Novembre est le mois où l’on regarde enfin ses arbres

Novembre est le mois où l’on regarde enfin ses arbres. Les feuilles tombent, la silhouette des branches apparaît, et les premiers coups de vent d’automne rappellent que ce grand pin penche un peu plus vers le toit chaque année. La tentation est forte de sortir l’échelle et la scie. Une partie de ces travaux est tout à fait à la portée d’un jardinier soigneux ; une autre relève d’un vrai métier. Voici comment faire la différence.

Ce que vous pouvez tailler vous-même

Tout ce qui se travaille depuis le sol, ou depuis un escabeau stable posé sur un sol plat, peut en général rester entre vos mains :

  • les arbustes d’ornement et les haies basses ;
  • les jeunes fruitiers, que l’on forme pendant leurs premières années ;
  • les petits oliviers, dont on aère le centre pour laisser passer la lumière ;
  • le bois mort facilement accessible, les gourmands et les rejets au pied des arbres.

Repère simple : au-delà d’un diamètre d’environ 5 cm, une branche demande déjà une scie d’élagage et un peu de méthode. Au-delà de 10 à 15 cm, ou dès qu’il faut grimper, on change de catégorie.

Côté outils, un sécateur de qualité, un ébrancheur à deux mains et une scie d’élagage à denture japonaise couvrent l’essentiel. Gardez-les affûtés et propres : une lame émoussée écrase les tissus au lieu de les couper.

Les bons gestes de coupe

Une taille réussie tient moins à la quantité de bois enlevée qu’à l’endroit où l’on coupe.

Coupez au ras du col, jamais dans le col. À la base de chaque branche se trouve un léger renflement, le bourrelet. C’est lui qui refermera la plaie. Coupez juste au-delà, sans l’entailler et sans laisser de chicot : un moignon de quelques centimètres sèche, pourrit et sert de porte d’entrée aux champignons.

Procédez en trois temps pour une branche lourde. Une première entaille par-dessous, à une trentaine de centimètres du tronc ; une deuxième coupe par-dessus, un peu plus loin, qui fait tomber la branche sans arracher d’écorce ; puis la coupe finale, propre, au ras du col.

N’enlevez jamais trop d’un coup. Au-delà d’un quart du feuillage, l’arbre perd une part importante de ce qui le nourrit et réagit en produisant des rejets vigoureux mais mal ancrés. L’étêtage, qui consiste à raccourcir brutalement toutes les charpentières, est la pire des options : il fragilise l’arbre pour des années et crée exactement le danger qu’on voulait éviter.

Désinfectez vos outils entre deux arbres, surtout sur les fruitiers et les platanes : certaines maladies se transmettent très bien par une lame.

Enfin, inutile de badigeonner systématiquement les coupes de mastic. Une coupe nette, au bon endroit et de diamètre raisonnable, se referme mieux seule qu’une grosse plaie mal placée recouverte de produit.

Choisir le bon moment

En climat méditerranéen, la règle d’or est d’éviter d’ajouter un stress à un autre. On évite donc de tailler pendant les canicules et les périodes de sécheresse, pendant les fortes gelées et en pleine montée de sève. Les tailles de structure se programment plutôt en fin d’hiver, les tailles légères après les grosses chaleurs, et les oliviers à la sortie de l’hiver ou après la récolte.

Chaque essence a toutefois ses préférences : un chêne vert ne se traite pas comme un cyprès. Pour aller plus loin, les élagueurs d’Arbo’care détaillent quelles périodes privilégier selon les essences en Provence, du pin d’Alep à l’olivier.

Pensez aussi aux oiseaux : il est recommandé de ne pas tailler haies et arbres entre la mi-mars et la fin août, en pleine période de nidification.

Quand poser le sécateur et appeler un professionnel

Certains signaux ne trompent pas. Faites appel à un élagueur si :

  • le travail se situe à plus de 3 mètres de hauteur ou demande de monter dans l’arbre ;
  • il faudrait utiliser une tronçonneuse en hauteur, a fortiori depuis une échelle (c’est l’un des accidents de jardinage les plus graves et les plus fréquents) ;
  • les branches surplombent un toit, une piscine, une véranda ou une voiture ;
  • l’arbre est proche d’une ligne électrique : à proximité d’une ligne publique, seul le gestionnaire du réseau ou une entreprise habilitée peut intervenir ;
  • vous repérez des signes de faiblesse : champignons au pied ou sur le tronc, fissure, écorce qui se décolle, inclinaison nouvelle, sol soulevé du côté opposé au vent après une tempête ;
  • il s’agit d’abattre un arbre proche d’une habitation.

Les grands sujets typiques de nos jardins, pins d’Alep, pins parasols, platanes ou cyprès de quinze mètres, entrent presque toujours dans cette catégorie.

Sur ces chantiers, le métier a beaucoup évolué. Les élagueurs grimpeurs travaillent désormais suspendus dans l’arbre, sur corde, et démontent si besoin un sujet tronçon par tronçon en retenant chaque morceau. Cette technique permet d’intervenir là où aucune nacelle n’accède : jardins exigus, restanques, terrains en pente. Dans le Luberon et le pays d’Aix, c’est par exemple ce que pratique l’équipe d’Arbo’care, spécialisée dans l’élagage sur corde par des élagueurs grimpeurs diplômés.

Bien choisir son élagueur

Quelques vérifications évitent les mauvaises surprises :

  • La qualification : le certificat de spécialisation « taille et soins des arbres » est la référence du métier.
  • L’assurance : demandez une attestation de responsabilité civile professionnelle couvrant les travaux en hauteur.
  • Le devis : il doit préciser la nature de la taille, le nombre d’arbres et ce que deviennent les branches (évacuation, broyage sur place, bois laissé en bûches).
  • La méthode : un professionnel sérieux refuse d’étêter un arbre qu’il doit conserver et ne grimpe pas avec des griffes dans un arbre vivant, car chaque pointe ouvre une plaie.
  • La prudence après une tempête : méfiez-vous du démarchage en porte-à-porte et des prix annoncés sans avoir vu l’arbre.

 

Et chez le voisin ?

Les branches du voisin qui dépassent chez vous posent une question fréquente. Le Code civil vous permet d’exiger qu’il les coupe, mais pas de les couper vous-même sans son accord. Les racines, en revanche, peuvent être coupées à la limite de votre terrain. Et les fruits tombés naturellement de votre côté vous appartiennent.

Que faire des branches ?

Le brûlage des déchets verts est en principe interdit aux particuliers, et l’emploi du feu est de toute façon strictement encadré dans le Sud. La meilleure solution est souvent au jardin : broyées, les petites branches donnent un excellent paillage qui protège le sol de la sécheresse estivale. Le reste part en déchetterie, ou en bois de chauffage une fois sec.

Dans un jardin bio, gardez-en aussi une partie sur place. Un tas de branches dans un coin tranquille devient vite un abri pour les hérissons, les lézards et les insectes auxiliaires. Et lorsqu’un vieil arbre ne menace rien, un peu de bois mort conservé dans la ramure nourrit pics, insectes et champignons utiles : un bon élagueur retire ce qui est dangereux et laisse le reste.

En résumé

Taillez vous-même ce qui est petit, bas et sain, au bon moment et au bon endroit. Dès que l’arbre est grand, proche de la maison ou montre des signes de faiblesse, laissez la place à un élagueur grimpeur : vos arbres, et votre dos, vous remercieront.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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