Pucerons sur les roses : la guerre aux minuscules croqueurs

Les pucerons sont parmi les ravageurs les plus courants des rosiers. On les rencontre aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, et si on veut garder des roses belles et saines, il faut savoir comment les limiter – et surtout comment éviter qu’ils reviennent.
En apparence, tout commence par quelques petits insectes groupés au bout des jeunes pousses. En réalité, si on laisse faire, la colonie s’installe vite : une femelle peut produire plusieurs milliers de descendants en une saison. Et là, on parle de sérieux pour le sol, mais aussi pour la plante elle-même, qui s’épuise à force de nourrir ces pique-assiette.
Les pucerons se multiplient rapidement et forment de véritables colonies de ravageurs.Ils prélèvent la sève de la plante, ce qui l’affaiblit, déforme les jeunes feuilles et ralentit la floraison. Ces petits insectes de couleur claire peuvent aussi transmettre des maladies, ce qui complique encore la situation (et ça change tout pour les rosiers).
Quand les rosiers prennent l’eau… de sève

Si on comprend un minimum le cycle de vie des pucerons, on gagne déjà une bonne bataille. Le plus important, c’est de ne pas rater le moment où la population démarre. Une fois installés, les pucerons résistent mal aux traitements de surface si on intervient trop tard, mais c’est justement là qu’on se plante le plus souvent.
Dès leur apparition, il faut les retirer des rosiers pour préserver leur aspect et limiter la casse. une petite attaque au départ peut vite devenir une invasion complète. Le meilleur moyen de se planter, c’est d’attendre que toute la colonie soit là.
Rosier d’intérieur : petit volume, gros souci

Sur un rosier d’appartement, une attaque légère peut se traiter avec des méthodes simples. On peut utiliser une solution savonneuse, une infusion d’ail, une décoction de tabac, une décoction d’absinthe, une décoction d’achillée, une décoction de fanes de tomates ou de pommes de terre, ou encore de la cendre de bois.
Pour préparer une solution savonneuse, on mélange environ 300 g de savon râpé dans un seau d’eau. Le savon doit être râpé pour mieux se dissoudre. On pulvérise ensuite la rose pendant deux semaines, en renouvelant le traitement si nécessaire.
Pour une infusion d’ail, on écrase une grosse tête d’ail dans 1 litre d’eau, on mélange, puis on laisse reposer toute la nuit. Le lendemain, on pulvérise la plante jusqu’à disparition des parasites.
la macération de tabac peut aussi fonctionner. On récupère le tabac de cigarettes sans filtre, puis on le laisse macérer dans l’eau à raison d’environ 1 volume de tabac pour 10 volumes d’eau. On laisse reposer deux jours, puis on chauffe légèrement la préparation avant usage. Avant pulvérisation, on dilue le concentré à parts égales avec de l’eau.
Pendant un mois, il faut traiter le rosier une fois tous les 10 jours. Au moment de pulvériser, on couvre le terreau avec un film plastique ou un papier, pour éviter que la solution ne pénètre dans le substrat. Sinon, le rosier peut se fatiguer inutilement.
Pour préparer une décoction d’absinthe, on utilise 200 g de plante fraîche ou 100 g de plante sèche pour 1 litre d’eau. On fait mijoter pendant 30 minutes, puis on laisse refroidir et on dilue à parts égales avant d’utiliser. On pulvérise la rose tous les jours pendant dix jours.
On peut aussi préparer une décoction d’achillée millefeuille. Il faut environ 800 g de plante pour un seau d’eau. On récolte la partie aérienne pendant la floraison,on la fait sécher,puis on l’infuse une demi-heure dans de l’eau très chaude. Ensuite,on complète avec de l’eau jusqu’au volume désiré,on filtre,on ajoute un peu de savon râpé et on pulvérise les arbustes.
Pour les fanes de tomates ou de pommes de terre, on prend 200 g de fanes fraîches pour 1 litre d’eau. On fait bouillir vingt minutes,puis on laisse refroidir avant d’utiliser la solution pour pulvériser l’arbuste.
Les cendres peuvent aussi aider à faire fuir les pucerons sur un rosier d’intérieur. On disperse 30 g de cendre de bois autour de la tige, puis on humidifie la plante.On peut également imbiber un coton d’alcool ménager ou médical et traiter délicatement le dessus et le dessous du feuillage.
