une orchidée bien trempée, mais pas noyée

En tant qu’épiphyte, le phalaenopsis a besoin d’un régime d’arrosage particulier. Il pousse sur l’écorce des arbres et capte surtout l’humidité de l’air ambiant ; pour éviter le pourrissement des racines, il faut donc un substrat bien perméable et des arrosages adaptés, sans eau stagnante au collet.
En réalité, le plus dur n’est pas d’arroser une orchidée, mais de trouver le bon rythme. Une orchidée trop souvent mouillée finit vite par souffrir, car ses racines ont besoin d’air autant que d’eau.Et là, on parle de sérieux pour le sol… même si, dans ce cas, on parle plutôt d’écorce, de drainage et d’un pot qui ne garde pas l’humidité comme une soupe.
La plante vous dira merci si on apprend à la lire : racines, poids du pot, condensation, état des feuilles. Ce sont ces petits indices qui évitent les erreurs courantes en matière de soins aux orchidées.
Une eau pas trop dure,pas trop froide : le juste milieu

Les racines des orchidées sont très sensibles à la qualité de l’eau. On évite une eau trop froide, trop chaude ou trop calcaire. Si un dépôt blanc apparaît sur le pot, ou si des traces minérales se voient au bord du contenant, l’eau est sans doute trop dure.
On peut atténuer ce problème de plusieurs façons :
- faire bouillir l’eau : une partie des sels de calcium et de magnésium précipite alors au fond du récipient ; on n’utilise ensuite que la partie claire ;
- préparer de l’eau glacée : on remplit un récipient d’eau potable, on le place partiellement au congélateur, puis on utilise l’eau qui n’a pas encore gelé ;
- ajouter une petite quantité d’acide citrique ou d’acide oxalique, puis laisser reposer l’eau pendant environ deux jours ; on n’utilise pas le dépôt éventuel au fond.
Important : pour adoucir l’eau d’arrosage, on n’utilise pas d’adoucisseurs chimiques ni de filtres échangeurs d’ions, car ils remplacent les sels de calcium par des sels de sodium, néfastes pour les plantes.
La température de l’eau doit être égale, ou légèrement supérieure, à celle de la pièce. Au-delà de 38 °C, les racines peuvent être abîmées ; avec une eau trop froide, c’est l’effet inverse qui se produit : la plante se bloque.
Le bon tempo : ni trop, ni trop peu

la fréquence d’arrosage dépend de plusieurs paramètres :
- la température de l’appartement : plus elle est élevée, plus les arrosages doivent être rapprochés ;
- le volume et le matériau du pot, ainsi que la présence ou non d’un trou de drainage ;
- l’importance du système racinaire : plus l’orchidée est grande et bien enracinée, plus elle boit ;
- la lumière disponible : si elle est faible, on arrose moins souvent.
en automne et en hiver, un arrosage une à deux fois par semaine suffit souvent. En plein été, le Phalaenopsis peut demander un apport plus fréquent, parfois deux à trois fois par semaine. La couleur des racines donne aussi un bon indice : lorsqu’elles deviennent blanches et translucides, le substrat est sec ; lorsqu’elles restent vertes, on attend encore.
Le poids du pot aide beaucoup aussi : quand l’ensemble devient nettement plus léger, c’est que le substrat a bien séché. Voilà une vraie petite recette de la flemme intelligente.
Pour certaines orchidées comme Cambria ou Miltonia, on peut ajouter un peu de sphaigne au substrat. Cela améliore sa capacité à retenir l’humidité, et les arrosages peuvent alors être un peu plus espacés que dans un simple mélange d’écorces.
La tête du jardinier quand il comprend qu’un pot léger vaut mieux qu’un calendrier d’arrosage au jour près.
Arroser sans faire trempette à l’excès

la méthode d’arrosage dépend du mode de culture. Si le Phalaenopsis est cultivé dans un système fermé,sans ouverture de drainage,il faut ajouter suffisamment d’eau pour humidifier la couche d’argile expansée. L’eau se diffusera ensuite progressivement vers les racines.
Pour les orchidées cultivées dans l’écorce, on utilise surtout trois méthodes : verser, tremper rapidement, ou immerger plus longtemps.
