Le chou d’ornement : des feuilles qui font le show, même quand le jardin roupille

Ce chou peu commun gagne en popularité chez les horticulteurs et dans les jardins amateurs. Ses grandes rosettes colorées attirent l’œil, tiennent bon jusqu’aux premières gelées et demandent peu de soins : de quoi en faire un allié précieux pour les jardiniers débutants comme pour les plus aguerris.
Le chou d’ornement ne craint pas la mauvaise météo et continue à décorer le jardin jusqu’à la première neige.il est simple à cultiver, peu capricieux, et c’est souvent ce qui en fait un bon choix pour commencer sans stress. On ne va pas se mentir : quand une plante fait le spectacle sans réclamer un traitement de star, on apprécie.
Sa durée de vie est de deux ans. La première année, il forme une rosette de feuilles ; la seconde, il développe une tige florale et produit des graines. La diversité de ses hauteurs – de 20 à 130 cm selon les variétés -,de ses couleurs – blanc,vert,rose,lilas,et toutes sortes de combinaisons – et de ses formes de feuilles est impressionnante. Le chou d’ornement est un moyen simple d’embellir un jardin. Il suffit d’en planter quelques-uns à proximité les uns des autres. Avec un peu d’imagination,on peut composer des massifs mêlant uniquement des choux,ou les associer à d’autres plantes.
Et c’est là que le chou d’ornement devient intéressant : il donne du relief au jardin quand beaucoup d’autres plantes commencent à fatiguer.
Le chou « fleurit » longtemps, de juillet à fin octobre. Il devient vraiment décoratif au début de l’automne et supporte des gelées allant jusqu’à -10 °C. Il se prête bien à la transplantation. Si vous voulez le déplacer ailleurs, il suffit de le déterrer avec une motte de terre ; on peut même répéter l’opération plusieurs fois. Le pied principal appréciera, à condition d’être correctement nourri. C’est pratique, car il n’est pas nécessaire de le placer tout de suite à son emplacement définitif en mai. En effet, le chou devient surtout ornemental en août ; on peut donc le faire pousser dans un coin un peu à l’écart jusqu’à cette date. Au bon moment, le chou d’ornement peut alors rejoindre les plates-bandes et les mettre en valeur.
La tête du jardinier quand il découvre qu’un chou peut faire mieux qu’une vivace capricieuse.
Variétés en roue libre : du palmier au petit bijou

Depuis les années 1930, d’anciennes variétés de choux d’ornement sont cultivées à la station maraîchère de Gribovskaya.Il s’agit de cultivars améliorés de choux fourragers. Ils ressemblent parfois à des palmiers : ils sont hauts et portent un feuillage élégant, retombant ou très découpé.
La Langue d’alouette
La variété Langue d’alouette appartient au groupe des Green Curly Tall. Elle peut atteindre 130 cm de hauteur. De longs pétioles, d’environ 20 cm, portent des feuilles au bord festonné et ondulé. Leur coloration varie selon les sujets, avec différentes nuances de vert. L’ensemble forme une silhouette en palmier.
La Langue d’alouette : un palmier qui n’a pas demandé son visa tropical.
Red Curly Top High
Red Curly Top High est proche de la variété précédente. Son feuillage prend des teintes bleu-violet ou pourpre foncé. L’effet est très graphique, presque minéral, et ça change tout au milieu d’un massif un peu sage.
Red Curly Low
red Curly Low est une plante moins imposante, avec une tige qui atteint au maximum 60 cm de hauteur. Son feuillage est haut et étalé. La plante peut atteindre un mètre de diamètre et habiller à elle seule un parterre entier.
On peut aussi cultiver le chou frisé comme plante ornementale, même si son usage principal reste alimentaire.
Variété de chou frisé pourpre : décoratif, mais pas du genre à rester discret.
Kai et Gerda
Un exemple plus récent est la variété Kai et Gerda, un mélange de plantes aux feuilles émeraude et violettes, pouvant atteindre 50 cm de hauteur.
L’assortiment Kai et Gerda : deux couleurs, zéro timidité.
Les sélections japonaises
Les sélectionneurs japonais ont développé des variétés aux formes très esthétiques. Ils sont d’ailleurs réputés pour créer de nombreux cultivars et hybrides.
Tokyo
Tokyo regroupe de petites plantes d’environ 30 cm de haut. Le feuillage central est très brillant et contraste avec les feuilles inférieures, plus sombres, vert foncé. Les feuilles sont arrondies et présentent un bord légèrement ondulé.
