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Le concombre sous abri : tôt, droit et sans grignotage de saison

Le concombre sous abri : tôt, droit et sans grignotage de saison

Les concombres sont un légume d’été essentiel au jardin familial. Pour avancer la récolte, on les cultive souvent sous serre plutôt qu’en plein champ exposé. Les serres en polycarbonate, désormais très répandues, offrent justement un bon compromis entre précocité, protection et confort de culture.

Les concombres poussent bien dans une serre en polycarbonate, à condition que le sol, l’eau et l’aération suivent. Là, on parle de sérieux pour le sol : une serre n’est pas une boîte magique. Elle accélère les cultures, oui, mais elle accentue aussi les erreurs si on la traite comme un décor de catalog.

En apparence, tout commence par une graine. En réalité, la réussite dépend surtout de la qualité du substrat, de la rotation des cultures et de la régularité des soins. On ne va pas se mentir : sans un minimum d’organisation, la serre devient vite le meilleur moyen de se planter.

Une longueur d’avance au potager, sans tricher avec le calendrier

Une longueur d’avance au potager, sans tricher avec le calendrier

Les concombres cultivés sous serre donnent une récolte plus précoce. Et pour prolonger la saison, on peut aussi en planter quelques-uns en pleine terre, où ils produiront régulièrement si le climat suit.

Vous pouvez aussi choisir des variétés longues de concombres à salade qui, dans de nombreuses régions, ne se cultivent pas toujours facilement à l’extérieur. La plante est haute,la peau du concombre est très fine ; par conséquent,si le fruit repose sur le sol,il peut se dégrader. En serre,il reste plus propre,plus droit,plus homogène.

Les concombres cultivés sous abri sont aussi plus uniformes, avec moins de jaunissement sur les côtés que lorsqu’ils sont laissés en pleine terre. Si vous avez la possibilité d’installer une serre dans votre jardin familial, ça vaut franchement le coup : vous gagnez en précocité, en régularité et souvent en quantité.

Serre oui, mais pas en roue libre

Serre oui, mais pas en roue libre

Chez Jardin-Bio, on le répète souvent : une serre simplifie certaines choses, mais elle en complique d’autres.Le sol doit être fertile,vivant et bien structuré. Sinon, les concombres feront grise mine, même sous le plus beau toit en polycarbonate.

Il ne faut pas non plus négliger la rotation annuelle des cultures. D’une part, la terre s’épuise au fil de la saison ; d’autre part, elle peut conserver des maladies et des ravageurs d’une année sur l’autre. C’est pourquoi on évite de remettre les mêmes cultures au même endroit sans pause ni alternance.

La rotation des cultures, c’est la base pour éviter que vos concombres de l’année suivante héritent des maladies de la précédente.

En fin de saison, après l’arrachage des plantes, on peut semer des engrais verts – par exemple de la moutarde, de la phacélie ou du lupin blanc -, puis les faucher et les incorporer au sol lorsqu’ils ont produit assez de verdure. Cette logique de couverture et de remise en matière organique nourrit le sol au lieu de le laisser nu.

Un autre inconvénient de la culture sous serre, c’est la concentration des maladies possibles. Ici, tout dépend déjà de l’arrosage et de la ventilation. Trop d’humidité, pas assez d’air, et les champignons s’installent sans demander la permission.

Des variétés qui encaissent mieux

Pour obtenir des concombres moins sensibles aux maladies, on conseille d’acheter des variétés résistantes. Il s’agit souvent d’hybrides,choisis pour leur vigueur et leur tolérance à certains problèmes sanitaires. Ce n’est pas une baguette magique, mais ça aide, surtout en serres chaudes et humides.

Dans cet article,on va parler des variétés de concombres juste après les bases de mise en culture.

Préparer la serre : ménage de printemps et terre au garde-à-vous

Préparer la serre : ménage de printemps et terre au garde-à-vous

En général, les jardiniers expérimentés préparent la serre pour la saison suivante à l’automne, après l’enlèvement des cultures et le semis d’engrais verts. toutefois, si vous n’avez pas eu le temps, vous pouvez encore préparer la serre en mars, pendant le redoux.

L’intérieur de la serre est alors nettoyé à fond, puis on peut utiliser des fumigènes adaptés pour éliminer les nuisibles restants, afin qu’ils ne passent pas l’hiver dans le sol. On évite de faire ça à la légère : ventilation, dosage et consignes du fabricant comptent vraiment.

