Comment éliminer les pucerons naturellement sans produits chimiques

les pucerons, ces petits pique-assiettes du jardin

les pucerons, ces petits pique-assiettes du jardin

Les jardiniers, tout comme les producteurs de légumes, consacrent souvent beaucoup de temps à cultiver fruits et légumes.Et bien souvent, le résultat de ce travail est menacé par un petit insecte omnivore et vorace : le puceron. Cet article explique ce qu’il est, comment protéger vos cultures contre lui et comment le combattre.

Un minuscule envahisseur qui ne fait pas dans la dentelle

Un minuscule envahisseur qui ne fait pas dans la dentelle

Ce minuscule insecte est probablement l’un des principaux ravageurs du jardin. Les pucerons forment de grandes colonies sur les végétaux et sont extrêmement prolifiques. Ce parasite, qui se nourrit de la sève des cultures maraîchères, des arbres fruitiers et des arbustes, peut affaiblir les plantations en quelques jours et laisser le jardinier sans récolte.

Le corps de l’insecte est ovoïde et légèrement allongé, et sa taille varie de 0,3 à 8 mm selon les espèces. son principal outil est sa trompe piqueuse-suceuse. Avec son aide, le puceron perce la surface de la feuille et se nourrit de la sève de la plante. Il affectionne particulièrement les jeunes tiges, le feuillage tendre et les fleurs.

Sur les feuilles, il choisit surtout la face inférieure. Les pucerons se nourrissent du liquide des plantes immatures, riche en glucides et en acides aminés. Mais ils sécrètent aussi un liquide sucré qui attire les fourmis.

Fourmis et pucerons : un duo qui ne se cache même pas

Ces deux espèces sont souvent associées. Le liquide sucré,appelé miellat,peut être prélevé par les fourmis non seulement lorsque les pucerons le sécrètent,mais aussi en touchant simplement le corps de l’insecte. Les fourmis protègent donc soigneusement cette source de nourriture.Elles servent aussi de vecteurs aux pucerons : elles transportent les parasites d’une plante à l’autre, parfois jusqu’aux plantes intactes, jeunes et saines.

Les pucerons sont une sorte de vache à lait pour les fourmis. Lorsqu’elles se trouvent sur une même plante, il leur suffit d’entrer en contact avec le corps du parasite pour récupérer leur part de miellat. Les fourmis sécurisent et défendent ainsi les colonies de pucerons grâce à cette ressource, et elles agressent ou dissuadent les coccinelles, grandes mangeuses de pucerons.

Ces invertébrés partagent un lien étroit. et si un jardinier observe des fourmis en activité, il doit inspecter les plantes voisines à la recherche de pucerons.

Les pucerons sont facilement visibles à l’œil nu. de plus, il existe d’autres indices d’une infestation :

  • Les extrémités des tiges se déforment.
  • Les feuilles s’enroulent.
  • Des gouttelettes de rosée collante – le miellat – apparaissent sur les feuilles et les tiges.

C’est ce miellat qui attire d’autres insectes. De plus, des champignons noirs, dits de fumagine, peuvent se développer sur ces gouttelettes. Pour commencer à lutter contre les pucerons, il faut aussi s’occuper des fourmilières et éloigner les fourmis du jardin. Là, on parle de sérieux pour le sol et pour l’équilibre du potager : laisser les fourmis installer leur réseau, c’est souvent leur laisser une autoroute à pucerons.

Concombres sous pression, pucerons en embuscade

Concombres sous pression, pucerons en embuscade

Les pucerons dits du concombre infestent aussi les cultures de concombres.Le temps chaud et humide y contribue largement. Si le jardinier observe une feuille de concombre déformée, il peut y trouver une colonie d’insectes. Des pucerons vert clair, vert foncé ou jaune-vert recouvrent alors toute la face inférieure de la feuille.

Ces insectes sont capables de migrer des tiges vers le feuillage, les fleurs et les jeunes fruits, causant des dommages importants. Les plants de concombre atteints se développent plus lentement, ce qui retarde la floraison et, par conséquent, la fructification.

En outre, les pucerons sont des vecteurs de maladies. Leur présence sur les plants de concombre indique aussi la proximité des fourmis, ce qui accélère la propagation des dégâts. Les fourmis transportent les invertébrés d’une plante à l’autre et peuvent les faire hiverner dans leurs fourmilières. Par conséquent, la lutte contre les pucerons doit aller de pair avec la suppression des fourmilières.

Le meilleur moment pour traiter les plants de concombre contre les pucerons est le début de l’attaque, quand les parasites viennent à peine de s’installer et n’ont pas encore eu le temps de multiplier leurs colonies. Sinon, les remèdes classiques deviennent peu efficaces, et il est peu judicieux d’utiliser des produits chimiques sur un sol où mûrissent des concombres.