Pour verser, on arrose doucement le substrat jusqu’à ce qu’il soit bien humidifié, puis on laisse l’excédent s’écouler.
Le trempage rapide consiste à placer le pot dans un récipient d’eau pendant une à deux minutes. Cette méthode convient bien quand il fait frais, car l’écorce n’a pas le temps de se gorger d’eau.
L’immersion de 15 à 20 minutes consiste à placer le pot dans de l’eau tiède. Pendant ce temps,l’écorce absorbe suffisamment d’humidité. Ensuite, on laisse égoutter soigneusement avant de remettre la plante à sa place.
Les orchidées Vanda sont souvent cultivées sans terre, dans des compositions suspendues ou dans de grands contenants en verre. Dans ce cas, les racines sont vaporisées chaque jour et trempées brièvement.Toutes les deux semaines environ, on peut les immerger une demi-heure dans de l’eau tiède, puis les remettre à leur place.
Toutes les variétés d’orchidées apprécient une douche tiède, qui aide à nettoyer le feuillage et à réhydrater la plante. En revanche, il faut bien laisser s’écouler toute l’eau restante : elle ne doit jamais stagner dans le pot. On réserve cette opération aux périodes les plus douces de l’année.
Après l’arrosage, on élimine toujours l’eau restée dans les aisselles des feuilles et au center de la rosette. L’humidité coincée à ces endroits favorise la pourriture, surtout au cœur de la rosette, là où se trouve le point de croissance. si ce point est atteint, la plante ne peut plus repartir normalement.
Dans cette situation, la seule chance de survie du Phalaenopsis est d’émettre un rejet à la base.Mais il faut savoir qu’un tel rejet n’est pas une plante adulte : il lui faudra encore du temps et de la patience pour prospérer. on peut simplement retirer les gouttes d’eau avec un disque de coton ou une serviette en papier.
Orchidée : entretien à la maison pour un trésor exotique.
En fleurs, la diva boit autrement
quand une orchidée est en fleur, ses besoins changent. En règle générale,on attend que le substrat soit presque sec avant d’arroser. Mais pour une plante en floraison, on peut intervenir un peu plus tôt, même s’il reste un peu de condensation dans le pot.
Une orchidée en fleurs a besoin de davantage d’humidité. On évite donc de laisser le substrat sécher complètement, sinon les boutons peuvent se ramollir ou la plante peut perdre ses fleurs plus vite que prévu.
Lors de l’arrosage,il faut veiller à ne pas mouiller les tiges florales ni les fleurs. Quand on déplace un Phalaenopsis, on fait aussi attention aux longues hampes, souvent fragiles sous le poids des fleurs. Les tuteurs ne sont pas là pour décorer ; ils servent vraiment à éviter la casse.
le meilleur moyen de se planter, c’est d’arroser avec trop d’enthousiasme une orchidée en pleine floraison. Un excès d’eau, et la plante vous le fait payer avec des fleurs abîmées ou une floraison écourtée.
Après l’arrosage, on vide le plateau au bout de 5 à 10 minutes.
Hiver : lumière basse, arrosage au ralenti
L’arrosage en hiver doit suivre la baisse de lumière et de température. Quand les jours raccourcissent, le Phalaenopsis absorbe moins bien l’eau. Il assimile vraiment l’humidité quand la température se situe autour de 18 à 20 °C et que la durée du jour atteint environ 12 heures.
Ce n’est qu’avec assez de lumière que les stomates situés sous les feuilles s’ouvrent, permettant les échanges gazeux. en hiver, on éclaire donc la plante si besoin, mais on réduit les arrosages. Mieux vaut arroser moins que trop, surtout avec une épiphyte qui supporte mal les racines détrempées.
On évite aussi de poser l’orchidée sur un rebord de fenêtre froid : les racines peuvent souffrir du froid et ne plus absorber correctement l’eau. Si les feuilles du bas perdent de leur souplesse malgré des arrosages réguliers, on installe le pot sur un support isolant, comme de la mousse plastique ou un tapis adapté. Un léger brumisateur sous les feuilles, le matin, peut aussi aider la plante à se remettre.