Un bon lavage, avant la grande reprise

Le rinçage à l’eau de la serre est une tâche assez longue, mais peu coûteuse. On dilue du savon noir ou un produit de nettoyage doux dans de l’eau, puis on nettoie tous les éléments intérieurs avec cette solution. Si de gros problèmes liés à certains parasites ont été observés la saison précédente, on peut adapter le traitement en conséquence.

Nettoyer la serre,c’est déjà réduire la pression des maladies avant même de semer.

Les fumigènes : à manier avec prudence

Après avoir acheté le nombre nécessaire de fumigènes – le calcul dépend du volume de la serre ; un modèle standard couvre en général 10 m³ -, on les allume dans une serre bien préparée, puis on ferme l’ensemble. Le contenant prévoit souvent un système d’allumage simple. Une fois le traitement terminé,on jette les résidus et on aère largement la serre.

Pendant ce traitement, il est déconseillé d’entrer dans la serre ou de l’ouvrir. En général, l’opération dure plusieurs jours, selon le produit utilisé. On suit donc les indications du fabricant, sans improviser.

*la serre fermée, le fumigène en route, et le jardinier qui regarde la porte comme si elle cachait un trésor.*

Le sol, la vraie banque de vie

Il faut aussi préparer le sol et former les planches de culture dans la serre. Ces travaux se font souvent à l’automne, mais on peut aussi les réaliser au début du printemps.

Pour enrichir le sol, on combine humus, compost bien mûr et, selon les besoins, engrais organiques. Le tout est soigneusement incorporé, puis recouvert d’une couche de terre afin de former des billons ou des rangs bien nivelés à la surface.

On garde une distance minimale de 70 à 80 cm entre les rangs. Dans ces conditions, les concombres reçoivent un ensoleillement plus homogène et une ventilation correcte, ce qui limite déjà bien des ennuis.

Semis ou plants : à chacun son tempo

Avant le semis, il faut préparer les graines. Cela inclut souvent un traitement préventif contre les maladies. On peut par exemple les tremper dans une solution de *Fitosporine*, un fongicide biologique utilisé pour limiter les pourritures et autres maladies fongiques.

On peut aussi faire tremper les graines dans *Kornevin* ou *Kornesil* pour stimuler la germination et favoriser l’enracinement. Ce ne sont pas des recettes de flemme totale, mais ça peut donner un petit coup de pouce au démarrage.

Faire germer avant de semer, ou semer direct ?

Ensuite, il faut choisir entre un semis direct dans la serre ou la méthode par plants repiqués. Il est évident que, dans le second cas, la récolte arrive plus vite. Mais il vaut la peine d’évaluer les deux options,selon votre climat et votre disponibilité.

Germination en godet : le démarrage en douceur

Il y a ici deux possibilités : semer des graines sèches dans un récipient peu profond muni de trous de drainage, ou faire germer les graines avant le semis pour accélérer la levée. Dans le premier cas, remplissez le récipient de terre et tracez des lignes parallèles avec un crayon, en laissant environ 2 cm entre elles.

Déposez les graines dans les lignes, en gardant environ 1 cm entre elles, puis recouvrez de terre pour obtenir une surface plane. Arrosez ensuite avec un pulvérisateur, juste assez pour humidifier sans détremper.

Recouvrez le contenant d’un film plastique et placez-le dans un endroit sombre et chaud. Il faut ensuite vérifier chaque jour si les concombres ont levé. Dès l’apparition d’au moins une plantule, on expose le récipient à la lumière.

Quand les plants ont trois vraies feuilles,ils sont prêts à être repiqués.

La germination sur gaze : simple et efficace

Pour faire germer les graines, il suffit d’une soucoupe, d’une gaze absorbante et d’un verre ou d’un couvercle obvious. Imbibez plusieurs couches de gaze, placez-les dans la soucoupe, puis étalez les graines de concombre dessus. Couvrez pour limiter l’évaporation et vaporisez chaque jour.

Les graines germées lèvent en 2 à 3 jours. On les plante ensuite rapidement dans des contenants individuels. La plante vous dira merci : moins de stress,moins d’à-coups,et un départ plus net.

Généralement,lors de la production de plants,ils deviennent longs et frêles si la lumière manque. Il peut donc être nécessaire d’ajouter une lampe horticole. Là encore, mieux vaut éviter l’étiolement : un plant maigrelet au départ reste souvent un plant moyen jusqu’au bout.

Il existe aussi des traitements pour les plants allongés. L’un d’eux s’appelle *Athlète*. Il se dilue dans l’eau et s’applique au pied lors de l’arrosage. Trois semaines après la levée, les plants sont prêts à être mis en place ; ce repère aide à calculer précisément le semis ou la germination.

