Marcottage des plantes : 4 techniques, du printemps à l’automne

Le marcottage multiplie une plante en laissant le rameau relié au pied-mère jusqu’à l’apparition de racines. Une méthode patiente, oui, mais nettement moins brutale qu’une bouture envoyée vivre seule dès le premier jour.

Une branche, deux vies : le marcottage en clair

Detailed view of a potted plant, highlighting roots and green foliage outdoors.
Photo de Yetkin Ağaç sur Pexels.

Le principe est simple : on met une partie aérienne au contact d’un substrat humide, on attend la rhizogenèse, puis on sépare la marcotte une fois son système racinaire assez développé. La nouvelle plante provient du pied-mère par multiplication végétative. Elle en reprend donc le patrimoine génétique, contrairement à un semis dont les caractères peuvent varier.

La différence avec le bouturage tient au moment de la séparation. Une bouture est coupée avant l’enracinement et doit devenir autonome. Une marcotte reste alimentée par la plante mère pendant la formation des racines. L’entaille ou la pression exercée sur l’écorce peut ralentir la descente de la sève élaborée dans le phloème, tandis que la sève brute continue de circuler dans le xylème. Cette accumulation locale de ressources peut favoriser l’enracinement.

Le printemps et l’été conviennent souvent aux rameaux en croissance. Pour certaines plantes ligneuses, le travail se poursuit jusqu’à la fin de l’été ou au début de l’automne. Le marcottage est ancien : Caton l’Ancien le décrit déjà au IIe siècle avant notre ère dans De agri cultura. La technique a donc traversé les siècles. La météo, elle, continue de jouer les trouble-fêtes.

On ne coupe pas une marcotte parce qu’une première racine apparaît : on attend un ensemble de racines capable d’alimenter la plante.

Couchage : plier sans casser, attendre sans trépigner

A close-up image of feet partially buried in sandy soil, depicting outdoor adventure.
Photo de Konstantin Mishchenko sur Pexels.

Le rameau prend le chemin des racines

Le marcottage par couchage convient aux branches basses, longues et souples, notamment chez des plantes grimpantes comme la clématite ou la glycine. Le rameau doit rejoindre le sol sans se fendre. Une branche trop rigide ne négocie pas, elle casse.

  1. Choisissez un rameau sain et repérez une partie qui peut toucher le sol.
  2. ameublissez la terre à cet endroit et placez le rameau contre le substrat humide.
  3. Pratiquez, si la plante s’y prête, une légère entaille de l’écorce sans sectionner la tige.
  4. Maintenez le rameau avec un cavalier ou une pierre, puis recouvrez la partie en contact avec la terre.
  5. Gardez le sol frais sans le saturer d’eau et attendez l’enracinement avant le sevrage.

La terre doit retenir un peu d’humidité tout en évacuant l’excédent. Une branche enfermée dans une poche de boue risque de pourrir avant de produire des racines. Chez Jardin-Bio, la main verte de la rédac préfère une humidité régulière à une pluie de produits de bouturage.

Stolons et cépées : les bébés prennent racine

Le stolon est une tige aérienne rampante qui produit un nouveau plant lorsqu’un de ses points reste au contact d’un sol humide. Le fraisier en fournit un exemple courant. Placez la partie feuillée dans un petit pot, maintenez la tige avec un cavalier ou une pierre et recouvrez-la de 2 cm de substrat. Une mise en place en mai correspond à la période indiquée pour cette méthode chez le fraisier.

Ne séparez le jeune plant qu’après son enracinement. Coupez alors la tige qui le relie au pied-mère et gardez-le en pot pendant une saison si ses racines doivent encore se renforcer. Un fraisier peut produire plusieurs stolons et coloniser rapidement une bordure. La nature reprend ses droits, parfois avec une sacrée idée de la densité.

Le marcottage en cépée repose sur les rejets formés à la base d’une plante. En hiver, rabattez la plante mère pour provoquer de nouvelles pousses au printemps. Lorsqu’elles se développent, ajoutez progressivement de la terre autour de leur base. Les parties enterrées peuvent alors produire des racines. À l’automne ou durant l’hiver suivant, dégagez la butte et séparez les tiges enracinées.

Cette méthode demande de surveiller le tassement de la terre et le dessèchement de la souche. Le sol doit rester frais, pas noyé. Sinon, ça tourne vite à la belle galère racinaire.

Marcottage aérien : les racines prennent l’air

red strawberries on brown clay pot
Photo de Alejandro Piñero Amerio sur Unsplash.

Le marcottage aérien s’utilise lorsque la tige ne peut pas être couchée au sol. Il convient notamment à certaines plantes d’intérieur difficiles à bouturer, comme le ficus. La zone choisie se trouve sur une tige robuste, à distance des feuilles.

