Bloomfield Abundance : 1,80 m, des roses de fin avril aux gelées, épines comprises

Bloomfield Abundance peut atteindre 1,80 m de haut pour environ 1,20 m d’étalement et produire des bouquets rose pâle jusqu’aux premières gelées. Ses longues pousses et ses épines très développées demandent un emplacement réfléchi, des gants solides et une taille adaptée.

Un rosier qui ne fait pas dans la demi-mesure

pink roses in close up photography
Photo de Ilona K. sur Unsplash.

Bloomfield Abundance est un rosier arbuste aux longues branches. Lorsqu’on le palisse, son port peut se rapprocher de celui d’un rosier liane. Ses petites fleurs doubles, blanc rosé à rose tendre, apparaissent en bouquets. Elles sont peu odorantes, parfois presque sans parfum. Pour le nez, on repassera.

La variété est attribuée à Thomas et datée de 1920, aux États-Unis. Une étude publiée en 2020 dans Horticulture Research rappelle que la majorité des roses cultivées dites modernes proviennent de croisements et de programmes d’amélioration postérieurs à 1867. La date de Bloomfield Abundance la situe dans cette période, sans suffire à établir à elle seule son classement horticole exact.

Cette nuance compte au jardin. Son intérêt tient ici à son développement, à ses bouquets répétés et à sa capacité à être conduite sur un support, pas à une promesse de parfum puissant. On choisit donc d’abord une charpente et un emplacement, puis une couleur de fleur.

Floraison à rallonge, calendrier en roue libre

A single pink rose grows on a black trellis
Photo de Mirko Hirsch sur Unsplash.

Bloomfield Abundance commence généralement à fleurir de la fin avril au début mai et peut continuer jusqu’aux gelées. Elle est décrite comme remontante, avec des bouquets qui se renouvellent pendant la saison. La date de départ varie toutefois selon le climat, l’exposition et les épisodes de froid printanier.

La plante préfère la mi-ombre dans les descriptions horticoles qui lui sont consacrées. En terrain frais, elle devient plus exubérante et peut prendre beaucoup d’ampleur. En sol plus sec, sa croissance est moins forte, sans que le rosier perde pour autant son intérêt ornemental.

Avec une hauteur annoncée de 1,80 m et un étalement d’environ 1,20 m, elle n’a rien d’un petit rosier à coincer au bord d’un passage. Ses branches et ses épines finiront par rappeler cette erreur à chaque pantalon accroché.

Palissage : le rosier prend la tangente

Focused gardening with a gloved hand trimming a rose bush in a pot outdoors.
Photo de Sóc Năng Động sur Pexels.

Bloomfield Abundance peut être palissée sur une pergola, une treille ou contre un mur. Un emplacement protégé des vents dominants et de la pluie lui convient. Ses longues pousses occupent rapidement l’espace, surtout lorsque le sol reste frais.

Le palissage permet de discipliner une plante qui aurait vite fait de dépasser les limites du massif. Il faut néanmoins conserver assez de place autour du pied pour accéder aux branches au moment de la taille. Sinon, chaque intervention tourne au tête-à-tête avec les épines, et elles ont clairement le dernier mot.

Taille : grand ménage, petit massacre interdit

La taille principale se fait à la fin de l’hiver. On retire le vieux bois afin d’éviter que les branches ne deviennent grêles et envahissantes. Les pousses vigoureuses qui partent du pied ou des branches principales sont conservées lorsqu’elles participent au renouvellement de la charpente.

En terrain frais, le rosier peut demander une taille sévère pour contenir son développement. Cette indication ne signifie pas qu’il faut rabattre toutes les branches à quelques centimètres. On regarde d’abord la structure, l’âge des tiges et les pousses capables de remplacer les parties vieillissantes.

On taille pour renouveler la charpente, pas pour punir le rosier parce qu’il a dépassé la limite du massif. Les bouquets fanés peuvent être retirés après la première floraison si l’on souhaite encourager la remontée et limiter la formation de fruits, mais la taille principale reste celle de la fin de l’hiver.

Boutures : le loto végétal sans ticket gagnant

A tattooed arm holding a section of long dark hair with scissors
Photo de 🔥John Rodriguez🔥 sur Unsplash.

La multiplication par bouture se pratique de septembre à décembre. Choisissez un rameau sain de la grosseur d’un crayon, d’environ 20 cm, avec au moins trois yeux. Une bouture à talon convient également.

  1. Prélevez une section de rameau ni trop tendre ni complètement ligneuse.
  2. Conservez environ 20 cm et au moins trois yeux.
  3. Plantez la bouture dans un sol léger et frais, sans excès d’eau, en laissant un ou deux yeux hors du sol.
  4. Installez-la dans un endroit protégé, par exemple sous châssis, ou directement en pleine terre si les conditions s’y prêtent.
  5. Surveillez l’humidité pendant l’hiver sans détremper le substrat.

