Mures hybrides sans epines planter et cultiver des baies abondantes au jardin

Des baies qui sortent du rang

Il existe de nombreuses variétés de fruits dans nos jardins. Entre les fraises,les framboises et les mûres,on a déjà de quoi se régaler. Mais pour avoir un jardin vraiment complet, on a parfois envie d’aller voir un peu plus loin – du côté des hybrides, ceux qui mêlent curiosité, rendement et goût.

La mûre-framboise, aussi appelée loganberry ou ezhémaline selon les textes, fait partie de ces baies un peu à part. Il s’agit d’un hybride entre la framboise et la mûre. Pourquoi la cultiver alors que les variétés classiques existent déjà ? Parce qu’elle peut offrir des récoltes généreuses, un aspect attrayant et, selon les variétés, une culture plutôt simple. on ne va pas se mentir : quand une plante donne beaucoup sans demander la lune, ça mérite qu’on s’y arrête.

Il vaut donc la peine d’en savoir plus sur cette baie intrigante, afin de pouvoir la cultiver dès la saison prochaine.Et c’est là que les détails comptent vraiment.

Un hybride qui a du répondant

Un hybride qui a du répondant

Cette plante issue du croisement framboise-mûre est généralement décrite comme un fruit intermédiaire entre les deux. En goût, elle rappelle les deux parents, mais reste souvent plus acidulée. Certain·es jardiniers n’aiment pas cette pointe d’acidité ; d’autres, au contraire, y trouvent tout son intérêt.

Les fruits sont généralement plus gros que ceux d’une framboise classique.

Ensuite, les arbustes séduisent par leurs récoltes abondantes et généreuses. Et la plante ne demande pas d’entretien particulier complexe.La culture de cet hybride demande souvent moins d’efforts que celle du framboisier, ce qui, franchement, n’est pas un détail.

La loganberry est originaire d’Amérique, plus précisément de Santa Cruz, en Californie. Elle serait apparue à la suite d’un croisement involontaire entre des framboisiers et des mûriers dans le jardin d’un juge nommé Logan. C’est ainsi qu’est née la mûre de Logan, ou baie de logan, comme l’a nommée le scientifique Michurine dans certains textes russes.

Photographie de variétés de mûres hybrides au jardin.

aujourd’hui, cette baie existe en de nombreuses variétés, qui se distinguent par la forme du buisson, la taille des fruits, la saveur, et d’autres critères encore. Pour mieux comprendre ce qu’est une mûre-framboise, le plus simple est de regarder quelques variétés connues.

Tyberry : la bonne élève un peu piquante

Tyberry : la bonne élève un peu piquante

La variété Tyberry a été introduite relativement récemment par les sélectionneurs. Sa principale caractéristique, c’est son rendement élevé. Les plants sont cependant assez épineux, et les fruits, d’un pourpre foncé, sont plutôt gros.

Loganberry : la discrète qui a tout déclenché

Loganberry : la discrète qui a tout déclenché

La loganberry se reconnaît à l’absence d’épines et à son port ramifié, proche de celui des mûres. Les baies sont d’abord cramoisies, puis deviennent nettement plus sombres à maturité. Chaque fruit peut peser jusqu’à 5 grammes et dépasser 3,5 centimètres de long. La saveur est acidulée, et la maturation assez rapide.

Boysenberry : entre ronce et gourmandise

La boysenberry a une allure plus sombre, souvent presque noire à maturité. Certains plants sont épineux, d’autres non. Les baies, de forme ovale, sont relativement grosses et prennent une teinte brunâtre à maturité. Leur goût se rapproche davantage de la mûre que de la framboise.

Texas : la costaude du carré fruitier

Le cultivar Texas produit des baies pouvant atteindre 12 grammes. Elles sont allongées. L’arbuste peut grimper jusqu’à 5 mètres, mais il pousse surtout en longueur, avec des tiges souples. La plante supporte très bien le froid, surtout si on la compare à d’autres variétés. Les tiges sont couvertes d’épines.les fruits rappellent davantage la framboise, avec une saveur sucrée-acidulée.

Darrow : la rustique qui ne lâche pas

La variété Darrow peut déjà atteindre 3 mètres de long. Elle est très résistante au gel et possède des épines. Un plant d’environ 5 ans peut donner jusqu’à 10 kg de récolte. Les baies, de taille moyenne, pèsent jusqu’à 4 g et offrent une saveur aigre-douce.

Printemps ou automne ? Le bon créneau pour planter

La mûre-framboise se plante de la même manière que les autres arbustes fruitiers, mais elle demande quelques précautions.On peut la mettre en terre au printemps comme à l’automne.L’important, c’est d’éviter les périodes de forte chaleur ou de gel.

Au printemps, les plants doivent être encore peu actifs. À l’automne, il faut les installer assez tôt pour qu’ils aient le temps de s’enraciner avant l’hiver. de nombreux jardiniers constatent qu’un jeune plant prend généralement bien, à condition de respecter le bon moment. Là,on parle de sérieux pour le sol : un plant bien installé au départ,c’est déjà la moitié du travail.

