L’orvet, l’allié méconnu du jardinier bio : pourquoi il faut le protéger

L’orvet, on le croise au jardin, on croit voir un serpent, et on panique. Pourtant, ce petit lézard sans pattes est l’un des meilleurs alliés du jardinier bio. Et non, il n’est pas venimeux. Alors avant de lui faire la peau, apprenez à le connaître.

Commençons par le commencement : l’orvet (Anguis fragilis) n’est pas un serpent. C’est un lézard qui a perdu ses pattes au fil de l’évolution, un peu comme le serpent de verre américain. Sa particularité ? Il cligne des yeux, ce que les serpents, avec leur paupière transparente et immobile, ne peuvent pas faire. Une différence qui sauve des vies, et pas seulement la sienne.

Avec son corps longiligne et brillant, ses écailles lisses brunes ou grises (les femelles arborent des bandes sombres parallèles sur le ventre), l’orvet mesure entre 30 et 50 cm à l’âge adulte. Il vit en moyenne une dizaine d’années dans nos jardins, à condition qu’on ne lui tranche pas la tête en le prenant pour une vipère.

Un faux serpent qui fait le ménage au jardin

Un faux serpent qui fait le ménage au jardin

L’orvet est un auxiliaire de jardin redoutable. Son menu ? Limaces, escargots, chenilles, insectes rampants, tout ce qui peut grignoter vos salades ou vos fraises. Un seul orvet peut dévorer plusieurs dizaines de limaces par semaine. C’est un purgeur naturel, gratuit et silencieux, qui ne demande qu’un abri sous un tas de pierres ou de bois mort pour s’installer. D’ailleurs, sur les méthodes naturelles pour gérer les insectes au jardin, on insiste sur le rôle clé de ces espèces souvent méconnues.

Contrairement à une idée reçue tenace, l’orvet n’est absolument pas venimeux et ne mord que très rarement, uniquement en cas d’extrême danger. Sans venin, sa morsure est inoffensive pour l’homme. Sa seule défense ? Il perd l’extrémité de sa queue, comme les lézards, pour distraire un éventuel prédateur et filer se cacher. Mais ce joker, il ne peut l’utiliser qu’une seule fois dans sa vie.

Protégé, alors protégez-le

Protégé, alors protégez-le

L’orvet fait partie des espèces protégées en France. L’agriculture intensive, les pesticides et la méconnaissance des jardiniers lui font pourtant une réputation injustifiée. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) le classe en « Préoccupation mineure », mais ses populations déclinent régulièrement à cause de la destruction de ses habitats naturels et de la chimie agricole.

Alors concrètement, que faire si vous croisez un orvet ? Ne rien faire, justement. Ne pas le toucher, ne pas le déplacer, le laisser vaquer à ses occupations. Si vous voulez vraiment lui donner un coup de main, laissez un tas de pierres, une planche ou un morceau de tôle ondulée traîner dans un coin tranquille du jardin. Il s’y installera et, en échange, régulera vos populations de limaces gratuitement.

Et si vous avez encore un doute entre orvet et vipère, souvenez-vous : l’orvet cligne des yeux, pas la vipère. Question d’observation.

Laurence Martin
Laurence Martinhttps://www.jardin-bio.net/
Fille de maraîcher, je prône le jardinage biologique sans pesticide. Bercée par le jardinage depuis ma tendre enfance, j'ai une grande connaissance dans l'agriculture biologique.

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