Les hormones de bouturage ne sont pas indispensables pour cette multiplication. Les jeunes plants peuvent rester en place jusqu’à l’automne suivant avant une éventuelle transplantation. La reprise dépend toutefois du rameau, du froid, de l’humidité et du dessèchement. Bouturer, c’est parier sur l’avenir, mais le ticket gagnant n’est pas fourni avec le sécateur.

Maladies : réputation à vérifier, feuilles à surveiller

a close up of a green leafy plant with drops of water on it
Photo de Harshal Naik sur Unsplash.

Bloomfield Abundance est décrite comme peu sensible aux taches noires et capable de se passer de traitement dans les conditions rapportées. Cette réputation ne transforme pas la variété en rosier invulnérable. Une saison humide ou un pied affaibli peuvent modifier le comportement observé au jardin.

Les jeunes feuilles peuvent paraître recroquevillées au début de leur développement. Ce phénomène est signalé comme naturel pour la variété lorsqu’elles se déploient ensuite normalement. Il faut donc observer l’évolution avant de conclure à une maladie.

En jardin bio, cette faible sensibilité rapportée est un atout, mais elle ne dispense pas de regarder le feuillage et les branches. On évite surtout de transformer chaque anomalie en traitement automatique. Le rosier n’a pas besoin d’un purin miracle pour chaque feuille qui fait la tête.

Le bon rosier au bon endroit, sinon gare au pantalon

A close up of a wooden stick with a snail crawling on it
Photo de Damien Campbell sur Unsplash.

Bloomfield Abundance convient à un jardin qui peut lui offrir environ 1,80 m de hauteur, 1,20 m d’étalement et un support si l’on souhaite guider ses longues pousses. Ses bouquets de petites fleurs doubles rose pâle se renouvellent de la fin avril aux gelées, mais son parfum reste discret et ses épines sont très présentes.

Elle correspond donc à un projet de palissage ou à un massif capable d’absorber une croissance vigoureuse. Pour un rosier compact, très parfumé et peu épineux, les caractéristiques annoncées ne vont pas dans le bon sens. Ce n’est pas un défaut caché : c’est le mode d’emploi de la variété.

On lui laisse de l’espace, on garde des gants à portée de main et on renouvelle le vieux bois à la fin de l’hiver. Après cela, il reste à négocier avec la météo. Même notre cher chroniqueur potager n’a pas encore trouvé le bouton « gelée supprimée ».

