Basilic : l’aromatique qui met le potager au parfum, même sur un rebord de fenêtre

facile à cultiver, généreux en cuisine et très à l’aise en pot, le basilic fait partie de ces aromatiques qu’on adopte vite. À condition de lui offrir de la chaleur, de la lumière et un sol pas détrempé, il vous le rendra bien.
Graines de basilic, mille parfums au jardin

le basilic est une plante annuelle cultivée dans de nombreux pays du monde. Il existe une grande diversité de variétés, avec des feuillages verts clairs, verts foncés ou violets. et la saveur change elle aussi selon les cultivars : certaines variétés évoquent les agrumes, d’autres la cannelle ou le clou de girofle.
On dénombre environ une centaine d’espèces de basilic cultivées en Asie, en Crimée, en Afrique du Nord et dans les pays méditerranéens. On le trouve aussi à l’état sauvage dans certaines régions comme l’Iran,la Chine ou le Caucase. Le basilic n’est pas seulement aromatique : il est aussi connu pour ses propriétés intéressantes en phytothérapie, même si on ne va pas se mentir, c’est surtout au potager et dans l’assiette qu’il fait sa meilleure partition.
variétés de basilic : du vert tendre au presque noir

La diversité des basilics est assez étonnante. Leur nombre se compte en dizaines, et les plantes varient en taille, en couleur, en arôme et en forme. Voici quelques variétés répandues :
Basilic commun ou camphré
Il atteint généralement 55 à 70 cm de hauteur. Les tiges sont ramifiées et le feuillage est abondant. Son arôme reste subtil, avec une note poivrée. Les variétés Magie de l’Orient et Beau Parfum sont parmi les plus connues.
Basilic pourpre
Il monte jusqu’à 50 cm. Son feuillage est violet vif, et son parfum est plus prononcé que celui des variétés vertes. Parmi les cultivars appréciés, on trouve Table, Purple et Mauritinian.
Basilic cannelle
Il porte des fleurs lilas et un feuillage vert éclatant. Sa hauteur varie de 45 à 60 cm. Son parfum rappelle la cannelle et la menthe, avec une légère amertume piquante. Les variétés Splendid et Cinnamon sont souvent citées.
Basilic vert
Les feuilles de certaines variétés présentent une légère pubescence. La teinte est vert pâle et la plante atteint en général 35 à 45 cm. Son parfum est plus doux et moins intense que celui du basilic pourpre.Les variétés Favorite, Green Cornflower et Blast sont très appréciées.
Basilic noir
Il doit son nom à sa coloration distinctive : les feuilles et les tiges peuvent être brun foncé ou pourpre. Selon la variété, il peut mesurer 30 à 65 cm. Son goût apporte du relief à de nombreux plats, avec un parfum puissant et une légère note piquante. Séché, il se conserve très longtemps. Les variétés Osmin et Baku sont parmi les plus répandues.
Basilic citron
Cette espèce possède des feuilles vertes délicates et un parfum d’agrumes avec une touche de camphre. Elle ne dépasse souvent pas 35 cm de hauteur. Les cultivateurs apprécient particulièrement les cultivars Spark, Lemon et Novinka.
Le rebord de fenêtre : la recette de la flemme intelligente

Le basilic peut se cultiver facilement sur un rebord de fenêtre presque toute l’année, à condition de lui offrir de bons soins. En été, on peut même transplanter un plant du jardin dans un contenant rempli de terreau adapté. Et si on n’a pas de plant sous la main, pas de panique.
On peut aussi prélever des tiges bien vigoureuses et les placer dans l’eau pendant quelques semaines.Dès l’apparition des racines, il devient facile de les replanter. Comptez environ deux semaines pour voir apparaître les premières feuilles cultivées à la maison, et un plant peut vivre jusqu’à quatre mois.
Le basilic se cultive également en pot, sur le rebord d’une fenêtre. Dans ce cas, les plants bien formés apparaissent en général au bout de 5 à 6 semaines. Ils peuvent ensuite produire plus longtemps que ceux issus d’un simple bouturage.
