Taille du pommier: pourquoi couper et quand intervenir

Pommiers : la taille juste, pour plus de lumière et moins de maladies

Pommiers : la taille juste, pour plus de lumière et moins de maladies

Pour obtenir une récolte généreuse, un pommier a besoin d’être irrigué, fertilisé, protégé contre les parasites et les maladies… et taillé correctement. On comprend assez vite pourquoi l’arrosage et la fertilisation s’imposent.Mais la taille, elle, à quoi sert-elle vraiment ?

La réponse tient en une idée simple : un pommier bien taillé reçoit plus de lumière dans sa couronne, laisse mieux circuler l’air et fructifie plus régulièrement. Là, on parle de sérieux pour le sol et pour l’arbre, parce qu’une structure aérée limite aussi l’installation de certaines maladies et le développement des ravageurs.

La taille revitalise l’arbre et favorise l’apparition de nouvelles branches. Les vieilles branches qui portent des colonies d’insectes ou des foyers d’infection peuvent être supprimées, ce qui réduit le besoin de protection des plantes. les fruits qui mûrissent au soleil sont généralement plus gros, mieux colorés et plus riches en matière sèche et en glucides.

On estime qu’une couronne optimale comporte les branches les plus longues dans la partie basse, puis des branches de plus en plus courtes à mesure qu’on monte. Un arbre bien formé facilite aussi la récolte pour le jardinier. La plante vous dira merci.

Brancher la bonne intention : pourquoi on coupe

Brancher la bonne intention : pourquoi on coupe

Pour tailler correctement un pommier,il faut d’abord comprendre l’objectif de l’intervention. On ne coupe pas de la même façon un jeune arbre, un arbre en production ou un vieux sujet qu’on veut remettre d’aplomb.

un arbre nouvellement planté est taillé pour favoriser le développement des racines.

Entre deux et cinq ans, la taille sert surtout à modeler la couronne.

Sur les pommiers déjà fructifères, elle augmente le nombre de fleurs.

Sur les arbres adultes, elle stimule l’apparition de nouvelles branches. Et le moment choisi dépend étroitement de cette intention.

Secateur en main, tête froide

Secateur en main, tête froide

Quand on se prépare à tailler un arbre, il faut garder quelques repères en tête :

la hauteur maximale d’un pommier est d’environ cinq mètres. Au-delà, la circulation des nutriments entre les racines, les feuilles et les fruits devient moins efficace.

Chez certains cultivars, les fruits se forment surtout en périphérie.Les longues branches peuvent alors ployer sous le poids de la récolte. Pour éviter les dégâts,on raccourcit les rameaux fructifères.

la taille peut retarder le début de la production de fruits. Dans certains cas, le pliage des branches peut remplacer la taille en modifiant la direction de croissance des tiges.

Sur les jeunes arbres, on réduit généralement les pousses annuelles d’un quart. Sur les pommiers productifs âgés de cinq à sept ans, on supprime environ un tiers de la branche. Sur les arbres plus âgés, on peut enlever jusqu’à la moitié de la longueur d’une branche.

On utilise un sécateur pour les petites branches. Pour les pousses de plus de deux centimètres de diamètre, une scie à métaux ou une scie d’élagage devient nécessaire.

Seul un outil propre et bien affûté convient à cette tâche.

La coupe sera alors nette et cicatrisera plus vite. Sur une branche sèche, on peut appliquer un mastic cicatrisant ; sur une branche vivante, il vaut mieux laisser la coupe sécher naturellement pendant un jour avant tout traitement.

On commence toujours par éliminer les branches mortes, malades, puis les jeunes pousses qui entrent en concurrence avec la charpente principale ou qui poussent vers l’intérieur de la couronne.

La tête du jardinier quand il découvre qu’une branche “discrète” a déjà envahi toute la lumière du pommier.

Quand la lune n’y est pour rien : le bon moment pour tailler

Quand la lune n’y est pour rien : le bon moment pour tailler

Le moment de la taille dépend de l’objectif recherché.

Avant le démarrage de la sève au printemps, on enlève les branches gelées, ce qui permet d’éclaircir et de former la couronne. Les pommiers peuvent aussi être taillés en été pour améliorer la mise à fruit et la qualité des fruits.

