L’aster alpin : la petite boule de couleur qui ouvre le bal

L’astre discret des rocailles, c’est lui : l’aster alpin vivace. Il fleurit plus tôt que la plupart des autres asters, entre mai et juin, et apporte un vrai coup de peps au jardin sans demander des tonnes d’entretien.
L’article de la semaine dernière portait sur l’aster annuel, cette beauté du jardin d’automne. On ne va pas se mentir, quand on commence à raconter l’histoire des asters, on a vite envie de continuer. Le héros du jour est donc l’aster alpin vivace, une plante qui pousse à partir de graines et forme de jolis coussins fleuris.
Ses fleurs mesurent environ 5 centimètres de diamètre et ressemblent à de simples marguerites, avec des teintes parfois délicates, parfois plus franches : lilas, rose, bleu, blanc ou cramoisi. Les touffes mesurent généralement entre 25 et 30 centimètres de haut.De quoi habiller un talus sans l’écraser.
Ils développent un feuillage dense et font merveille sur les talus, les rocailles, en bordure, en sujet isolé ou en petits groupes.Pour obtenir une floraison abondante, on conseille de tailler les pousses et de supprimer les fleurs fanées.La plante vous dira merci.
Choisir le bon coin, sinon ça bégaye

Pour rappel, un aster peut rester en place jusqu’à cinq ans au même endroit : le lieu de plantation doit donc être choisi avec soin. Mais il ne faut pas craindre la transplantation, car on peut le déplacer au printemps ou en automne, tout en profitant de l’opération pour diviser la touffe.
L’aster alpin préfère les endroits ensoleillés, mais il peut aussi tolérer la mi-ombre. En revanche, à l’ombre, on n’obtient pas des buissons denses et bien fournis ; au contraire, les tiges s’allongent et la floraison devient beaucoup moins abondante. C’est le meilleur moyen de se planter.
L’aster n’aime pas les zones humides ni l’eau stagnante au printemps ou après les pluies. Les racines peuvent alors pourrir. Là, on parle de sérieux pour le sol : il doit être drainant, poreux et plutôt fertile.
Semis : des graines,pas des miracles

L’aster alpin se multiplie par semis ou par division de touffes adultes.on peut semer directement les graines en pleine terre. Sur un lit bien préparé, on les recouvre simplement d’environ 1 centimètre d’humus.Il n’est pas nécessaire de travailler le sol en profondeur ; une surface fine et bien ameublie suffit.
On sème en mai, ou pendant l’hiver, en novembre-décembre, dans une terre froide. Les graines sont déposées à l’endroit définitif. La floraison arrive généralement la deuxième année après le semis.
Les graines peuvent être préparées avant le semis, car les asters alpins germent plus vigoureusement que les asters communs. On les humidifie et on les traite si besoin. Le semis et la culture de l’aster alpin se font de la même manière que pour l’aster annuel. Avant de les installer en pleine terre, on peut aussi les placer d’abord dans de petits contenants, puis les repiquer en godets ou en caissettes.
Pour aller plus loin, on peut lire l’article La culture de l’aster à partir de graines, qui détaille le semis des graines d’aster.
Avant d’installer vos plants au jardin, pensez à les endurcir. Commencez à les sortir en avril pour les acclimater progressivement.Le soir reste le meilleur moment pour repiquer les jeunes plants, en veillant à bien les arroser.
*Jeune aster alpin en phase d’acclimatation : le scénario classique du jardinier qui veut aller trop vite.*
Un peu d’eau, mais pas la douche froide

