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Hysope : l’herbe poivrée qui fait le show au jardin, sans faire de manières

Hysope : l’herbe poivrée qui fait le show au jardin, sans faire de manières

À la fois plante aromatique, médicinale et très bonne alliée des pollinisateurs, l’hysope a ce petit côté sauvage qui plaît autant au jardin qu’en cuisine. Elle demande peu, mais elle donne beaucoup – à condition de la cultiver avec un minimum de bon sens.

Cette herbe à la saveur poivrée était autrefois considérée comme une plante sauvage. Puis,à force d’avoir des fleurs attrayantes et un parfum qui attire le monde vivant,l’hysope s’est rapprochée de l’homme. Sa principale valeur vient de ses propriétés biologiques : on la considère aussi comme une plante médicinale.

Dans le jardin, elle coche plusieurs cases à la fois : floraison mellifère, feuillage aromatique, usage culinaire, intérêt ornemental. On ne va pas se mentir, ce n’est pas la plante la plus connue des potagers familiaux. Pourtant, elle mérite sa place dans une logique de sol vivant et de biodiversité utile.

Un petit arbuste qui n’en a pas l’air

Un petit arbuste qui n’en a pas l’air

Bien qu’étant une plante herbacée,l’hysope a l’apparence d’un petit arbuste. Ses tiges pubescentes, à section carré, dressées, peuvent atteindre une hauteur de 70 cm. Si elle est plantée dans un sol fertile, elle développera de nombreuses tiges aux feuilles allongées et cunéiformes.

La plante attire l’œil grâce à ses fleurs, parfois blanches, mais le plus souvent rose-pourpre ou bleu foncé. Elles sont réunies en petites inflorescences en épis, qui apparaissent par intermittence et se répartissent le long des tiges. les fleurs dégagent un parfum séduisant qui attire les pollinisateurs. Par conséquent, l’hysope est souvent cultivée comme plante pollinisatrice.

*L’hysope en fleurs : petite silhouette, gros pouvoir d’attraction.*

Trois visages sous la même touffe

Trois visages sous la même touffe

Cette plante arbustive est mentionnée dans les textes anciens. À l’époque d’Avicenne,on utilisait déjà ses propriétés. À l’époque moderne, on ne se contente plus de la forme sauvage : on cultive aussi l’hysope et l’on crée de nouvelles variétés. Il existe trois espèces naturelles de la plante.

L’hysope médicinale, la plus répandue

L’espèce la plus connue est l’hysope médicinale. On la trouve dans les steppes et sur les contreforts des montagnes. La description précédente correspond précisément à cette espèce. De juin à septembre, les plantes fleurissent et dégagent un parfum très agréable.

L’hysope chalky, la spécialiste des sols crayeux

Cette appellation lui a été donnée parce qu’elle a d’abord été plantée sur des formations crayeuses. Les inflorescences sont bleues, mais le parfum est très puissant.Elle attire non seulement les pollinisateurs, mais aussi les insectes butineurs. L’arôme persistant de l’hysope est également utilisé en parfumerie. Tout cela contribue malheureusement à sa raréfaction, au point qu’elle figure déjà dans le livre rouge.

L’hysope à l’anis, la discrète qui sent bon

Cette espèce est de petite taille et ses touffes sont souvent utilisées en bordure, ainsi que pour souligner des massifs ou des pentes alpines. Les inflorescences de la plante sont parfumées, tout comme le feuillage, qui sent l’anis. Les fleurs elles-mêmes sont comestibles et leurs teintes peuvent relever visuellement n’importe quel plat.

Les sélectionneurs s’intéressent depuis longtemps à cette plante. Leur objectif est d’améliorer sa valeur nutritionnelle et médicinale. En réalité, l’hysope n’est pas seulement cultivée par les jardiniers : elle l’est aussi à l’échelle industrielle. Les variétés les plus populaires sont notamment “Pink Flamingo”, “Nikitsky White”, “Amethyst” et “Healer”.

Semis d’avance, jardin mieux lancé

Semis d’avance, jardin mieux lancé

Les plantes vivaces herbacées se multiplient à partir de graines. On peut les semer directement en pleine terre, mais la méthode des semis permet d’obtenir des plants plus robustes.Pour repiquer les jeunes plants en mai, il faut les semer en bac dans la première quinzaine de mars, soit environ 60 jours avant la mise en place.