Le basilic en contenant a besoin de lumière et de chaleur. En hiver, il faut donc lui accorder une attention particulière (oui, même dans un petit logement, la plante vous dira merci).
Le rebord de fenêtre qui cache un mini potager et un gros ego de jardinier.
En pleine terre, pas à pas… de basilic
Le basilic peut être planté en contenants ou directement en pleine terre. L’emplacement idéal est celui où poussaient auparavant des tomates, des pommes de terre, des concombres ou des légumineuses. Les graines sont semées en rangs espacés de 30 cm maximum, avec une plantation peu profonde.
Lorsque les premières tiges apparaissent, il faut les éclaircir. On laisse alors environ 10 cm entre les plants. Oui, certains ne passeront pas l’étape, mais c’est le meilleur moyen de ne pas obtenir une forêt de tiges maigrelettes. Quand les pieds ont bien poussé, on peut procéder à un second éclaircissage.
Il faut aussi pincer l’extrémité haute du basilic. Cela pousse la plante à se ramifier davantage, au lieu de filer vers le haut. Là, on parle de sérieux pour le sol et pour la production de feuilles, car la partie la plus intéressante du basilic reste bien le feuillage, pas les tiges.
Semis de basilic : attendre, observer, réussir
Bien que le basilic puisse être semé directement en place, il vaut mieux commencer les plants en conteneur. On évite ainsi les coups de froid, car les jeunes plants sont fragiles.
Les graines de basilic n’ont pas besoin de stratification, c’est-à-dire d’une période de froid et d’humidité. Avant le semis, on peut les garder dans un environnement doux, autour de 30 °C, pendant une à deux semaines.
Pour améliorer la levée, on peut désinfecter le substrat avec une solution de permanganate de potassium rose clair. Les graines peuvent aussi être trempées plusieurs heures dans cette solution avant le semis.
Si les semis manquent d’eau, ils dépérissent vite. Le basilic ne supporte ni les sols trop secs ni l’excès d’eau. Après le semis, les levées apparaissent en général au bout de 7 à 10 jours. Les jeunes plants doivent être couverts d’un film ou d’une vitre pour conserver la chaleur et l’humidité du sol.
Quand planter les jeunes pousses sans jouer avec le gel
En avril, on peut semer le basilic en conteneur. Fin mai ou début juin, au moment de la mise en pleine terre, la plante aura eu le temps de se renforcer.En réalité, les jeunes plants de basilic ne supportent absolument pas les gelées. Il ne faut donc pas les installer trop tôt si on veut une belle récolte.
La clé d’un basilic vigoureux, c’est la chaleur, le soleil et un arrosage modéré. Pas plus compliqué que ça, mais il ne pardonne pas trop les écarts.
en pleine terre, le basilic doit être installé dans un endroit bien ensoleillé et agréable à l’humidité. Cette plante n’aime pas rester au même endroit d’une année sur l’autre : on change donc la zone de culture chaque saison.
Le sol doit être riche en nutriments, perméable à l’air et humide. Comme amendement, on peut associer tourbe, compost et humus, à raison d’environ 2 kg par m².On espace les rangs de 30 cm et les plants de 15 à 20 cm.
On évite de planter en plein soleil brûlant. le moment le plus adapté est le soir, par temps nuageux. L’arrosage peut commencer juste après le semis, avec une eau chaude et bien reposée.
Un semis de basilic sous cloche : la patience en version chlorophylle.
soins au quotidien : juste ce qu’il faut, pas plus
Le basilic est une plante facile d’entretien qui demande peu de soins. Le premier réflexe consiste à surveiller le sol et à arroser dès que l’humidité diminue. Pas besoin d’en faire trop : l’arrosoir le plus efficace reste celui qu’on utilise avec mesure.
Il faut aussi penser aux apports nutritifs. Les engrais riches en azote stimulent la croissance du feuillage, ce qui convient bien au basilic.On peut faire un premier apport 12 jours après le semis.
La température minimale de l’eau d’arrosage ne devrait pas descendre sous 25 °C. Une eau trop froide ralentit la plante, et elle n’apprécie clairement pas ça.
Les fleurs du basilic n’étant pas nécessaires,il vaut mieux supprimer les hampes florales dès leur apparition. Cela favorise la ramification et permet d’obtenir des touffes plus denses.
