Pourquoi la vigne ne devient pas mûre et comment accélérer la récolte

Pourquoi la vigne ne mûrit pas avant l’hiver : remettre de l’ordre dans les sarments

Pourquoi la vigne ne mûrit pas avant l’hiver : remettre de l’ordre dans les sarments

Les viticulteurs débutants sont souvent confrontés à un vrai casse-tête : certaines vignes n’arrivent pas à mûrir avant le mois de novembre, voire plus tard. Dans les zones centrales et en Sibérie, le problème est encore plus net, mais on ne va pas se mentir : le climat n’explique pas tout.

La vigne est une plante qui réagit fortement aux conditions de culture, à la charge laissée sur le cep, à la taille, aux apports d’eau et aux fertilisations. Autrement dit, si les sarments restent verts trop longtemps, ce n’est pas seulement parce qu’il fait froid. C’est souvent le résultat d’un déséquilibre sur toute la saison.

Et c’est là que tout se joue : pour aider la vigne à mûrir, il faut travailler à la fois sur la charge, l’alimentation, l’arrosage et la conduite du feuillage.

quand le cep tire la langue : les causes qui freinent la maturité

quand le cep tire la langue : les causes qui freinent la maturité

Le climat joue bien un rôle crucial dans le développement des parties souterraines et aériennes de la vigne, mais il n’est pas décisif à lui seul. Il existe de nombreuses autres causes de retard de végétation,et certaines sont franchement évitables :

  • une charge de récolte mal adaptée ou mal répartie sur la plante ;
  • une taille incompétente qui provoque une fatigue excessive des boutons ;
  • une taille inadéquate des jeunes plants ;
  • l’absence d’arrosage ou l’absence de système d’arrosage ;
  • un arbuste infecté sans traitement adapté ;
  • une exposition à des températures trop basses ou trop élevées,ou à des variations brutales ;
  • des carences ou des déséquilibres de fertilisation pendant toute la période de végétation.

Dans un jeune vignoble,un excès d’azote est souvent le meilleur moyen de se planter. Les pousses filent, grossissent vite, mais leurs tissus restent tendres et poreux. Résultat : elles restent vert pâle, mûrissent mal et supportent très mal le gel.

Une vigne trop nourrie en azote pousse fort, mais se prépare mal à l’hiver.

Sarment ou bois ? La vigne vous dit merci quand elle a mûri

Sarment ou bois ? La vigne vous dit merci quand elle a mûri

Le processus de maturation correspond à la préparation de la plante à l’hiver. Plusieurs phénomènes se mettent en place en amont :

  • l’amidon s’accumule ;
  • les tissus contiennent moins d’eau ;
  • les membranes cellulaires se lignifient ;
  • l’écorce et le liège se forment au niveau du cambium.

Tous ces processus doivent être achevés avant l’arrivée de l’hiver. Le degré de maturité de la vigne peut être évalué visuellement. Il existe une classification du degré de maturation des tiges :

taux de maturation Description du degré de maturation
bon La totalité de la pousse annuelle est arrivée à maturité.
satisfaisant Environ 3/4 de la longueur est mûr.
médiocre Environ 50 % de la longueur est mûr.
très mauvais Moins de la moitié de la longueur est mûr.

Voici l’aspect d’une vigne mature : les bourgeons se développent au niveau des nœuds, et entre les nœuds apparaissent des bandes étroites dont la couleur varie selon la variété et l’état du bois (gris, brun rougeâtre, jaune).

Un autre indice ne trompe pas : lorsqu’on plie un sarment d’un an bien mûr, un léger craquement se fait entendre. pas de panique, c’est un bon signe.Là, on parle de sérieux pour le bois.

Un sarment mûr est plus ferme, plus sec et plus résistant au froid.

Du soleil dans les feuilles : les gestes d’été qui changent la donne

Du soleil dans les feuilles : les gestes d’été qui changent la donne

La récolte de l’année suivante dépend en grande partie de la proportion de pousses d’un an arrivées à maturité. Dès le printemps, le viticulteur doit donc mettre en place des mesures qui favorisent cette maturation. En été, un bon entretien comprend l’irrigation, l’alimentation, l’enherbement, le rationnement de la récolte et l’équilibre des apports. Chacune de ces tâches demande un minimum de méthode.

si un jeune viticulteur surfertilise ses vignes avec des engrais azotés, il récoltera à l’automne des jeunes tiges de qualité inférieure. En revanche, lors de la fertilisation estivale, on privilégie les engrais riches en phosphore et en potassium, comme le superphosphate. Les cendres peuvent aussi être utilisées avec prudence.

Moins d’azote, plus de phosphore et de potassium : c’est souvent le meilleur moyen d’aider le bois à mûrir.

Alléger la charge pour mieux nourrir les grappes

Il faut fournir à l’arbuste une quantité de feuillage adaptée à sa vigueur. Sur chaque plante fructifère, on laisse idéalement une seule grappe, ou une charge très raisonnable selon la variété et l’état du cep. On peut aussi pratiquer une suppression partielle des baies : une grappe peut être raccourcie d’environ un cinquième. On commence par retirer les fruits endommagés.

