Quand planter des concombres en serre selon les régions et le climat

Concombres sous abri : le bon timing pour des lianes bien lancées

Concombres sous abri : le bon timing pour des lianes bien lancées

Le concombre est sans doute l’un des légumes les plus présents sur les tables du quotidien. Et au jardin, dès qu’on a un bout de terre, on a souvent envie d’en faire grimper quelques pieds sous serre pour obtenir plus de fruits sur une même surface.

De nombreuses variétés se cultivent en plein champ, mais aussi sous serre, où chaque plant peut produire davantage. Encore faut-il viser juste sur la date de plantation. Car sous abri,on ne va pas se mentir,la chaleur seule ne suffit pas : si l’air et le sol restent froids,la croissance cale vite.Il faut aussi une bonne lumière, car le concombre aime les journées longues et lumineuses, même derrière le verre.

Et c’est là que le calendrier local change tout.

Quand la serre se réveille,les concombres suivent

Quand la serre se réveille,les concombres suivent

Les dates de semis et de plantation dépendent vraiment de la région. Dans les zones tempérées, les concombres sous serre peuvent démarrer plus tôt que dehors, mais chaque région a ses propres repères selon la température du sol, la durée du jour et la stabilité du climat.

Autour de moscou : le printemps en mode accéléré

Dans la région de Moscou et, plus largement, dans la ceinture moyenne, la température optimale de l’air, autour de 18 à 20 °C, s’installe généralement à la mi-mai. C’est alors le bon moment pour repiquer les jeunes plants de concombre dans la serre.

Si l’on choisit un semis direct, les dates sont plutôt avancées de la mi-février au début du mois de mars pour préparer les plants à l’avance. Là, on parle de sérieux pour le sol, mais aussi pour la patience du jardinier, parce qu’un concombre pressé finit rarement bien.

Oural et Sibérie : jouer avec la courte fenêtre de chaleur

Dans l’Oural et en Sibérie, la chaleur durable arrive plus tard et dure moins longtemps. Les graines sont alors semées fin mars, ou début avril si l’on utilise une méthode sans repiquage, afin d’obtenir des plants prêts pour la mise en place en juin.

dans ces régions, mieux vaut viser juste que trop tôt. Un semis lancé dans un sol encore froid, c’est le meilleur moyen de se planter.

Deux serres, un toit, pas le même climat

Les concombres se plantent selon un plan précis, que ce soit en pleine terre ou sous serre. Mais sous abri, il faut tenir compte de leurs besoins très différents de ceux des autres légumes, surtout quand on partage la même structure avec des tomates.

Tomates et concombres : colocataires sous surveillance

Si la surface le permet, on conseille de séparer les cultures. Mais quand la parcelle est petite, on peut faire cohabiter concombres et tomates dans une même serre, malgré leurs exigences agronomiques distinctes.

Personne ne mélange les matelas, n’est-ce pas ? ici, c’est pareil : il faut un cloisonnement interne. Pour créer un microclimat différent sous un même toit, on sépare l’espace avec une bâche ou un film, et l’on peut compléter par une fermeture légère entre les deux zones.

Entre les planches, on peut aussi enfoncer dans le sol des feuilles de métal ou d’ardoise pour mieux contrôler l’humidité. Ainsi, l’excès d’eau lié à la plate-bande des concombres ne déborde pas vers la zone des tomates.

On peut installer les cultures sur des bandes le long des murs opposés de la serre, ou près des entrées. En tenant compte de l’exposition, l’emplacement optimal des planches peut ressembler à ceci :

  • le côté nord, plus frais, convient bien aux concombres ;
  • les tomates trouvent mieux leur place au center de la serre, là où l’air circule le plus ;
  • les poivrons peuvent, eux, être installés au sud.

Si tout est bien organisé, chaque plante s’y retrouve. Et la plante vous dira merci.

Préparer le sol : là, on parle de sérieux pour la terre

Pour rappel, le sol est un milieu vivant.Sous serre, on conseille de le rafraîchir chaque printemps avec une terre légère et poreuse, surtout pour les concombres. Pour augmenter la fertilité, on peut ajouter jusqu’à cinq seaux d’humus ou de compost mûr par mètre carré de planche.

