Phlox de Drummond : des fleurs en étoile pour un jardin coloré, même sans être un pro

Arrivés en Europe au milieu du XVIIIe siècle depuis l’Amérique du Nord, les phlox, et en particulier le phlox annuel de Drummond, ont vite trouvé leur place dans les pelouses, les bordures, les parterres et même les terrasses. Leur atout ? Une floraison généreuse, des couleurs très variées et une culture assez simple, à condition de respecter quelques bases.
Le genre Phlox appartient à la famille des Polémoniacées et compte environ 70 espèces,dont un peu plus de la moitié sont cultivées. le mot vient du grec et signifie « flamme » : on comprend pourquoi quand on voit certains massifs en pleine floraison. On est loin de la plante timide qui fait de la figuration au fond du jardin.
Le phlox annuel Drummond est très apprécié des fleuristes professionnels comme des amateurs. Contrairement à ses cousins vivaces, il a longtemps occupé la première place dans les jardins d’ornement grâce à la grande diversité de ses fleurs, de leurs formes et de leurs couleurs.il fait merveille dans les rocailles, les parterres, les bordures et les contenants décoratifs, y compris devant la maison ou sur une terrasse.
Autrement dit : avec un peu de méthode, on obtient une floraison qui en jette sans se compliquer la vie.
Des fleurs en étoile qui changent de visage avec la lumière

Une seule inflorescence de phlox peut porter une multitude de fleurs. Chaque fleur possède cinq étamines, des pétales soudés en tube et un pistil bien visible.La forme générale rappelle une petite étoile, parfois simple, parfois double selon les variétés, avec des nuances qui vont du blanc au rouge, en passant par le rose, le jaune, le bleu, le violet, le brun et même presque le noir.
Leur apparence change aussi avec la météo. Quand le soleil brille, les couleurs paraissent plus vives ; par temps couvert, elles deviennent plus douces, plus sourdes. Ce n’est pas un effet de catalog, juste la lumière qui fait son travail. et la plante vous dira merci si on lui évite les excès d’ombre.
Les plants forment généralement une touffe compacte et ramifiée, presque sphérique, qui peut atteindre jusqu’à 1,5 mètre chez certaines espèces, même si le phlox de Drummond reste plus modeste. Certaines formes ne dépassent pas 20 à 25 centimètres. Les feuilles sont souvent opposées, sessiles, ovales à lancéolées, avec un port dressé.
*La tête du jardinier quand le massif de phlox prend enfin des airs de feu d’artifice.*
Semer ou multiplier : à chacun sa petite stratégie fleurie

Si vous savez comment cultiver ces plantes, vous pourrez profiter de leur floraison du printemps jusqu’au début de l’automne. Selon leur période de floraison, les phlox se classent en variétés précoces, de mi-saison ou tardives. C’est utile pour étaler les couleurs, et on ne va pas se mentir, c’est aussi le meilleur moyen de ne pas avoir un jardin tout beau pendant quinze jours puis plus rien.
La multiplication des phlox peut se faire par plusieurs moyens :
Les méthodes les plus courantes
- le semis ;
- le bouturage ;
- la division de touffe.
Beaucoup de jardiniers privilégient les graines pour obtenir des plants robustes et semer au bon moment. En effet, jusqu’à 70 % des graines tombées en automne et restées dans le sol peuvent germer au printemps. Mais pour maîtriser la culture, mieux vaut préparer ses propres semis. Là, on parle de sérieux pour le sol, et aussi pour l’organisation.
Le bon créneau pour semer sans se louper

De fin février à mi-mars, on prépare les semis des phlox annuels. Ce calendrier permet d’obtenir des fleurs dès mai, avec environ deux mois d’avance sur un semis direct en pleine terre, qui ne donnera souvent une floraison qu’en fin d’été, parfois en septembre.
Semer tôt évite aussi de laisser les jeunes plants passer par le gel. C’est un point clé. En climat tempéré, ce petit décalage change tout pour la réussite des semis et pour la durée de floraison.
