Les groseilliers, ces arbustes rustiques qu’on oublie un peu trop souvent au fond du jardin, méritent qu’on s’y attarde. Les bouturer, c’est presque trop facile : un rameau, un pot, un peu de patience, et vous multipliez vos plants sans dépenser un centime.
Les groseilliers, le casseillier et le cassis font partie de la même famille : les Grossulariacées. Leur culture est quasi identique, seuls les fruits et leur période de récolte les distinguent vraiment. Le groseillier à grappes (Ribes rubrum) produit des baies acidulées roses, rouges ou blanches en juillet. Le groseillier à maquereau (Ribes uva-crispa) donne des fruits plus gros, plus doux, sur des branches épineuses. Et le casseillier, cet hybride méconnu entre groseille et cassis, mérite lui aussi une place dans votre jardin.
Bouturer les groseilliers : le bon geste

La période idéale pour bouturer les groseilliers se situe à l’automne, entre octobre et novembre, quand l’arbuste est en repos végétatif. C’est ce qu’on appelle le bouturage à bois sec : on prélève des rameaux de l’année, on les coupe en tronçons de 20 à 25 cm (avec un oeil à chaque extrémité), et on les plante directement en pleine terre ou en pot. Un taux de réussite proche de 80 % pour un geste qui prend trois minutes.
La RHS (Royal Horticultural Society) recommande d’utiliser un sécateur bien affûté et désinfecté, et de planter les boutures dans un mélange de terreau et de sable pour garantir un bon drainage. Il est également conseillé d’enterrer les deux tiers de la bouture pour favoriser l’enracinement. Le résultat ? Un nouvel arbuste prêt à être transplanté au printemps suivant.
Groseillier à grappes, à maquereau ou casseillier : lequel choisir ?

Si vous ne deviez en choisir qu’un, partez sur le groseillier à grappes, plus productif et moins épineux que son cousin à maquereau. Pour les curieux, le casseillier (Ribes x nidigrolaria) est un excellent compromis : ses fruits, plus gros que des cassis, sont acidulés, juteux et sucrés. Ses rameaux sont sans épines, ce qui facilite la récolte. Les trois se bouturent de la même façon : vous n’avez aucune raison de ne pas tous les essayer.
Pour ceux qui débutent, mieux vaut commencer par une bouture déjà enracinée en godet, disponible en jardinerie. Mais honnêtement, la bouture maison, c’est tellement économique et gratifiant qu’on se demande pourquoi tout le monde n’en fait pas. D’ailleurs, notre article sur les secrets de culture des petits fruits vous donnera d’autres astuces pour multiplier vos arbustes préférés.
Et après ?

Une fois vos boutures enracinées, plantez-les à un emplacement ensoleillé ou mi-ombragé, dans un sol riche et bien drainé. Les groseilliers n’aiment pas les sols calcaires. Un paillage au pied gardera l’humidité en été. La première année, arrosez régulièrement. La deuxième année, vous récolterez vos premiers fruits. Trois minutes de travail pour des années de groseilles : le calcul est vite fait.
Et si vous ratez vos premières boutures, ne vous découragez pas. Le bouturage, c’est un apprentissage. Chaque échec vous rapproche un peu plus du geste parfait. Et franchement, une fois que vous aurez goûté vos propres groseilles, vous ne regarderez plus jamais les barquettes du supermarché de la même façon.






