Ambroisie mortelle et allergique: comment reconnaître, risques et méthodes de lutte en France

Ambroisie : la mauvaise herbe qui ne pardonne pas, même au jardin

Ambroisie : la mauvaise herbe qui ne pardonne pas, même au jardin

Avant même d’apprendre les bases de la botanique, on a souvent entendu parler de l’ambroisie dans les mythes grecs, où les dieux immortels se délectaient de son essence. Mais quand on la croise dans la vie réelle, plutôt que dans un conte de fées, il faut revoir ses certitudes. On ne va pas se mentir : cette plante n’a rien d’anodin.

L’ambroisie, magnifique et mortelle, capturée en gros plan.

Une plante qui a de l’allure… et de mauvaises intentions

En botanique, l’ambroisie est une plante herbacée, souvent annuelle ou vivace selon l’espèce, appartenant à la famille des Astéracées.De l’extérieur, elle peut même paraître attrayante, avec son feuillage vert foncé et son revers vert argenté.Sa hauteur varie de 20 centimètres à deux, voire trois mètres.

Mais le pire, surtout pour les céréales et les cultures voisines, c’est sa longue racine pivotante. Elle peut descendre jusqu’à 4 mètres dans le sol et aller chercher l’eau et les éléments nutritifs bien en profondeur. Là, on parle de sérieux pour le sol, sauf que cette plante en profite surtout pour faire le vide autour d’elle.

L’ambroisie vue de près.

Floraison express, pollen en pagaille

À la fin du printemps ou au début de l’été, les premières plantules d’ambroisie sortent du sol. Selon l’espèce, la plante commence à fleurir dans les deux mois qui suivent, en produisant de petites fleurs verdâtres. Selon le climat,la floraison peut durer deux à trois mois.

Chaque plante peut produire environ 40 000 graines, ce qui suffit largement à disséminer la végétation. Il n’est même pas nécessaire que les graines soient parfaitement mûres : des plantules peuvent apparaître après la chute de graines encore partiellement développées. Quant à leur pouvoir germinatif, il peut se maintenir pendant des décennies. C’est le meilleur moyen de se planter… au sens propre.

de l’amérique du Nord aux parcelles françaises

de l’amérique du Nord aux parcelles françaises

Il y a environ un siècle, on a commencé à parler de l’ambroisie comme d’une mauvaise herbe de quarantaine dans notre pays. Cette plante est originaire d’Amérique du Nord, et il en existe plus de 50 espèces. Les semis de trèfle l’auraient introduite en Russie à la fin du XIXe siècle.

Par la suite, elle a commencé à se propager rapidement sur l’ensemble du territoire, sans rencontrer de résistance écologique significative. Cette expansion est typique des plantes de quarantaine, car la flore locale n’est pas toujours en mesure de freiner l’invasion.

Dans notre région, on distingue trois types d’ambroisie : une vivace (Ambrosia germinans) et deux annuelles (Artemisia cepuliformis et Trifolium trifoliatum). Chaque espèce possède des caractéristiques différentes. Ainsi, l’ambroisie vivace développe des rhizomes étendus, particulièrement résistants au gel, ce qui favorise sa survie et l’extension de son aire d’implantation. Les espèces annuelles, elles, misent sur une croissance rapide et une floraison abondante, avec beaucoup de pollen.

Pollen en embuscade, sol en souffrance

Pollen en embuscade, sol en souffrance

Deux types de dégâts doivent être pris en compte : médicaux et agricoles.

L’ambroisie est dangereuse pour l’être humain parce que son pollen est l’un des allergènes les plus puissants. Dès la floraison, les personnes sensibles commencent à présenter les symptômes allergiques classiques :

  • larmoiement et rougeur des yeux ;
  • nez bouché, éternuements, respiration sifflante, gonflement de la muqueuse nasale ;
  • essoufflement, respiration rauque et déglutition difficile ;
  • manifestations cutanées : démangeaisons, rougeurs, dermatites.

Même une personne peu sensible aux allergènes peut développer une hypersensibilité au pollen d’ambroisie si elle l’inhale pendant plus de quatorze jours. Et avec le vent, ce pollen peut voyager loin. Très loin. Il ne reste donc pas sagement à côté de la plante-mère, évidemment.