Les produits chimiques doivent être utilisés avec prudence à l’intérieur, car ils peuvent provoquer des réactions allergiques. Les insecticides et pesticides à base de pyréthrines, d’acides gras ou d’huiles végétales sont généralement considérés comme moins dangereux.
au jardin, la jungle a ses règles

Dans le jardin, on peut aussi utiliser diverses infusions, décoctions et préparations maison. Si l’infestation est importante, on peut remplacer la simple pulvérisation par un bain de la partie infestée dans une décoction ou une infusion, ce qui permet de traiter plus en profondeur et d’augmenter l’efficacité du traitement.
L’ammoniaque diluée peut aider à éliminer les pucerons tout en apportant un léger coup de pouce au rosier. On mélange 50 ml d’ammoniaque dans un seau d’eau, puis on ajoute un quart de barre de savon râpé pour améliorer l’adhérence sur les feuilles.
Les produits chimiques permettent d’éradiquer rapidement les nuisibles.
Pour lutter contre les pucerons au jardin,on distingue généralement trois familles de produits :
- les produits de contact ;
- les produits digestifs (ou intestinaux) ;
- les produits à action systémique.
Lorsqu’un produit de contact atteint la surface du corps du parasite, il le tue directement.
Un produit intestinal pénètre dans le corps du parasite par la bouche, l’empoisonne et le tue.
Un produit à action systémique reste présent dans les tissus de la plante pendant environ un mois après l’application. Cette substance peut être nocive pour plusieurs organismes,et elle représente aussi un risque plus critically important pour l’être humain.
Fourmis, pattes et bavardages sous les feuilles
Les pucerons sont souvent transportés et protégés par les fourmis. Celles-ci consomment le miellat sécrété par les pucerons pour se nourrir. Si beaucoup de fourmis apparaissent dans la roseraie, il faut inspecter rapidement le dessous du feuillage. De plus, les sécrétions sucrées favorisent le développement de la fumagine (le fameux champignon noir) et d’autres maladies.
Quand les fleurs et les feuilles des jeunes rosiers se déforment, ou que des perforations apparaissent, d’autres agents pathogènes peuvent entrer dans la plante. Le rosier se détériore et perd vite de son allure.
Dès les premiers signes de pucerons sur les roses, on peut les pulvériser avec de l’eau ou les retirer à la main (oui, on sait que vous l’avez déjà fait un jour du bout des doigts). Plusieurs jours de suite,il faut rincer les insectes pour limiter leur retour.
Les méthodes d’élimination des pucerons sont nombreuses, et chaque jardinier peut choisir celle qui lui convient le mieux.
Recettes du quotidien : la flemme intelligente au service du rosier
On peut ajouter un peu de savon à lessive râpé dans les infusions et décoctions pour en renforcer l’efficacité. Il faut compter environ 30 g de savon râpé par récipient de préparation.
L’utilisation de l’eau-de-vie ou de l’alcool dilué peut aussi être efficace. À 40 %, la vodka ou l’alcool éthylique peuvent éliminer les pucerons dès la première application. On mélange environ 280 ml d’eau avec 200 ml d’alcool, puis on applique la solution localement à l’aide d’un pulvérisateur.
Le rosier qui survit à une attaque de pucerons et à trois recettes improvisées : une vraie pierre angulaire du jardin de famille.
Dans certains cas, on trouve aussi des vidéos de méthodes traditionnelles de lutte contre les insectes. Pratique pour voir les gestes, moins pour vérifier la rigueur des dosages, on ne va pas se mentir.
Produits chimiques : la claque rapide, mais pas sans limites
Des produits comme Decis, Hostaquik, Fufanon, Fas, Cyperméthrine, Spark, Fitoferm, Kinmix, Karate, Intavir, Bi-58, Topaz, Aktara, Confidor, Bankol ou Alatar peuvent être utilisés contre les pucerons.Comme ils peuvent aussi tuer les insectes utiles, beaucoup de jardiniers ne les réservent qu’aux cas extrêmes.
Si l’usage d’un produit chimique devient inévitable, il faut l’utiliser correctement. Les fleurs doivent être pulvérisées tôt le matin ou tard le soir, afin d’éviter les brûlures dues au soleil.
La solution doit être répartie uniformément sur les arbustes, sans couler jusqu’au sol. Il ne faut pas utiliser le même produit sans cesse,car les pucerons peuvent développer une résistance et l’efficacité diminue.
