Jambe noire des tomates: prevenir et traiter la pourriture du collet

La tige noire : quand les semis de tomates tournent au drame

La tige noire : quand les semis de tomates tournent au drame

La tige noire est un vrai risque pour les jeunes plants de légumes,surtout les tomates. Cette maladie, provoquée par des champignons du genre Olpidium, Rhizoctonia ou Pythium, entraîne une pourriture du collet des semis et peut anéantir une auge entière en quelques jours.

La maladie tire son nom de l’amincissement et du noircissement simultanés de la partie basale de la tige. Elle touche les semis au stade le plus précoce de leur développement,donc au moment où les plants sont les plus fragiles. On ne va pas se mentir : si on laisse faire, c’est le meilleur moyen de se planter.

Un collet qui noircit, et tout bascule

Un collet qui noircit, et tout bascule

Si de jeunes plants sont atteints de tige noire, on peut souvent le voir en les examinant attentivement. Un changement de couleur des tissus indique la présence des symptômes à la base de la tige. Les tiges commencent à s’assombrir, et la zone racinaire devient rapidement noire. Le collet se dégrade alors, et les plantes finissent par périr.

Parfois, les semis versent brusquement, souvent du jour au lendemain. Si vous déracinez un plant touché,vous constaterez que sa tige est devenue plus molle ou plus fragile. C’est entre la germination et l’apparition de la première paire de vraies feuilles que les jeunes plants sont les plus sensibles à la tige noire.

Plus on agit tôt, plus on garde une chance de sauver le reste des plants.

Champignons, humidité et air vicié : le trio qui plombe tout

Champignons, humidité et air vicié : le trio qui plombe tout

La maladie étant liée à des champignons pathogènes, sa cause est le développement actif de micro-organismes dans le substrat. Le champignon pathogène réside généralement dans la couche supérieure du sol et se développe sur les débris végétaux.

Le développement rapide du champignon se produit dans un sol contaminé, et non dans un sol assaini. Plusieurs facteurs favorisent l’apparition du problème :

Une végétation trop dense qui empêche la terre arable de sécher ;

Une irrigation excessive,dont l’eau n’est pas totalement absorbée ;

Le manque de ventilation dans la pièce,lorsque l’on oublie d’aérer les plants ;

Les changements de température qui nuisent à l’immunité des semis ;

Des températures trop élevées et une humidité importante.

Si au moins un de ces facteurs est présent, le risque de maladie augmente nettement. En moyenne,il faut environ sept jours pour que la maladie passe de la phase d’incubation,pendant laquelle aucun symptôme n’est visible,à la phase active.

Là, on parle de sérieux pour le sol : trop d’eau, pas assez d’air, et les champignons prennent la main.

Quand ça noircit, il faut trancher net

Quand ça noircit, il faut trancher net

Si les symptômes sont détectés trop tard et qu’un tiers des plants est déjà infecté, il faut prendre des mesures radicales pour sauver les plants restants. la végétation infectée est détruite. Les plants restants sont repiqués dans un nouveau substrat assaini.

Si les plants sont trop petits pour être transplantés, on peut appliquer une solution de permanganate de potassium autour de chaque plant. Au stade le plus précoce de la tige noire,lorsque seules les lésions des plantules sont visibles,plusieurs traitements peuvent être utilisés.

Le but n’est pas de sauver un plant condamné, mais de protéger les voisins.

Les remèdes de grand-mère, version potager

Il existe plusieurs méthodes traditionnelles pour lutter contre la tige noire. Voici les plus courantes :

Les cendres de bois. Elles sont réduites en poudre et appliquées en couche de quelques millimètres d’épaisseur sur le sol du contenant où les plants malades ont été repérés. Le charbon de bois peut aussi remplir ce rôle. Ce traitement n’endommage pas la végétation, mais il freine le développement des champignons.

Le bicarbonate de soude. On prépare une solution composée d’une cuillère à café de bicarbonate par verre d’eau, puis on humidifie les semis une fois par semaine. Sans nuire aux plantes, ce remède bon marché peut aider à limiter la progression des champignons.

Le souci séché. On prépare une infusion de la plante (une cuillère à soupe de matière sèche pour un verre d’eau, à laisser infuser pendant deux jours), puis on la pulvérise à la surface du sol. On peut faire la même chose avec une infusion d’écailles d’oignon.

ces tactiques sont souvent utilisées par les jardiniers qui refusent la chimie de synthèse. Lorsque l’attaque reste limitée, elles peuvent fonctionner. C’est la recette de la flemme intelligente : on agit vite,sans alourdir le dispositif.

Les préparations chimiques, comme l’oxychlorure de cuivre ou la bouillie bordelaise à 1 %, ont un effet plus marqué.Elles servent aussi à assainir la couche superficielle du sol.

Bactérie contre champignon : la guerre des invisibles

Les préparations biologiques peuvent être utilisées contre les maladies des semis. Leur avantage est qu’elles restent souvent efficaces là où les traitements chimiques ne donnent pas toujours de bons résultats.

Les colonies de bactéries bénéfiques produisent des bactériocines, des antibiotiques et des stimulants de croissance au cours de leur développement. Elles fabriquent aussi des composés de fer trivalent, qui privent les champignons phytopathogènes d’un nutriment essentiel.

Par conséquent, la croissance des champignons pathogènes cesse. La multiplication des champignons est en outre freinée par les antibiotiques produits par ces agents de protection biologique.