Les dégâts agricoles causés par l’ambroisie s’expliquent surtout par deux facteurs :

  • elle épuise et assèche le sol ;
  • elle remplace la flore locale.

Elle réduit non seulement la productivité des légumineuses, des céréales et des cultures oléagineuses, mais elle a aussi un impact important sur les prairies, ainsi que sur la production animale et laitière. La mauvaise herbe gêne le bétail laitier non seulement à cause de son infestation, mais aussi à cause de sa saveur âcre et de l’odeur piquante de ses huiles essentielles. Le bétail la délaisse souvent si l’ambroisie est présente dans le fourrage.

Remèdes de grand-mère… et prudence maximum

Mais l’ambroisie peut aussi avoir certains usages. En médecine traditionnelle,elle a été employée comme :

cholérétique ; anti-inflammatoire ; antipyrétique ; analgésique ; bactéricide,entre autres.

Son usage externe ou interne n’est autorisé qu’après un test allergique. Il y a un siècle, elle était cultivée en Russie comme plante médicinale pour traiter la fièvre paludéenne. il faut toutefois garder en tête non seulement les risques de réactions allergiques, mais aussi le fait que l’inhalation prolongée de ses huiles essentielles peut provoquer des migraines.

Le chardon en Crimée : quand la météo complique tout

En raison du climat tempéré de la péninsule de Crimée, les premiers semis de cette végétation apparaissent au début du printemps. La floraison y est aussi plus précoce et plus longue que sur le continent.

Tout cela fait de l’ambroisie une catastrophe naturelle potentielle si des mesures ne sont pas prises à temps. On trouve cette plante dans toutes les régions de Crimée, mais elle est particulièrement présente dans certaines zones, ce qui aggrave la situation phytosanitaire.

À cause de sa floraison, l’incidence des maladies allergiques a fortement augmenté, ce qui n’est pas compatible avec le statut de station thermale de la crimée.

Ces dernières années, des quarantaines ont été mises en place dans certaines régions de la péninsule, et les propriétaires qui ont découvert de l’ambroisie ont été sanctionnés par des amendes. En Suisse et en Allemagne, une seule plante peut suffire pour contacter un service spécialisé chargé d’éliminer la végétation sur place. Une lutte menée sans conviction peut durer des années, avec un résultat parfois discutable.

Arrachage, fauche et autres bras de fer verts

Toutes les méthodes de lutte contre l’ambroisie peuvent être classées en trois catégories : mécaniques, chimiques et biologiques.

Actuellement,les méthodes les plus efficaces restent les méthodes mécaniques. Le fauchage, le déterrage et l’arrachage en sont des exemples. La destruction physique de la végétation peut prendre plus d’un an, mais c’est la seule manière de s’assurer qu’elle est bien éliminée de votre parcelle. Il faut cependant inspecter régulièrement le sol, car de nouveaux semis peuvent apparaître.

Il faut intervenir avant l’apparition des graines. Sinon, elles retomberont dans le sol, ce qui vous obligera à faucher à nouveau. Plusieurs tontes au cours de la saison ne sont pas exclues. Il en va de même pour l’arrachage et le déterrage.

Les herbicides sont utilisés pour traiter les foyers d’ambroisie par la voie chimique. On y a recours lorsque la végétation a envahi une zone trop vaste et difficile à gérer manuellement. Actuellement, il existe sur le marché de nombreux produits capables d’éradiquer efficacement l’ambroisie, mais leur utilisation est soumise à des restrictions (zones de villégiature, zones habitées, pâturages, etc.).

La lutte biologique contre l’ambroisie repose sur l’utilisation d’ennemis naturels. Il en existe plus de cinq cents aux États-Unis, à la fois des plantes et des insectes.La luzerne, la fétuque, d’autres graminées vivaces et des légumineuses peuvent être plantées dans les zones infestées. De cette manière, la végétation peut être fortement réduite en trois ans.

En ce qui concerne les insectes, il a été observé que la chrysomèle de l’ambroisie, par exemple, peut consommer non seulement le feuillage de la mauvaise herbe, mais aussi les jeunes plants d’autres espèces. Par conséquent, l’utilisation de ce procédé dans nos conditions reste encore expérimentale.

L’ambroisie : vidéo

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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