Sources et références scientifiques
  1. Integrated transcriptome and metabolome analyses provide molecular insights into the transition of flower color in the rose cultivar ‘Juicy Terrazza’ – PMC. BMC plant biology. DOI: 10.1186/s12870-025-06794-2 · PMID: 40615831.
  2. 1.Tanaka Y, Ohmiya A. Seeing is believing: engineering anthocy- Anin and carotenoid biosynthetic pathways. Curr Opin Biotech. 2008;19:190-7. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  3. 2.Niyogi K. Safety valves for photosynthesis. Curr Opin Plant Biol. 2000;3:455-560. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  4. 3.Tanaka Y, Sasaki N, Ohmiya A. Biosynthesis of plant pigments: anthocyanins, betalains and carotenoids. Plant J. 2008;54:733-49. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  5. 4.Sun T, Yuan H, Cao H, Yazdani M, Tadmor Y, Li L. Carotenoid metabolism in plants: the role of plastids. Mol Plant. 2018;11:58-74. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  6. 5.Wan HH, Yu C, Han Y, Guo XL, Luo L, Pan HT, Zheng TC, Wang J, Cheng TR, Zhang QX. Determination of flavonoids and carotenoids and their contributions to various colors of Rose cultivars (Rosa spp). Front Plant Sci. 2019;10:1-14. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar].
  7. 6.Shi R, Qian XH, Luan YP, Chen L, Chen Lq. Metabolomics reveals the causes of different flower colors about Yunnan roses. J Yunnan Univ Tradit Chin Med. 2020;43:18-24. [Google Scholar].
  8. 7.Zhang Q, Wang LL, Liu ZG, Zhao ZH, Zhao J, Wang ZT, Zhou GF, Liu P, Liu MJ. Transcriptome and metabolome profiling unveil the mechanisms of Ziziphus jujuba mill. Peel coloration. Food Chem. 2019;312:125903. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  9. en Z, Lu XY, Xuan Y, Tang F, Wang JJ, Shi D, Fu SL, Ren J. Transcriptome analysis based on a combination of sequencing platforms provides insights into leaf pigmentation in Acer rubrum. BMC Plant Biol. 2019;19:240. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar].
  10. 9.Yan HJ, Zhang H, Wang Q, Jian H, Tang K. The Rosa chinensis cv. Viridiflora phyllody phenotype isassociated with misexpression of flower organ identity genes. Front Plant Sci. 2016;7:996. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar].
  11. 10.Eugster CH, Märki-Fischer E. The chemistry of Rose pigments. Angew Chem Int Edit. 1991;30:654-72. [Google Scholar].
  12. 11.Kuppusamy KM, Selvaraj S, Singaravelu P, John CM, Racheal K, Varghese K, Kaliyamoorthy D, Perumal E, Gunasekaran K. Anti-microbial and anti-cancer efficacy of acetone extract of Rosa chinensis against resistant strain and lung cancer cell line. BMC Complement Med. 2023;23:406. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar].
  13. 12.Guimarães R, Barros L, Carvalho AM, Ferreira ICFR. Studies on chemical constituents and bioactivity of Rosa micrantha: an alternative antioxidants source for food, pharmaceutical, or cosmetic applications. J Agric Food Chem. 2010;58:6277. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  14. Narcea, an unknown, ancient cultivated rose variety from northern Spain – PMC. Horticulture research. DOI: 10.1038/s41438-020-0266-8 · PMID: 32257230.
  15. 1.Fougère-Danezan M, Joly S, Bruneau A, Gao X-F, Zhang L-B. Phylogeny and biogeography of wild roses with specific attention to polyploids. Ann. Bot.-Lond. 2015;115:275-291. doi: 10.1093/aob/mcu245. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1093/aob/mcu245.
  16. 2.Rehder, A. Manual of cultivated trees and shrubs: hardy in North America: exclusive of the subtropical and warmer temperate regions. 2nd ed. rev. and enl (Blackburn Press, 2001)..
  17. caisne, J. & Naudin, C. H. Manuel de l’Amaterur des jardins. Traité Général d’horticulture. Tome II. (Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, 1862)..
  18. 4.Guillemeau, J. Histoire naturelle de la rose (L’imprimerie de Vatar-Jouannet, 1800)..
  19. 5.Lindley, J. Rosarum monographia, or, a Botanical Hystory of Roses (Printed for James Ridgway, 1820)..
  20. 6.Redouté, P. & Thory, C. A. Les Roses. Tome second (L’ imprimerie de Firmin Didot, 1821)..
  21. 7.Cranston, J. Cultural directions for the rose (W. Rowbottom, 1857)..
  22. 8.Koopman WJM, et al. AFLP markers as a tool to reconstruct complex relationships: a case study in Rosa(Rosaceae) Am. J. Bot. 2008;95:353-366. doi: 10.3732/ajb.95.3.353. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3732/ajb.95.3.353.
  23. 9.Liorzou M, et al. Nineteenth century French rose (Rosa sp.) germplasm shows a shift over time from a European to an Asian genetic background. J. Exp. Bot. 2016;67:4711-4725. doi: 10.1093/jxb/erw269. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1093/jxb/erw269.
  24. 10.Bubani, P. Flora Pyrenaea per ordines naturales gradatim digesta. Vols. I-IV (Ed. Ulricus Hoeplius, 1897−1902)..
  25. 11.Montserrat, P., Daniel Gómez, D., Ferrández, J. V. & Bernal, M. Rosas de Aragón y tierras vecinas. 2nd edition. (Colección Monografías de Botánica Ibérica, n° 14. Jolube Consultor Botánico y Editor, 2016)..
  26. 12.Mayor-López, M. & Díaz-González, E. La flora asturiana (Colección Popular Asturiana Ayalga, 1977)..
  27. Wan H, Yu C, Han Y, Guo X, Ahmad S, Tang A, Wang J, Cheng T, Pan H, Zhang Q.. Flavonols and Carotenoids in Yellow Petals of Rose Cultivar ( Rosa 'Sun City'): A Possible Rich Source of Bioactive Compounds.. Journal of agricultural and food chemistry. 2018. DOI: 10.1021/acs.jafc.8b01509 · PMID: 29618209. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
  28. Boronkay G, Hamar-Farkas D, Kisvarga S, Békefi Z, Neményi A, Orlóci L.. Developing a Colorimetrically Balanced, Measurement-Based Petal Colour System for Cultivated Rose (Rosa L. Cultivars) and the Resulting Colour Categories.. Plants (Basel, Switzerland). 2024. DOI: 10.3390/plants13101368 · PMID: 38794440. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
  29. Bruno Nunez. Bloomfield Abundance: un rosier arbuste. 2020.
  30. Rosa Bloomfield Abundance – rosier ancien, rosier arbuste.
ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

Read More

Related Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici