile, puis on les laisse sécher. Ainsi, les carottes conservent mieux leur jus.
Cette technique est surtout utilisée pour les carottes, car elles sont plus fragiles et perdent plus vite leur humidité pendant le stockage. Quand l’humidité reste dans la racine, la conservation suit mieux.
Sciure, papier journal : le duo de secours
Cette technique ressemble au stockage sur sable. Les légumes-racines sont disposés dans des caisses et intercalés avec de la sciure de bois séchée ou des feuilles de journal. Ils sont ensuite stockés dans la cave, à une température comprise entre 2 et 5 °C.
*La tête du jardinier quand il retrouve des carottes impeccables en plein mois de février.*
Dans l’appartement, il faut jouer serré
Il est plus difficile de réunir de bonnes conditions de conservation des légumes-racines dans un appartement. On peut les placer dans une véranda ou une loggia fermée, dans des caisses remplies de sciure ou de gravier. En cas de fortes gelées, il faut les recouvrir d’une bâche pour éviter qu’ils ne gèlent.
Les carottes se rangent aussi très bien dans des sacs, dans le bac à légumes du réfrigérateur. En revanche, la quantité est forcément limitée : tout ne rentre pas, sauf si vous avez un frigo de compétition et une obsession pour les racines.
Toutes les techniques indiquées s’appliquent non seulement aux betteraves et aux carottes, mais aussi aux radis, aux navets et aux daïkons.
Si les pommes de terre sont conservées dans la cave,on peut ajouter les betteraves par-dessus. Elles se conservent bien ensemble.
Bien stocker ses racines, c’est éviter de jeter au printemps ce qu’on a mis des mois à cultiver.
On vous souhaite une récolte qui tienne jusqu’au printemps… et quelques carottes encore croquantes quand tout le reste aura déjà pris un coup de froid.






