Planter et cultiver les mûres au jardin sans épines toutes les variétés

Mûres au jardin : des baies sauvages… mais pas que

Mûres au jardin : des baies sauvages… mais pas que

On croit souvent que les mûres restent cantonnées aux ronciers des bords de chemin.En réalité, cette plante se cultive très bien au jardin, et certaines variétés sans épines changent carrément la donne pour la récolte.

Alors que les personnes peu familiarisées avec le jardinage pensent traditionnellement que les mûres ne poussent que dans les forêts, les jardiniers et jardinières les cultivent bel et bien sur leurs parcelles. Il est donc naïf de croire que nos baies bleu-noir préférées passent directement des sous-bois aux rayons des supermarchés. En outre, les mûres sauvages ont une saveur bien différente de celle des variétés domestiquées. Et puis, les sélectionneurs ont mis au point une plante franchement pratique : la mûre sans épines. C’est d’ailleurs la première raison pour laquelle on en laisse sur les parcelles : cueillir les fruits mûrs sans se transformer les paumes en passoire.

Des ronces, des cultivars et un peu de tri dans les idées

Des ronces, des cultivars et un peu de tri dans les idées

Les préjugés sur la mûre ne se limitent pas aux épines, loin de là. On pense souvent qu’elle pousse vite, forme des fourrés denses, impénétrables et piquants, ce qui la rend gênante pour le reste des plantes du jardin.

Commençons par une définition : il existe des mûres sauvages et des mûres cultivées. les principales formes botaniques de mûres, la myrtille et la ronce, se distinguent par la présence ou l’absence d’une pruine bleu-gris sur leurs fruits bleu-noir. La ronce est à l’origine de près de trois cents variétés de mûres de jardin, et certaines restent très proches du type sauvage, tandis que d’autres en sont bien éloignées : par exemple, les sélectionneurs américains (et les mûres sont cultivées à grande échelle aux États-unis !) ont créé des hybrides avec la framboise, dont les baies peuvent être claires, jaunâtres, voire blanches.

Mettant de côté, pour l’instant, des caractéristiques comme la remontée et les dates de maturation (précoce, tardive), classons les variétés de mûres de jardin en trois grandes catégories selon la structure de la plante. Il peut s’agir de :

  • variétés rampantes (type dewberry) ;
  • variétés semi-érigées, comme Chester ;
  • variétés dressées (type Eldorado).

La classification distingue aussi la dewberry et la cumanica (upright). la cumanica ressemble davantage à sa cousine, la framboise.

Les espèces rampantes et semi-rampantes, contrairement aux espèces dressées, nécessitent un treillis.

La mûre remontante se distingue par sa capacité à produire deux récoltes : la première sur les anciennes pousses, la seconde sur les nouvelles pousses de l’année. Certains cultivars présentent des caractéristiques de remontée sans être réellement remontants : les fleurs de fin d’été apparaissent alors sur des tiges encore immatures. La plante remontante peut être taillée afin d’augmenter le rendement de la récolte principale. En cas de risque élevé de gel, les plants remontants sont aussi rabattus pour l’hiver.

Des cultivars de mûres sans épines ont également été développés. On ne va pas se mentir, ils sont très demandés et appréciés par les jardiniers.

Variétés de mûres : les stars du rang

Variétés de mûres : les stars du rang

Les trois cents variétés, ou presque, ne seront pas toutes abordées ici, mais on va passer en revue les plus importantes, les plus répandues et les plus populaires sous nos latitudes. Comme les mûres de jardin ont été sélectionnées principalement en Angleterre, leurs noms sont souvent en anglais.

Thornfree

Cultivar Thornfree.

La mûre sans épines Thornfree (qui signifie « sans épines » en anglais) est l’une des plus courantes. Chaque grappe peut contenir jusqu’à 30 fruits, et cette variété, très productive, forme de nombreux rameaux fructifères. Cela permet de récolter jusqu’à 30 kilogrammes de fruits sur un seul arbuste. Elle est appréciée pour son arôme et sa saveur caractéristiques. En revanche, Thornfree ne supporte pas l’ombre : dans les zones ombragées, les baies deviennent aqueuses et perdent leur goût et leur richesse.

Black Satin

Black satin.

