Kaki : croquez-le ou sortez la cuillère, d’octobre à janvier

Un kaki ferme peut se croquer comme une pomme, tandis qu’un autre doit devenir très mou avant de passer à table. La variété et la maturité décident de la méthode, sinon la dégustation tourne vite à la grimace tannique.

Le kaki est le fruit du plaqueminier, principalement de l’espèce Diospyros kaki. Originaire d’Asie, cet arbre est aussi cultivé autour du bassin méditerranéen et dans plusieurs régions françaises aux automnes assez longs. Sur les étals français, sa saison s’étend généralement d’octobre à janvier.

Le mot « kaki » désigne pourtant des fruits à la texture très différente. Les variétés astringentes contiennent assez de tanins pour donner, lorsqu’elles sont encore fermes, une sensation de bouche sèche et rêche. Les variétés non astringentes, souvent appelées kakis-pommes, restent croquantes.

Avant de sortir le couteau, il faut donc identifier le type de kaki.

Kaki, deux familles et un fruit dans la confusion

a white container filled with lots of ripe apricots
Photo de CodingChef sur Unsplash.

Le kaki astringent, parfois vendu sous le nom de kaki muscat, se mange lorsqu’il est très mûr. Sa chair devient fondante et sa peau s’assouplit. Ferme, il peut sembler parfaitement présentable, mais sa texture en bouche risque de faire grincer des dents. Ça négocie sévère avec les tanins.

Le kaki-pomme est un fruit non astringent, souvent associé à la variété Fuyu. Le nom commercial Persimon® désigne également un kaki sélectionné pour être mangé croquant. Ces fruits se découpent en quartiers, en lamelles ou en dés sans attendre le stade blet.

Un fruit dur n’est donc pas forcément immature : tout dépend de la famille à laquelle il appartient.

Au marché, le toucher fait foi

Pour choisir un kaki astringent prêt à manger, cherchez une peau bien colorée et un fruit très souple. Une peau légèrement ridée n’est pas nécessairement un défaut. En revanche, les traces de moisissure, les zones qui fuient ou les odeurs anormales imposent d’écarter le fruit.

Pour un kaki-pomme, recherchez une couleur orange régulière et une chair ferme, avec une légère souplesse sous la pression. Un fruit vert et très dur doit encore mûrir. La couleur aide, mais la texture reste le meilleur indice pour décider entre croquer et patienter.

Blet alors, la cuillère prend le pouvoir

Two ripe persimmons hanging from a branch
Photo de TAKAHIRO NISHIZONO sur Unsplash.

Le kaki astringent se mange simplement une fois bien mûr. Retirez délicatement le calice situé autour du pédoncule, coupez le fruit en deux, puis prélevez la pulpe avec une cuillère. La peau forme alors un récipient naturel. Si la partie centrale contient des graines ou si sa texture vous déplaît, laissez-la de côté.

Vous pouvez aussi couper le fruit en quartiers et détacher la chair avec un couteau ou une fourchette. Cette méthode limite les coulures et évite de finir avec du kaki sur les doigts, le torchon et, par un mystérieux concours de circonstances, la poignée du placard.

Si le fruit est encore ferme et astringent, placez-le à température ambiante. Une pomme ou une banane dans un sac en papier peut accélérer son mûrissement grâce à l’éthylène. Vérifiez-le chaque jour : la période entre « pas prêt » et « à manger maintenant » peut être courte.

Kaki-pomme, croquer sans se faire croquer

Le kaki-pomme se prépare comme un fruit à chair ferme. Rincez-le sous l’eau, séchez-le, retirez le calice, puis coupez-le en quartiers ou en tranches. Sa peau fine peut être consommée après lavage. Si sa texture vous gêne, un économe permet de l’enlever.

Les quartiers sont pratiques pour une boîte-repas ou une salade, car ils se tiennent à la fourchette et résistent mieux aux manipulations. Le fruit entier peut aussi être croqué, mais il faut accepter le jus sur le poignet. La nature n’a pas prévu de service de table intégré.

Une peau, deux options

Sur un kaki astringent très mûr, la peau peut rester en place lorsque la chair est mangée à la cuillère. Elle sert de contenant, mais sa texture ne plaît pas à tout le monde. Sur un kaki-pomme, elle se mange après un lavage soigneux. Dans les deux cas, l’eau suffit : le savon et les produits ménagers ne sont pas destinés aux fruits.