En pratique : plus on anticipe le semis,plus on gagne en maîtrise sur la floraison.
Terreau, lumière, chaleur : le trio gagnant du semis
Pour les semis, il faut un substrat léger et fin, composé idéalement de terreau, de tourbe, d’humus bien décomposé, de sable et d’un peu d’amendement calcaire si le mélange est trop acide. On l’installe dans des caissettes, des bacs, des alvéoles ou des godets de tourbe. Ensuite, on humidifie modérément le tout avant de semer.
Les graines du phlox sont assez grosses, mais elles ne doivent pas être enterrées profondément. On les dépose simplement en surface, on les presse légèrement avec la paume de la main, puis on pulvérise un peu d’eau. Elles ont besoin de lumière pour bien démarrer.
Le récipient est ensuite couvert d’un verre ou d’un film transparent, puis placé dans un endroit chaud et lumineux, par exemple sur un rebord de fenêtre. La température idéale tourne autour de +23 °C.
Chaque jour, on aère, on arrose légèrement si besoin, et on retire la condensation du film ou du verre. Dès que les graines ont germé et que les petites racines s’ancrent dans le substrat, on enlève la protection.Les premières pousses apparaissent en général au bout de 7 à 10 jours.
*Le film transparent : utile cinq minutes, agaçant le reste du temps, comme souvent au semis.*
Jeunes plants : ni trop d’eau, ni trop d’ego
Le repiquage intervient 2 à 3 semaines après l’apparition des premières vraies feuilles, avec un espacement d’au moins 15 cm entre les plants. L’éclairage doit rester homogène et la température autour de +20 °C.
Quand la surface du substrat sèche, on arrose au pulvérisateur, sans détremper. Pour endurcir les plants avant la mise en pleine terre, on peut faire baisser la température autour de +15 °C et réduire légèrement l’apport d’eau. Les engrais minéraux ne sont pas indispensables à ce stade si le substrat est déjà équilibré ; mieux vaut ne pas forcer la main des jeunes racines.
lorsque quatre ou cinq feuilles sont bien formées, on pince l’extrémité de la tige pour encourager la ramification. C’est simple, rapide, et ça favorise un plant plus fourni. Le genre de recette de la flemme intelligente qu’on aime bien chez Jardin-Bio.
Pincer tôt, c’est obtenir un phlox plus dense et plus florifère.
Mise en terre : un coin doux,riche et bien drainé
Après les dernières gelées,en mai,on transplante les semis dans une terre riche en compost,en matière organique bien décomposée et suffisamment souple.Les sols lourds gagnent à être allégés avec du sable grossier, du compost mûr et, si besoin, un peu de tourbe ou d’argile légère selon leur structure.L’idéal reste un sol sablonneux à tendance légère, bien drainé et modérément acide.
Le phlox apprécie une exposition lumineuse, mais sans soleil brûlant toute la journée. Une mi-ombre légère dans les régions chaudes fonctionne bien. On garde aussi de l’espace autour de lui : environ 20 cm entre les plants, davantage si la variété est vigoureuse.
La plantation se fait dans un trou de taille modeste, enrichi avec un peu de compost mûr ou de charbon de bois végétal en très petite quantité si le sol est asphyxié. On place le plant sans casser sa motte, on rebouche, puis on arrose pour bien mettre la terre en contact avec les racines.
Un sol vivant, souple et drainant, c’est la base. Sans ça, on ralentit tout le jardin.
Un été tranquille pour les phlox,ça se prépare un peu
Une fois installé en pleine terre,le phlox annuel demande surtout de la régularité. le principe premier de l’entretien estival, c’est de ne pas gêner sa croissance.
Les bons gestes à garder en tête
- Arrosage régulier pendant les périodes chaudes, surtout si le sol sèche vite ;
- Aération légère du sol pour maintenir une bonne circulation de l’air ;
- Pincement des jeunes plants pour densifier la touffe ;
- Paillage pour conserver l’humidité et limiter les à-coups thermiques.
Le phlox supporte mal la sécheresse prolongée, surtout quand la chaleur s’installe. Ses racines souffrent vite si le sol surchauffe. Un paillage organique bien posé autour des plants limite les pertes d’eau et stabilise la température du sol.C’est bon pour la plante, et c’est aussi un coup de pouce à la biodiversité du sol.
Si on doit fertiliser, mieux vaut le faire avec mesure. un apport de compost mûr ou d’engrais organique doux suffit souvent. Les engrais azotés trop poussés donnent du feuillage, pas forcément plus de fleurs. Et là, on parle de sérieux pour le sol : trop nourrir, c’est souvent déséquilibrer.
Le phlox aime la régularité, pas les grands coups de théâtre.
Faire ses graines : petit trésor, grande patience
Pour récolter ses propres graines, on choisit les variétés les plus intéressantes au moment voulu. Une fois la floraison terminée, on laisse mûrir les hampes florales, puis on retire les parties qui jaunissent.
Les graines se conservent mieux dans un sac en papier ou en toile, jamais dans un sac plastique, qui retient l’humidité. Quand la capsule sèche et s’ouvre,on récupère les graines mûres,puis on les stocke dans un endroit sec,sombre et frais jusqu’au prochain semis de printemps.
*Le sac en plastique pour les graines ? Mauvaise idée. L’humidité adore ce genre de coin perdu.*
Variétés de phlox de Drummond : du compact, du vif, du très fleuri
Le phlox de Drummond se décline en plusieurs groupes, selon la taille et l’allure des fleurs. Certaines variétés sont dites à grandes fleurs, d’autres plus compactes, avec des bouquets denses et très colorés.
Quelques types souvent cultivés
Les formes à grandes fleurs peuvent atteindre environ 30 cm de hauteur. Leurs inflorescences sont larges, très colorées, et les teintes rouges restent particulièrement recherchées. Parmi elles, on trouve des variétés blanches, rouges vives ou rouges flamboyantes.
Les formes étoilées montent généralement jusqu’à 40 cm, avec des fleurs bien dessinées qui ressemblent à de petites étoiles dont le center est marqué. Les variétés plus petites, parfois limitées à 15 ou 20 cm, sont souvent classées parmi les formes naines.
Quelques variétés à retenir
*Star Rain* : cette variété atteint près de 50 cm. Elle résiste bien à la sécheresse et au froid léger, fleurit longtemps et dégage un parfum agréable. Elle préfère les emplacements ensoleillés.
*Shimmering Star* : plus compacte, autour de 25 cm, elle porte des fleurs en étoile aux extrémités pointues. Sa petite taille la rend parfaite pour les bordures, les jardinières et les balcons. Elle fleurit tout l’été et une bonne partie de l’automne.
*Constellation* : cette gamme offre des teintes vives, du blanc au rouge cramoisi. Les inflorescences en bouquets denses conviennent bien aux massifs, aux pelouses décoratives et aux compositions florales.
Les formes naines : elles ne dépassent pas 20 cm et conviennent très bien aux bordures basses, aux terrasses et aux petits espaces.
*Promis Pink* : cette variété basse donne de grosses fleurs roses, bien visibles. Elle trouve sa place dans les rocailles, les talus, les plates-bandes surélevées et les petits jardins de vacances.
*Terry* : variété de taille moyenne,jusqu’à 30 cm,avec de grandes fleurs doubles et des inflorescences denses. Elle plaît beaucoup aux amateurs de floraison généreuse, parce qu’elle a ce petit air de bijou un peu trop chic pour rester discret.
*Quand le phlox s’installe bien, même le bord du massif fait de l’effet.*
Avec le phlox de Drummond, on a une plante facile à caser, généreuse en couleurs, et assez simple à réussir si le semis est bien mené.