Une partie de la matière organique peut être remplacée par de la sciure de bois,mais sa change est environ 1,5 fois plus lente. Avant usage,la sciure est ébouillantée puis laissée tremper une nuit dans du lisier dilué (3 litres de matière organique pour un seau d’eau) ou dans une solution de nitrate d’ammonium (0,5 kg par seau d’eau). Dix litres de cette solution suffisent pour trois seaux de sciure.

La sciure ou le compost permettent de remplir et d’équilibrer le lit de culture. On peut aussi apporter un mélange d’amendements minéraux au mètre carré :

  • 2 cuillères à soupe de superphosphate ;
  • 1 cuillère à soupe d’hydroxyde de potassium ;
  • 1 once fluide de cendre de bois ;
  • 1 cuillère à café d’urée.

Ce mélange améliore la structure du sol et aide à corriger l’acidité. Ensuite, on travaille la terre en profondeur pour répartir les éléments de façon homogène sur toute la surface.

Dix jours avant le semis ou la plantation des jeunes plants, on ajoute encore de la matière organique par mètre carré : du compost (1,5 seau), de la tourbe (1 seau) et du charbon de bois (1,5 tasse). On peut aussi utiliser un engrais minéral complet.

Semis ou jeunes plants ? Le concombre choisit à moitié

Les concombres n’aiment pas trop être transplantés plusieurs fois. Cela dit, la méthode par plants limite souvent les pertes et permet de sélectionner les sujets les plus vigoureux. On évite donc la boîte de germination commune, et l’on préfère un pot ou une pastille de tourbe par plant, afin de repiquer sans trop perturber les racines.

Faire lever des jeunes plants sans les brusquer

Les contenants sont remplis aux deux tiers d’un mélange de terre, puis on place 2 à 3 graines par pot avant de recouvrir légèrement. Cette densité permet de garder le plant le plus fort et d’écarter les autres sans regret.

Dans la serre, l’humidité relative se maintient autour de 75 à 80 %.La température est conservée à environ 30 °C jusqu’à l’apparition des pousses,puis elle descend à 23 °C. Quand les jours sont encore courts, un apport de lumière complémentaire est nécessaire, avec une durée progressivement réduite :

  • jusqu’à 16 heures pendant les 14 premiers jours après la levée ;
  • 14 heures durant la semaine suivante ;
  • puis 12 heures de lumière par jour.

Pendant la croissance des jeunes plants, on effectue deux apports d’engrais : le premier à l’apparition des premières feuilles, le second une semaine plus tard.En plus des engrais minéraux, on peut utiliser du fumier de vache ou du fumier de poule bien dilué.

Repiquage en place : tout doux, sinon ça râle

Quand la sixième feuille est formée, soit environ un mois après le semis, les plants peuvent rejoindre leur emplacement définitif dans la serre. On place alors le contenant dans le trou préalablement humidifié, en laissant les trois quarts du plant au-dessus de la surface. Si les plants sont trop hauts ou trop nombreux, on peut les coucher légèrement dans la cavité et recouvrir la base de terre.

En serre, les variétés parthénocarpiques, qui n’ont pas besoin de pollinisation, sont souvent privilégiées. On les plante en ligne, avec environ 150 cm entre les rangs et 50 cm entre les plants. Les variétés pollinisées par les abeilles sont, elles, installées sur une bande d’environ 100 cm de large.

Semer d’un coup de main, pas d’un coup de chance

Pour semer directement en place, il faut attendre que le sol soit bien réchauffé. Avant le semis, les graines sont préparées : on les trie, on les désinfecte au permanganate de potassium, puis on peut les chauffer à 60 °C pendant trois heures pour réduire le nombre de graines stériles.

Juste avant le semis, on les fait tremper dans une solution tiède d’engrais (superphosphate, nitrate, etc.) ou dans un stimulateur de croissance.

Les trous ou les rangs sont préparés selon le même principe que pour les plants. Dans ce cas,le fond des trous ou des tranchées doit être bien humidifié.

Le semis de concombres sous serre, quand tout est bien calé et que la terre ne joue pas les divas.