Le sol sous les plants doit être régulièrement ameubli. Il ne faut pas non plus négliger la taille : ces deux gestes doivent être effectués souvent, presque en duo.
Juste après la plantation, les jeunes plants peuvent être couverts d’un film pendant une à deux semaines pour éviter qu’ils ne dépérissent. Si les journées sont très chaudes, on peut ne couvrir la végétation que la nuit.
Serre froide ou serre chaude ? Le basilic aime le confort
Le basilic se cultive très bien dans les serres et les jardins d’hiver. Il y est plus facile de maintenir une température stable et une bonne humidité.Dans une serre, les plants préalablement semés sont souvent cultivés en contenant. On applique alors les mêmes règles qu’en extérieur.
Une bonne culture sous serre demande :
- de la chaleur ;
- de la lumière ;
- un arrosage modéré ;
- des apports nutritifs adaptés.
La seule vraie différence avec une plate-bande extérieure, c’est l’enceinte fermée. Et pour obtenir une belle récolte de basilic, il faut aussi une aération correcte. Sinon,l’humidité stagne,et là,on ne parle plus d’ambiance méditerranéenne mais de mauvais plans pour le feuillage.
Vertus du basilic : utile, mais à manier avec mesure
Le basilic est largement utilisé en phytothérapie, car il appartient à la famille de la menthe. Son huile essentielle possède des propriétés antibactériennes et sert à différents usages traditionnels.
Comme les huiles à base de basilic peuvent atténuer les crampes, elles sont utilisées contre les ballonnements. En inhalation, elles peuvent aussi accompagner certaines affections virales ou bactériennes du pharynx et du nez.
Le jus extrait de feuilles fraîches est parfois utilisé pour traiter certaines mycoses cutanées. Les extraits aqueux de basilic servent aussi traditionnellement contre la gastrite, les intoxications alimentaires et la dyspepsie. Le thé de basilic séché peut soulager les migraines. Les feuilles séchées sont également employées contre l’inflammation des yeux, l’eczéma et l’hypotension.
Les macérations alcooliques de basilic sont utilisées pour la coqueluche, la gastrite, la colite, la pyélite et certaines névroses. Cette plante est aussi évoquée dans l’accompagnement de l’asthme bronchique, de l’hypotension, des inflammations de la vessie et des reins, de la dyspepsie et des rhumes.
Mais il faut garder à l’esprit que le basilic présente aussi des limites. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, de thrombose veineuse ou de troubles de la coagulation sanguine ne doivent pas prendre ce type de préparation sans avis adapté.
En cas de dose excessive, une intoxication alimentaire peut survenir. Et les femmes enceintes doivent éviter les remèdes contenant de la coriandre – une confusion fréquente dans certains textes, preuve qu’un œil attentif ne fait jamais de mal.
En revanche,comme agent de lactation,il est jugé très bénéfique pour les mères qui allaitent.
En cuisine, l’herbe qui met tout le monde d’accord
Le basilic est surtout connu pour ses usages culinaires. Il se consomme frais ou séché. Dans certains pays, les graines de basilic servent à garnir des pâtés, des boissons, des salades et des soupes, en plus des feuilles.
Son arôme n’est pas immédiat. Au début, le goût peut sembler un peu âpre, puis il évolue vers une douceur très agréable. Il vaut mieux l’utiliser avec modération.
Si on ne l’ajoute pas tout à la fin de la préparation, une partie de sa saveur se perd. On gagne aussi à le déchirer à la main plutôt qu’à le couper au couteau. Pour conserver le basilic séché, le mieux reste un récipient en verre ou en porcelaine, avec un couvercle bien fermé.
On l’utilise dans le monde entier pour relever les plats à base de tomates, de légumineuses, de légumes, de choucroute, de saumon ou de volaille. Un classique qui traverse les cuisines sans faire de bruit, mais avec du caractère.
C’est une plante simple, généreuse et pleine de ressources, à la fois au jardin et dans l’assiette. De quoi donner envie de lui réserver une place de choix sur le rebord de la fenêtre ou au potager.