Le traitement doit aussi tenir compte du stade de végétation de la plante.La pulvérisation n’est pas recommandée pendant la floraison, car, en plus des parasites, on risque aussi de toucher les insectes pollinisateurs. Et ce n’est clairement pas le but.

L’exposition aux rayons ultraviolets diminuant l’efficacité des infusions et des décoctions, les opérations de lutte contre les pucerons doivent être réalisées le soir ou la nuit.

Aucun de ces produits ne doit être conservé longtemps. Pour une efficacité maximale, ils doivent être utilisés immédiatement après leur préparation. En employant des remèdes populaires contre les pucerons, il faut garder en tête que les résultats positifs ne sont pas immédiats. Il faudra généralement trois à quatre traitements,espacés de cinq à sept jours.

Vinaigre, moutarde et autre cuisine de la flemme intelligente

Le vinaigre est la méthode la plus simple pour éloigner les insectes des cultures de concombre. Pour préparer une solution efficace, il suffit d’ajouter une cuillère à soupe de vinaigre dans un flacon pulvérisateur d’un litre.

la moutarde est efficace contre les insectes et les termites. Les nids de ces derniers doivent être saupoudrés de poudre sèche, et ils commenceront bientôt à disparaître, car ils n’aiment pas cette substance âcre. Préparez aussi une solution avec un litre d’eau et 10 grammes de poudre de moutarde pour traiter les touffes de concombres.Ajoutez quelques gouttes de liquide vaisselle au mélange avant de le pulvériser, puis mélangez bien.

Voici une recette simple d’infusion à l’ail :

  • 500 grammes d’ail haché et émincé
  • 3 litres d’eau tiède
  • un peu de chélidoine

Tous les ingrédients doivent être placés dans un récipient muni d’un couvercle hermétique et laissés à fermenter pendant quatre à cinq jours. Ajoutez ensuite un peu de liquide vaisselle à la solution obtenue et utilisez-la pour pulvériser les concombres.

Dans la lutte contre les pucerons,le savon noir s’est aussi montré efficace. Râpez ou découpez 100 grammes de savon et versez 10 litres d’eau dessus. Attendez qu’il se dissolve complètement : la solution est prête.

Par ailleurs, une infusion de cendres est utilisée pour lutter contre les pucerons sur les melons.

Ajoutez deux tasses de cendres de bois à un seau de 10 litres d’eau et laissez reposer pendant une journée. Diluez séparément un quart de pain de savon dans l’eau : il se dissout mieux dans la journée. Avant l’application, mélangez les composants, filtrez et traitez les rangs de concombres.

Poivrons à l’épreuve des petites mâchoires

Poivrons à l’épreuve des petites mâchoires

Ce minuscule insecte peut causer des dégâts sur les jeunes plants de poivron comme sur les plantes adultes. Les colonies de pucerons abîment les feuilles et les tiges des jeunes arbustes de poivron. sur le feuillage, ils préfèrent la face inférieure, ce qui les rend moins visibles. Résultat : on les identifie souvent seulement quand les feuilles commencent à se déformer et à changer de couleur.

L’insecte apprécie aussi les jeunes fruits de poivron.Il utilise sa trompe pour percer la surface de ces tissus tendres et en extraire le liquide. En conséquence, le fruit se ratatine et se recourbe. Afin d’éviter les pertes de récolte, les jardiniers ont souvent recours à des remèdes maison contre les pucerons. On prépare alors des infusions et des décoctions sans danger pour les plantes et les humains, à base d’ingrédients naturels.

Ail, cendre et oignon : le trio qui pique

Infusion d’ail : versez 100 grammes de matière première broyée dans un litre d’eau et laissez infuser pendant une journée. Filtrez, ajoutez 9 litres d’eau supplémentaires et pulvérisez les poivrons.

Les cendres ou la poussière de tabac peuvent aussi être utiles sur les végétaux. Avant le traitement, les plantes doivent être aspergées d’eau tiède, car le répulsif adhère mieux au feuillage humide.

Infusion d’oignon : il faut hacher 30 grammes d’oignon avec ses tiges et ajouter un litre d’eau. Laisser reposer pendant quatre à cinq heures. Filtrer,puis ajouter quelques gouttes de liquide vaisselle. Compléter à 1 litre avant l’arrosage ou la pulvérisation.

Cependant,les cultures légumières ne sont pas les seules à souffrir de l’invasion de ces insectes omnivores. Les arbres fruitiers et les arbustes à baies sont aussi touchés.