Les branches cassées, malades ou abîmées par les insectes se suppriment à l’automne, après la chute des feuilles.

Dans les régions méridionales, où la température hivernale ne descend pas en dessous de 5 °C, il est possible de tailler les vergers de pommiers en hiver.

Jeunes pousses, grandes ambitions

Lorsqu’on achète de jeunes arbres en pépinière, ils ont souvent déjà été taillés par les spécialistes.Cette opération permet d’équilibrer la partie aérienne et les racines.Certaines racines ayant été abîmées à la transplantation, la couronne doit être réduite en conséquence.

La couronne du pommier commence à se former au printemps de l’année suivante. plusieurs étages de charpente se mettent alors en place. Un pommier bien conduit fructifie plus tôt,et une couronne équilibrée n’a généralement pas besoin de soutien supplémentaire.

Pour commencer, on taille le conducteur central.

on laisse un tronc de 60 cm à partir du sol.

À partir de ce point, on compte quatre bourgeons, on supprime les deux suivants, on laisse deux bourgeons au-dessus, puis on taille la tige au sommet.

La pousse vigoureuse issue des bourgeons supérieurs est attachée à un tuteur pour former la nouvelle cime, tandis que la pousse faible est supprimée.

La saison suivante, le bourgeon terminal est supprimé.

À partir des bourgeons laissés sur le tronc, des branches charpentières se forment, avec une distance maximale de 15 cm entre elles.

Pour obtenir des pousses de deuxième ordre, on raccourcit les branches de premier ordre issues des bourgeons.

À la troisième ou quatrième année de vie du pommier, il ne doit rester que les branches charpentières ; les branches en trop sont supprimées. L’angle entre le conducteur central et une branche charpentière doit se situer entre 40 et 90 degrés.

Si l’angle est inférieur à 40 degrés,les branches peuvent casser sous le poids de la récolte ; s’il est supérieur à 90 degrés,la charpente devient trop ouverte et moins solide.

Les jeunes branches doivent être taillées avec mesure.Après une taille légère, il doit rester environ les deux tiers de la longueur d’un arbre de deux à cinq ans. La coupe se fait au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur. À cet âge, toutes les pousses annuelles sont raccourcies. Sur le bois de l’année précédente, de jeunes pousses d’ordre supérieur apparaîtront ensuite. Après ce type de taille, l’arbre n’est généralement pas retravaillé pendant deux à trois ans, sauf si une branche casse ou tombe malade.

le mot d’ordre : former sans affaiblir.

Pommiers en fruits : taille fine, pas taille sauvage

Un pommier commence à porter des fruits au bout d’environ cinq ans. Les premiers fruits apparaissent sur les branches matures, capables de porter la récolte sans se fatiguer. À cet âge, on taille avec prudence. les branches charpentières ne doivent jamais être supprimées à la légère.

Après cinq à sept ans, les pommiers sont taillés plus régulièrement en automne. Sur les branches adultes, une taille modérée favorise la formation de fleurs supplémentaires. La longueur des branches charpentières peut alors être réduite d’environ un tiers.

Sur le terrain, on constate qu’un pommier trop chargé en bois fatigue vite et alterne souvent une grosse récolte puis une année pauvre. la taille aide justement à stabiliser ce rythme. C’est le meilleur moyen de se planter… si on ne taille pas du tout.

Vieux bois, nouveau souffle

La taille d’un pommier adulte peut se faire au printemps comme à l’automne. Tout dépend de la raison de la taille. Réduire la hauteur de l’arbre se fait de préférence au printemps.

Après la récolte, on enlève plutôt les branches mortes, malades ou endommagées. Cela a un impact direct sur la récolte de l’année suivante. Il vaut mieux réaliser ce travail au début du printemps ou à la fin de l’automne, quand la circulation de la sève ralentit.

Lorsqu’on élague un arbre ancien, il faut garder en tête qu’on ne devrait pas retirer plus de deux mètres de branchage par an. Au-delà, le rendement peut chuter fortement.

Il existe deux techniques de taille.

La première consiste à raccourcir les branches de l’arbre de manière assez uniforme.

L’autre consiste à supprimer les branches charpentières les plus longues, en intervention progressive. Cette taille doit être réalisée avant le début de la montée de sève.