Lorsque les branches atteignent environ 1,5 mètre de hauteur, on pince l’extrémité de la vigne. Après ce pincement,la pousse cesse de croître et ses nutriments sont davantage dirigés vers la formation des fruits et du bois. C’est une recette de la flemme intelligente : moins de croissance inutile, plus de maturité utile.

En réduisant la charge, on aide la vigne à finir son bois avant le froid.

Attacher sans étrangler : la vigne aime respirer

Au cours de la saison de croissance, les branches vertes doivent être attachées deux à quatre fois. La première ligature se fait avant le début de la floraison, puis les suivantes lorsque les tiges atteignent le fil de fer suivant sur le treillage. Pour que les feuilles gênent moins, les branches vertes doivent être orientées à environ 35° du center vers la périphérie de l’arbuste.

Le nœud en huit permet d’éviter que la tige ne s’appuie trop sur le fil. Lorsque la pousse atteint le fil supérieur, on peut la guider horizontalement. Lors de la mise en place des attaches, ne serrez pas trop les pousses, car cela gêne l’acheminement des nutriments. Ne liez pas la pousse à son extrémité, mais plutôt sur sa partie plus dense et légèrement lignifiée.

Une bonne ligature éclaire le feuillage, ventile la plante et améliore sa maturation.

La tête du jardinier quand il découvre qu’une ligature trop serrée peut freiner toute une saison : pas besoin d’en faire des tonnes, juste assez pour tenir.

À l’automne, la vigne passe en mode survie

Plusieurs gestes permettent d’augmenter le rendement de la vigne et d’aider le bois à passer l’hiver :

  • la taille d’automne ;
  • l’ameublissement du cercle de plantation ;
  • une double irrigation d’automne.

La taille d’automne doit être effectuée immédiatement après la récolte. On enlève les branches faibles et les bras vieillissants. L’espace autour du pied doit être ameubli sur environ 25 cm de profondeur. Pendant ce travail, on peut apporter un engrais de fond. Voici les doses indiquées pour 2 m² de zone racinaire :

  • humus : 0,5 seau ;
  • superphosphate : 30 g ;
  • acide borique : 1 g ;
  • cendres : 300 g.

Il est nécessaire d’effectuer au moins deux arrosages. Lorsque le feuillage des raisins est détruit par les premières gelées, le premier arrosage commence. Sous chaque arbuste, on verse alors cinq à dix récipients d’eau, selon l’âge du cep.Même en cas de précipitations, l’irrigation doit se poursuivre. Dans un récipient, on peut ajouter environ 1 g de manganèse.le dernier arrosage est effectué avant l’arrivée des fortes gelées et l’arrêt des pluies.

À l’automne, un bon arrosage prépare le sol autant que la vigne.

un coup de froid ? Pas si vite : protéger les bois encore verts

Si la vigne reste trop verte à l’approche de l’hiver, le premier vrai refroidissement peut lui être fatal. Pourtant, les viticulteurs sibériens ont montré que même des vignes encore vertes peuvent survivre à l’hiver si l’on protège correctement les rameaux immatures.

Pour préserver la récolte de l’année suivante, il faut conserver les tiges encore tendres. On peut pour cela creuser une tranchée d’au plus 15 cm de profondeur et en tapisser le fond avec de vieux sacs. On coupe les pousses selon le nombre de fleurs requis par la variété, on les place dans la fosse, puis on garde le feuillage intact.

On installe ensuite des arceaux en plastique et on tend un matériau de couverture non tissé au-dessus de la tranchée. Sur ce matériau, on dépose des feuilles mortes, de la sciure ou des résidus de récolte. Puis on ajoute un deuxième voile de couverture. cette “tarte” de protection protège la partie aérienne de l’arbuste contre le gel.

Plus l’abri est simple,plus il faut qu’il soit bien pensé.

Ce petit tunnel de fortune n’a rien d’un palace, mais il peut sauver une saison entière quand le thermomètre décide de jouer les durs.

Jeunes plants sous cloche : garder l’année en vie jusqu’au printemps

Les plants annuels peuvent être déterrés puis replantés dans un conteneur,ensuite stocké à la cave jusqu’au printemps. Le substrat peut être un terreau horticole ou du sable humide.Les jeunes plants restent ainsi en cave jusqu’en février, avant d’être sortis et placés sur un rebord de fenêtre.

Il existe aussi une solution plus simple. On coupe le fond d’un récipient en plastique de cinq litres avec des ciseaux, puis on le pose sur le plant. Ce petit conservatoire improvisé doit être rempli de terre jusqu’au bord. Les tiges non mûres pour l’hiver peuvent ainsi survivre au froid sans perdre leurs feuilles.

Quand on ne peut pas faire mûrir une pousse, on peut parfois la faire patienter.

Le bois n’attend pas : ce que la vigne raconte aux jardiniers

Des pratiques culturales adaptées réduisent nettement la proportion de plants immatures. Et si l’abri hivernal reste nécessaire, il doit être construit avec des matériaux de couverture, des rameaux de conifères ou d’autres protections adaptées aux basses températures.

au fond, la vigne est assez bavarde : elle montre vite si on lui laisse trop de raisins, trop d’azote ou pas assez de lumière. On écoute, on ajuste, et la plante vous dira merci. Enfin, elle le dira à sa façon : des sarments qui lignifient bien, et un printemps qui redémarre sans drama.

Une vigne bien conduite passe l’hiver sans faire de cinéma.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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