Bacopa : un nuage de fleurs pour le jardin, les balcons et les suspensions

Un délicat nuage de fleurs en cascade, que ce soit depuis un pot, une jardinière ou une clôture, embellit n’importe quel espace. Cette jolie plante s’appelle le bacopa, aussi connu sous le nom de sutera. Venue de régions africaines lointaines, sa culture sous nos latitudes a commencé dans les années 1990.
Depuis, le bacopa est devenu une plante très appréciée des fleuristes et des jardiniers. On peut l’utiliser pour orner la maison comme le jardin : parterres de fleurs, murets en pierre, suspensions, terrasses… Et surtout, le bacopa peut fleurir non pas quelques semaines, mais de mars à presque octobre. On ne va pas se mentir, pour une plante décorative, c’est plutôt confortable.
Un rideau de fleurs, version bacopa

Le bacopa est une plante à fleurs dont les tiges peuvent atteindre 70 centimètres de long. Ses petites feuilles jumelées sont d’un beau vert,avec une légère teinte olivâtre. La floraison est abondante et assez regroupée : les fleurs, minuscules, se renouvellent sans cesse. Elles apparaissent presque en même temps, puis fanent pour laisser place à d’autres.
Les fleurs peuvent être blanches, violettes, roses ou bleues. Là, on parle de sérieux pour le spectacle au jardin.
Variétés en fleurs et en couleurs

Le bacopa appartient à la famille des Scrophulariacées. On compte plus d’une centaine de variétés, et certaines sont même utilisées comme plantes d’aquarium. Dans la nature, on recense plus de soixante espèces de bacopa. Elles varient par la taille, le port et la couleur. C’est une plante ampélée, c’est-à-dire capable de produire de longues tiges pendantes ou rampantes.
Snowtopia, la boule de neige qui ne fond pas
Bacopa Snowtopia est une variété très décorative et plutôt facile à vivre. Pendant la floraison, la plante ressemble à un gros coussin floral. Ses tiges peuvent atteindre 60 cm de long. Elle se cultive très bien en pot, en suspension ou en association avec d’autres fleurs dans des contenants. Elle préfère les endroits où le soleil direct ne tape pas trop fort.
Bacopa F1 Snowtopia.
blutopia,le bleu qui tient la route
Bacopa Blutopia produit de jolies fleurs bleues,avec une floraison qui s’étale de juin à septembre. la longueur maximale d’une pousse est de 60 cm. La floraison est généreuse. Cette variété convient bien aux bordures, aux massifs et aux cache-pots. Elle aime la lumière.en cas de manque, elle s’étiole et fleurit moins.
Bacopa Blutopia F1.
Vasilisa, la pourpre tout en finesse
bacopa Vasilisa se distingue par sa teinte pourpre, riche et délicate à la fois. Ses fleurs décorent aussi bien les terrasses que les plates-bandes. On peut l’associer à des pétunias,des roses miniatures ou des chrysanthèmes. Elle est aussi très belle sur les rocailles alpines. Elle s’épanouit en plein soleil comme à mi-ombre. Ses tiges atteignent 30 à 60 centimètres et retombent élégamment.
Bacopa (Sutera) Vasilisa.
Grand flocon de neige, la généreuse
Cette variété de bacopa fait partie des plus vigoureuses. Ses tiges peuvent atteindre jusqu’à 90 cm de long. Comme chez la plupart des variétés, le feuillage est minuscule, mais les fleurs sont plus grandes et couvrent densément toute la plante. Elles sont d’un blanc délicat et la floraison dure des mois. Cette variété se distingue aussi par sa bonne robustesse.
Flocon de neige géant « Snowstorm ».
Semis du bacopa : le bon tempo, sans se planter

Les jeunes plants de bacopa doivent être préparés 2,5 à 3 mois avant la plantation en pleine terre ou en pot, puis cultivés à l’extérieur. Les dates optimales se situent dans la seconde moitié de février et au début du mois de mars.
Les conditions varient selon les régions, tout comme la période de semis. Par exemple :
- En Sibérie, dans l’Oural et dans le Nord-Ouest, la période idéale pour semer se situe à la mi-mars, avec une mise en place en extérieur début juin.
- Dans la région parisienne et les zones de climat intermédiaire, les semis se font au début du mois de mars ; ailleurs, la plantation a lieu dans la seconde moitié du mois de mai.
- Dans les régions méridionales,les semis peuvent débuter dès le début du mois de février,avec une plantation en pleine terre à la mi-avril.
