En août, une tige de l’année peut devenir une nouvelle plante, à condition de choisir le bon rameau et de lui éviter le soleil qui cogne. Lavande, romarin, sauge, verveine, pélargonium, penstemon et hortensia ont chacun leur petit caractère.
La période correspond aux boutures semi-aoûtées. La base du jeune rameau commence à se raffermir, tandis que l’extrémité reste encore souple. On prélève généralement des morceaux de 10 à 15 cm, parfois davantage selon l’espècepuis on les installe dans un substrat léger. Les premiers signes d’enracinement apparaissent souvent après 6 à 8 semaines, mais la météo, la variété et l’état de la plante mère peuvent décaler ce calendrier.
Une bouture conserve les caractéristiques du pied choisi, contrairement à un semis qui peut donner des résultats variables, notamment chez les sauges. Le travail consiste donc à garder un rameau sain, limiter sa perte d’eau et lui laisser le temps de produire des racines avant l’hiver. Le bon moment compte davantage qu’une poudre d’enracinement présentée comme miraculeuse.
Août bouture, mais pas au hasard
Dans les faits, on prélève une pousse de l’année qui n’a pas porté de fleurs. Un rameau trop tendre se déshydrate vite, tandis qu’une tige déjà très ligneuse s’enracine plus lentement. La zone intéressante se repère à l’oeil : la base commence à brunir ou à se raffermir, mais l’extrémité reste verte et flexible.
Le sécateur doit être propre et la coupe nette. On retaille la base juste sous un noeud, à l’endroit où une feuille était attachée. Les feuilles du bas disparaissent, tandis que deux à quatre feuilles restent au sommet. Pour les grandes feuilles, les couper de moitié réduit la surface qui transpire. La bouture respire encore, mais elle n’a plus de racines pour compenser ses pertes d’eau.
Le pot doit évacuer l’eau et recevoir un mélange fin et léger, composé de terreau et d’un matériau drainant comme le sable. On ne cherche pas ici à nourrir un sol vivant avec du compost mûr : il faut un milieu aéré et stable pour favoriser l’émission des racines. Une bouture noyée dans un terreau compact, c’est la vraie déception du mois.
Sept plantes pour faire pousser les prolongations

Lavande et romarin, le duo qui sent bon le plan
La lavande se bouture en été sur des rameaux semi-aoûtés. Choisissez une extrémité saine, retirez les feuilles basses et installez-la dans un substrat drainant, à l’abri du soleil direct. L’humidité doit soutenir l’enracinement sans transformer le pot en mare miniature.
Le romarin suit une logique proche. Ses jeunes rameaux se prélèvent en fin d’été, puis se placent dans un mélange léger. Le bouturage conserve les caractéristiques du pied choisi, qu’il soit dressé ou rampant. La lavande et le romarin aiment le drainage, pas les bains prolongés. Autre saison, autre nuisible, mais toujours la même vieille histoire d’eau en excès.
Sauge et verveine, ça repart de plus belle
Les sauges peuvent être multipliées pendant l’été avec des boutures semi-aoûtées. Certaines s’enracinent aussi dans l’eau, mais cette méthode demande une surveillance régulière : une eau qui se trouble ou reste trop longtemps en place devient un mauvais environnement pour la base de la tige. Le bouturage conserve le type de sauge choisi et évite les surprises d’un semis issu de plantes qui se pollinisent entre elles.
La verveine se bouture à la fin de l’été ou au début de l’automne. Les variétés tendres doivent être protégées du froid, tandis que les formes plus rustiques supportent mieux l’hivernage. Dans les régions aux hivers marqués, une bouture réalisée à la fin août gagnera à passer la mauvaise saison sous abri avant une plantation au printemps. La météo déjoue déjà assez les calendriers, inutile de lui offrir un coup de main.
Pélargonium et penstemon, les frileux du casting
Le pélargonium, souvent appelé géranium de balcon, ne résiste pas au gel. Ses boutures s’enracinent généralement vite, puis ralentissent pendant l’hiver. Conservez-les à l’intérieur ou dans un espace hors gel et espacez les arrosages lorsque la croissance devient faible. Trop d’eau à ce stade peut faire pourrir la base, et tout le travail de l’été part alors à la poubelle.
Le penstemon se bouture vers la fin août, sur une pousse non fleurie d’environ 10 à 13 cm. Insérez les deux tiers de la tige dans le substrat, puis protégez la bouture du gel. La plantation au jardin attend le printemps suivant. Une jeune plante encore peu enracinée n’a pas besoin d’un défi supplémentaire.
Hortensia, la feuille qui prend ses aises
Pour l’hortensia, choisissez un rameau latéral non fleuri de 15 à 20 cm. Retaillez la base en biseau, retirez les feuilles sauf les quatre plus hautes et réduisez éventuellement ces dernières de moitié. Cette étape limite l’évaporation sans supprimer toute la surface nécessaire à la reprise.
La bouture reste à l’ombre dans un mélange léger, puis rejoint un pot plus grand dès que l’enracinement est visible. La mise en place définitive peut attendre l’automne suivant. Cette patience peut sembler longue, mais une bouture d’été n’est pas encore un plant adulte. Le potager et le massif peuvent bien patienter quelques mois.
À l’étouffée, oui; à la noyade, non
La méthode reste proche d’une espèce à l’autre, mais la longueur du rameau et la durée d’hivernage changent. Pour limiter les erreurs, procédez dans cet ordre :
- Choisissez une plante mère saine et une pousse de l’année, non fleurie, dont la base commence à durcir.
- Prélevez un rameau de 10 à 15 cm avec un sécateur propre.
- Retirez les feuilles de la partie basse et conservez quelques feuilles terminales.
- Réduisez de moitié les grandes feuilles afin de limiter la déshydratation.
- Plantez la base juste sous un noeud dans un substrat fin, léger et drainant.
- Arrosez doucement, puis couvrez avec une cloche ou un plastique transparent pendant environ quinze jours.
- Installez le pot à la lumière sans soleil direct et maintenez le substrat légèrement humide, jamais détrempé.
Une nouvelle pousse peut indiquer que la bouture commence à s’installer, mais elle ne prouve pas à elle seule que les racines sont assez développées. Évitez donc de tirer sur la tige pour vérifier. Le meilleur contrôle reste le rempotage prudent, après le temps nécessaire à l’enracinement et lorsque la croissance devient régulière.
Une bouture d’été doit d’abord limiter sa perte d’eau, puis affronter l’hiver : le calendrier se joue en deux manches.
Les hormones, pas le chaudron