Après le rempotage, on repart sur de bonnes bases
Lors d’un rempotage, on utilise en général un substrat neuf, acheté ou préparé à la main. Comme l’écorce est souvent bien sèche pour limiter les champignons, il faut immerger le pot dans de l’eau tiède et douce pendant une demi-heure avant de reprendre l’arrosage normal.
Si le premier arrosage est insuffisant, ni le substrat ni les racines n’absorberont correctement l’humidité. Pour ce premier apport, on peut ajouter un peu d’engrais dans l’eau. Ensuite, on attend au moins deux semaines avant le prochain arrosage, afin de laisser à la plante le temps de s’installer.
Après un rempotage, le plus grand risque n’est pas le manque d’eau, mais l’excès d’enthousiasme. On arrose, oui, mais sans transformer le pot en baignoire.
Après l’achat, le déménagement ne pardonne pas
La fréquence d’arrosage après l’achat dépend beaucoup de l’état de la plante. On peut recevoir une orchidée très desséchée,ou au contraire trop humide,avec déjà quelques racines pourries. Il arrive aussi qu’un petit godet de tourbe soit placé au niveau du collet pour maintenir l’humidité pendant le transport ; s’il reste en place, l’eau se répartit mal lors des arrosages.
Les racines situées près de la paroi du pot sèchent plus vite, tandis que le godet de tourbe, s’il est saturé d’eau contre le collet, peut favoriser la pourriture. Il faut donc retirer ce godet, ainsi que les racines manifestement pourries ou desséchées.
Comme les orchidées vendues en magasin sont souvent en fleurs, on évite de les laisser se dessécher entre deux arrosages. Sinon, le Phalaenopsis peut perdre ses fleurs à cause du stress hydrique. On place alors le pot dans un endroit lumineux et chaud, puis on arrose lorsque les racines pâlissent, même s’il reste encore un peu de condensation sur les parois.
Un conseil utile : on peut aussi acidifier légèrement l’eau avec de la tourbe. Pour cela, on la met dans un sachet que l’on laisse tremper dans l’eau pendant plusieurs heures.
Ensuite, l’entretien après achat suit les mêmes principes que l’entretien habituel à la maison : lumière, température, taille de la plante… avec, en prime, un peu d’observation. C’est souvent ça, le vrai secret.
Quand l’arrosage déraille, la plante le dit vite
Beaucoup pensent que les plantes tropicales ont forcément besoin de beaucoup d’eau parce qu’elles viennent de climats chauds. C’est partiellement vrai. Mais les orchidées, en tant qu’épiphytes, ne baignent pas dans l’eau : elles vivent dans un air humide, avec des alternances marquées entre pluie, lumière et périodes plus sèches.
Si on imagine une forêt tropicale,on pense aussi aux variations de température,aux averses intenses puis aux moments plus arides. Les orchidées aiment cette alternance. Il faut retenir qu’elles ont besoin à la fois d’humidité, d’oxygène et de lumière. Pas d’un bain permanent.
On voit encore souvent trois erreurs classiques :
- l’arrosage excessif : on attend que le substrat soit sec avant d’intervenir. Si on hésite, on attend encore un jour de plus. L’excès d’eau peut être fatal, car des racines qui pourrissent finissent par condamner la plante ;
- l’arrosage le soir : le matin reste le meilleur moment pour arroser, car la plante a ensuite toute la journée pour sécher à la lumière ;
- le non-respect du rythme de la plante : en période de repos, elle boit peu ; en phase de croissance ou de floraison, ses besoins augmentent.
Les orchidées ne demandent pas plus d’eau. Elles demandent surtout de l’eau au bon moment.
Avant d’acheter une beauté tropicale, on prend donc le temps de se renseigner sur l’espèce choisie. chaque orchidée a ses exigences. Et même dans un même appartement, le microclimat peut changer d’une fenêtre à l’autre. on privilégie souvent les expositions est et ouest, on arrose avec de l’eau adaptée, et on augmente un peu les apports pour les plantes en fleurs. Résultat : on admire des floraisons généreuses plutôt que des racines en détresse. Pas mal, non ?