Black Satin est l’équivalent de « satin noir ».Semi-érigée, sans épines, elle est facile à palisser sur un treillis. Le goût de ses baies aromatiques est aigre-doux. en raison de la maturation irrégulière de cette variété, les fruits doivent être récoltés avec soin. Si on manque la fenêtre de maturité et que les fruits deviennent trop mûrs, ils perdent leur saveur et deviennent fades.Très fragiles, ces fruits trop mûrs se transportent mal. en revanche,les mûres Black Satin récoltées au bon moment se transportent très bien.

Chester

chester.

La variété Chester, issue de sélection américaine, est une culture sans épines qui peut produire jusqu’à 30 tonnes de fruits par hectare ; elle a donc été rapidement adoptée en agriculture intensive. Les fruits sont juteux et ont un vrai goût de mûre. La variété Chester est utilisée pour produire des conserves, des gelées, etc. Elle est particulièrement appréciée car elle demande peu d’entretien, résiste au froid et est pratiquement exempte de maladies.

Brzezina

Variété Brzezina.

Brzezina, parfois orthographiée Brzeina, tire son nom du quartier de Brzeźno, à Gdańsk, où se trouve le célèbre Institut d’horticulture et de floriculture. Comme Brzezina est une variété très précoce, les sélectionneurs, qui l’ont brevetée il y a seulement quelques années, s’attendaient à ce qu’elle soit rapidement adoptée sur le marché.

Toutefois, les scientifiques polonais n’ont pas tenu compte du fait que les conditions climatiques en Europe peuvent être différentes de celles de la Pologne, et qu’une variété très précoce en Pologne peut n’être que moyennement précoce ailleurs. en outre, sa conduite sous des hivers polonais modérés exige des soins particuliers et une bonne préparation de la plante pour l’hiver. Brzezina se caractérise par sa résistance aux maladies, d’excellents rendements (le potentiel maximal se révèle après trois ans) et une saveur intrigante des baies.

Reuben et Natchez

Variété Natchez.

Reuben et Natchez sont deux autres variétés importantes. Toutes deux sont sans épines et produisent des fruits assez gros (jusqu’à 9 g pour Natchez et 14 g pour Reuben).

natchez est le résultat d’une sélection américaine orientée vers la culture commerciale. C’est l’une des variétés les plus précoces de mûres. Elle est simple à entretenir, mûrit de façon homogène et se transporte bien.

Les jardiniers qui cultivent Reuben apprécient la compacité du buisson, la précocité de la fructification (dès la première année), la richesse de la saveur des baies, aussi grosses qu’une boîte d’allumettes, ainsi que leur très bonne tenue au transport et au stockage.

Planter au bon moment : l’automne ou le printemps,à chacun sa fenêtre

Planter au bon moment : l’automne ou le printemps,à chacun sa fenêtre

La période de plantation,en automne ou au printemps,dépend des caractéristiques climatiques de la région. Dans les régions du center et du sud, au climat plus doux, on recommande plutôt une plantation d’automne.

Les plantations d’automne permettent un bon développement du système racinaire dans des conditions d’humidité élevée et avec une température du sol modérée. Dans ces régions, l’automne s’installe plus tôt, et les mûres bien enracinées repartent ensuite très vite au printemps. Après une plantation d’automne,la masse végétative commence à se développer dès la reprise.

La plantation d’automne présente aussi l’avantage de disposer d’un plus grand choix de variétés et de plants avec un système racinaire déjà sain. En plus, le matériel de plantation est souvent moins cher qu’au printemps.

La plantation au printemps est plus délicate, car le réchauffement de l’air déclenche le début de la circulation de sève et la reprise de croissance des tiges, alors que l’enracinement n’est pas encore assuré. La masse végétative veut s’étendre, mais seul un système racinaire robuste peut soutenir ce développement. Si les racines sont faibles, la plante se développera mal, car elle ne recevra pas assez de nutriments. C’est le meilleur moyen de se planter, sans mauvais jeu de mots.

Dans les régions septentrionales, les plantations de printemps se justifient, car le système racinaire a le temps de se renforcer grâce au réchauffement plus tardif de l’air. Il est aussi recommandé de planter au printemps les variétés de mûres peu rustiques. Ces plants risquent sinon de ne pas passer l’hiver ou de mal s’enraciner.

La plantation d’automne doit être programmée de façon à intervenir un mois avant les premières gelées. En plus des calendriers horticoles,les signes naturels qui annoncent la météo à long terme peuvent aider à se repérer. Dès que la température atteint +15 °C, les plantations de printemps peuvent commencer. Elles doivent être terminées avant l’ouverture des fleurs.