On pratique une entaille de l’écorce, puis on entoure la zone d’un substrat humide maintenu contre la tige. La poche doit conserver l’humidité sans retenir une eau stagnante. Lorsque les racines sont nombreuses et visibles, on sectionne la tige sous la zone enracinée et on plante la nouvelle partie dans un substrat humide et drainant.

Le contrôle doit suivre l’évolution des racines, pas une date fixée d’avance. À l’abri, certaines plantes peuvent s’enraciner en quelques mois; d’autres demandent davantage de temps. Une feuille vigoureuse ne suffit pas à déclarer la marcotte autonome.

Serpent, butte et long bois : les variantes qui s’en mêlent

Green vine with vibrant leaves against a blurred background
Photo de stephan hinni sur Unsplash.

Le marcottage en serpent reprend le principe du couchage sur plusieurs points d’un même rameau. Plusieurs portions sont mises au contact du sol tandis que les parties feuillées restent à l’air libre. Une seule tige peut ainsi former plusieurs zones d’enracinement, si le substrat reste meuble et humide.

Le marcottage en butte prolonge la logique de la cépée : on provoque des pousses à la base, puis on recouvre progressivement cette zone de terre. Le marcottage par long bois, parfois appelé marcottage chinois, enterre presque tout un rameau. Ces appellations décrivent des variantes de mise en contact avec le substrat, pas des recettes interchangeables.

La forme du rameau, la capacité de l’espèce à produire des racines et la durée disponible avant la séparation déterminent le choix. Une photo de branche bien arquée ne remplace donc pas l’observation du végétal sur place.

Le sevrage, ou comment couper le cordon sans tout gâcher

a plant with a long stem and a long root
Photo de Laura Ockel sur Unsplash.

Avant de séparer la marcotte, dégagez doucement la terre ou ouvrez la poche aérienne. Les racines doivent être assez nombreuses pour retenir le substrat et alimenter la partie aérienne. Une racine isolée donne peut-être une jolie photo, mais pas encore une plante autonome.

Sectionnez la tige avec un outil propre, juste après la zone enracinée, puis replantez sans secouer les racines. Pour un stolon, le passage par un pot pendant une saison laisse au jeune plant le temps de renforcer son système racinaire. Pour un couchage ou une cépée, limitez les manipulations et arrosez si le temps est sec.

Une marcotte réussie se juge à ses racines, pas à la seule vigueur de ses feuilles.

On a toutes et tous connu le rameau oublié sous un paillage, retrouvé des mois plus tard avec des racines partout. Le marcottage organisé consiste à provoquer ce hasard au bon endroit, puis à patienter. Le voisin conseillera toujours d’arroser deux fois plus. La météo, elle, ne prendra toujours pas position.

Sources et références scientifiques
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  2. Bastedo A.. Layering Energies: Optimizing Facial Aesthetic Outcomes.. Plastic and aesthetic nursing. 2026. DOI: 10.1097/psn.0000000000000651 · PMID: 41920060. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
  3. Bouchet GN, Burnett-Júnior LH, Spohr AM.. Masking ability of layering techniques combined with white or yellow opaquers on a dark background.. Journal of clinical and experimental dentistry. 2026. DOI: 10.4317/jced.64117 · PMID: 42434031. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
  4. Smith JN, Algar JL, Lawson NR, Avery ZT, White NG, Preston D.. Supramolecular self-assembly by layering orthogonality to program identity, connectivity and conformation.. Nature reviews. Chemistry. 2026. DOI: 10.1038/s41570-026-00860-5 · PMID: 42509326. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
  5. Bruno Nunez. Le marcottage : La technique idéale pour multiplier vos plantes!. 2023.
  6. Contributeurs aux projets Wikimedia. méthode de multiplication de végétaux par développement de racines sur une partie aérienne. 2004.
  7. Notes et références.
  8. ↑ "De agri cultura (de l'agriculture)", édition des Belles Lettres, 1975, pages 51, 84 et 85.
  9. ↑ « MARCOTTE: Etymologie de MARCOTTE », sur (consulté le 10 novembre 2019).
  10. ↑ M.A. Merlette. L'encyclopédie des écoles. 6 décembre 1863. p. 477.
  11. ↑ On peut en voir des exemples à l'arboretum de Chèvreloup (Rocquencourt, Yvelines).
  12. ↑ Arbres remarquables en Maine-et-Loire. Éditions du CAUE. 2003..
  13. 1 2 3 4 5 Alphonse Du Breuil. Cours Elementaire Theorique Et Pratique D'arboriculture. 1846..
  14. ↑ Lyon horticole. Vol. 23-24. 1901..
  15. Alphonse Du Breuil. Cours Elementaire Theorique Et Pratique D'arboriculture. 1846..
  16. Jardiner Malin. Le marcottage : la technique de base. 2024.
  17. Gilles Langrand. Marcottage : Technique et conseils.
ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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