*Le plant de concombre qui file vers la lumière : il cherche juste à respirer, pas à gagner un concours.*

Le semis direct en terre : plus simple, un peu plus long

La deuxième méthode consiste à planter directement dans le sol. Là encore, il existe deux options : faire germer puis semer, ou semer des graines sèches. On comprend vite que, dans le premier cas, les levées seront plus rapides.

La seconde option est plus simple techniquement,mais la période avant récolte est plus longue. Pour un semis direct, on fait un petit trou dans le sol, puis on y place les graines une à une.

Le côté plat de la graine est déposé dans le trou, puis la cavité est comblée jusqu’à obtenir une surface régulière. La germination anticipée reste préférable, car on voit immédiatement quelles graines ont bien démarré.

Lorsqu’on sème des graines sèches, il faudra peut-être ressemer dans les trous restés vides, car toutes les graines ne lèvent pas toujours.

Que l’on plante des plants ou des graines, il est essentiel de respecter une distance de 40 à 50 cm entre les futurs pieds. Un semis trop serré pénalise le rendement,la circulation de l’air et la santé générale des plantes.

Le calendrier de semis dans une serre non chauffée dépend aussi de votre région. La température nocturne idéale pour les concombres en serre tourne autour de 13 °C. C’est pourquoi les semis se font souvent entre fin avril et début mai, selon la météo locale.

Pourquoi cette température compte-t-elle autant ? Parce que les concombres ralentissent nettement quand les nuits deviennent trop fraîches. En dessous d’un certain seuil,la croissance stoppe presque net. Pour cette culture, les nuits fraîches, c’est le meilleur moyen de freiner le démarrage.

Arrosage, taille, palissage : la routine qui change tout

L’entretien des concombres sous serre comprend l’arrosage, la conduite des tiges, le palissage et la fertilisation. Pour obtenir un bon rendement, ces gestes doivent être réguliers. Pas besoin d’en faire plus chaque jour ; il faut surtout faire juste, au bon moment.

L’eau, mais pas n’importe comment

Les concombres ont besoin d’un apport régulier en eau. L’irrigation au goutte-à-goutte comme l’arrosage classique conviennent, à condition de ne pas faire d’excès.

Au cours des trois premières semaines après la plantation, on arrose tous les trois jours, puis tous les cinq jours. Lorsque les fruits apparaissent, on repasse à un rythme plus fréquent, tous les trois jours environ.

On utilise uniquement de l’eau tiède, par exemple de l’eau stockée dans un réservoir réchauffé par le soleil. Si cette règle n’est pas respectée,les risques de maladies augmentent. Le matin ou en fin de journée, selon la chaleur, ça reste le plus prudent.

Les racines des concombres doivent être humidifiées sans mouiller inutilement le feuillage. L’humidité sur les feuilles, en serre, c’est souvent l’invitation qu’on n’avait pas envie d’envoyer aux champignons.

Former et palisser sans casser la tige

Quand le plant atteint environ 25 cm de hauteur, on peut le fixer à un treillis ou à une corde tendue au-dessus de la culture. Il faut le faire avec douceur, car la tige reste fragile.

On ne serre pas trop l’attache, mais on évite aussi de laisser la plante flotter au vent. Elle s’enroule ensuite progressivement autour du support au fur et à mesure de sa croissance.

quand la sixième vraie feuille apparaît sur la tige, on commence la taille de formation, qui consiste à pincer l’extrémité principale. Les tiges latérales se développent alors activement. On les laisse pousser jusqu’à l’apparition des ovaires, puis on les attache soigneusement à la tige principale si nécessaire. Grâce à cette conduite, l’arbuste devient plus productif.

Ensuite, les branches latérales sont elles aussi maîtrisées pour éviter que la plante ne parte dans tous les sens.

Un concombre bien palissé, c’est moins de maladies, plus de lumière et des fruits plus faciles à récolter.

Fertiliser sans nourrir les feuilles pour rien

Pour obtenir une belle masse végétative et une croissance rapide, la première fertilisation des concombres doit apporter de l’azote. On peut utiliser un engrais minéral comme le superphosphate, associé à du fumier de volaille bien dilué ou à un amendement organique approprié.

Pendant la floraison, on peut pulvériser les fleurs avec une solution de *Zavyazi* et nourrir le pied avec de la cendre de bois, soit diluée dans de l’eau, soit apportée en surface. La cendre apporte surtout du potassium,ce qui devient utile au moment de la fructification.

Le troisième apport fertilisant doit contenir davantage de potassium pendant la phase active de production. Pour prolonger la fructification, on peut refaire un apport de cendre à petite dose.