Tokyo Pink : compacte, nette, et franchement très chic pour un chou.
Osaka
Osaka, proche de Tokyo, porte souvent des feuilles roses ou blanches. Sa rosette, large de 45 cm de diamètre et haute de 60 cm, peut présenter des feuilles fortement ondulées ou plus linéaires.
Osaka rouge et Osaka blanche : le genre de duo qui ne passe pas inaperçu au fond du jardin.
Nagoya
Nagoya existe en version rouge ou blanche. C’est une plante robuste, aux feuilles inhabituelles et fortement cloquées. Sa rosette peut atteindre 60 cm de diamètre.
Nagoya ivoire : un chou qui joue clairement la carte du volume.
Piglon
Piglon est une variété aux multiples nuances, avec des tons blanc et crème particulièrement séduisants. Les plantes sont compactes et bien dessinées, comme de petites roses. Le feuillage est légèrement plissé.
L’assortiment Piglon : du choux bien coiffé, sans passage chez le fleuriste.
Coral Queen
Coral Queen possède un feuillage hors du commun. Très découpé, d’un rouge éclatant, il ressemble à du corail.
Coral Queen : le corail version potager, sans besoin de plongée.
Princesse
Princesse mesure environ 40 cm en largeur comme en hauteur. Ses petites feuilles ont des bords très cannelés. Le feuillage peut prendre des teintes variées, notamment jaune, blanc et rouge.
L’assortiment Princesse : petit format, mais effet royal garanti.
Semis et racines bien au frais : la recette tranquille du départ

on cultive le chou d’ornement par semis. Les semis commencent à la mi-mars ou en avril. Les heureux propriétaires d’une serre chauffée peuvent installer les caissettes directement dedans. Les autres devront choisir l’endroit le plus lumineux et le plus agréable de la maison. La chaleur freine la croissance des jeunes plants. On peut aussi les placer sur une terrasse, une loggia ou un patio abrité.
Pour obtenir des plants sains, il faut respecter une température adaptée :
- la première semaine après la germination, maintenir une température de 8 à 10 °C ;
- la température optimale pour la croissance des jeunes plants se situe entre 14 et 18 °C ; au-delà, c’est moins favorable.
On peut utiliser des récipients d’environ 15 cm de hauteur. Le substrat doit être poreux, fertile et non acide. On peut mélanger de la terre de jardin avec de l’humus, ou de la terre de jardin avec de la tourbe. Les graines de chou sont assez grosses ; on les sème en lignes espacées sur un sol humide. La distance entre les rangs et entre les plants doit être d’environ 3 cm. Ensuite, on recouvre avec 1,5 cm de terreau, puis on arrose abondamment.
Au quatrième jour, les jeunes pousses apparaissent déjà. Lorsque les plantules portent quelques vraies feuilles, on les repique en godets de 6 x 6 cm ou dans des contenants individuels. Ainsi, lors de la mise en place au jardin, on conserve une motte autour de chaque racine.
Le chou aime l’eau, mais l’excès d’humidité peut provoquer la fonte des semis. Mieux vaut arroser avec modération et privilégier une légère brumisation.
Cette plante résistante au froid peut aussi être cultivée directement au jardin par semis. En avril, dès que le sol permet d’entrer dans le potager, on sème les graines. On installe alors une petite protection : arceaux et film plastique. Les jours de beau temps, il faut enlever la couverture. Cette méthode convient surtout à celles et ceux qui passent souvent sur leur parcelle. Pour que les jeunes plants se développent correctement, il faut les protéger au bon moment.
Le chou d’ornement déploie tout son attrait dans les endroits ensoleillés. À mi-ombre, ses couleurs sont moins intenses.
Avec 4 ou 5 feuilles,on plante le chou en pleine terre,dans les massifs,à la mi-mai.
Un carré de jeunes choux d’ornement : ça ne paye pas de mine au départ, puis ça met tout le monde d’accord.
arrosage, paillage et petits soins : le trio qui évite les galères

L’entretien le plus important pour cette plante reste l’arrosage. Le sol doit être paillé pour alléger cette corvée. Le foin, les déchets végétaux et les petits fragments de bois aident à conserver l’humidité du sol et à limiter les mauvaises herbes. Le sol doit aussi rester meuble.En cas de forte chaleur ou de sécheresse, le chou peut avoir besoin d’un arrosage quotidien.