Un trou, du compost, et pas trop d’improvisation

Comme pour le framboisier, on recommande de planter les mûres-framboises en rangs ou en groupes bien espacés. Il faut laisser environ 70 cm à 1 m entre les plants, et 1,5 à 2 m entre les rangs. Oui, ça prend de la place. Mais cette distance permet aux plants de recevoir suffisamment de lumière et d’air.Si on veut une bonne récolte, on évite de serrer les plantations comme des sardines.

chaque trou de plantation doit mesurer environ 40 x 40 x 40 cm. La terre extraite peut être mélangée à de l’humus ou à du compost mûr.

Évitez de remplacer cet apport par du fumier de volaille frais ou du lisier.

Les engrais organiques trop riches stimulent fortement la croissance, mais ils peuvent aussi réduire la résistance au froid. Et ça, la première année, c’est le meilleur moyen de se planter. Le plant est déjà en train de s’enraciner ; inutile de lui mettre un coup de fouet qui le fragilise pour l’hiver.

Quand tout est prêt,on installe le plant en étalant bien les racines,puis on rebouche avec le mélange préparé. On tasse légèrement et on arrose généreusement.

Le paillage est l’un des gestes les plus utiles après la plantation.

Juste après la mise en terre, on peut étaler une couche de paillis de qualité au pied des plants. On peut utiliser du fumier bien décomposé,des déchets végétaux,ou d’autres matières organiques adaptées. Certains jardiniers placent aussi du carton ondulé sous le paillage pour limiter les mauvaises herbes. L’épaisseur totale peut aller de 8 à 15 cm.Là, on parle de sérieux pour le sol : on nourrit, on protège, on limite l’évaporation.

Un paillage bien posé, c’est déjà une petite victoire contre les herbes envahissantes.

Arroser sans noyer : la recette de la flemme intelligente

Comme on l’a déjà dit, la mûre-framboise est moins exigeante que la framboise sur le plan de l’arrosage. On arrose immédiatement après la plantation, puis à nouveau quelques jours plus tard si le temps est sec.

En été, les plantes ne doivent être arrosées qu’en cas de sécheresse marquée. C’est surtout pendant la formation et le grossissement des fruits qu’elles ont besoin d’eau.Si les pluies estivales sont régulières, un arrosage supplémentaire n’est pas nécessaire. Est-ce que c’est plus de travail de surveiller un peu ? Pas vraiment, si on observe le sol plutôt que de suivre un calendrier les yeux fermés.

Un sol paillé et vivant garde mieux l’humidité qu’un sol nu.

Nourrir sans surdoser : le bon rythme

Il n’est pas urgent de nourrir les arbustes juste après la plantation. La première fertilisation intervient généralement deux ans après l’enracinement, selon les recommandations des spécialistes.

Il n’existe pas de program unique pour la mûre-framboise, mais les apports conseillés pour les framboisiers conviennent souvent. En général, on apporte une matière organique bien décomposée tous les deux ou trois ans, en ajustant selon la richesse du sol.

Les recommandations courantes donnent, à titre indicatif :

3 à 5 kg de compost ou de fumier bien décomposé par m² ;
2 kg de superphosphate double, ou des apports équivalents en phosphore et potassium sur 100 m², selon la composition du sol.

Ces doses restent indicatives et doivent être adaptées à votre terrain.

Taille : la coupe franche qui garde le buisson en forme

Il faut former les arbustes de mûre-framboise,car le rendement en dépend. La date de taille fait débat entre jardiniers. Certains préfèrent la fin de l’automne ; d’autres taillent après la fin de la fructification. Comme la plante peut produire jusqu’aux premières gelées dans certaines régions, les deux approches peuvent se défendre.

Avant les fortes gelées, on taille en supprimant les vieilles tiges ainsi que les branches cassées ou abîmées. On peut aussi intervenir au printemps, avant le démarrage de la sève.

La taille consiste souvent à pincer les extrémités des tiges pour favoriser la ramification.Le but est simple : plus de tiges bien placées, plus de fruits accessibles, et un buisson qui respire mieux.

Une taille régulière, c’est moins de fouillis et plus de récolte.

Tuteur ou treillis ? Le fruit grimpe toujours mieux

Les fruits de nombreuses variétés de mûres-framboises sont non seulement abondants, mais aussi assez gros et lourds.Il est donc recommandé de les conduire sur un treillis ou de les attacher. Un simple piquet ne suffit pas. À force, les tiges s’étalent et les fruits deviennent plus petits.

La solution la plus efficace reste un treillis solide, haut de 2 à 2,5 mètres. On peut tendre cinq fils, espacés en plusieurs niveaux. Les tiges fructifères sont alors attachées et réparties en éventail ou en serpentin. Les autres tiges sont guidées sur les fils inférieurs.

Ce type de conduite favorise une croissance plus saine. Les parties hautes reçoivent mieux la lumière et la chaleur du soleil. Et la plante vous dira merci,même si elle n’écrit pas encore de carte postale.

Un treillis bien tendu : la version jardin du bon maintien.

Boutures, racines et petits miracles de multiplication

En règle générale, la mûre-framboise se multiplie par voie végétative. On peut utiliser plusieurs méthodes :

les boutures vertes. On peut prélever les extrémités taillées lors de la coupe des branches d’un an. En août, on coupe des segments de 20 à 35 cm, que l’on met ensuite en terre à environ 20 cm de profondeur. Ces boutures peuvent donner jusqu’à quatre plants l’année suivante.

Les boutures non lignifiées.

Les boutures de racines. On les obtient au printemps, en prélevant des racines d’un diamètre de 5 à 7 mm, que l’on découpe en tronçons de 15 cm. On les plante ensuite en rangs, à faible profondeur, jusqu’à 20 cm.

Pour la multiplication par bouturage classique,on choisit des tiges d’environ 20 cm portant 2 à 4 bourgeons.Avant plantation,on peut les laisser tremper une journée dans l’eau,puis les installer à environ 20 cm de profondeur dans un sol meuble.Deux bourgeons seulement doivent dépasser à la surface. Après l’arrosage et le tassement du sol, si d’autres bourgeons apparaissent, on peut légèrement butter ou rajouter un peu de terre.

Ne multipliez pas la plante par graines si vous voulez conserver les caractéristiques de la variété.

Les plants issus de semis ne reproduisent généralement pas fidèlement les qualités du plant mère. C’est le genre de surprise dont on se passerait volontiers.

Avant l’hiver : mettre les tiges au chaud,mais pas trop

La mûre-framboise est une plante résistante au froid. Cela dit, malgré sa rusticité, mieux vaut prévoir quelques gestes à l’automne, car les hivers ne se ressemblent pas tous.

Il faut d’abord détacher chaque branche du treillis, puis les coucher doucement le long du support, sans les casser. Dans les régions aux hivers doux, on peut les protéger avec des matières organiques comme la tourbe, la sciure, les feuilles mortes ou la paille. Ces couvertures protègent les tiges en cas de fortes gelées.

Dans les régions où la neige tombe abondamment et reste longtemps au sol, on peut parfois laisser les tiges à l’air libre. La neige joue alors le rôle d’une couverture naturelle contre le froid.

Le bon hivernage, c’est surtout une affaire d’anticipation.

Maladies et ravageurs : les invités qu’on évite franchement

La mûre-framboise peut être touchée par les mêmes maladies que les framboisiers ordinaires, même si l’hybride est souvent plus résistant. Parmi les maladies possibles, on trouve :

– l’oïdium ;
– la rouille ;
– le verticillium ;
– l’anthracnose.

Certaines variétés sont plus résistantes que d’autres. Par exemple, la boysenberry supporte mieux certaines maladies, tandis que la youngberry ou la loganberry peuvent être plus sensibles à l’oïdium ou au flétrissement verticillien, selon les lignées.

Contre l’anthracnose,on peut utiliser des fongicides,mais seulement en respectant les délais avant récolte. Il faut arrêter les traitements au moins 20 jours avant de cueillir.

Les ravageurs sont peu nombreux, mais on peut rencontrer des charançons, des coléoptères du framboisier et d’autres insectes nuisibles. Pour limiter les attaques, il faut respecter les distances de plantation, aérer les rangs, travailler le sol avec soin et garder les arbustes bien suivis.

Un buisson aéré et propre attire moins de problèmes.

Des fruits utiles, mais pas pour tout le monde

la composition chimique des mûres-framboises leur donne plusieurs propriétés intéressantes pour l’organisme. elles sont parfois utilisées en cas de refroidissement, de fièvre ou d’inflammation, grâce à leurs effets rafraîchissants et légèrement antipyrétiques.Les fruits, mais aussi les feuilles et les branches, peuvent être utilisés dans certaines préparations.

La baie hybride présente toutefois quelques contre-indications. Son jus est déconseillé aux personnes souffrant d’hyperacidité, de gastrite ou d’ulcères. La lithiase urinaire, la goutte, certaines maladies rénales, le diabète, les polypes nasaux et l’asthme bronchique sont autant de situations dans lesquelles il vaut mieux rester prudent. Les femmes enceintes et les personnes allergiques devraient aussi consommer ces fruits avec modération.

Comme toujours avec les petits fruits, la dose et le contexte comptent.

Une baie hybride qui ne demande qu’un peu de place,un bon treillis et un sol vivant.

La mûre-framboise n’est pas encore très répandue chez nous. Pas parce qu’elle manque d’intérêt, mais parce qu’elle reste peu connue. Et pourtant, elle a plus d’un atout pour le jardin biologique : culture assez simple, récolte généreuse, et belle place pour la biodiversité du coin potager. De quoi donner envie de lui faire un petit rang, non ?

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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