Le stockage suit la même distinction. Un kaki-pomme supporte mieux les manipulations qu’un kaki blet. Les fruits très mûrs doivent rester visibles et être consommés rapidement, tandis que les fruits fermes peuvent continuer leur maturation à température ambiante. Une vraie déception, la pulpe oubliée au fond d’une cagette.

Du verger à l’assiette, le calendrier fait kaki

sliced persimmon fruits and withered red roses on gray plate
Photo de Ben Mirzaei sur Unsplash.

Au jardin, la couleur seule ne suffit pas à déterminer le moment de la dégustation. Un plaqueminier peut porter des fruits orange qui doivent encore évoluer après la cueillette, surtout lorsqu’il s’agit d’une variété astringente. La texture recherchée dépend de l’usage : ferme pour une salade, fondante pour la cuillère.

Lorsqu’une récolte fournit plusieurs fruits, triez-les par maturité. Gardez les kakis prêts à manger à portée de vue et laissez les autres évoluer séparément à température ambiante. Chez Jardin-Bio, la main verte de la rédac applique ce tri sans complexe. C’est un peu maniaque, mais une cagette de pulpe blette remet vite les idées en place.

Les premières gelées peuvent coïncider avec la fin de saison, mais elles ne remplacent pas l’identification de la variété ni l’observation de la texture. Le fruit, lui, n’a pas lu le calendrier du voisin.

Antioxydants, oui, potion magique, non

a tree with oranges
Photo de Rebecca McKenzie sur Unsplash.

La revue From Diospyros kaki L. (Persimmon) Phytochemical Profile and Health Impact to New Product Perspectives and Waste Valorizationpubliée dans Nutrients en 2021, recense notamment des caroténoïdes, des proanthocyanidines, de l’acide gallique et d’autres composés phénoliques dans le kaki. Elle discute aussi de la valorisation des fruits très périssables et de leurs résidus.

Ces données décrivent la composition du fruit et des pistes de recherche. Elles ne transforment pas le kaki en traitement médical. Il a sa place dans une alimentation variée, pas dans une promesse de santé lancée en trois clics.

Une étude de Fushimi et al., publiée en 2015 dans le Journal of Nutritional Science and Vitaminologya comparé pendant quatre semaines trois régimes chez des rats mâles F344 âgés de six semaines. Les groupes recevaient une alimentation standard, ou une alimentation contenant 5 % de kaki jeune lyophilisé ou de kaki mûr lyophilisé.

Le marqueur de peroxydation lipidique plasmatique PCOOH atteignait 36,1 ± 28,5 pmol/mL dans le groupe recevant du kaki jeune, contre 120 ± 66 pmol/mL dans le groupe témoin. Le groupe recevant du kaki mûr affichait 57,3 ± 15,6 pmol/mL, sans différence significative par rapport au témoin.

Ce résultat concerne des rats et un protocole précis : il ne permet pas de promettre le même effet chez une personne qui mange un kaki au goûter.

Du sucré au salé, le kaki change de registre

a white plate topped with sliced peaches next to a book
Photo de Bakd&Raw by Karolin Baitinger sur Unsplash.

Le kaki blet convient aux préparations où l’on cherche une texture crémeuse. Mélangez sa pulpe à un yaourt, un porridge ou une compote. Elle peut aussi entrer dans une pâte à gâteau ou une confiture, en surveillant l’acidité et la conservation comme pour toute préparation maison.

Le kaki-pomme garde mieux sa forme. Coupez-le en dés dans une salade de fruits, en lamelles sur une tartine de fromage frais ou en tranches avec des noix. Pour une préparation salée, un kaki ferme tient mieux dans une salade qu’un fruit déjà blet, qui se transforme en purée au premier coup de fourchette.

Dans le verger comme dans la cuisine, le réflexe reste le même : identifier la variété avant de décider quoi faire du fruit. Le voisin peut continuer à jurer que tout kaki doit attendre la première gelée. Pour éviter la grimace, on regarde d’abord ce qu’il a dans la peau et sous les doigts.