En juin, au début de la croissance active des feuilles, le chou peut recevoir une infusion de purin de consoude. Ensuite, plusieurs fois dans l’été, on peut arroser avec un engrais liquide organique. Ce sont des apports que la beauté verte apprécie, mais sans excès. Ne fertilisez pas avec du fumier frais : les feuilles deviendraient énormes, mais l’effet décoratif diminuerait, avec une dominante trop verte.
Là, on parle de sérieux pour le sol : nourrir un peu, mais pas surdoser, sinon le chou fait le malin en feuille et perd en couleur.
Quand le temps doux s’installe durablement, la teinte dominante du feuillage change peu à peu.
Lit de choux d’ornement : on dirait presque un bouquet, mais avec plus de résistance et moins de caprices.
Ravageurs en embuscade : les invités qu’on préfèrerait ne pas voir
les parasites les plus fréquents sont les pucerons, les limaces et les chenilles des crucifères. Ils s’attaquent surtout aux jeunes plants, tandis que les végétaux adultes les craignent moins.
Les altises peuvent être repoussées par le charbon de bois, le tabac et le poivre rouge.Après avoir arrosé le feuillage, on peut appliquer l’un de ces moyens, ou les associer, pour que les substances adhèrent mieux à la surface de la plante.
L’aspersion d’eau permet de chasser efficacement les mouches, et le chou apprécie cette attention.
Saupoudrer le sol de coquilles broyées et d’aiguilles de pin peut aider à repousser les limaces. Les limaces sont généralement moins nombreuses dans les jardins fleuris, même si les années humides peuvent changer la donne.
En plantant des œillets d’Inde entre les choux, on peut éloigner certains papillons, tout en décorant le massif jusqu’à ce que le chou prenne le relais.
On cultive ce chou avant tout pour son aspect décoratif. Donc, s’il y a une forte invasion de chenilles ou de limaces, il faudra les retirer à la main (quelle joie…) ou utiliser un moyen de lutte adapté. Le chou reste comestible, bien sûr.
Mais si l’invasion devient trop forte, la meilleure stratégie reste souvent la récolte manuelle et une surveillance régulière. C’est le meilleur moyen de se planter… ou plutôt de ne pas se faire dévorer.
Après la gelée,encore un tour de piste
Le chou d’ornement est une variété de chou à feuilles tout à fait comestible. Une congélation est parfois recommandée pour enlever l’amertume et adoucir la saveur. Après décongélation, l’amertume disparaît. Je n’ai pas essayé, et franchement, pourquoi manger ce qui est déjà si beau ? Il existe déjà bien assez de choux à déguster.
Laissez-le vous ravir avec ses teintes uniques jusqu’aux gelées, quand le jardin sera vide et que tout aura déjà pris ses quartiers d’hiver. Vous pouvez prolonger la vie de ce trésor en le déplaçant à l’automne dans un grand contenant. Il pourra alors continuer à vivre jusqu’à la fin de l’année, puis, installé au calme et à l’abri des températures négatives, jusqu’au printemps.
Dans un contenant, le chou d’ornement paraît parfois plus petit : comme quoi, même les vedettes ont besoin d’espace pour se montrer.
Faire ses graines : un peu de patience, beaucoup d’observation
Si vous voulez produire vos propres graines de chou d’ornement l’année suivante, il faut conserver les plantes pendant l’hiver afin qu’elles montent en tige florale. Évidemment, seules les variétés adaptées à cet usage conviennent. Les rosettes repiquées au printemps produisent leurs tiges fleuries en juin et juillet. les graines mûrissent en grappes à l’automne.
En été, on peut les recouvrir d’un tissu léger ou d’une gaze pour les protéger des oiseaux. Lorsque les siliques jaunissent et sèchent, il faut les couper, les réunir en bottes et les suspendre dans un endroit sec. On placera du papier journal en dessous. Au bout de quelques semaines, elles seront assez sèches et commenceront à s’ouvrir. On pourra alors les récupérer et séparer les graines sans arduousé.
Quelques graines bien conservées, et le jardin repart pour un tour sans passer par la case achat.
Le chou décoratif devient de plus en plus répandu chez les jardiniers. Il est simple à cultiver et ne demande qu’un minimum d’entretien. De quoi remplir les massifs avec ces « roses géantes » et ces « palmiers » du potager, jusqu’à ce que la neige vienne mettre son grain de sel.
Cordialement.