Arrosage : la douche froide, très peu pour lui

L’arrosage au goutte-à-goutte reste la méthode la plus efficace pour humidifier les planches. L’eau arrive directement aux racines, sans mouiller inutilement le feuillage. Si le système n’est pas installé, mieux vaut arroser la terre autour du plant que la plante elle-même. L’humidité sur les feuilles favorise le développement de l’oïdium.

On arrose de préférence tôt le matin, avec de l’eau tiède. Par temps ensoleillé, l’arrosage peut se faire tous les deux jours ; par temps couvert, tous les trois jours. En culture hivernale, on passe souvent à un arrosage hebdomadaire.

L’humidité dans la serre joue aussi un rôle clé. Elle est maintenue autour de 80 % avant la fructification, puis portée jusqu’à 90 % quand les fruits apparaissent. Pour cela, on humidifie quotidiennement les allées et les parois à l’aide d’un arrosoir ou d’un pulvérisateur.

Chez Jardin-Bio, on le rappelle souvent : l’arrosoir le plus efficace reste celui qu’on utilise moins souvent.

À table, les concombres ne font pas de manières

Les concombres réagissent bien aux apports nutritifs. Sur toute la saison, on prévoit environ cinq fertilisations. La première intervient au début de la floraison. Ensuite, toutes les trois semaines, on apporte l’une des solutions suivantes :

  • une solution de fientes de volaille (1:15) ;
  • du fumier dilué (1:10) ;
  • des extraits de plantes comme le cresson, l’ortie, le chardon ou l’absinthe.

L’arrosage peut être combiné à la fertilisation pour améliorer l’absorption des nutriments. Les apports racinaires s’effectuent de préférence par temps ensoleillé.

Si les concombres manquent de lumière à cause d’un temps couvert prolongé, on peut compléter avec un apport minéral plusieurs fois par mois pour éviter que les tiges ne s’affaiblissent. La solution se prépare ainsi :

  • dans un seau d’eau, diluer 5 g d’urée et de sulfate de potassium ;
  • ajouter 1 g chacun de sulfate de magnésium, de fer et de manganèse, ainsi que 0,5 g de sulfate de cuivre ;
  • dissoudre 1 g d’acide borique dans de l’eau bouillante avant de l’incorporer au mélange.

On ajoute aussi 10 g de superphosphate. comme il ne se dissout pas bien tel quel, il faut préparer un extrait séparé : on le laisse infuser dans l’eau bouillante pendant une nuit, puis on verse la solution claire dans le mélange final.

Lors de la pulvérisation, il faut viser le feuillage. Un demi-litre d’engrais foliaire par mètre carré de culture suffit.

Le moment où la serre sent presque plus l’ortie que la récolte, mais les fruits, eux, apprécient.

Tailler sans paniquer : la liane,oui,la jungle,non

Dès leur apparition,les vrilles de concombre sont dirigées vers un treillis métallique déjà installé,avec des ficelles légèrement lâches. Le treillis est fixé en hauteur, au-dessus de l’ensemble de la culture, jusqu’à environ 2 m.

Attachée à la ficelle, la plante continue sa croissance, mais c’est à nous de guider les tiges au fil de leur développement. Au fur et à mesure, on enroule la ficelle autour de l’extrémité des tiges. Quand elles atteignent le fil haut, on recommence l’attache. La conduite dépend du type de culture.

Variétés parthénocarpiques : du tri sélectif, mais au bon endroit

À une hauteur de 50 à 60 cm, on supprime sur la tige principale les fleurs et les rameaux de la partie basse de la plante. On retire aussi les ramifications de la partie supérieure, en laissant 5 à 6 ovaires.

Les opérations se poursuivent ainsi :

  • on coupe la première feuille des pousses apparues à l’aisselle de la cinquième feuille et on enlève toutes les fleurs femelles ;
  • dans les aisselles suivantes, on supprime les tiges au-dessus de la deuxième feuille, en laissant deux ovaires par tige ;
  • dans la partie supérieure, on laisse quatre ovaires maximum.

Quand les extrémités dépassent le treillis,on les coupe au-dessus de la quatrième feuille,puis on les attache avec de la ficelle.Les tiges issues des trois feuilles supérieures peuvent ensuite redescendre librement. Sur ces tiges, on taille tous les demi-mètres et l’on n’élimine pas les tiges latérales trop tôt.

former un concombre, c’est un peu lui apprendre la politesse : il grimpe mieux quand on lui montre le chemin.