Sources et références scientifiques
  1. Fushimi S, Myazawa F, Nakagawa K, Burdeos GC, Miyazawa T.. Young persimmon ingestion suppresses lipid oxidation in rats.. Journal of nutritional science and vitaminology. 2015. DOI: 10.3177/jnsv.61.90 · PMID: 25994144. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
  2. From Diospyros kaki L. (Persimmon) Phytochemical Profile and Health Impact to New Product Perspectives and Waste Valorization – PMC. Nutrients. DOI: 10.3390/nu13093283 · PMID: 34579162.
  3. 1.Izuchi R., Nakai Y., Takahashi H., Ushiama S., Okada S., Misaka T., Abe K. Hepatic Gene Expression of the Insulin Signaling Pathway Is Altered by Administration of Persimmon Peel Extract: A DNA Microarray Study Using Type 2 Diabetic Goto-Kakizaki Rats. J. Agric. Food Chem. 2011;59:3320-3329. doi: 10.1021/jf102422z. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1021/jf102422z.
  4. 2.Vieites R.L. Persimmon Tree. Rev. Bras. De Frutic. 2012;34:Ii. [Google Scholar].
  5. l Bubba M., Giordani E., Pippucci L., Cincinelli A., Checchini L., Galvan P. Changes in tannins, ascorbic acid and sugar content in astringent persimmons during on-tree growth and ripening and in response to different postharvest treatments. J. Food Compos. Anal. 2009;22:668-677. doi: 10.1016/j.jfca.2009.02.015. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.jfca.2009.02.015.
  6. 4.FAO Food and Agricultural Organization of the United Nations. 2017. [(accessed on 25 January 2021)]. Available online:.
  7. 5.Bibi N., Khattak A.B., Mehmood Z. Quality improvement and shelf life extension of persimmon fruit (Diospyros kaki) J. Food Eng. 2007;79:1359-1363. doi: 10.1016/j.jfoodeng.2006.04.016. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.jfoodeng.2006.04.016.
  8. 6.OMAIAA A Produção e Comercialização do Dióspiro em Portugal. [(accessed on 25 January 2021)]. Available online:.
  9. 7.Toplu C., Kaplankiran M., Demirkeser T.H., Ozdemir A.E., Candir E.E., Yildiz E. The performance of persimmon (Diospyros kaki Thumb.) Cultivars Under Mediterranean Coastal Conditions in Hatay, Turkey. J. Am. Pomol. Soc. 2009;63:33. [Google Scholar].
  10. 8.Giordani E. Varietal assortment of persimmon in the countries of the Mediterranean area and genetic improvement; Proceedings of the First Mediterranean Symposium on Persimmon; Faenza, Italy. 23-24 November 2001; pp. 23-37. [Google Scholar].
  11. 9.Gorinstein S., Zachwieja Z., Folta M., Barton H., Piotrowicz J., Zemser M., Weisz M., Trakhtenberg S., Martin-Belloso O. Comparative contents of dietary fiber, total phenolics, and minerals in persimmons and apples. J. Agric. Food Chem. 2001;49:952-957. doi: 10.1021/jf000947k. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1021/jf000947k.
  12. Ancos B., Gonzalez E., Cano M.P. Effect of high-pressure treatment on the carotenoid composition and the radical scavenging activity of persimmon fruit purees. J. Agric. Food Chem. 2000;48:3542-3548. doi: 10.1021/jf990911w. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1021/jf990911w.
  13. 11.Uchida S., Ozaki M., Akashi T., Yamashita K., Niwa M., Taniyama K. Effects of (−)-epigallocatechin-3-O-gallate (green tea tannin) on the life span of stroke-prone spontaneously hypertensive rats. Clin. Exp. Pharmacol. Physiol. Suppl. 1995;22:S302-S303. doi: 10.1111/j.1440-1681.1995.tb02928.x. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1111/j.1440-1681.1995.tb02928.x.
  14. 12.Hibino G., Nadamoto T., Fujisawa F., Fushiki T. Regulation of the peripheral body temperature by foods: A temperature decrease induced by the Japanese persimmon (kaki, Diospyros kaki) Biosci. Biotechnol. Biochem. 2003;67:23-28. doi: 10.1271/bbb.67.23. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1271/bbb.67.23.