Les produits d’origine végétale sont plus doux et plus sûrs. En revanche, ils perdent vite en efficacité à la lumière, donc mieux vaut les appliquer le soir.
La prévention, ou l’art de couper l’herbe sous le pied
Les pucerons hivernent dans les feuilles mortes, sous l’écorce des arbres et dans d’autres végétaux. Quand la température atteint environ 12 °C,ils commencent à chercher de la nourriture. Pour éviter leur apparition, il faut ramasser toutes les feuilles mortes à l’automne et les éliminer correctement.
En automne et au printemps, les arbres et arbustes qui poussent près des rosiers doivent être traités avec des solutions de protection. Les tétranyques et les cicadelles des roses profitent souvent d’une plante affaiblie, alors mieux vaut éviter de laisser les pucerons prendre le dessus.
La roseraie peut être épargnée si on repousse les pucerons à temps et si on empêche leur reproduction. Lors de l’achat de rosiers d’intérieur ou d’extérieur, il faut aussi examiner leur état général : feuilles, tiges, bourgeons, et dessous du feuillage.
Un mélange d’acide borique et de sucre peut aider à éliminer les fourmis et leurs colonies si elles sont installées. Moins de fourmis, c’est aussi moins de protection pour les pucerons.
L’engrais phospho-potassique peut faire partie des mesures de prévention.On mélange 10 g de superphosphate, 5 g de sel de potassium et un arrosoir d’eau pour préparer la solution. Deux jours plus tard, la préparation est prête. La pulvérisation doit être répétée deux semaines plus tard.
À titre préventif, on peut aussi arroser le sol et les racines des arbustes voisins avec une solution d’urée, à raison de 500 g pour environ 4 litres d’eau. Cette opération se fait avant l’apparition des fleurs,au début du printemps. Une semaine plus tard, on arrose le sol avec 200 g de sulfate de cuivre pour 10 litres d’eau.
À côté des arbustes,on peut planter des aromatiques pour éloigner les pucerons.Les carottes, l’ail, le persil, les oignons, le fenouil et l’aneth sont de bons compagnons pour les rosiers. Ces plantes attirent aussi des insectes utiles qui se nourrissent de pucerons. Les mouches syrphes, les araignées, les perce-oreilles et les coccinelles aiment, elles aussi, faire leur marché sur ces petits envahisseurs.
On peut repousser les pucerons avec :
- de la lavande ;
- du thym ;
- de la camomille de Dalmatie ;
- de l’œillet d’Inde ;
- du souci.
La meilleure plante compagne des rosiers d’intérieur reste souvent le géranium.
Un rosier bien observé, bien aéré et bien accompagné résiste beaucoup mieux qu’un rosier “soigné” à coups de traitements.
Au jardin, les roses font moins les malines quand on les regarde de près
Les roses peuvent rester belles et saines si on les entretient correctement et qu’on les surveille régulièrement. les pucerons ne tombent jamais du ciel par hasard : ils profitent d’un déséquilibre, d’une plante affaiblie ou d’un jardin un peu trop tranquille.
La tête du jardinier quand il découvre trois pucerons… puis deux jours plus tard,une armée entière : du classique,malheureusement.
Retours du terrain
Zinaida Petrovna : « J’avais des infestations fréquentes de pucerons sur mon rosier d’intérieur. Un voisin m’a conseillé de planter un géranium près de la fenêtre. J’ai essayé plusieurs méthodes pour lutter contre les pucerons, mais les géraniums se sont révélés les plus efficaces. Aujourd’hui, j’ai toujours un arbuste magnifique et florissant. »
Christina : « J’ai une grande roseraie et je préfère combattre les insectes avec des méthodes traditionnelles. Chaque fois que ces insectes apparaissent,j’alterne entre différentes infusions et décoctions que j’ai déjà testées. Avec l’ajout de savon, l’infusion d’oignon s’est montrée très efficace. »
Olga Ivakina : « J’ai un grand jardin floral dans lequel les roses occupent une place importante. Ces jolies fleurs sont souvent infestées de pucerons. J’essaie d’inspecter le feuillage et les fleurs et, en cas de présence d’insectes, j’utilise de la vodka. Si je n’y parviens pas et que les parasites prolifèrent, je dois recourir à des mesures extrêmes et utiliser des produits chimiques. J’ai pulvérisé Decis, Alatar et Bankol. »






