Concombres en serre : les guider pour mieux récolter,sans étouffer la plante

En serre,le concombre pousse vite,très vite. Sans taille ni palissage, on se retrouve vite avec une jungle de tiges, de vrilles et de feuilles où la lumière circule mal, et où les fruits passent parfois à la trappe. L’idée, ici, est simple : orienter l’énergie de la plante vers la production de concombres, pas vers une masse verte ingérable.
La culture du concombre sous serre permet souvent d’obtenir une récolte plus précoce et plus régulière, surtout quand le climat extérieur devient capricieux. On gagne en maîtrise sur la température, l’humidité et les arrosages. Mais,on ne va pas se mentir,cette culture demande un peu de méthode : un pied de concombre laissé à lui-même peut vite devenir c’est le meilleur moyen de se planter,surtout dans un espace limité.
Et c’est là que la formation change tout : en dirigeant la plante,on favorise à la fois l’aération,la santé du feuillage et la mise à fruits.
Une liane qui file droit dans le potager

Comme vous le savez, les concombres ont tendance à s’étaler rapidement. En plein air, cela peut passer si l’espace suit. Mais dans une serre, les tiges s’entrelacent, les vrilles accrochent tout ce qu’elles trouvent, et la récolte devient franchement moins pratique. Dans un volume restreint,laisser courir la plante sans contrôle n’est pas une bonne idée.
En outre, l’élimination de certaines pousses et la taille des branches latérales permettent à la plante de développer un système racinaire plus robuste et d’augmenter le rendement. Là, on parle de sérieux pour le sol et pour la plante : mieux structurez la croissance, mieux la plante répartit ses ressources.
En général, le concombre reste une plante gourmande en soins. En serre, il faut orienter les tiges verticalement, réduire les pousses latérales, et retirer les feuilles, vrilles et pousses malades, desséchées ou sans fruits. En revanche, on évite de supprimer une feuille saine dont l’aisselle porte un fruit : cette feuille nourrit le concombre et le protège aussi des rayons trop directs.
Parthénocarpiques : la conduite en tige unique, sans embrouille

la méthode de formation des concombres en serre varie selon le type de variété cultivée. Dans les variétés classiques, dites pollinisées par les abeilles, la fructification se fait surtout sur les branches latérales. Dans les variétés parthénocarpiques, en revanche, elle se produit principalement sur la tige principale. La conduite n’est donc pas la même.
Installer le treillis avant que ça grimpe
Avant de planter les jeunes plants de concombre en serre, on construit un treillis et on attache chaque plant à son support. Il faut le faire sans serrer la tige : la ficelle doit rester un peu lâche pour ne pas blesser la plante ni l’arracher du sol par accident. On enroule ensuite la tige autour du support, sous chaque feuille, tandis que le sommet reste libre. son développement ne doit pas être entravé.
L’étape suivante est connue sous le nom d’aveuglement des concombres.
L’aveuglement consiste à supprimer les branches latérales, les fleurs, les ovaires et les vrilles sur la partie basse de la plante.
Chez les cultivars parthénocarpiques cultivés en serre, on cherche généralement à former une seule tige.
Quand la plante atteint environ 30 centimètres au-dessus du sol, on commence par tailler les branches latérales.
On retire alors les tiges latérales et les fleurs situées sur la partie fixée au support, afin de créer une zone aveugle de 4 à 6 feuilles de haut.
Les jeunes concombres ainsi élagués orientent leur énergie vers le développement des racines et de la tige.
En outre, cela favorise une meilleure circulation de l’air autour du pied et réduit le risque de maladies. Si le cultivateur tarde un peu à intervenir et que la plante s’est déjà couchée au sol, ce n’est pas dramatique. En revanche, il faut alors être très prudent au moment d’attacher la ficelle pour ne pas casser la tige fragile. Sans enroulement régulier sous chaque feuille, la tige finit souvent par ployer sous le poids des fruits.
Pour le palissage des concombres,la ficelle de jute est préférable à la corde synthétique,sur laquelle les branches glissent plus facilement.
Après la zone d’aveuglement et jusqu’à 1 mètre de hauteur, chaque pousse latérale est taillée au-dessus de la première feuille, en laissant un ovaire par pousse.
Entre 1 mètre et 1,5 mètre, on garde deux ovaires par pousse latérale, au-dessus de la deuxième feuille.