  15. Each worm to his taste: some prefer to eat nettles – a giant gastric phytobezoar – PMC. Clinical case reports. DOI: 10.1002/ccr3.593 · PMID: 27386137.
  16. 1. Fu, C. Y., Chu C. H., Liu T. P., Hong Z. J., Hsu K. F., Liu Y. C., et al. 2010. The relationship between acid‐suppressing drugs and phytobezoar formation: a retrospective analysis and discussion of phytobezoar formation. Acta Chir. Belg. 110:595-597. [PubMed] [Google Scholar].
  17. 2. Emerson, A. P. 1987. Foods high in fiber and phytobezoar formation. J. Am. Diet. Assoc. 87:1675-1677. [PubMed] [Google Scholar].
  18. 3. Kramer, S. J., and Pochapin M. B.. 2012. Gastric phytobezoar dissolution with ingestion of diet coke and cellulase. Gastroenterol. Hepatol. (N. Y.) 8:770-772. [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar].
  19. 4. Lo, C. Y., and Lau P. W.. 1994. Small bowel phytobezoars: an uncommon cause of small bowel obstruction. Aust. N. Z. J. Surg. 64:187-189. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  20. 5. Ladas, S. D., Triantafyllou K., Tzathas C., Tassios P., Rokkas T., and Raptis S. A.. 2002. Gastric phytobezoars may be treated by nasogastric Coca‐Cola lavage. Eur. J. Gastroenterol. Hepatol. 14:801-803. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  21. 6. Curcio, G., Granata A., Azzopardi N., Barresi L., Tarantino I., and Traina M.. 2013. Argon plasma coagulation before mechanical fragmentation of a large gastric persimmon bezoar: the woodworm technique. Endoscopy 45:E227-E228. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  22. 7. Blam, M. E., and Lichtenstein G. R.. 2000. A new endoscopic technique for the removal of gastric phytobezoars. Gastrointest. Endosc. 52:404-408. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  23. 8. Kuo, J. Y., Mo L. R., Tsai C. C., Chou C. Y., Lin R. C., and Chang K. K.. 1999. Nonoperative treatment of gastric bezoars using electrohydraulic lithotripsy. Endoscopy 31:386-388. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  24. 9. Mao, Y., Qiu H., Liu Q., Lu Z., Fan K., Huang Y., et al. 2014. Endoscopic lithotripsy for gastric bezoars by Nd:YAG laser‐ignited mini‐explosive technique. Lasers Med. Sci. 29:1237-1240. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  25. 10. Chung, Y. W., Han D. S., Park Y. K., Son B. K., Paik C. H., Jeon Y. C., et al. 2006. Huge gastric diospyrobezoars successfully treated by oral intake and endoscopic injection of Coca‐Cola. Dig. Liver Dis. 38:515-517. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
  26. 11. Özbalcı, G. S., Lap G., Tümentemur V., and Erzurumlu K.. 2015. Laparoscopic extraction of a gastric phytobezoar: a different approach. Balkan Med. J. 32:335-336. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar].
  27. View in NLM Catalog.
  28. Bruno Nunez. Comment manger un kaki?. 2018.
  29. Léna. Comment manger un kaki sans se salir : bien le choisir et le déguster!. 2025.
  30. Sophie. Comment manger un kaki sans se salir : guide naturel complet pour bien le choisir, le déguster et l'utiliser e. 2026.
  31. Randall Chambers. 4 manières de manger un kaki – wikiHow. 2012.
  32. [1] X Source de recherche Larousse Gastronomique, Persimmon, p. 779, (2009), ISBN 978-0-600-62042-6.
  33. [2] X Source de recherche.
  34. [3] X Source de recherche.
  35. [4] X Source de recherche.
  36. [5] X Source de recherche.
  37. [6] X Source de recherche.
  38. [7] X Source de recherche.
  39. [8] X Source de recherche.
  40. [9] X Source de recherche.
  41. [10] X Source de recherche.
  42. [11] X Source de recherche.
  43. [12] X Source de recherche.
  44. Comment Manger le Fruit Kaki : Astuces, Bienfaits et Recettes? 🍊.
ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

Read More

Related Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici