Les pucerons : petit suceur, gros tracas au jardin

Ce minuscule insecte cause bien des difficultés aux cultivateurs, et nombreux sont ceux qui espèrent se débarrasser définitivement des pucerons. Ce n’est pas toujours possible instantanément, mais avec des méthodes bien choisies, on peut déjà faire beaucoup. Cet article explique comment lutter contre les pucerons avec des méthodes traditionnelles,biologiques et chimiques,ainsi que les moyens de les contrôler dans les serres et sur les plantes d’intérieur.
Les pucerons sont de petits insectes qui se nourrissent de la sève des plantes, causant ainsi des dégâts aux cultures agricoles et horticoles. En plus d’affaiblir la plante, les pucerons peuvent transmettre plusieurs virus et maladies, et provoquer des galles qui, dans certains cas, peuvent mener à la destruction complète du végétal.
En automne, le puceron pond des œufs, d’où sortiront les jeunes individus au printemps. Le parasite est le plus actif pendant les mois de juin et juillet, période où son taux de reproduction est le plus élevé, ce qui lui permet de prospérer malgré des conditions environnementales parfois défavorables. Il migre de plante en plante, seul ou avec l’aide d’autres invertébrés, comme les fourmis.
Comme les colonies de pucerons se situent souvent sur la face inférieure des feuilles, il peut être difficile de les détecter sans une inspection minutieuse. L’apparition d’un feuillage contorsionné et déformé est un indice indirect de leur présence. Aux derniers stades de l’infestation, des colonies entières recouvrent la tige et le feuillage en une couche dense.
Il faut agir rapidement contre les pucerons,d’autant qu’il existe aujourd’hui de nombreuses méthodes chimiques,physiques,biologiques et traditionnelles.
Chimie et gros moyens : l’artillerie lourde, mais pas sans risque

L’utilisation de produits chimiques permet d’éliminer rapidement et efficacement les parasites sur une plante. Mais il faut garder à l’esprit que ce type de traitement peut être dangereux pour la santé humaine,car les substances peuvent être absorbées par la plante puis se retrouver dans les cultures. Toutefois, si la plante est en danger, ces méthodes restent parmi les plus efficaces.
Le Karbofos, le plus couramment utilisé, se dilue dans l’eau à raison de 30 grammes pour 10 litres. Il permet de contrôler efficacement les colonies de pucerons, mais ne détruit pas les œufs ni toute la progéniture. la face inférieure des feuilles peut aussi être traitée avec de la chaux chlorée, diluée à raison de 1 à 2 cuillères à café pour 10 litres d’eau.Une solution huileuse de Trichlometaphos, diluée à raison de 15 à 20 grammes pour 10 litres d’eau, est recommandée au début du printemps.
Coude à coude avec les pucerons : les méthodes physiques

Les méthodes physiques de lutte contre les insectes sont tout à fait sûres pour la santé des plantes et des humains, mais elles demandent du travail. Elles consistent à :
- pulvériser les pucerons sur les plantes à l’aide d’un tuyau d’arrosage ;
- collecter manuellement les insectes ;
- installer un auvent en verre ou en plastique au-dessus de la plante pour empêcher les parasites de l’atteindre.
On ne va pas se mentir : c’est simple sur le papier,mais ça demande de la patience et un vrai passage régulier.
La biodiversité à la rescousse : des auxiliaires,mais avec mesure