Au-delà, sur 3 ou 4 feuilles, les tiges sont raccourcies en laissant le même nombre d’ovaires.
Les branches les plus hautes ont ensuite atteint la barre transversale du treillis. que faire à ce stade ?
on peut faire passer la liane par-dessus la barre transversale deux ou trois fois, puis la laisser redescendre. On pince alors les branches obtenues au-dessus de deux ou trois feuilles, en gardant deux ou trois ovaires. Quand il reste environ un mètre entre l’extrémité des tiges et le sol, on coupe pour stopper la croissance.
Deuxième option : tailler la tige principale lorsqu’elle dépasse la barre supérieure de 20 à 30 centimètres. Ensuite, tous les 50 centimètres, on taille les branches issues des nœuds situés vers l’extrémité de la plante. À partir de 80 cm du sol, la croissance de la tige est limitée.
Pollinisation à la rescousse : les abeilles ne font pas tout seules

La taille des plants pollinisés par les abeilles suit une logique un peu différente.La distinction tient au fait que les variétés traditionnelles de concombre produisent leurs fruits sur les tiges latérales. Sur la tige principale, on trouve surtout des fleurs mâles, c’est-à-dire des fleurs qui ne donnent pas de fruits.
Il existe plusieurs façons de former des concombres à pollinisation entomophile, et il faut y penser avant de les installer sous serre en polycarbonate.
Les fleurs doivent rester accessibles aux pollinisateurs, notamment aux bourdons, pendant la floraison. Sinon, il faut assurer la pollinisation manuellement.
Variante 1 : laisser filer la tige principale
La tige principale est laissée intacte, jusqu’à atteindre la barre la plus haute.On retire les tiges, fleurs et ovaires présents à l’aisselle des 4 à 6 premières feuilles. En créant une zone aveugle à la base, on laisse l’oxygène mieux circuler autour des racines, ce qui favorise la reprise et limite les maladies.
On laisse ensuite les branches latérales atteindre 20 centimètres à partir des 5 à 7 premières feuilles. Après 3 ou 4 aisselles, la longueur des branches latérales augmente : elles peuvent atteindre 30 à 40 centimètres. À moins de 50 centimètres de la barre horizontale, leur longueur peut aller jusqu’à 50 centimètres.
La tige principale est ensuite enroulée autour de la barre transversale, abaissée puis taillée. Sous la base, les pousses de second ordre sont supprimées. Au center du plant, on pince au-dessus de la première feuille, et près du sommet du support, au-dessus de la deuxième feuille.Toutes les branches suivantes sont coupées au-dessus de 1 ou 2 feuilles. En général, cela dépend du feuillage de la variété concernée.
Variante 2 : plus court,mais pas plus brouillon
Comme dans la première variante,on élimine les tiges et les ovaires formés à la base du plant. À 50 cm de hauteur, la tige principale est taillée. Comme pour la pousse principale, une ou deux branches latérales sont ensuite taillées selon une logique similaire à celle de la première option.
Le plus crucial, c’est que la serre ne devienne pas un fourré infranchissable. Une végétation trop dense reçoit moins de lumière du soleil et devient plus difficile d’accès pour les insectes pollinisateurs.Et comme les plantes respirent moins bien, elles deviennent aussi plus sensibles aux maladies. Former correctement les tiges de concombre facilite la récolte et l’entretien des plants.
Arroser juste : ni marée, ni désert
L’utilisation d’une serre en polycarbonate permet d’éviter plusieurs problèmes classiques : écarts brutaux de température entre le jour et la nuit, excès de pluie, variations d’humidité trop fortes.Les concombres étant composés à environ 90 % d’eau, il faut respecter avec soin le calendrier d’arrosage.Un oubli, et la plante vous le fait payer. Un excès, et on ouvre la porte aux maladies racinaires.
Dans ces serres,on cultive souvent des variétés parthénocarpiques,car il n’est pas nécessaire de polliniser manuellement les fleurs ni de surveiller en permanence le vol des insectes. En outre, ces variétés ont souvent un port plus compact, ce qui permet d’optimiser l’espace.