Quand on anticipe un peu,on obtient des plants plus réguliers,plus solides,et franchement plus faciles à installer au jardin.

Culture des jeunes plants à la maison

Il n’est pas nécessaire d’acheter des plants d’hysope, car ils se cultivent facilement sur un rebord de fenêtre. pour cela, il suffit d’utiliser un petit récipient à semis et de le remplir d’un terreau léger.

Les graines peuvent simplement être mélangées avec du sable. Mais il est préférable de tracer des sillons peu profonds dans le substrat, espacés de 3 centimètres, puis d’arroser légèrement. Les premières pousses apparaissent au bout de 10 à 12 jours. Lorsque les plantules portent au moins trois vraies feuilles, on peut les repiquer dans des contenants séparés, en plastique ou en tourbe, pour poursuivre leur développement.

*Le genre de semis qui prend peu de place, mais qui peut vite finir en mini-jungle sur le rebord de fenêtre.*

Au jardin, pas à la va-vite

Entre le semis et le passage en pleine terre, il doit s’écouler environ deux mois. Pour savoir si la plante est prête,il faut qu’elle porte au moins six vraies feuilles. La deuxième moitié du mois de mai est idéale pour installer les plants au jardin familial, car le risque de gel est alors écarté.

Au départ, on les plante à une distance de 25 à 35 centimètres les uns des autres. Ensuite, une fois l’enracinement bien lancé, il est possible d’éclaircir et de replanter l’excédent dans une autre plate-bande. La profondeur de plantation ne doit pas dépasser 10 centimètres, afin que le point de croissance ne soit pas enfoui.

Le point de croissance doit rester libre : c’est le meilleur moyen de ne pas freiner la reprise.

Semis direct en pleine terre

Certaines personnes cultivent aussi l’hysope en semant directement les graines dans le sol. Fin avril ou début mai, on les mélange avec du sable, puis on les répartit dans des sillons peu profonds de 0,5 à 0,8 cm, espacés d’au moins 50 cm.

Les semis sont d’abord recouverts d’une fine couche de terre, puis d’un peu de tourbe. cela évite que le sol ne s’érode à l’arrosage et qu’il forme une croûte en surface.Lorsque l’hysope est semée avant l’hiver, il ne faut pas pailler. Quand la température atteint +5 °C, la germination démarre dans tous les cas.

Au bout d’une semaine et demie,on peut déjà voir apparaître les premières pousses. Lorsqu’une plante porte au moins huit vraies feuilles, les tiges doivent être pincées pour laisser un espace de 20 cm entre les touffes.

Entretien : la recette de la flemme intelligente

L’hysope est une plante peu exigeante qui ne demande pas d’attention particulière. Elle se plaît dans presque tous les types de sol, à l’exception des tourbières.

Elle ne nécessite ni travail du sol intensif ni arrosages abondants ; par temps humide, un arrosage ponctuel du substrat suffit. En revanche, un excès d’humidité lui est défavorable.

Autre point clé au jardin : l’engrais. Là, on parle de sérieux pour le sol, mais sans excès. Si on en donne trop, toute l’énergie part dans la croissance du feuillage au détriment de la floraison.

Un mois après la levée des semis, on peut commencer un apport d’engrais minéral à raison de 2 cuillères à soupe par seau d’eau. Pendant toute la période de floraison, un nouvel apport peut être effectué tous les 30 jours. Le fumier ne doit pas être épandu sur la plate-bande, car il nuit à l’arôme de l’herbe poivrée.

Avant l’hiver, il est utile de tailler la plante pour des raisons sanitaires.Cela stimulera une reprise plus vigoureuse l’année suivante.

Grâce à l’odeur particulière de la plante, il n’est généralement pas nécessaire de lutter contre les parasites.

Quand on cultive l’hysope, il faut garder en tête qu’elle peut rester productive à un même endroit pendant environ sept ans avant de commencer à dégénérer. Les jardiniers recommandent de la replanter tous les cinq ans et de diviser les touffes pour la multiplier.

Au bout de quelques années, diviser la touffe relance la plante – et c’est aussi un bon moyen de garder un massif propre et dynamique.