Bien que les méthodes biologiques soient naturelles,elles restent assez difficiles à mettre en œuvre.on peut,par exemple,attirer des moineaux dans un jardin pour lutter contre les parasites,mais les oiseaux peuvent aussi causer des dommages aux cultures,en abîmant les fruits ou en perturbant les jeunes plants.
En pratique,mieux vaut favoriser les auxiliaires vraiment utiles au jardin avant de compter sur des solutions trop approximatives.
Remèdes de grand-mère : quand le bricolage fait le job
Il existe aussi de nombreuses méthodes traditionnelles de lutte contre les parasites, parmi lesquelles :
la plante atteinte est pulvérisée avec une solution de cendres et de savon (les cendres sont mises à mijoter pendant 25 à 30 minutes, puis mélangées à 50 grammes de savon domestique râpé et à 10 litres d’eau). Ce traitement peut être renouvelé autant de fois que nécessaire jusqu’à disparition complète des parasites.
Les décoctions de chélidoine, d’armoise, d’ail et d’achillée, diluées dans de l’eau et appliquées tous les 5 à 7 jours, sont également efficaces contre les pucerons.
Là, on parle de sérieux pour le sol : la prévention commence à l’automne. Pour éviter que les pucerons et leur progéniture ne gâchent la nouvelle saison, il est nécessaire de nettoyer soigneusement la zone des plantes, feuilles et brindilles mortes à l’automne, d’éliminer les résidus végétaux, de travailler le sol avec soin et de traiter les arbres avec une solution de chaux.
*Les pucerons ne viennent jamais seuls : un jardin un peu négligé leur sert souvent de porte d’entrée.*
Dans la serre, la chaleur tourne vite au piège
Dans le jardin d’hiver ou la serre, il faut porter une attention particulière à l’apparition de ces insectes. L’inspection quotidienne des plantes permet de les identifier dès les premiers stades.Les signes suivants révèlent leur présence :
- accumulation du ravageur sur les tiges et le feuillage, surtout sur la face inférieure des feuilles ;
- feuilles rendues collantes par le miellat, un liquide sucré sécrété par l’insecte ;
- bords des feuilles qui se courbent vers le bas et s’enroulent ;
- fruits qui ne se développent pas, se déforment et se ratatinent.
Les pucerons sont aussi dangereux parce qu’ils transmettent des maladies. Ce risque augmente dans l’espace confiné d’une serre. Il faut donc éliminer ce parasite sans tarder.
L’essence de vinaigre est une méthode simple et abordable pour lutter contre les insectes. On mélange une cuillère à café de vinaigre et une petite quantité de liquide vaisselle dans un litre d’eau.
Chaque feuille de la plante atteinte doit être enduite de cette solution, sur ses deux faces. Si les pucerons sont nombreux,il est conseillé de renouveler l’submission tous les deux jours. Si nécessaire, on peut ajouter une protection supplémentaire pour la plante.
Les fourmis propagent les pucerons dans toute la serre et doivent donc elles aussi être combattues. L’utilisation de poudre de moutarde sèche, de poudres anti-fourmis, de plantes répulsives et la taille permettent de limiter leur présence dans la serre.
plantez de l’aneth ou de la moutarde à feuilles dans la serre pour attirer les coccinelles, qui se nourrissent de pucerons. Comme l’accès à la serre est souvent limité, vous pouvez aussi relâcher cet insecte auxiliaire directement sur le rang infesté.
Mais, entre nous, le plus simple reste encore d’empêcher l’infestation d’entrer.
Toutes les structures en bois de la serre doivent être blanchies à la chaux à titre préventif.
Le sulfate de cuivre peut être utilisé pour traiter le verre et le polycarbonate.
L’utilisation de soufre pour la fumigation de la serre permet également de la désinfecter.
Il faut aussi :
- exclure les insectes de la serre ;
- contrôler la végétation ;
- en automne, retirer la couche supérieure de terre infestée et la remplacer par une terre neuve.
En appliquant ces mesures, l’horticulteur empêchera la présence de pucerons dans la serre.
Sur le rebord de fenêtre, le puceron ne prend pas de vacances
comment des insectes peuvent-ils pénétrer dans la maison et causer des dégâts aux plantes d’intérieur ? C’est assez simple. Ils peuvent entrer par une fenêtre ouverte, ou être introduits à l’intérieur avec un bouquet de fleurs du jardin. Ils peuvent aussi arriver avec des plantes achetées en magasin.
Le puceron s’installe généralement au dos d’une feuille, perce la plaque foliaire avec sa trompe et en extrait le liquide.le feuillage se déforme et la croissance de la plante ralentit. La substance sucrée sécrétée s’appelle le miellat et apparaît là où les pucerons se sont installés. Souvent, un champignon noirâtre, appelé fumagine, s’y développe.
Les méthodes pour éliminer les pucerons des plantes d’intérieur dépendent du niveau d’infestation.
Si le nombre de pucerons est faible, ils peuvent être retirés mécaniquement, soit en coupant les parties atteintes de la plante, soit en détachant les insectes du feuillage à l’aide d’une brosse, puis en les éliminant.Pour plus de sécurité,nettoyez ensuite la plante avec une solution de savon doux.
L’application de savon noir sur les fleurs d’intérieur donne de bons résultats. Il faut 20 grammes de savon noir pour 1 litre d’eau.
En outre, certaines odeurs répulsives peuvent éloigner les pucerons des fleurs. Le géranium odorant, par exemple, peut être utile dans un appartement urbain. si vous placez un pot de cette plante à côté de la plante atteinte, vous pourrez constater, au bout de quelques jours, que les pucerons ont abandonné leur cible.
Lorsqu’une infestation est sévère, il est plus difficile de lutter contre les pucerons. L’utilisation de remèdes populaires nécessitera alors plusieurs traitements.
Versez 100 g d’écorces d’agrumes séchées dans 1 litre d’eau tiède et laissez infuser pendant trois jours. La plante est ensuite pulvérisée ou son feuillage est lavé délicatement.
On peut aussi préparer une infusion de pelures d’oignon. Prenez 6 g de pelures d’oignon pour 1 litre d’eau, avec 4 à 5 gouttes de liquide vaisselle.
Les insecticides contre les pucerons des plantes d’intérieur sont disponibles chez les fleuristes. Il peut s’agir de produits comme Fas, Inta-Vir, Karate, etc. Un mode d’emploi détaillé figure toujours sur l’emballage.
Prévenir vaut mieux que pulvériser
Quelques principes sont à respecter pour éviter les pucerons sur les plantes d’intérieur :
- ne placez pas les plantes du jardin ou de la terrasse à côté des plantes d’intérieur si vous n’êtes pas sûr de leur état sanitaire ;
- avant d’installer des bouquets et des plantes en pot nouvellement achetés près des plantes d’intérieur, examinez-les attentivement ; il est recommandé de les mettre en quarantaine pendant quelques jours ;
- au printemps et en été, lorsque les fenêtres restent souvent ouvertes et que les pucerons se reproduisent activement, apportez un soin particulier aux fleurs d’intérieur.
Ces gestes simples vous aideront à garder des plantes en forme, pour le plus grand plaisir du jardinier ou de la jardinière.