Groseilliers sous surveillance, pucerons en alerte

Si des boursouflures rouge-orange apparaissent sur le feuillage des groseilliers rouges et blancs, et si les feuilles de groseillier noir commencent à se recroqueviller, c’est une preuve presque certaine d’une infestation de pucerons. Les œufs fécondés déposés à l’automne ont bien hiverné dans les bourgeons ou les fissures, et, avec l’arrivée de la chaleur, les jeunes individus apparaissent.Si l’on n’agit pas immédiatement et qu’on laisse les pucerons s’installer, il peut se produire 15 à 20 générations au cours de l’été, avec des dégâts importants à la clé.

Le traitement des groseilliers commence au début du printemps, lorsque la plante est encore au repos et que les bourgeons ne sont pas encore ouverts. À cette période, il est efficace de traiter les plants à l’eau chaude. Cette procédure permet d’éliminer les parasites et les maladies qui ont hiverné dans les bourgeons et les crevasses de l’écorce du groseillier.

Au cours des phases suivantes de la lutte contre les pucerons, il faut aussi surveiller l’apparition des fourmis. Elles participent à la dissémination des colonies d’insectes en les transférant du feuillage atteint au feuillage sain.

En cas d’attaque légère,les parties déformées de la plante peuvent être coupées et brûlées. En revanche, lors des journées d’été étouffantes, il faut éviter d’exposer les jeunes plants à la lumière directe du soleil, car ils seraient vite brûlés.Dans ce cas, les méthodes traditionnelles de lutte contre le puceron du groseillier prennent le relais.

Cendres, savon noir et plantes alliées

Cendres : elles doivent être tamisées et pesées, à raison de 300 grammes. Versez un litre d’eau bouillante et attendez qu’elles refroidissent complètement. Filtrez et remettez à 1 litre de volume. Ajoutez 40 grammes de savon et pulvérisez généreusement les groseilliers.Les travaux doivent être terminés au coucher du soleil. Répétez l’opération au bout d’une semaine, mais traitez plus tôt en cas de pluie.

en outre, le bicarbonate de sodium peut aider à lutter contre les insectes. Dissolvez une cuillère à soupe de poudre dans 1 litre d’eau et ajoutez du liquide vaisselle avant d’utiliser la solution.

Ne négligez pas les plantes dont l’odeur est désagréable pour les ravageurs. Les pucerons sont dissuadés par :

  • la capucine
  • l’ail
  • le souci
  • la moutarde
  • la coriandre
  • la menthe poivrée

Les fourmis n’aiment pas non plus :

  • la tanaisie
  • l’absinthe
  • la menthe poivrée
  • la lavande

En plantant ces espèces à proximité des groseilliers, le jardinier évitera au moins en partie une infestation de pucerons dans son jardin.

Baies sous attaque, jardin sous tension

Le puceron noir est l’un des principaux adversaires des baies. Sa taille varie de 3 à 5 mm, mais les dégâts qu’il provoque sont considérables.

C’est en automne que les femelles déposent leurs œufs dans les fissures de l’écorce ou à la base du collet. Au printemps, les larves sortent de leurs œufs. la sève du feuillage tendre et des jeunes tiges constitue leur source de nourriture. Les feuilles s’enroulent et la croissance des tiges cesse.

Dès les premières traces de pucerons sur les baies, il faut agir. En raison de leur grande fécondité, les pucerons noirs peuvent recoloniser une plante entière. Le rosier, ou l’arbuste concerné, perd alors son intérêt ornemental, et le jardinier sa récolte. Pas franchement le scénario rêvé.

Pour lutter contre les pucerons sur les baies, il vaut mieux utiliser des remèdes issus de recettes traditionnelles. Tous les jardiniers n’ont pas envie d’employer des produits chimiques dans leur jardin, et on les comprend.

Les solutions, infusions et décoctions les plus courantes pour le traitement sont les suivantes :

  • Mélanger 250 à 300 g de tabac dans 5 litres d’eau et laisser infuser pendant deux jours. Filtrer et ajouter 5 litres d’eau supplémentaires. L’infusion est alors utilisable. Pour améliorer l’adhérence, ajouter 40 à 50 grammes de savon.
  • Infusion de cendres : diluer 300 grammes de cendres dans 10 litres d’eau, porter à frémissement, puis ajouter 40 grammes de savon. Le traitement est répété plusieurs fois au cours de la saison, avec un intervalle de 4 à 5 jours entre chaque application. Après une pluie, on renouvelle le traitement.
  • Si l’on n’a pas le temps de laisser mijoter et infuser, on peut utiliser une solution savonneuse. Elle se compose de 10 litres d’eau et de 300 grammes de savon. Elle peut être remplacée par un savon ménager simple et bon marché. Cette solution doit être appliquée sur les baies tous les 1 à 2 jours.Ensuite, il faut enlever les insectes morts avec un jet d’eau assez puissant.

la plante vous dira merci, et les pucerons, eux, iront voir ailleurs.

comment éliminer les pucerons : une vidéo

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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