Le rajeunissement est une autre forme de taille pour les arbres adultes.

Son but premier est d’éliminer les branches usées et de les remplacer progressivement par de nouvelles tiges fructifères. Cette taille a lieu à la fin de l’automne ou lors d’une journée d’hiver sans gel. Toutes les branches non productives doivent être supprimées. Même les branches charpentières peuvent être raccourcies. Sur les pommiers âgés et volumineux, on peut aussi réduire la couronne pour améliorer l’éclairage et redonner de la vigueur à l’arbre.

Lors d’une taille de rajeunissement, il ne faut pas enlever trop de branches à la fois. sinon, l’arbre risque de s’affaiblir, voire de dépérir. Le mieux est de procéder progressivement, sur plusieurs années.

pommiers colonnaires : taille légère,effet net

Lorsqu’on taille un pommier colonnaire,le bourgeon terminal ne doit en aucun cas être endommagé ou supprimé.L’arbre a été sélectionné pour conserver sa forme colonnaire sans intervention trop lourde. Seules les branches latérales doivent être taillées. Le début de l’été et la fin de l’automne sont les périodes les plus adaptées.

Raisons pour lesquelles on taille les pommiers colonnaires :

donner à l’arbre une forme optimale ;

obtenir le bon nombre de jeunes pousses ;

renouveler les branches fructifères ;

améliorer l’éclairage des fruits.

La clé de la taille de ce type d’arbre, c’est de comprendre que plus on taille, plus les rameaux restants réagissent vite.

Par exemple, si vous coupez la moitié d’une pousse et que vous laissez deux ou trois bourgeons sur la partie restante, ils produiront le même nombre de branches vigoureuses. Les quatre ou cinq bourgeons restants peuvent, eux, donner quatre ou cinq branches plus petites.

Il faut toutefois préserver le conducteur central. Sans lui, on obtient une ramification désordonnée. Un pommier colonnaire bien conduit croît de 10 à 15 cm par an et porte deux à trois branches latérales.

Au cours des trois premières années, la conduite d’un pommier colonnaire se fait ainsi :

sur l’arbre planté, le conducteur central est attaché au support et les rameaux fructifères se forment sur les branches latérales. Les branches trop vigoureuses sont taillées à la base.

La première année, les branches latérales sont réduites à deux bourgeons, à partir desquels se développeront des tiges vigoureuses.

La deuxième année, on conserve la pousse la plus horizontale de l’année précédente.les fruits y mûriront. La deuxième tige est supprimée et l’on laisse deux bourgeons, qui donneront de nouvelles pousses vigoureuses.

À la fin de la troisième année,on taille la branche fructifère. Les rameaux restants sont traités de la même manière que l’année précédente. Cette formation fructifère est ensuite renouvelée au bout de trois à cinq ans, ce qui laisse apparaître le tronc du pommier.

Un pommier colonnaire bien mené : petit gabarit, gros travail de précision.

Au printemps, la sève monte, les ciseaux aussi

Au printemps, la taille du pommier commence avant le démarrage de la sève. Dans les régions méridionales où le gel ne descend pas en dessous de 5 °C, la taille d’hiver est aussi possible. La bonne résistance des pommiers au froid y contribue également.

On élimine d’abord les plants desséchés, gelés, malades ou infestés d’insectes. cela permet de préserver la vigueur de l’arbre, qui sera alors concentrée sur les branches saines restantes.

ensuite, on taille les jeunes plants annuels. Les branches trop longues privent l’arbre d’une partie de ses réserves nutritives.

Une couronne à trois étages est souvent considérée comme la meilleure structure. Les arbres trop hauts sont plus difficiles à entretenir et à récolter. La couronne formée au printemps se compose alors de :

trois branches charpentières pour le premier étage, le plus bas ;

quatre branches pour le deuxième étage ;

deux branches pour le troisième étage, ou sommet.

le conducteur central est coupé au-dessus du troisième niveau.

En été, on cadre la couronne sans l’épuiser

Il ne faut pas négliger la taille d’été. Elle est utile à la fois pour la prévention et pour l’assainissement. Les arbres taillés portent souvent plus de fruits et souffrent moins des dégâts causés par les insectes.

