Traitement printanier des groseilles et groseilles à maquereau contre maladies et ravageurs debutants

Groseillier : le printemps où tout se joue, sans ruiner la biodiversité

Groseillier : le printemps où tout se joue, sans ruiner la biodiversité

La culture du groseillier tourne souvent à la mauvaise surprise chez les jardiniers débutants. Cet arbuste à baies, sans prétention en apparence, peut se multiplier par bouturage, greffage ou division… mais, sans prévention, c’est le meilleur moyen de se planter.

Les problèmes arrivent ensuite, si les ravageurs et les maladies n’ont pas été maîtrisés à temps. en trois ans, sans un peu d’anticipation et de suivi, on peut se retrouver avec un arbuste malade, peu productif et franchement décevant.

Le grand ménage de printemps : branches nettes, sol propre

Le grand ménage de printemps : branches nettes, sol propre

Dès que la neige a fondu et que le sol autour des arbustes a séché, on commence par la taille du groseillier.On enlève les branches malades,infestées ou abîmées par les intempéries,avant la reprise de la circulation de la sève et l’ouverture des fleurs.

À cette période, la plante tolère mieux l’intervention. L’absence de feuillage permet aussi de repérer plus facilement les blessures mécaniques, les tiges contaminées et les zones faibles. Là, on parle de sérieux pour le sol… et pour la future récolte.

Deuxième étape du traitement de printemps : le nettoyage complet de la zone racinaire. Toutes les feuilles de l’année précédente doivent être ramassées sous les arbustes puis éliminées,idéalement par brûlage si c’est autorisé chez vous,ou par évacuation avec les déchets verts infectés.

Le feuillage de l’année passée peut abriter des spores de champignons,des agents pathogènes,des larves de parasites et des pupes. Sous un groseillier, on évite de laisser traîner ce petit monde, sinon il revient au galop au premier redoux.

Après la taille sanitaire et le retrait des feuilles, on peut pulvériser les arbustes pour favoriser un bon démarrage et éliminer les formes hivernantes de certains ravageurs. Inutile d’acheter un herbicide de jardin pour cela : il faut plutôt un pulvérisateur. Il en existe plusieurs modèles :

  • manuel ;
  • électrique ;
  • thermique ou à essence.

La solution de traitement se prépare juste avant utilisation. Le travail se fait le matin ou le soir, en l’absence de vent et de pluie.

Sous les arbustes, le sol peut aussi abriter des stades hivernants d’insectes comme la tenthrède ou certaines cécidomyies, ainsi que des infections à l’origine de maladies du groseillier, comme l’anthracnose ou la rouille. On peut limiter leur présence en travaillant légèrement le sol sous les arbustes, sans bouleverser toute la vie du terrain.

On peut également poser un film sous les arbustes pour piéger certains adultes ou larves au moment opportun, puis le retirer après la floraison. Le principe est simple : perturber le cycle du ravageur, pas le jardin entier.

Maladies en embuscade : quand les baies tirent la sonnette d’alarme

Maladies en embuscade : quand les baies tirent la sonnette d’alarme

Connaître les principaux symptômes des maladies du groseillier permet de réagir à temps. Ensuite, on choisit le traitement le plus adapté à la situation de l’arbuste malade.

  • oïdium ;
  • anthracnose ;
  • rouille en gobelet ;
  • réversion.

Oïdium : la poudre blanche qui n’a rien d’inoffensif

Une infection fongique est à l’origine de l’oïdium. Les spores persistent dans les feuilles, les fruits et les tiges de l’année précédente malgré les basses températures. Au début, la couche blanche sur les feuilles et les jeunes pousses ressemble à une toile d’araignée ; plus tard, elle prend l’aspect d’un feutrage blanc.

La maladie se traduit par le flétrissement des feuilles,des fruits qui se fissurent puis tombent,et des jeunes branches qui se courbent avant de dépérir.Sous l’arbuste, une végétation trop dense et des herbes hautes favorisent aussi le développement du problème.