L’aster aime l’eau, mais pas les excès. C’est une nuance importante. Les jours de forte chaleur,j’arrose les asters tous les matins. Tout dépend aussi de l’emplacement. Mais il ne faut jamais laisser l’eau s’accumuler au niveau des racines.
Le sol doit donc rester souple, poreux et perméable à l’eau. Et naturellement fertile,puisque les asters alpins restent plusieurs années au même endroit. Comme beaucoup d’asters n’aiment pas les sols acides, mieux vaut préparer une terre plutôt alcaline pour les zones qui en accueillent.
Au fur et à mesure que les plantes vieillissent, elles demandent moins d’arrosage et, en grossissant, elles couvrent le sol. Cependant, il vaut mieux ne pas laisser la terre nue : on paillera rapidement les plants. La recette de la flemme intelligente, et du bon sens aussi.
Les jeunes asters peuvent être nourris avec une infusion de niébé biologique,deux fois durant la première moitié de l’été. À l’automne, la végétation doit se préparer à l’hiver ; elle n’a plus besoin d’azote pour pousser vite. On peut alors arroser les plantes avec une infusion de cendre de bois.
Si de jeunes asters ont déjà fleuri à l’automne de leur première année, il vaut mieux enlever les fleurs pour empêcher cette floraison. Sinon,les plantes risquent de s’épuiser et de moins bien passer l’hiver,pour fleurir davantage l’année suivante.
Floraison sans embouteillage
Au printemps, les plantes adultes sont arrosées avec des engrais riches en potassium, ainsi qu’avec la même infusion de cendre. Le but est d’obtenir une floraison optimale. Pour prolonger la floraison, on supprime les fleurs fanées au fur et à mesure.
Parfois, si l’automne est long et doux, les asters refleurissent. Ces fleurs tardives doivent toutefois être retirées pour ne pas fatiguer la plante avant l’hiver.
Après la floraison, les asters alpins restent décoratifs tout l’été. Ils forment alors des touffes denses, vert foncé, qui tiennent joliment en masse.
si vous souhaitez récolter les graines,ne supprimez pas toutes les fleurs. Laissez-en quelques-unes. Les graines arrivent à maturité fin juillet ou début août.
Après cinq ans, il faut déplacer la plante dans un nouvel emplacement, idéalement à l’automne.Cela permet de la diviser et de la multiplier. Il faut éviter d’abîmer les racines lors de la transplantation. On évite aussi de laisser les asters alpins trop longtemps au même endroit, car les touffes s’épaississent, fleurissent moins bien et finissent par se gêner entre elles.
Passer l’hiver sans faire la grimace
Sous la neige, les asters restent verts et certaines feuilles ne tombent pas des tiges à l’automne. Si les parties aériennes sont encore flétries, on peut les couper avant l’hiver. Il n’est pas nécessaire de les abriter, car ils résistent bien à l’hiver dans les régions de climat tempéré et dans l’Oural.
En cas de fortes gelées automnales sans neige, on peut protéger les fleurs du froid en buttant le pied des touffes avec de la terre ou des gravillons.L’aster alpin produit de nouvelles fleurs sur les tiges de l’année précédente.
Au printemps, il faut éviter que la neige fondue et l’eau de ruissellement s’accumulent sur les plantations d’asters vivaces. En cas d’excès d’humidité, les touffes peuvent se détremper.
Les plantes adultes ne craignent pas les températures glaciales. Les jeunes plants de première année doivent,eux,être recouverts de sable,de branches de sapin,de feuilles sèches ou de fleurs séchées pour l’hiver. La protection se retire au printemps.
*Sous la neige, l’aster fait le fier. En vrai, il préfère juste ne pas avoir les pieds dans l’eau.*
Maladies en sourdine, ombre à éviter
Les maladies et les parasites affectent peu l’aster alpin. En revanche, les plantes qui poussent à l’ombre peuvent être sensibles à l’oïdium. Pour y remédier, il suffit de transplanter la touffe dans un endroit plus ensoleillé et de la traiter avec un biofongicide, comme la phytosporine.
En général, l’aster alpin et sa multiplication par semis restent une affaire simple et gratifiante. Cette fleur est peu exigeante, pousse rapidement et répond bien aux soins.
Je vous souhaite un magnifique aster alpin,en fleurs dès le début de l’été !
Bien à vous,
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