Au trou, au carré, et que ça roule

La première règle, et la plus essentielle, pour planter des mûres est de n’acheter les plants que dans des pépinières réputées, responsables de la qualité des plantes et capables de conseiller sur la bonne conduite des arbustes. Si besoin, les jardiniers débutants seront aidés pour choisir la variété la plus adaptée, en tenant compte de toutes les caractéristiques.

Lors du choix des plants, il faut garder à l’esprit qu’un matériel de plantation d’un an, avec deux tiges de 5 mm de diamètre et une racine principale de 10 cm de long, s’enracinera le plus efficacement. Veillez aussi à ce que les racines portent déjà un bourgeon bien formé.

Pour éviter les déceptions, on conseille de ne choisir que des variétés de mûres adaptées au climat de votre région.

Si les mûres de jardin ne se sont pas largement diffusées en Russie, c’est parce que les anciennes variétés étaient adaptées aux climats tempérés. Au-delà de l’Oural,elles s’y enracin aient mal. Aujourd’hui, de nouvelles variétés existent. Certaines supportent des températures allant jusqu’à -30 °C. Ces variétés sont très recherchées dans le Midwest et le Nord. Les variétés de sélection plus ancienne ne conviennent pas aux zones très froides.

Même si vous avez choisi des cultivars de mûres résistants à l’hiver, vous risquez une récolte réduite si vous choisissez une variété à fructification irrégulière, car les dernières baies n’arriveront pas à maturité avant les premiers froids. Par manque de lumière,même les baies qui mûrissent peuvent avoir une saveur moyenne.

Lors de la préparation de la plantation, choisissez un endroit ensoleillé et à l’abri du vent. Si les jeunes mûres sont installées à l’ombre, elles dépenseront toute leur énergie à filer vers le haut, produiront moins de végétation, donneront des fruits plus petits et moins appétissants, et contiendront moins de substances bénéfiques.

L’emplacement optimal pour la plantation se situe au sud ou au sud-ouest d’une parcelle de jardin clôturée.

Les mûres ont besoin d’un support et d’un peu de protection contre le vent pour que les branches ne cassent pas.Pour éviter l’ombre, il suffit de les placer à un mètre de la clôture.

Le sol optimal pour un jardin de mûres est un terreau enrichi d’environ 25 centimètres d’humus. La plante ne doit pas être cultivée dans des substrats :

  • salés ;
  • pierreux ;
  • sableux ;
  • marécageux ou tourbeux.

Au-delà de 1,5 mètre de profondeur, les eaux souterraines créent un milieu humide et froid pour les racines. Cela diminue leur résistance à l’hiver et a un impact sur le rendement.

Avant la plantation, toute la végétation et les débris végétaux (feuilles et branches tombées, fruits divers, etc.) doivent être enlevés. pour protéger la jeune plante contre les maladies et les insectes, un traitement préventif du site est nécessaire.

Si le sol est épuisé, il faut le remettre en état. Pour cela, on peut réamorcer la zone de plantation des mûres avec des engrais organiques et minéraux.

le trou qui nourrit : préparer la fosse de plantation

Deux à trois semaines avant la plantation, on doit préparer les trous et le sol.La fosse idéale pour les mûres mesure 40 centimètres de profondeur et de largeur. Un tel volume est nécessaire au bon développement du système racinaire ; chez les mûres, il est bien plus puissant que chez les framboises et d’autres arbustes fruitiers. Pour les variétés dressées,l’écartement entre les buissons est de 1 mètre,et l’écartement entre les rangs de 1,5 mètre. L’espacement entre les lignes doit être de 2 mètres.

Le trou de plantation doit être rempli d’un substrat riche en nutriments composé de :

  • 5 kilogrammes de compost ou d’humus ;
  • 120 grammes de superphosphate ;
  • 40 grammes de sulfate de potassium ;
  • de la terre fertile en quantité suffisante pour remplir les deux tiers du trou après mélange avec l’engrais.

Lors de la plantation, le collet est enterré de 1,5 à 2 centimètres, et de 3 centimètres sur les sols plus meubles. Les racines étalées ne doivent pas être complètement recouvertes de substrat ; le trou doit rester 1 à 2 cm plus bas que le niveau du sol environnant. C’est nécessaire pour assurer une bonne hydratation de la plante.