Le calendrier lunaire, si vous y tenez
Pour ceux qui suivent le calendrier lunaire, les dates favorables au semis en 2022 étaient les suivantes :
- Janvier : 6, 11, 13 et 16-17
- Février : 4, 7 et 14
- Mars : 6-8 et 11-16
Les jours défavorables étaient :
- Janvier : 2, 4 et 31
- Février : du 1er au 28
- Mars : 1-2 et 27-28
Le terreau prêt à l’emploi, mais pas n’importe comment
On peut cultiver le bacopa à la maison, en semis ou directement en terre. Dans tous les cas, il faut choisir un emplacement clair, ensoleillé et fertile. Une légère mi-ombre reste acceptable.
Avant le semis, il faut préparer le substrat et les graines. Le sol doit être désinfecté. On peut mélanger deux parts de sable et d’humus, avec une part de tourbe et une part de terreau, pour obtenir un substrat adapté au bacopa. Ce mélange, riche en nutriments, convient bien aux semis en pot comme aux plantations en massif.
Pour désinfecter le substrat, il suffit de le chauffer au four ou de le arroser d’eau bouillante. En général, le sol doit être léger, fertile et capable de retenir l’eau sans se gorger. Si on vise un résultat propre, c’est le meilleur moyen de ne pas offrir un buffet aux maladies dès le départ.
Les graines, elles, sont souvent vendues en granulés ou en dragées. C’est pratique : le matériau a déjà été traité et ne demande pas d’étape supplémentaire. En général, un granulé contient plusieurs graines. Les jeunes plants ressemblent alors davantage à de petites touffes qu’à une seule plantule bien nette. Si les graines sont brutes, on peut les mélanger à un peu de sable pour faciliter le semis et éviter d’en perdre en route.
Semer, arroser, observer : le trio gagnant
Le semis est simple : on dépose les graines sur le substrat sans les enfoncer fortement. Il faut surtout éviter de les recouvrir de terre, car elles ont besoin de lumière pour germer. Ensuite, il faut créer de bonnes conditions de germination :
- de la chaleur ;
- une forte humidité ;
- une bonne lumière.
Les deux premiers points s’obtiennent en couvrant les caissettes d’un film plastique. On place le tout dans un endroit chaud, autour de 20 °C. un rebord de fenêtre convient bien, à condition que les semis reçoivent suffisamment de lumière. Si tout se passe bien, les premières levées apparaissent au bout de 13 à 16 jours.
Quand les plantules ont au moins deux vraies feuilles, on peut les repiquer. Elles sont alors transplantées individuellement,en les espaçant d’environ 2 centimètres.Si les graines étaient en granulés, on ne sépare pas forcément chaque plant : on repique plutôt les petits groupes qui sont sortis ensemble.
À ce stade,le bacopa se cultive à une température comprise entre 22 et 26 °C. On peut aussi commencer à apporter un engrais très dilué. Par exemple, une formule universelle peut être divisée par deux par rapport à la dose indiquée.
Plus tard vient le second repiquage. Les plantes sont alors installées dans des contenants séparés. On les enterre jusqu’au niveau d’un nœud, ce qui leur donne une bonne stabilité.
Deux ou trois jours après, on peut reprendre un apport d’engrais universel bien dilué. La culture peut ensuite continuer à des températures plus basses : 15 à 23 °C le jour, 12 à 15 °C la nuit. C’est ce qu’on appelle le durcissement, une étape utile pour préparer les plants à leur place définitive.
Plantation en pleine terre : le départ en douceur
Après le durcissement, on installe les plants à leur emplacement définitif. Il faut d’abord bien arroser les contenants. Ainsi, le bacopa se retire plus facilement sans abîmer les racines. La plantation se fait selon un quadrillage simple de 30 x 30 cm.
Un bon départ évite les plantes qui boudent au premier coup de chaud.
Arrosage et taille : la douche froide n’est pas pour lui
L’entretien du bacopa n’a rien de compliqué.La plante reste discrète et demande seulement quelques gestes simples.
Le premier, c’est l’arrosage. Le bacopa aime l’humidité abondante. Il faut donc arroser souvent et copieusement, surtout par temps sec et chaud. Ce n’est qu’avec une bonne réserve d’eau qu’il peut rester dense, vigoureux et florifère pendant longtemps.
Le second, c’est la fertilisation.Elle doit être faite trois à quatre fois par saison. Pas besoin d’engrais spéciaux : un engrais de base pour plantes à fleurs suffit.
Il y a aussi la taille, qui reste essentielle.Pour garder un port harmonieux, on raccourcit les tiges trop longues. On les coupe lorsqu’elles atteignent 50 à 60 centimètres, surtout pour les plantes cultivées en suspension. Bien formées, les tiges de bacopa composent une belle boule florale bien dense.
C’est à peu près tout pour l’entretien. autre avantage : contrairement à d’autres fleurs,il n’est pas nécessaire d’enlever les fleurs fanées une par une.Le bacopa se débrouille très bien tout seul et renouvelle sa floraison au fil de la saison. La plante vous dira merci, et votre agenda aussi.
Maladies et parasites : quand les petites bêtes s’invitent
La robustesse du bacopa se voit aussi dans sa résistance aux parasites et aux maladies. Au printemps comme à l’automne, il est rarement touché.
Il peut toutefois arriver que des pucerons s’installent sur les tiges. Si cela se produit, il faut traiter la plante rapidement avec une solution savonneuse. L’opération peut être répétée plusieurs fois, à une semaine d’intervalle. Mais, on ne va pas se mentir, cette méthode reste parfois insuffisante. Dans ce cas, il faut passer à des moyens plus fermes, comme un insecticide adapté.
Les problèmes apparaissent souvent quand le bacopa manque d’humidité. Un air trop sec affaiblit la plante et la rend plus vulnérable.
ce contexte attire souvent les aleurodes. Pour les combattre, on peut couper toute la partie aérienne de la plante, puis placer le pot avec les racines dans un endroit frais.Si l’on répète des traitements chimiques ou insecticides sans corriger les conditions de culture, la plante en profite rarement.
Boutures et marcottage : la recette de la flemme intelligente
La culture du bacopa à partir de graines est simple. mais la multiplication par bouturage ou par marcottage l’est encore plus, car la plante s’enracine facilement.
Pour le bouturage, plusieurs étapes sont nécessaires. Si la plante passe l’hiver dans un endroit lumineux, on peut prélever le matériel dès cette période. Sinon, le bon moment se situe vers la fin août ou le début septembre.On coupe alors des tiges non lignifiées de moins de 10 cm de long, en gardant deux paires de feuilles.
Il faut d’abord retirer la paire de feuilles du bas. Ensuite, on place la bouture dans de l’eau additionnée d’un stimulant d’enracinement. Après seulement deux ou trois heures,on peut la planter en terre ou la transférer dans un récipient d’eau claire.
il est vital de bien préparer le substrat pour l’enracinement. Le sol doit être fertile, léger et poreux. On enterre la bouture jusqu’à l’apparition de nouvelles pousses sur le feuillage restant. Une fois les boutures plantées, on couvre les contenants d’un plastique pour conserver une forte humidité. On peut retirer cette mini-serre de temps en temps pour aérer le substrat et arroser.
Lorsque de nouvelles feuilles apparaissent, on peut retirer le film. Quand deux nouvelles paires de feuilles se sont formées, on pince l’extrémité des boutures. Ce geste stimule la ramification. Ainsi, au moment de la plantation définitive, les plants seront plus denses et plus décoratifs. Début mai, les boutures de bacopa peuvent être installées en pleine terre.
On a observé que les variétés à fleurs blanches sont plus résistantes aux parasites et aux agents pathogènes. Les autres couleurs s’enracinent souvent un peu moins bien et supportent moins bien les conditions difficiles.
Le marcottage est une méthode de multiplication rapide qui permet d’obtenir des plants déjà bien formés.Rien de bien compliqué.
On place d’abord un récipient rempli de terre fertile à côté du bacopa mère.
Ensuite, on couche les longues tiges florales sur le substrat.
on les maintient en place avec des agrafes métalliques, sans les enterrer.
L’enracinement se fait assez vite.
On vérifie ensuite l’apparition des racines en soulevant délicatement les tiges fixées.
Si les tiges sont bien enracinées et saines, on peut les séparer de la plante mère. Résultat : un nouveau buisson floral prêt à repartir.
Au jardin comme au balcon : le bacopa dans le décor
Le bacopa s’utilise largement en aménagement paysager. Il orne souvent les terrasses, les vérandas, les pergolas et les fenêtres. Il peut aussi servir de couvre-sol.
Même sous une pluie persistante, son aspect décoratif et sa floraison ne faiblissent pas beaucoup.
On le plante également près de supports verticaux. Les branches s’y accrochent naturellement et se déploient. Un mur, une tonnelle ou une clôture prennent alors un tout autre visage avec du bacopa. Dans ce cas, les variétés les plus vigoureuses, aux tiges pouvant atteindre 1 mètre, sont les plus intéressantes.
Le bacopa n’est pas seulement beau en plante solitaire. On l’utilise aussi dans des compositions mixtes, où il s’associe très bien avec d’autres plantes aimant l’humidité, comme les capucines, les pétunias, les fuchsias ou les lobélies.
Le bacopa fait depuis longtemps partie des plantes favorites des paysagistes. On le retrouve dans des espaces de tailles et de fonctions variées. Et une fois qu’on l’a vu en pleine forme, difficile de ne pas tomber sous le charme de cette cascade de fleurs et de feuillage. Une vraie petite pluie de printemps, sans le parapluie.
Semer des graines de bacopa : vidéo






