Tailler les rosiers sans les vexer : le bon geste, au bon moment

La rose, c’est un peu le monarque du jardin : superbe, mais pas toujours simple à contenter. Pour obtenir des rosiers vigoureux et généreux, on taille au bon moment, avec des outils propres, et on évite les gestes approximatifs. C’est là qu’on gagne une floraison plus régulière, et un arbuste qui reste sain.
La rose est probablement la plante de jardin la plus populaire et la plus recherchée par de nombreux jardiniers. Comme tous les monarques, elle peut se montrer capricieuse et exigeante en matière de soins. Pour que notre jardin soit orné de rosiers verdoyants et attrayants, il est nécessaire de bien connaître leurs besoins et d’effectuer les différentes tâches au bon moment pour assurer leur floraison et leur croissance.
Le bon coup de sécateur au bon calendrier

Commençons par le choix du moment. L’objectif premier est de revitaliser le rosier, pas de le brusquer. on ne va pas se mentir : une taille mal placée dans le calendrier, et c’est le meilleur moyen de se planter.
Quand tailler ?
Les jardiniers des régions les plus septentrionales et les plus froides peuvent tout à fait cultiver des rosiers avec succès. Mais, dans ces zones, l’enjeu principal devient la protection des rosiers pendant l’hiver rigoureux ; d’où l’importance d’une bonne taille d’automne, suivie d’un abri adapté.
Sous les latitudes septentrionales et intermédiaires, cette opération est souvent nécessaire. lorsque la température descend entre -2 °C et 4 °C,entre la mi-octobre et la fin octobre,ou plus tard selon la météo,il faut tailler puis couvrir les rosiers. On évite de tailler par temps doux, car la plante pourrait se croire déjà repartie et s’épuiser inutilement.
Dans le sud, les rosiers et les autres vivaces ne sont généralement pas protégés pour l’hiver ; on ne les rabat donc pas à l’automne. On se limite à une taille sanitaire. Pour tous les types de roses, la taille de printemps reste la plus importante ; elle se fait en mai, une fois la température stabilisée, car une taille trop précoce expose les jeunes pousses aux gelées tardives.
Il existe plusieurs types de taille : la taille de printemps, la taille sanitaire, la taille d’été, la taille d’automne et la taille de rajeunissement.
Les bases avant de couper
Pour rappel, le rosier apprécie les gestes précis et les outils nets. Là, on parle de sérieux pour le sol… et pour la plante aussi, même si ici le sol reste surtout un témoin de vos tailles et de vos nettoyages.
L’outil doit être bien aiguisé et désinfecté (solution de permanganate de potassium, ou solution de sulfate de cuivre).
Coupez environ 1 cm au-dessus du bourgeon supérieur, en orientant la coupe vers l’extérieur, et non vers l’intérieur.
Choisissez une journée sèche et ensoleillée pour tailler.
La coupe doit être inclinée afin que l’eau s’écoule librement.
N’oubliez pas d’appliquer du mastic de jardin sur les coupes importantes.
Portez des gants pour protéger vos mains.
Tailler le rosier d’automne sans lui tirer sur la tige

Beaucoup de choses dépendent de la variété de rose, mais les principes de base restent universels. Il existe une taille haute (pousses de 70 à 100 cm) et une taille basse (on laisse 5 à 10 cm, ou on coupe toutes les pousses au niveau du sol) – cette dernière ne s’utilise que dans les cas extrêmes. La forme de taille la plus répandue est la taille moyenne, qui consiste à laisser 4 à 6 branches jeunes et robustes à une hauteur d’environ 50 cm, en général à la hauteur de l’abri.
À l’automne, il faut d’abord s’occuper de la taille sanitaire de l’arbuste : on enlève toutes les branches vertes afin qu’elles ne pourrissent pas pendant l’hiver et n’affaiblissent pas la plante. Ensuite, on supprime les branches cassées et abîmées, puis on retire soigneusement toutes les feuilles. On le sait, ce n’est pas l’étape la plus fun, mais la plante vous dira merci.
Supprimez aussi les branches anciennes et ligneuses ; les rosiers de trois ans ou plus sont considérés comme âgés. Les branches restantes sont raccourcies jusqu’à des tissus blancs et sains. Après la taille, toute la végétation coupée est retirée et brûlée pour éviter qu’elle ne devienne un foyer de champignons en hiver. Le sol est ensuite ameubli, arrosé avec une solution de cuivre ou de sulfate de fer, puis les arbustes sont couverts pour l’hiver. La taille d’automne des plantes couvre-sol et des rosiers à fleurs consiste surtout à pincer les extrémités vertes et à enlever les feuilles, les fleurs et les fruits.
À l’automne, on taille proprement, on nettoie bien, et on protège le pied du rosier.
Au printemps, le rosier repart en fanfare

La taille des rosiers au printemps a pour but de stimuler la croissance et d’activer la floraison. Comme on vient de le voir, elle ne doit être ni trop précoce ni trop tardive, afin que la météo ne pénalise pas les jeunes pousses et que la plante ne dépense pas toute son énergie au mauvais endroit. Au printemps, on façonne le futur arbuste selon ce qu’on attend de lui pendant l’été.
Si vous débutez,que vous ne savez pas par où commencer et que vous craignez d’abîmer l’arbuste,vous pouvez déjà avancer avec ces règles simples. On commence par enlever tout ce qui a mal survécu à l’hiver,y compris les parties gelées et abîmées. ensuite, on taille les branches qui poussent vers l’intérieur afin de ne pas trop épaissir l’arbuste.
Le principe est simple : aérer, équilibrer, relancer.
Les gestes à suivre
Réduire les branches annuelles à trois ou cinq bourgeons (en laissant des bourgeons sur toutes les pousses).
Ne pas conserver les pousses bisannuelles sans raison : on taille les 2 à 3 branches latérales en laissant 1 à 3 fleurs sur chacune, selon la vigueur de la croissance.
Laisser deux à trois bourgeons sur les tiges robustes.
Ne laisser qu’un bourgeon sur les tiges faibles.
Il est essentiel de comprendre que les branches les plus précieuses d’un arbuste sont celles qui partent de la base et qu’il faut essayer de préserver ces pousses pour le rajeunissement continu du rosier. Avec cette pousse, une nouvelle racine se développera ; si la pousse est coupée, cette relance ne se fera pas.
Le cœur du rosier se joue à la base.
En été, on coupe juste ce qu’il faut
En été, on parle surtout de la taille des fleurs à tige, pour les bouquets, ou de l’élimination des fleurs fanées, afin que la plante concentre son énergie sur la formation de nouvelles fleurs.
Tout au long de l’été, observez vos rosiers et notez les endroits où vous les avez bien taillés, et ceux où vous ne l’avez pas fait. Avec du temps, de la discipline et un peu d’attention, vous saurez exactement quand et comment tailler vos rosiers.
Moins on taille au hasard, mieux le rosier répond.
Un dernier mot avant de ranger le sécateur
J’espère que vos rosiers passeront l’hiver sans encombre et qu’ils vous offriront de belles fleurs en été.
Au jardin, le bon timing vaut souvent mieux que les grands gestes. Et entre nous, un rosier bien taillé, c’est encore ce qu’il y a de plus efficace pour éviter les branches en pagaille et les floraisons timides. Prêt à laisser un peu de place au hasard dans votre jardin ? Pas vraiment, ici, on préfère quand même un peu d’ordre dans les épines.
Bien à vous.
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