Hybrides pollinisés par les abeilles : un peu plus de doigté

Pour ces variétés, la taille demande une technique particulière. après l’apparition des trois premières vraies feuilles, on retire les tiges et les fleurs femelles situées sur les premiers nœuds. Les branches latérales sont ensuite taillées de cette manière :

  • avant la deuxième feuille ;
  • au-dessus de la troisième feuille, lorsque les tiges atteignent le treillis.

Dès que la pousse principale est fixée au treillis, on laisse pendre librement deux ou trois pousses latérales à l’aisselle des feuilles supérieures. Quand ces branches descendent à un mètre du sol, on les taille.

Les concombres n’aiment pas les courants d’air, donc on évite de laisser les fenêtres de la serre ouvertes trop longtemps. Dans ce cas,on ne compte pas sur les pollinisateurs : la pollinisation doit être faite à la main. Pour transférer le pollen sur le pistil, on coupe une fleur mâle, on retire ses pétales, puis on frotte ses étamines au cœur d’une fleur femelle. On peut marquer les fleurs déjà pollinisées pour éviter les doublons.

Au fur et à mesure que le plant se développe, il faut aussi alléger le feuillage pour laisser circuler l’air et la lumière. On procède ainsi :

  • dans les quatre aisselles inférieures, on enlève chaque feuille ;
  • dans les quatre nœuds suivants, on laisse un fruit et une feuille ;
  • dans les trois nœuds supérieurs, on conserve deux feuilles et deux concombres.

La dernière rangée comporte deux aisselles avec trois fruits et une feuille. Tout ce qui pourrait encore se développer au-delà est supprimé.

Ravageurs et maladies : quand la serre joue les trouble-fête

Les serre abritent aussi des insectes nuisibles qui peuvent endommager les concombres. Ils entrent souvent par les ouvertures de ventilation ou par une porte laissée entrouverte. Les mauvaises herbes servent, elles, d’abri idéal aux ravageurs : on les élimine donc dès qu’elles apparaissent.

Les maladies les plus fréquentes en serre sont l’oïdium et la pourriture des racines. Elles ont des signes assez nets :

  • l’oïdium se manifeste par des taches sur les feuilles, qui finissent par sécher et tomber ;
  • la pourriture des racines attaque la base du plant et se traduit par un anneau brun sur la tige.

En respectant correctement les pratiques culturales, on limite déjà beaucoup les risques. Si les symptômes apparaissent malgré tout, les traitements fongicides deviennent alors difficiles à éviter.

Le plus simple reste encore d’empêcher la maladie d’arriver. Après, on court toujours un peu derrière.

Petits trucs de serre, gros effets au potager

Les concombres demandent de l’attention, mais quelques gestes bien pensés font une vraie différence. Pour limiter les maladies,il ne suffit pas de changer complètement la terre chaque année : il faut aussi désinfecter la serre,par exemple avec un chaulage adapté.

Quand le sol est riche en humus, on peut utiliser un stimulant comme Energen lors de la préparation du lit : une capsule par seau d’eau, et cette solution couvre environ 4 m².

Dans les régions méridionales, il est possible de planter les jeunes plants en enterrant partiellement la tige pour favoriser l’émission de racines latérales. En revanche, dans les régions du nord, ce n’est pas toujours utile : les plants s’enracinent, mais n’ont parfois pas le temps de fructifier correctement.

On peut aussi greffer les concombres sur une racine de courge pour obtenir un système racinaire plus robuste. Il faut contrôler non seulement la température de l’air dans la serre, mais aussi celle du sol : l’idéal se situe autour de 22 à 24 °C.

Si l’on manque de contenants pour les semis, les alvéoles de boîtes d’œufs ou les peaux de pommes de terre peuvent servir de solutions de dépannage. Une vraie recette de la flemme intelligente, comme on les aime parfois au jardin.

Au final, un concombre bien conduit, c’est moins de stress, plus de récolte et une serre qui fonctionne comme un petit climat bien réglé. Et si, au passage, la moitié du quartier finit avec des salades de concombre, on ne va pas faire semblant d’être surpris.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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