En été, il est plus facile de corriger le contour de la couronne.Quand l’arbre est en feuilles, on repère rapidement les branches qui font de l’ombre au center. Ces pousses peuvent être supprimées entièrement ou raccourcies à la longueur souhaitée.

Pendant la formation, les branches jeunes peuvent être raccourcies afin de freiner temporairement leur croissance. On peut aussi supprimer les branches indésirables sans nuire à l’arbre.

En été, l’arbre produit des tiges verticales appelées gourmands. Elles épaississent la couronne et ne servent pas à la fructification.

Les branches non taillées consomment beaucoup de nutriments sans que l’arbre, ni la récolte, en profite. Il faut les supprimer sans attendre.

La plupart des travaux de taille d’été peuvent même se réaliser sans gros outil. On peut pincer ou arracher à la main les jeunes pousses indésirables. Pour enlever les gourmands plus développés, un sécateur ou une scie à métaux reste plus propre.

À l’automne, on range le verger avant l’hiver

L’élimination des branches desséchées constitue la majeure partie de la taille d’automne. Il faut scier une grosse branche de manière à laisser une coupe la plus petite possible sur le tronc, sans abîmer l’écorce.

Pour couper une branche massive :

on entaille d’abord la branche par le dessous, près du tronc, jusqu’à ce que la scie commence à s’y engager ;

on réalise ensuite une seconde coupe plus près du tronc, par le dessus ;

une fois la branche tombée, on enlève le moignon restant au ras du bourrelet de cicatrisation.

Des produits cicatrisants sont appliqués sur la plaie ainsi créée.

Après la chute complète du feuillage, les pommiers sont taillés en automne afin de les préparer à l’hiver. Il s’agit d’éliminer les branches âgées, malades ou fatiguées.Avant l’arrivée du gel,tous les travaux d’automne doivent être achevés et les coupes doivent commencer à cicatriser.

La séquence approximative de la taille d’automne est la suivante :

on enlève d’abord les grosses branches endommagées. Une blessure fréquente est la fissure provoquée par une charge trop abondante. Une branche ainsi fragilisée durcit au gel et ne produira plus jamais de fruits ;

on réduit ensuite la couronne pour l’hiver. seules les branches fortes et saines ont vocation à passer la mauvaise saison, donc on supprime les rameaux faibles et inutiles ;

on taille les branches qui poussent sous un angle trop aigu. Elles peuvent casser sous le poids de la neige, et les plaies mettent des années à cicatriser ;

si deux branches partent du même point, on conserve la plus vigoureuse ;

les plaies sur le tronc sont traitées avec un mastic cicatrisant ;

les branches taillées sont à brûler de préférence, surtout si l’arbre était malade.

En hiver, le pommier se fait passer au peigne fin

La taille d’hiver permet de former la couronne avec plus de précision.Sans feuillage, les branches à conserver et les défauts à corriger sont plus visibles, et l’arbre subit moins de stress pendant sa dormance.

Quand l’arbre sort de son repos, les coupes ont eu le temps de sécher et commencent à cicatriser. Pendant l’élagage,on peut aussi brosser le tronc de l’arbre.Cela réduit le nombre d’insectes qui hivernent sous l’écorce, ce qui limite ensuite les traitements nécessaires contre les ravageurs.

C’est après l’âge de sept ans que la taille agit le plus sur la croissance et le rendement d’un arbre.Une taille bien conduite stimule la croissance et le développement de la plante, surtout au printemps.

Quand l’arbre ne porte ni branches excédentaires,ni rameaux défectueux,ni bois endommagé,tous les nutriments vont vers les fruits. La taille d’hiver doit se faire lors d’une journée froide, avec des températures comprises entre -5 et -10 °C. En dessous, les coupes cicatrisent mal et le risque de maladies fongiques augmente.

Les fragments de maladies peuvent rester sur les branches retirées en hiver. En brûlant les branches coupées, on élimine un réservoir potentiel de contamination.

L’absence d’insectes et de maladies améliore la santé du pommier et augmente son rendement.

Arbre fruitier en pause, sécateur en alerte : le duo classique du verger en hiver.

Vous savez maintenant comment tailler un pommier au printemps, en été, en automne et même en hiver. Il ne reste plus qu’à choisir le bon moment… et à ne pas confondre corbeille de récolte avec planche de salut.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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