Les spores se déplacent avec le vent et les insectes. On conseille donc d’inspecter les plantations au printemps et à l’automne, puis de tailler les branches malades. Avant l’apparition des feuilles, on peut appliquer une solution à base de sulfate de cuivre :

  • sulfate de cuivre : 300 g ;
  • eau : 10 litres.

Une autre préparation possible associe :

  • soude caustique : 50 g ;
  • savon ménager : 50 g ;
  • eau : 10 litres.

La première application doit se faire avant la floraison, puis trois fois à dix jours d’intervalle.

Si la végétation est fortement atteinte, on peut avoir recours à un fongicide chimique comme Topaz. Ce produit résiste relativement bien à l’humidité et protège toute la plante. Son coût reste modéré.

Le respect strict des doses d’emploi permet d’éviter les dégâts pour l’humain, les pollinisateurs, la faune utile et les animaux domestiques.

Anthracnose : la tache brune qui avance en douce

Cette maladie est causée par un champignon. Les jeunes pousses en souffrent, tout comme la couche externe des tiges et du feuillage. Les spores hivernent dans les feuilles et les branches tombées au sol. Les symptômes apparaissent vers la fin de l’été.

On la reconnaît à des taches brunes sur les feuilles, à un feuillage qui se recroqueville, à une chute prématurée des feuilles, à un arrêt du développement et à des lésions brunes sur les pétioles.

Les étés chauds et humides favorisent sa progression. Il faut agir dès les premiers signes. Première étape : nettoyer la zone autour des arbustes, ramasser et éliminer le feuillage tombé, puis retirer toute la végétation malade.

On peut ensuite bêcher légèrement les 10 premiers centimètres de terre autour de l’arbuste atteint,en retournant les couches superficielles du sol.

Le traitement se fait au moins quatre fois,selon ce rythme :

  • au printemps,avant l’éclosion des fleurs : pulvérisation avec du nitrofène à 3 % ;
  • en été,avant la floraison : bouillie bordelaise à 1 %,à renouveler tous les dix jours ;
  • en automne : dernier traitement,avec nitrofène ou bouillie bordelaise.

Septoriose : les feuilles mouchetées qui finissent par lâcher

La septoriose est provoquée par les spores d’un champignon. Sur le groseillier,elle se manifeste par des feuilles aux bords bruns et aux taches claires,dont le center porte souvent de petits points noirs.

Les pétioles et la base des tiges montrent les mêmes marques.Sur les baies, de petites taches brunes peuvent apparaître puis blanchir, avec là aussi des points noirs au centre. Les groseilliers touchés perdent souvent leur feuillage dans la deuxième partie de l’été.

Un été humide et une végétation trop serrée favorisent la diffusion de la septoriose. Le traitement ressemble à celui de l’anthracnose.

Rouille en gobelet : les petits coussins orange qui annoncent le souci

Au printemps, les symptômes de la rouille en gobelet apparaissent sous forme de petites formations orangées, semblables à des coussins. On les trouve sur les fleurs, les fruits et les feuilles. Des spores se développent à l’intérieur, et les parties atteintes finissent par tomber.

Pour lutter contre cette maladie, on conseille de couper ou d’arracher la végétation intermédiaire sous les arbustes, puis de traiter les groseilliers au printemps avec de la bouillie bordelaise à 1 %. si l’attaque est forte, on renouvelle le traitement avant et après la floraison.

Réversion : quand le groseillier perd ses repères

La réversion du groseillier est causée par des mycoplasmes. Les arbustes atteints cessent partiellement ou totalement de fructifier. La maladie tire son nom de la déformation des fleurs : les pétales deviennent étroits, allongés et violacés.

Les groseilliers malades présentent aussi des jeunes feuilles petites et déformées. Le limbe foliaire adopte souvent trois lobes mal dessinés.L’acarien du bourgeon peut transmettre la maladie via le matériel de plantation ou le porter d’un arbuste à l’autre.

Pour limiter la propagation, on recommande :

  • d’éliminer les arbustes infectés ;
  • d’acheter du matériel de multiplication sain et de le traiter avant plantation ;
  • de lutter contre l’acarien du bourgeon.

Ravageurs au garde-à-vous : ça gratte, ça pique, ça se gère

Ravageurs au garde-à-vous : ça gratte, ça pique, ça se gère

Quelques règles agrotechniques permettent de prévenir les infestations parasitaires et d’en réduire les dégâts. Un jardin bien entretenu, c’est un jardin qui garde de l’avance. La réussite des groseilliers commence dès la plantation.

L’espacement recommandé entre les plants est d’environ 2 mètres. On évite ainsi le tassement, la concurrence et la propagation trop facile des maladies et des ravageurs. Les mesures préventives passent aussi par un léger travail du sol entre les rangs et par une taille sanitaire des arbustes, en automne comme au printemps.

Les acariens du bourgeon : minuscules, mais pas discrets

ces acariens mesurent environ 0,3 mm. Ils sont blancs, translucides et ressemblent à de minuscules vers. L’infestation se repère souvent à des bourgeons anormalement gros. Les femelles y passent l’hiver, puis pondent au printemps. Les larves qui en sortent colonisent les nouveaux bourgeons. L’année suivante, les fleurs sont déformées, se dessèchent et ne s’ouvrent pas.

Le matériel de plantation de mauvaise qualité favorise l’infestation. La nuisance peut aussi se propager par le vent, les insectes ou les vêtements du jardinier (oui, même ça, on sait que vous l’avez déjà fait, rassurez-vous). Pour prévenir le problème, on peut chauffer les boutures pendant 15 minutes dans une eau à 45 °C.

Au printemps, en mai, un traitement au soufre colloïdal peut être appliqué. En juin, on complète avec une infusion d’ail, à raison de 100 g d’ail par seau d’eau. On inspecte aussi les fleurs hypertrophiées et on les enlève. si la majorité des fleurs est touchée, il faut arracher et brûler l’arbuste.

Puceron gallique : la feuille qui gonfle pour rien

Les pucerons galliques sont de petits insectes jaunes aux yeux rouges. Ils pondent des œufs noirs, de forme ovale. Les larves se nourrissent de la sève du feuillage. Leur présence se reconnaît aux feuilles gonflées et déformées.

Le rendement du groseillier baisse et les branches cessent de se développer. En juillet, les formes ailées deviennent visibles et se dispersent, ce qui augmente le nombre d’arbustes contaminés.

La conduite à tenir est simple :

  • éliminer les feuilles atteintes ;
  • avant la floraison, traiter avec du nitrofène à 3 % ;
  • pulvériser deux fois après la floraison avec du Carbophos (75 g par seau d’eau) ou avec une décoction de tabac (400 g par seau), à titre préventif.

cochenille du saule : la petite carapace qui coûte cher

Les femelles de la cochenille du saule sont jaune rougeâtre et portent des écailles grises d’environ 3 mm.Jusqu’à 80 œufs peuvent se trouver sous ces écailles. Les larves éclosent pendant la floraison du groseillier et se nourrissent du bois, en attaquant l’aubier. Une forte colonisation peut entraîner la mort de la plante.

Pour lutter, on enlève le feuillage et les branches touchées. Un mélange de savon, de pétrole et d’eau peut être utilisé contre les formes mobiles :

  • savon de lessive : 80 ml ;
  • kérosène : 0,5 cuillère à café ;
  • eau chaude : 1 litre.

La sésie de la groseille : la branche creusée de l’intérieur

La sésie de la groseille est un papillon dont les larves sont les plus nuisibles.Les chenilles ont une tête brun clair et un corps blanc. Elles hivernent à l’intérieur des pousses, où elles se nymphosent aussi. Les branches blessées par les chenilles finissent par mourir.

On agit en identifiant et en taillant les branches atteintes. Un paillage de tourbe peut être posé autour du périmètre de l’arbuste. Après la floraison,on peut aussi appliquer du Carbophos à raison de 75 g pour 10 litres d’eau.

Tordeuse du bourgeon du framboisier : discrète, mais bien installée

Les adultes sont brun foncé. Ils déposent leurs œufs sur les fruits immatures de groseille.Les chenilles issues de ces œufs endommagent les bourgeons.

au printemps, il faut couper les branches flétries et aérer le sol.Avant la fonte complète de la neige, on peut traiter les arbustes avec du Carbophos à 10 %.

Tenthrède des fruits : la fausse mouche qui fait de vrais dégâts

La tenthrède des fruits est un insecte ailé d’environ 4 mm,brun jaunâtre. Elle pond pendant la floraison du groseillier. les larves qui apparaissent attaquent les jeunes fruits, qui deviennent rapidement noirs. Elles passent ensuite l’hiver dans le sol.

Le bêchage léger du sol sous les arbustes aide à la lutte. L’automne reste la meilleure période pour intervenir. On repère aussi les fruits abîmés en été et on les élimine. Un traitement au Carbophos à 1 % peut être réalisé en deux applications, avant et après la floraison.

Cécidomyies du feuillage, de la tige et de la fleur : les galeries à la chaîne

Les cécidomyies ressemblent à de petits moustiques. Elles déposent leurs œufs dans le feuillage, dans les tiges ou dans les fleurs. Les larves fragilisent la plante et perturbent sa croissance.

Les mesures utiles sont classiques :

  • bêcher le sol en automne et au printemps ;
  • poser une couche de paillis au printemps ;
  • effectuer deux traitements avec BI-58 new.

Recettes de la flemme intelligente : les remèdes maison

Pour celles et ceux qui veulent limiter les produits de synthèse, quelques recettes éprouvées peuvent suffire en cas de faible infestation.Ce ne sont pas des baguettes magiques.Mais en профилактике légère, ça aide.

Avant la disparition complète de la neige, on peut verser de l’eau bouillante sur les groseilliers. Cette pratique aide à limiter les pucerons, certaines chenilles, la cochenille et l’oïdium.

Contre les pucerons, on peut préparer une infusion de pissenlit : 1 cuillère à soupe de plante séchée dans 0,5 litre d’eau frémissante, à laisser infuser 2 jours, puis à pulvériser sur les jeunes plants touchés. Autre option : faire macérer 2 kg d’aiguilles de pin dans 8 litres d’eau pendant une semaine.

Contre les parasites et les pucerons, le raifort peut aussi servir. On broie le rhizome et le feuillage, puis on mélange 1 volume de raifort avec 2 volumes d’eau. On laisse reposer une heure avant usage.

Durant l’été, ces infusions peuvent être appliquées quatre fois en traitement. Leur efficacité reste modérée : on les réserve donc aux infestations légères.

En cas d’attaque sévère, les traitements modernes suivants sont souvent recommandés :

  • Actellic ;
  • Aktara (avant la floraison) ;
  • l’insecticide systémique Biotlin ;
  • l’insecticide systémique calypso.

Prévenir plutôt que guérir : le groseillier n’aime pas l’à-peu-près

Pour éviter les infections, les bioproduits de prévention modernes peuvent être utiles. Un produit souvent cité est fytoverm, dont le spectre d’action couvre une vingtaine d’espèces de parasites des arbres fruitiers et des arbustes à baies.

Les groseilliers doivent être traités au moins deux fois par saison pour limiter les maladies. une première fois au moment de la floraison, puis une dernière fois au moins deux semaines avant la maturité des fruits.

Le groseillier sans stress : les gestes qui sauvent la récolte

Un jardinier paresseux n’obtient pas toujours une grosse récolte, mais un jardinier trop pressé se plante vite aussi. L’équilibre, c’est le suivi régulier. On peut obtenir de belles grappes de groseilles en respectant quelques principes simples :

  • prévoir un espacement suffisant entre les arbustes,au moins 2 mètres ;
  • traiter le matériel végétal avant plantation ;
  • faire une taille sanitaire ;
  • travailler la zone racinaire et l’interrang ;
  • pailler au printemps ;
  • utiliser des solutions maison en cas de faible infestation ;
  • réserver les produits chimiques ou biologiques aux attaques sérieuses ;
  • éliminer les arbustes trop endommagés.

Au fond, le groseillier demande surtout de la vigilance au bon moment : un peu de taille, un sol propre, de l’air entre les branches, et moins d’interventions chronophages ensuite. La plante vous dira merci… et le panier aussi.

*Le groseillier au printemps : quand une petite taille évite une grande galère.*

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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