Pour maintenir la température et l’humidité dans la serre, on l’aère le jour et on la ferme la nuit. Une ventilation régulière aide à éviter l’apparition de maladies. C’est simple, mais c’est souvent là qu’on gagne ou qu’on perd la saison.

*Le jardinier qui ouvre la serre à l’aube a parfois l’air plus inquiet qu’un régisseur de théâtre, mais la circulation d’air fait tout le boulot.*

Récolter souvent, sinon le concombre fait sa diva

Les concombres doivent être récoltés au moins une fois tous les deux jours. Pendant le pic de fructification, une récolte quotidienne est même préférable.

Pourquoi ? Pour éviter que les fruits ne grossissent trop, car leur goût change et ils ne correspondent plus aux qualités attendues de la variété. Et surtout pour ne pas freiner la production des nouveaux fruits : les vieux concombres laissés trop longtemps épuisent la plante et ralentissent la suite.

Récolter à temps, c’est soutenir la plante au lieu de la laisser s’éparpiller dans ses réserves.

Maladies et ravageurs : quand la serre tourne trop humide

Les maladies du concombre apparaissent souvent quand les soins sont irréguliers, que le sol de la serre est médiocre ou que l’écart de température entre le jour et la nuit devient trop marqué.

Les pourritures blanche, grise et du collet, causées par des champignons, font partie des problèmes les plus fréquents. viennent ensuite l’anthracnose, la bactériose et l’oïdium. Autrement dit : quand l’air circule mal et que l’eau stagne, les ennuis ne tardent pas.

Pour limiter ces maladies, on choisit des hybrides résistants et on trempe les graines dans une solution fongicide avant le semis.tout au long de la saison, on peut aussi faire des traitements préventifs et retirer rapidement les feuilles abîmées ou malades.

Enfin, en fin de cycle, les engrais verts servent à régénérer et nourrir le sol. Après la récolte et l’enlèvement des plants, on sème de la moutarde, du lupin blanc, de la phacélie ou d’autres espèces adaptées sur la surface de la serre.

Après le semis, on recouvre légèrement les graines de terreau. Les engrais verts montent vite en végétation. Sans attendre la floraison, on les fauche puis on les incorpore au sol. Ce geste simple aide à casser le cycle des maladies et à remettre de la matière organique dans la serre.

L’aleurode et le puceron sont les parasites les plus gênants du concombre. Le premier se repère assez facilement : petit, blanc, il s’envole quand on dérange les plants. Les insectes se cachent pourtant souvent au revers du feuillage,d’où l’intérêt d’inspections régulières.

On peut les éliminer avec des solutions chimiques ou des méthodes plus traditionnelles, selon l’ampleur de l’attaque.Le choix et l’efficacité dépendent du type de parasite et de son niveau d’installation. Sur le terrain, on constate qu’une détection précoce évite bien des grosses interventions.

Plus on observe tôt, moins on traite lourdement.

Les petites astuces qui font les grandes récoltes

Pour les serres, il vaut mieux choisir des variétés parthénocarpiques et autogames. C’est crucial, car peu de jardiniers vont ajouter des pollinisateurs dans leur serre pour améliorer la fécondation. On ne va pas se mentir, ça serait un peu compliqué à gérer.

Lorsque les graines ont trois à six ans, elles peuvent encore donner de bons résultats si elles ont été bien conservées. Sur le sachet, il est utile de vérifier le nom du cultivar, mais aussi l’année de récolte des graines.

En plus de la fertilisation au pied, on peut aussi utiliser des apports foliaires, sous forme de pulvérisations légères sur le feuillage. Certains cultivateurs installent même plusieurs contenants d’engrais organiques dilués dans la serre pour gagner du temps, mais cette méthode mérite d’être bien maîtrisée pour éviter les excès.

Au lieu d’utiliser beaucoup d’engrais,certains jardiniers nourrissent aussi les concombres avec de la levure. Mais attention : la levure stimule fortement l’activité biologique et peut favoriser des apports en azote déséquilibrés. Il faut donc l’associer à des éléments contenant du potassium et du phosphore.

Dans une serre, l’abondance ne vient pas du “plus”, mais du bon dosage.

Si vous respectez les grandes règles culturales des concombres sous serre et que vous gardez un œil sur la lumière, l’eau et l’aération, vous pouvez réellement augmenter la production, prolonger la saison et récolter des fruits bien croquants. Et puis, soyons honnêtes : un concombre cueilli au bon moment reste plus convaincant qu’un géant flasque oublié au fond d’un rang.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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