Une médicinale qui ne plaisante pas avec les limites

Dans certains pays européens, l’hysope est un remède officiel. En Russie, ce sont surtout les praticiens de médecine populaire qui utilisent encore ses propriétés médicinales.

L’action pharmacologique de l’hysope sur le corps humain ressemble à celle de la sauge médicinale. En thérapeutique, seules les parties supérieures des tiges portant les inflorescences sont utilisées. C’est là que se trouve la plus forte concentration d’huiles essentielles,de résines,de tanins,d’acides oléanolique et ursolique,ainsi que de pigments de l’hysope.

Ses propriétés expectorantes, antispasmodiques et antiseptiques sont utilisées en médecine populaire.L’hysope peut avoir un effet bénéfique dans les cas suivants :

  • maladies de l’appareil digestif ;
  • colite chronique, flatulences et constipation ;
  • bronchite, trachéite et laryngite ;
  • angine de poitrine et anémie ;
  • diverses névroses et symptômes rhumatismaux.

Les décoctions d’hysope s’utilisent aussi en externe : pour se rincer la bouche en cas de gingivite ou de stomatite, pour laver les yeux atteints de conjonctivite, ou encore sur des plaies, des coupures et des blessures, sous forme de compresses.

L’hysope améliore également la digestion et sert donc souvent à stimuler l’appétit.

Contre-indications

Chaque usage thérapeutique doit être envisagé au cas par cas, car s’il existe des bénéfices pour certaines personnes, il existe aussi des contre-indications pour d’autres. De plus, l’hysope est classée parmi les plantes légèrement toxiques, ce qu’il faut garder en tête.

Il faut tenir compte de l’acidité de l’estomac lors du traitement des troubles digestifs : l’hysope est contre-indiquée en cas d’acidité gastrique élevée.

On ne doit pas donner de préparations à base d’hysope aux personnes souffrant d’hypertension ou de maladies rénales.

Cette plante peut provoquer une fausse couche chez les femmes enceintes.

L’hysope est contre-indiquée chez les femmes qui allaitent, car elle peut inhiber la lactation.

Les enfants de moins de 12 ans ne doivent pas recevoir de produits à base d’hysope en raison de sa légère toxicité et de sa forte teneur en huiles essentielles.

Les préparations à base de cette plante ne doivent être données aux patients épileptiques qu’après avis médical et dans le strict respect de la posologie.

Dans tous les autres cas où la plante est utilisée dans des préparations médicinales traditionnelles, il faut rester extrêmement prudent, car un surdosage peut avoir des conséquences graves.

en cuisine, ça relève le plat – mais pas la main

L’hysope n’a pas été qualifiée de plante à la saveur poivrée pour rien : elle est aussi utilisée en cuisine. Elle entre par exemple dans la composition de la célèbre liqueur Chartreuse. mais cette épice ne sert pas qu’aux boissons : on la retrouve aussi dans certaines huiles et saucisses fabriquées en Europe. À l’étranger, on l’associe parfois au fromage blanc et aux œufs farcis.

L’hysope, surtout ses jeunes feuilles et ses inflorescences, est utilisée comme herbe aromatique dans de nombreux plats chez nous aussi. Son arôme améliore les préparations à base de viande et de produits de la mer. Elle donne une note légèrement acidulée aux salades. Avec le basilic, le céleri, l’aneth et d’autres herbes piquantes, elle trouve aussi sa place dans les conserves maison.

L’intégrer dans l’alimentation doit cependant se faire avec prudence, afin de ne pas en prendre trop. Là encore, avant d’utiliser l’hysope pour assaisonner les aliments, il faut tenir compte de ses contre-indications.

Si on l’utilise en cuisine, il faut respecter une règle simple : ne jamais en mettre trop. Son arôme est puissant et imprègne tout rapidement. Cela dit, cette particularité fait aussi merveille dans le vinaigre de cidre. On peut y faire infuser quatre tiges d’hysope pendant plusieurs jours avant de l’utiliser pour assaisonner des salades (mais là, on parle déjà d’un goût très personnel).

*Quatre tiges d’hysope dans un vinaigre : juste ce qu’il faut pour faire parler toute la tablée.*

Plante épicée, l’hysope.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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