Après la plantation, le sol est tassé et 5 litres d’eau sont apportés sous chaque plant ; lors d’une plantation de printemps, un arrosage régulier est nécessaire pendant un mois. le pied de la plante est ensuite couvert d’un paillis de sciure, d’humus ou de paille. La tourbe peut aussi servir de paillage sous la mûre plantée, afin de la protéger des adventices et de la formation d’une croûte compacte et sèche. Dans ce cas, on utilise une couche de 15 cm. Le fumier bien décomposé convient aussi à ce type de paillage protecteur. Une telle couverture apporte en plus un supplément de nourriture aux racines de l’arbuste.

Planter proprement, pailler tout de suite : la plante vous dira merci.

Cinq gestes pour ne pas rater la récolte

Plus résistante à la sécheresse que le framboisier, la mûre est plus facile à entretenir et demande moins d’irrigation. En revanche, elle est plus sensible aux basses températures.

L’entretien complet d’un arbuste de mûre comprend :

  • l’arrosage ;
  • la fertilisation ;
  • le palissage ;
  • le binage ;
  • la taille d’automne.

Arrosage et binage

La mûre possède un système racinaire robuste qui s’enfonce profondément dans le sol, ce qui la rend résistante à la sécheresse. Pendant la maturation des baies et par temps chaud, lorsque le feuillage de la plante évapore beaucoup d’eau, le plant adulte a besoin de 15 à 20 litres d’eau par semaine, selon la température. À d’autres moments, il suffit d’éviter le dessèchement du sol sous l’arbuste.

Le binage est une opération agronomique qui améliore la capacité de la plante à absorber l’humidité. La profondeur du travail est de 10 cm. Cela permet non seulement d’améliorer l’alimentation de la mûre, mais aussi d’éliminer les adventices. À la fin de l’été et au début de l’automne, l’aération du sol est utile pour éviter qu’il ne se compacte trop autour des racines de l’arbuste.

La recette de la flemme intelligente : binage léger, paillage sérieux.

La nourriture du sol, pas les gadgets

La croissance normale des tiges annuelles nécessite une fertilisation printanière avec 50 g de nitrate d’ammonium par arbuste, incorporés à une profondeur d’au moins 10 cm. Tous les trois ans, les mûres sont fertilisées avec la formule suivante : 10 kg de compost ou d’humus, 100 g de superphosphate et 30 à 70 g de sulfate de potassium par mètre carré de surface cultivée.

La fertilisation peut être combinée à un arrosage préventif des plantes avec de la bouillie bordelaise à 1 %. Pour limiter les ravageurs et les maladies, ce traitement doit s’accompagner de l’enlèvement des feuilles tombées au pied des plantes.

Le palissage, ou les mûres qui prennent de la hauteur

Le palissage est nécessaire pour les variétés de mûres rampantes et dressées. La plante est soutenue par un treillis dont les fils sont tendus sur trois ou quatre niveaux, avec 50 centimètres entre chaque fil. La première année, jusqu’à trois pousses en éventail sont attachées au fil inférieur, tandis que les pousses de l’année sont conduites du centre du buisson vers le haut du treillage. Avant les gelées, les plantes sont détachées et mises à l’abri pour l’hiver.

On attache les mûriers de façon à ce que les pousses jeunes et les branches fructifères se trouvent sur des côtés opposés.

En outre, le palissage peut inclure la mise en place d’un filet d’ombrage. Il est placé le long des tiges des mûres pour les protéger des fortes chaleurs. Même exposées à une lumière directe trop intense, les mûres perdent leur jus et se flétrissent.

Ronces et structure : sans support, ça s’écroule.

La taille, ce grand ménage utile

La taille est le cœur du soin apporté aux mûres. Contrairement à sa cousine sauvage, elle doit être régulièrement débarrassée de ses parties superflues. Il existe des tailles dites de formation qui permettent à l’horticulteur de contrôler la densité de l’arbuste.

Il faut aussi supprimer les inflorescences la première année de vie de la plante afin que l’arbuste ne gaspille pas son énergie dans la production de fruits et consacre toutes ses ressources à la mise en place de racines solides. L’année suivante, les tiges sont taillées à une hauteur de 1,5 à 1,8 mètre avant la floraison printanière.Elles doivent être coupées au-dessus d’un bourgeon bien placé. Si une branche porte des rameaux dormants,on les supprime au-dessus d’un bourgeon vivant.

L’éclaircissage estival consiste à éliminer les jeunes pousses pour ne garder que les tiges les plus fortes, soit 6 à 8 pour les mûres rampantes et 4 à 5 pour les mûres dressées. Les jeunes tiges sont généralement raccourcies quand elles ont atteint environ 5 centimètres.

Les mûres ont un cycle de fructification de deux ans ; par conséquent, les branches âgées de plus de deux ans ne donnent plus de baies. Une fois que les vieilles branches ont fructifié, on les élimine. Cette opération permet non seulement d’éclaircir les arbustes de mûres, mais aussi de favoriser la croissance de nouvelles tiges.

On taille, on respire, on récolte mieux.

Multiplier sans magique : graines, marcottage et compagnie

Pour la multiplication des mûres de jardin, on peut utiliser :

  • les graines ;
  • les rejets ;
  • les drageons ;
  • les boutures ;
  • les boutures vertes ;
  • les boutures lignifiées ;
  • le marcottage aérien.

Chaque méthode de multiplication a ses particularités ; la multiplication par semis, par exemple, ne conserve pas les caractéristiques variétales. Les autres techniques sont végétatives.

La technique la plus efficace consiste à plier et à enterrer des tiges de 1,5 mètre de long prélevées sur le pied mère. On ne les sépare pas du plant d’origine, mais on pince l’extrémité de la pousse pour freiner sa croissance. Auparavant, il faut inciser légèrement la tige avec un couteau pour favoriser l’émission de racines à partir des parties enterrées. Cette opération a lieu au début du mois d’août. Si le sol est pauvre et que la tige a tendance à se redresser,il faut la fixer en position couchée à l’aide d’un petit poids ou d’une boucle de fil de fer. Elle nécessite ensuite un paillage et un arrosage.

Au début du mois d’octobre, la pousse enracinée est extraite avec précaution pour ne pas abîmer les racines. Cette opération se fait de préférence à la fourche. La pousse est séparée du pied mère, avec d’autres matériaux végétaux, puis plantée à son emplacement définitif.

Le marcottage : peu d’effort,beaucoup de plants.

Avant l’hiver, on couche la bête

Avant les gelées, les mûres doivent être couchées au sol. Dès -1 °C,les tiges perdent en souplesse et peuvent casser pendant l’opération. en ligaturant les tiges en bottes et en les fixant avec des attaches, on peut les rabattre plus facilement. Cela ne pose pas de problème pour les mûres rampantes, mais pour les cultivars dressés, c’est un vrai défi. Les jardiniers ont mis au point une technique pour éviter que les tiges ne cassent à l’automne : on fixe des poids à l’extrémité des tiges, ce qui les aide à s’incliner vers le sol.

Quelle que soit la rusticité de la variété, il faut couvrir toutes les plantes. On utilise pour cela des matériaux naturels (foin, fanes de légumes, débris végétaux) ou artificiels (feutre de toiture, polyéthylène). Les matériaux artificiels ne sont pas à craindre, et les mûres ne périssent pas pour autant. Couvrir les mûres avec des branches de conifères permet de les protéger non seulement des intempéries, mais aussi des rongeurs.

Au printemps,ne recouvrez pas les tiges des mûres avec le feuillage tombé des pommiers,des poiriers,etc., en raison du risque de maladies et de dégâts causés par les insectes.

La tête du jardinier quand il faut tout coucher avant le gel.

Voisines de rang ou mauvaises cohabitations ?

Les mûres enrichissent le sol et peuvent jouer un rôle intéressant dans le jardin, mais elles ne sont pas des fixatrices d’azote au sens strict. Les pommiers peuvent donc être de bons voisins, sans qu’on parle de symbiose miracle pour autant. Cela reste intéressant, car leur association ne pose pas de problème particulier.

Il n’est pas souhaitable de planter des mûres à côté des fraises et des fraiseraies, car cela peut favoriser la présence du charançon, un ravageur courant.

La mûre de jardin est une belle plante sans prétention, qui peut être cultivée dans les régions méridionales, intermédiaires et septentrionales. Les mûres sont riches en vitamines et en oligo-éléments et peuvent servir à préparer une foule de plats. Et au passage, quelques doigts griffés de moins, ça ne gâche rien.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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