Avant de planter les jeunes plants ou de semer directement en place, on conseille de désinfecter le sol avec une solution adaptée. Certains utilisent une solution de permanganate de potassium ou du sulfate de cuivre, mais ces produits doivent être employés avec prudence.En jardinage bio, on privilégie surtout un sol sain, enrichi en matière organique, plutôt qu’une désinfection systématique.
Ensuite, on met en place le treillis pour la croissance verticale des concombres, puis on repique les plants. Il faut laisser au moins 60 à 70 centimètres entre chaque pied. Un fabricant de semences sérieux indique normalement la distance optimale sur l’emballage ; on a tout intérêt à la respecter.
En outre, enterrer trop profondément le collet peut entraîner la mort de la plante.
*Un collet trop enfoui, et le concombre fait la grimace.*
Du compost au cousu main : nourrir sans surcharger
Les concombres ont besoin d’apports pendant la phase de croissance active, puis au moment de la floraison et de la fructification.Le sol doit recevoir une nourriture équilibrée, à base d’engrais organiques et minéraux selon les pratiques retenues.
Un apport naturel et efficace consiste en une infusion de fumier de bovins diluée à 1:10, ou de fumier de volaille à 1:20.Les cendres de bois apportent du potassium et du phosphore. Là encore,on dose avec mesure : un excès d’azote donne surtout du feuillage,pas forcément plus de fruits.
Si vous n’avez pas accès à des engrais naturels, vous pouvez utiliser des mélanges du commerce adaptés aux cucurbitacées.
les apports foliaires peuvent aussi soutenir la fructification. On peut pulvériser sur le feuillage une solution contenant 2 g d’acide borique dilués dans 10 litres d’eau.
Limaces,maladies et autres ennuis de serre
Les concombres réagissent mal à une humidité trop forte comme à un manque d’eau. le sol doit rester frais, mais jamais détrempé. Le paillage aide beaucoup dans ce cas. On peut utiliser :
- de la paille coupée ;
- de l’humus ;
- de la tourbe ;
- des enveloppes de tournesol ou de sarrasin ;
- des fragments d’herbe flétrie ou desséchée.
Ces matériaux évitent au jardinier d’arroser trop souvent. Et, franchement, c’est la recette de la flemme intelligente qu’on aime bien chez Jardin-Bio.
Pour l’arrosage,on utilise de l’eau tiède,autour de 20 à 25 °C. Il ne faut pas verser l’eau au pied de la tige, car cela expose les racines du concombre, qui restent superficielles. Si cela se produit, il faut rematerrer rapidement.
*Le paillage : la petite couverture qui évite bien des drames.*
Chaud devant, mais pas trop : le microclimat sous contrôle
Pour les concombres cultivés en serre, il faut éviter les variations brutales de température. Avant le début de la fructification, la température ne doit pas descendre sous 20 °C le jour et 17 °C la nuit. Ensuite, quand les plants produisent, ils ont besoin d’un peu plus de chaleur.
Par temps clair, on vise 23 à 27 °C.
Par temps nuageux,20 à 23 °C.
La nuit, 18 à 20 °C.
Une humidité élevée doit aller avec une température adaptée. Avant la formation des premiers fruits,l’humidité relative de la serre doit tourner autour de 80 %. Une fois la fructification lancée,on peut monter jusqu’à 90 %. On peut aussi vaporiser légèrement le feuillage pour atteindre cet objectif, mais sans transformer la serre en hammam.
Le duo gagnant, c’est chaleur modérée et humidité maîtrisée : trop froid, la croissance cale ; trop humide, les maladies s’installent.
Ventiler sans lever le vent contre les concombres
L’aération est cruciale pour la culture du concombre sous serre. Dans un espace fermé, avec chaleur et humidité, les maladies se propagent vite. Il faut donc ouvrir régulièrement la serre en polycarbonate. Le mieux reste de ventiler par les ouvertures supérieures,car les concombres supportent mal les courants d’air.
Une formation réalisée au bon moment améliore justement cette aération. Moins de fouillis, plus de circulation d’air : simple, propre, efficace.
La culture, la mise en forme et l’entretien des concombres en serre demandent du soin, un peu de technique et quelques gestes bien placés. Pour un jardinier débutant,ces repères peuvent faire la différence entre quelques fruits chétifs et une récolte généreuse. Et quand les premiers concombres arrivent droit,verts,croquants,on se dit qu’un bon palissage vaut bien quelques minutes de ficelle en plus.






