La cataire, Nepeta cataria, combine feuillage aromatique, fleurs mellifères et attrait variable pour les chats. Elle fleurit de mai à octobre et supporte la sécheresse une fois installée, mais une touffe ne transforme pas la terrasse en zone sans moustiques.
On la reconnaît à ses feuilles gris-vert, gaufrées et légèrement parfumées, ainsi qu’à ses épis de fleurs blanches, rosées ou mauves. La plante atteint souvent 40 à 80 cm, avec des tiges qui peuvent approcher 1 m dans de bonnes conditions. Cataire, chataire, herbe aux chats ou menthe aux chats désignent la même espèce, mais tous les népétas ornementaux vendus en jardinerie ne présentent pas le même port ni la même floraison.
La cataire a donc deux vrais atouts au jardin bio : elle demande peu d’eau après son installation et fournit des fleurs fréquentées par les abeilles et les papillons. Pour les chats et les moustiques, il faut en revanche garder la tête froide.
Un sol qui ne plaisante pas avec l’eau

La cataire préfère le soleil, une terre légère et un sol pauvre à moyennement fertile. Le drainage compte davantage qu’un apport massif d’engrais. Dans une terre lourde, l’humidité hivernale persistante met la souche en difficulté. Une pente légère, une rocaille ou une bordure surélevée lui conviennent mieux qu’un creux où l’eau stagne.
En pot, choisissez un contenant percé et un substrat qui évacue rapidement l’eau. Les arrosages sont utiles pendant les premières semaines suivant la plantation, le temps que les racines s’installent. Ensuite, arrosez seulement lors d’une sécheresse prolongée et d’une chaleur durable. Pas besoin de transformer la plate-bande en rizière.
Une distance de 25 à 30 cm entre les plants convient aux formes courantes. Laissez davantage d’espace si la variété forme une touffe haute ou étalée. Un massif trop serré garde davantage l’humidité autour du feuillage et devient moins lisible au fil de la saison.
Planter, c’est déjà gagner du terrain

La plantation se fait d’octobre à mai ou juin selon le climat, hors gel et fortes chaleurs. La terre doit être ressuyée. Planter dans une boue froide, c’est offrir aux racines un séjour franchement peu confortable. Semer, c’est parier sur l’avenir, mais la reprise d’un plant installé permet de contrôler plus facilement l’espacement et l’arrosage.
La floraison commence souvent en mai et se prolonge jusqu’en octobre. Dans les régions chaudes, elle peut continuer jusqu’aux premières gelées, avec parfois une pause pendant les fortes chaleurs de juillet et d’août. Les épis fournissent du nectar aux abeilles et aux papillons, ce qui donne à cette vivace une place cohérente dans une bordure de biodiversité fonctionnelle.
Lorsque la floraison ralentit en juillet, un rabattage autour de 20 cm peut encourager de nouvelles pousses et une remontée automnale. Sur un pied isolé, supprimer seulement les inflorescences fanées suffit pour garder une touffe nette. En fin d’hiver, retirez les parties sèches avant la reprise.
Diviser sans faire tout un fromage
La division des touffes permet de rajeunir les vieux pieds et d’installer de nouvelles cataires ailleurs. Le semis et le ressemis naturel sont également possibles. Pour conserver une bordure bien cadrée, coupez les épis avant la maturation des graines. Sinon, la nature reprend ses droits avec un sens de la décoration parfois très personnel.
Chats en mode tapis rouge
Certains chats se frottent aux tiges, se roulent au sol ou mordillent les feuilles de cataire. D’autres l’ignorent complètement. La sensibilité varie donc d’un animal à l’autre. Une jeune touffe peut subir un passage en mode tapis de jeu avant même d’avoir bien enraciné, et chez Jardin-Bio, on connaît la scène : les radis attendront, le chat a décidé.
Un essai contrôlé randomisé publié le 1er août 2025 dans le Journal of Applied Animal Welfare Science a étudié huit chats sains exposés à de la cataire, à une phéromone faciale féline ou à un placebo salin pendant des examens vétérinaires. Aucun de ces produits n’a modifié de façon significative les paramètres cliniques ou comportementaux mesurés dans ce contexte.
Ce résultat ne dit pas que les chats ne réagissent jamais à la plante dans un jardin. Il indique seulement que, dans cet environnement vétérinaire et avec ces paramètres, la cataire n’a pas modifié les mesures étudiées au point de masquer un changement de santé. Une petite grille ou un filet posé sans serrer autour d’une touffe récente peut limiter les dégâts.
Moustiques : la promesse prend l’eau

La cataire contient de la népétalactone, un composé associé à son odeur et à son action répulsive sur certains insectes. L’article The irritant receptor TRPA1 mediates the mosquito repellent effect of catnippublié en 2021 dans Current Biologya étudié cette réaction chez la drosophile et chez le moustique Aedes aegypti. Les expériences ont montré que l’extrait de cataire et la népétalactone activaient le récepteur irritant TRPA1 dans des essais en laboratoire. Les moustiques porteurs de variants inactifs de ce récepteur n’étaient plus repoussés dans les tests réalisés.
Ce mécanisme explique l’intérêt scientifique de la plante, mais il ne transforme pas une bordure de cataire en bouclier autour de la terrasse. Les essais de 2021 portaient sur des extraits, la népétalactone ou des dispositifs contrôlés. Ils ne mesuraient pas l’effet d’une plante vivante exposée au vent, à la pluie, aux autres odeurs et à l’activité humaine.
L’article Evaluating repellence properties of catnip essential oil against the mosquito species Aedes aegypti using a Y-tube olfactometerpublié en 2024 dans Scientific Reportsa testé une huile essentielle contenant plus de 95 % de népétalactone. Dans un olfactomètre en Y, avec des mains humaines comme attractant, des concentrations à partir de 2 % ont repoussé plus de 70 % des moustiques pendant une à quatre heures après l’application. Ce chiffre décrit une huile, une espèce de moustique et un protocole précis. Il ne donne pas le pouvoir répulsif d’une plante en pleine terre.
Bio sans poudre de perlimpinpin
Dans un jardin conduit avec peu d’intrants, la cataire trouve sa place en bordure, dans une rocaille, au pied d’un mur bien exposé ou en bac. Sa sobriété en eau après installation limite les interventions, tandis que ses fleurs prolongent les ressources disponibles pour les pollinisateurs. Elle complète une association de vivaces et d’aromatiques, mais ne remplace ni une rotation des cultures ni un sol vivant.
Son entretien repose sur des gestes ciblés : arroser au départ, éviter l’eau stagnante, tailler après une pause de floraison et diviser les touffes vieillissantes. Dans un sol trop humide, même cette plante frugale finit par montrer ses limites. Le voisin pourra toujours proposer un purin miracle. La cataire, elle, se contentera de fleurs, de soleil et d’un drainage correct.
La plante tient donc ses promesses de vivace sobre et mellifère, pas celles d’un répulsif universel. Pour les moustiques, la recherche avance au laboratoire; au jardin, la météo garde encore le dernier mot.
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