Une hormone d’enracinement peut aider certaines boutures, mais elle n’est pas indispensable dans tous les cas. Le dosage dépend de l’espèce, de l’âge du rameau, du substrat et des conditions de culture. Suivez l’étiquette du produit et évitez les mélanges improvisés.
Dans cette étude, les bancs de multiplication étaient réglés à 25 +/- 2 °C, tandis que la température mesurée dans la zone racinaire variait de 18 à 22 °C, avec une moyenne proche de 20 +/- 2 °C. Copier le chiffre sans reproduire les conditions, c’est un peu comme semer des tomates en janvier puis accuser les graines.
Six semaines pour raciner, un hiver à négocier

Les boutures prélevées en août peuvent s’enraciner en 6 à 8 semaines. Pendant ce temps, le substrat doit rester frais sans être saturé d’eau et le feuillage doit être protégé des fortes chaleurs. En septembre ou octobre, une bouture bien reprise peut être rempotée, mais elle n’a pas encore la robustesse d’un plant adulte.
Les variétés tendres, notamment le pélargonium et certaines verveines, passent l’hiver hors gel. Les autres restent protégées du vent froid et des fortes gelées. La plantation au jardin se fait généralement au printemps suivant, lorsque le risque de gel est écarté et que les racines occupent correctement le pot.
Le bouturage économise des semences et permet de conserver un pied choisi, mais il ne fabrique pas des plants instantanés. On prélève, on couvre, on attend, puis on recommence parfois. La nature reprend toujours ses droits, y compris sur notre planning soigneusement annoté au crayon.
Sources et références scientifiques
- Ercan Oğuztürk G, Pulatkan M, Alparslan C, Oğuztürk T.. Comparative Evaluation and Optimization of Auxin Type and Concentration on Rooting Efficiency of Photinia × fraseri Dress: Stem Cuttings Using Response Surface Methodology.. Plants (Basel, Switzerland). 2025. DOI: 10.3390/plants14152420 · PMID: 40805765. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
- Silva GMD, Vieira EA, Palhares Neto L, Ramos S, Gastauer M, Caldeira CF.. Enhancing Conservation Efforts of Stephanopodium engleri Through Vegetative Propagation: Effects of IBA and Cutting Types.. Plants (Basel, Switzerland). 2025. DOI: 10.3390/plants14142116 · PMID: 40733353. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
- Zhang M, Montanez C, Pearson BJ, Li Y, Chen J.. Aeroponics enables consistent cutting propagation of kratom (Mitragyna speciosa): impacts of photoperiod, cultivar, and rooting hormone.. Frontiers in plant science. 2025. DOI: 10.3389/fpls.2025.1650327 · PMID: 40949549. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
- Bruno Nunez. Petite liste d’arbustes à bouturer l’été. 2013.
- Les boutures de l’été. 2026.
- Florent Delahaye. 7 plantes à multiplier en août – boutures d’été à prendre ce mois-ci. 2024.