Parmi les agents antimicrobiens protecteurs, on trouve :

Fitosporine ;

Gamair ;

Bactophyte ;

alirin-B.

Chacun de ces produits est accompagné d’un mode d’emploi qu’il faut respecter à la lettre pour obtenir une efficacité maximale. Chez Jardin-Bio, on rappelle souvent ce point : le bio, ce n’est pas l’à-peu-près.

Prévenir avant de panser : le bon réflexe au semis

La prévention de la tige noire commence par l’achat de plants de qualité auprès de fournisseurs réputés. En règle générale, ce matériel a déjà subi les traitements nécessaires pour éliminer les agents pathogènes.

Les jardiniers conseillent souvent aux débutants de faire tremper les jeunes plants dans une solution d’Epin (1 ampoule par litre d’eau) pendant 12 heures. après ce traitement, il ne reste normalement plus de trace de la maladie sur les semis.

Ne vous contentez pas de lire les avis sur tel ou tel produit. Appuyez-vous aussi sur l’expérience d’autres cultivateurs au moment de choisir vos tomates. Évitez d’acheter des variétés non vérifiées.

Si vous utilisez des plants achetés à la main, donnés par des voisins ou issus de vos propres semis, il est recommandé de les immerger dans une solution de permanganate de potassium. La couleur de la préparation doit être rose pâle. Le traitement dure entre 15 et 20 minutes. Rincez ensuite les graines à l’eau courante et séchez-les.

Une solution de Fitosporine peut être utilisée dans le même but, avec une durée de traitement identique. Le produit s’emploie à titre préventif et après la levée des semis. La solution doit être répartie autour des plants à l’aide d’un pulvérisateur fin.Elle ne doit pas être versée abondamment dans le sol ; elle sert seulement à humidifier légèrement la surface.

Une graine bien accompagnée au départ, c’est déjà la moitié du combat gagné.

Lumière, chaleur, aération : le trio qui sauve les semis

Il faut aussi respecter le calendrier de fertilisation. En hiver, sur les rebords de fenêtre froids, l’humidité a du mal à se dissiper des contenants de semis, ce qui peut facilement favoriser l’apparition de la tige noire.

Le manque de lumière réduit l’immunité des plantes, ralentit la photosynthèse et rend les tomates plus sensibles aux maladies.

L’utilisation de contenants et de pastilles de tourbe est une méthode efficace de prévention. La tourbe freine la croissance des champignons et retient moins l’humidité, ce qui réduit nettement le risque de maladie.

De plus, ce mode de culture évite le repiquage, qui peut affaiblir les plants. Les jeunes plants sont alors plus faciles à entretenir, et vous pouvez les mettre en place plus tôt.

Évitez d’utiliser des caisses en bois pour les semis. Leur structure poreuse ne permet pas une désinfection complète.

Un peu d’air, beaucoup de lumière, et on évite déjà pas mal de catastrophes.

Le sol, ce n’est pas de la déco

Le substrat doit aussi être pris en considération. On peut le faire chauffer à la vapeur, puis l’arroser d’eau bouillante, d’une solution de permanganate de potassium ou de préparations EM (Baïkal, Siyanie, Vozrozhdenie). Attendez trois jours après le traitement avant de semer.La microflore bénéfique du sol se rétablira pendant cette période.

Les sédiments fluviaux constituent une autre précaution efficace. Ils sont rincés et calcinés à l’avance, puis une fine couche est répartie sur le sol après le semis. Même si un excès d’humidité pénètre dans le contenant, le sédiment l’absorbera et freinera la croissance des champignons.

De nombreux cultivateurs utilisent la trichoderma pour prévenir la tige noire. elle est mélangée à la terre avant la plantation. La trichoderma est disponible à bas prix dans la plupart des centres de jardinage. Les cultures recouvertes d’un film doivent être aérées chaque jour. Sans aération dans une serre, la maladie peut se développer très vite.

Sans sol vivant, pas de semis solides. C’est aussi simple que ça.

Tomates “résistantes” : le mot qui rassure un peu trop

En général,les fabricants indiquent sur l’emballage que la variété de tomate est résistante à la plupart des maladies,dont la tige noire. Est-ce vraiment le cas ? Les sélectionneurs cherchent bien à améliorer la résistance des plantes aux infections bactériennes, fongiques et virales. cependant, cette résistance s’exprime surtout lorsque le plant est adulte.

La résistance annoncée peut donc être considérée comme relative, car elle dépend fortement des conditions de culture. La tige noire touche principalement les plantes immatures et fragiles ; elle ne peut donc pas être attribuée aux seules caractéristiques variétales. Avec une forte présence d’agents pathogènes dans le sol et des conditions favorables au champignon, la maladie finit par se développer.

Autrement dit, la variété aide, mais elle ne fait pas le travail à votre place. Ce serait trop beau.

Le dernier mot file déjà sous la terre

Pour éviter de perdre des plants, le jardinier doit être méticuleux au moment du semis et dans les soins apportés ensuite aux tomates. La règle d’or est la même que pour toutes les autres maladies : la prévention vaut mieux que le traitement.Si l’on néglige ces conseils,il faudra peut-être tout recommencer. Et à ce moment-là, le plus dur n’est plus de semer, mais d’accepter qu’il faut repartir de zéro.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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