En août, une branche basse de romarin peut s’enraciner tout en restant reliée au pied mère. La méthode tient en sept gestes, à condition de garder la terre drainante et l’arrosage mesuré : le romarin déteste les mini-marécages.
Le romarin se couche, le semis se traîne
Le romarin, Salvia rosmarinusest un sous-arbrisseau méditerranéen qui se prête à la multiplication végétative. Une tige reste attachée au pied mère pendant qu’une partie est mise en contact avec la terre. Elle continue ainsi à recevoir de la sève avant le sevrage, ce qui laisse aux futures racines le temps de se former.
Le marcottage conserve les caractéristiques du plant d’origine, notamment son port, sa vigueur et son parfum. Le semis donne des plants moins prévisibles et demande davantage de patience. Semer, c’est parier sur l’avenir. Marcotter, c’est laisser une branche négocier directement avec le sol.
Le bon moment se situe en été, idéalement en août ou au tout début de l’automne. Une marcotte réalisée en août peut rester en place plusieurs mois, souvent jusqu’au printemps suivant, avant le sevrage et la replantation entre mars et avril.
Le calendrier compte davantage que la précipitation. Une branche enterrée dans une terre froide et humide ne gagne pas de médaille de jardinage : elle risque surtout de pourrir.
D’août à mars, le calendrier ne fait pas de cadeau
Avril en tige, août en racines
Dès avril, sélectionnez trois ou quatre tiges souples, saines et assez longues pour atteindre le sol sans casser. Les jeunes rameaux qui apparaissent sur ces branches peuvent être pincés régulièrement pour favoriser leur ramification. Cette préparation donne des tiges plus fournies au moment du marcottage.
En août, observez la forme générale du romarin. Les branches basses ou étalées sont les plus faciles à coucher. Une tige très droite, courte ou déjà fortement ligneuse sera difficile à plaquer. Une sacrée galère, ce rameau qui refuse obstinément de toucher terre.
Sept gestes, un crochet, zéro grimoire
La branche basse, c’est la bonne pioche
Voici le pas à pas du marcottage par couchage :
- Choisissez la tige. Prenez une branche saine, flexible et assez longue pour rejoindre la terre voisine.
- Préparez le sol. Ameublissez la terre à côté du pied sur quelques centimètres. Si elle retient l’eau, améliorez son drainage avec un matériau minéral adapté.
- Déshabillez la zone. Retirez les feuilles sur une longueur de 15 à 20 cm, en conservant la touffe feuillée située à l’extrémité.
- Creusez le point de contact. Formez un trou d’environ 5 cm de profondeur, juste à côté du romarin.
- Couchez la tige. Placez la partie dégarnie dans le trou et laissez l’extrémité feuillée dépasser de la terre.
- Maintenez et recouvrez. Utilisez un petit crochet en U, une pierre propre ou un cavalier pour garder la tige plaquée. Recouvrez de terre puis tassez doucement.
- Arrosez avec mesure. Humidifiez la zone une fois la marcotte installée, puis surveillez-la au fil des semaines sans maintenir le sol détrempé.
L’extrémité feuillée doit rester à l’air libre. On peut la redresser avec un petit tuteur si elle retombe, mais inutile de monter une structure digne d’un pont suspendu : le romarin demande surtout un contact stable avec une terre drainante.
Le pied mère continue d’alimenter la tige tant que celle-ci n’est pas coupée. C’est ce lien qui permet à la partie couchée de former ses racines sans devoir survivre seule dès le premier jour. Dans une démarche de jardinage bio, le geste mécanique suffit ici; inutile de transformer la marcotte en laboratoire.
La partie enterrée doit rester fraîche, jamais gorgée d’eau.
Le sevrage sans carnage
Des racines d’abord, le sécateur ensuite
Ne sectionnez pas la branche simplement parce que plusieurs semaines se sont écoulées. Attendez que les racines soient bien développées. Une pousse nouvelle à l’extrémité indique une reprise possible, mais elle ne suffit pas à prouver que la partie enterrée est enracinée. Si vous dégagez légèrement la terre pour vérifier, faites-le avec précaution afin de ne pas arracher les jeunes racines.
Pour une marcotte réalisée en août, le printemps suivant, soit environ six mois plus tard, constitue une fenêtre pratique pour le sevrage. Si les racines sont déjà bien formées avant cette date, la coupe peut intervenir plus tôt. Si elles restent faibles, laissez la branche attachée au pied mère : séparer un plant encore dépendant, c’est rater en beauté une opération pourtant assez simple.
Coupez la tige entre le pied mère et la nouvelle plante, au niveau de son point d’entrée dans le sol. Manipulez ensuite la motte avec douceur. Le jeune système racinaire n’a pas encore la solidité d’un vieux pied installé depuis plusieurs années.
Après le sevrage, laissez le jeune romarin passer l’hiver en place si les conditions sont clémentes. Dans les régions exposées au gel, un pot placé dans un endroit abrité facilite la surveillance. La replantation définitive intervient en mars ou en avril, dans un emplacement en plein soleil et bien drainé.
Le romarin n’aime pas les pieds dans l’eau
Pot ou pleine terre, même combat
Le sol doit évacuer rapidement l’eau et ne pas être enrichi à outrance. Le romarin pousse dans des terres plutôt pauvres et drainées; ajouter systématiquement du compost ou de l’engrais au moment de la plantation n’est donc pas nécessaire. Pour ce méditerranéen, nourrir le sol ne signifie pas charger chaque trou.
En pleine terre, installez le jeune plant au niveau du collet, sans enterrer la base de la tige. En pot, utilisez un substrat léger et drainant, puis placez le contenant dans un espace lumineux. Arrosez lorsque la surface a séché et évitez les petits arrosages automatiques qui gardent la motte humide en permanence.
La première année, le nouveau romarin doit surtout construire ses racines. Attendez une croissance régulière avant de récolter quelques brins. Tailler sévèrement ou prélever de nombreuses tiges juste après la replantation, c’est demander à un jeune plant de payer trois factures avec une seule pièce.
Bouture ou marcotte, chacun son timing
Le bouturage permet de détacher immédiatement une tige de 10 à 15 cm. Il demande un substrat très drainant, une humidité maîtrisée et une lumière vive sans soleil direct. Le marcottage conserve la branche reliée au pied mère pendant plusieurs mois et réclame surtout une branche basse, un contact stable avec la terre et de la patience.
Pour obtenir quelques plants identiques avec peu de manipulations, le marcottage a une logique claire. Il ne produit pas une quantité industrielle de romarins, et ce n’est pas son objectif. Trois ou quatre tiges préparées au printemps permettent de tenter plusieurs marcottes, sans promettre que chaque branche donnera un plant prêt à déménager.
Une fois le jeune pied replanté, le travail continue avec du soleil, un sol filtrant et des arrosages espacés. La météo peut déplacer la date de sevrage de quelques semaines. Le voisin peut bien annoncer une séparation express : les racines, elles, ne lisent pas les calendriers.
Sources et références scientifiques
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- Bruno Nunez. Faire un marcottage du romarin pour le multiplier. 2022.
- Aurélien. Marcotter les plantes aromatiques : estragon, origan, romarin, sauge, thym et verveine. 2020.
- Multipliez votre Romarin avec succès grâce à ces méthodes. 2026.
- La plantation et la multiplication du romarin – Nadia's Garden.






