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À la pointe de l’ail : garder des gousses saines, sans se faire avoir

À la pointe de l’ail : garder des gousses saines, sans se faire avoir

tout maraîcher devrait cultiver au moins une partie de son ail. Ses propriétés médicinales sont reconnues depuis l’Antiquité : on lui attribue des effets antimicrobiens, et on l’utilise aussi en infusions ou en décoctions pour aider à protéger les plantes du jardin contre certains parasites et maladies.

Mais, on ne va pas se mentir, malgré son côté costaud, l’ail reste sensible à plusieurs maladies et ravageurs spécifiques des cultures maraîchères.Dans cet article, on voit comment identifier les problèmes, comment les gérer, et comment prévenir l’arrivée des insectes parasites sur l’ail.

Champignons au garde-à-vous, mais pas toujours bienveillants

Champignons au garde-à-vous, mais pas toujours bienveillants

Les maladies causées par les champignons sont la première source de problèmes pour l’ail. En général, ce sont les erreurs de conduite culturale qui ouvrent la porte aux attaques.

Des semis trop denses empêchent le feuillage et les racines de l’ail d’avoir accès à l’air.

L’excès d’humidité, causé par un arrosage trop généreux ou par des étés pluvieux, favorise aussi ces maladies.

L’absence de rotation des cultures, la présence de végétation spontanée et de résidus de culture de l’année précédente, ou encore des caïeux produits dans de mauvaises conditions de stockage, comptent aussi parmi les causes fréquentes.

Autrement dit : trop d’humidité, trop de densité, pas assez de rotation… et c’est le meilleur moyen de se planter.

Champignon noir : l’aspergillose de l’ail

Comme vous le savez, la qualité de la récolte dépend directement de celle des plants. Que le cultivateur ait utilisé ses propres caïeux ou qu’il les ait achetés à un vendeur peu connu, la récolte doit être conservée avec le plus grand soin. C’est surtout pendant le stockage que la maladie se manifeste le plus activement.

Si la température ambiante est égale ou supérieure à 18 °C, les spores du champignon s’activent et commencent à détruire le bulbe.

Sur les écailles externes apparaissent d’abord de petites taches gris-noir, signe du début de l’infestation. Les spores pénètrent ensuite plus profondément dans le bulbe et ramollissent les caïeux.

La moisissure noire se propage vite et peut contaminer tout le bulbe. Résultat : perte totale de la récolte. En plus, les bulbes voisins peuvent être infectés aussi, et si le problème n’est pas repéré à temps, c’est toute la réserve qui est menacée.

Pénicilliose : le champignon vert

La pénicilliose se développe elle aussi pendant la phase de stockage. À la base du bulbe, des taches brunes et humides apparaissent, tandis que des dépressions jaunâtres se forment sur les caïeux. À mesure que la maladie progresse,l’ail se ramollit et une couche blanche se développe sur le bulbe,avant de virer au vert.

La maladie se propage à l’intérieur du bulbe et, sans intervention, finit par détruire complètement les gousses. L’intérieur du bulbe se vide.

Pour éviter la propagation de ces deux moisissures, il convient d’inspecter régulièrement les lots stockés et d’éliminer les bulbes infestés.

Au stockage, un seul bulbe malade peut en contaminer beaucoup d’autres. Là, on parle de sérieux pour le sol… et pour le hangar aussi.

Pourriture blanche : quand le bulbe blanchit puis s’effondre

Ce champignon pathogène peut toucher l’ail aussi bien pendant sa croissance au potager que durant le stockage. Tout au long de la saison, le feuillage jaunit.Une couche blanche apparaît sur le collet et sur les racines. Le champignon provoque alors une pourriture blanche. Les caïeux gonflent et se décomposent rapidement.

L’activation du champignon est favorisée par une baisse de température jusqu’à +10 °C. le pathogène hiverne dans le sol ou sur les racines.

Fusariose des tiges : le fléau des racines

Le fusarium est un champignon qui attaque le système racinaire de l’ail. Le sol et les semences peuvent transporter l’infection. Le jaunissement du feuillage est le premier symptôme de la maladie, suivi du pourrissement des racines. On peut aussi observer, entre les couches des tuniques du bulbe, une moisissure jaune rosé. Sans traitement, la plante peut mourir. Les températures élevées favorisent fortement le développement de la maladie.

Le champignon peut être limité et la culture protégée si le sol est traité avec le produit « Hom », en respectant strictement la notice.

Pourriture du collet : le point faible de l’ail

L’infestation se produit avant la récolte, généralement au moment du jaunissement du feuillage. La pourriture du collet est causée par un excès d’humidité du sol, un froid marqué et trop d’engrais azoté.

À la base des feuilles,l’ail commence à se dégrader,puis le processus se poursuit pendant le stockage en contaminant les bulbes voisins.

Pour éviter ce problème, il faut :

  • récolter l’ail par temps doux et sec ;
  • sécher complètement la récolte ;
  • n’apporter l’engrais azoté qu’au début de la période de croissance.

Péronosporose : le faux oïdium qui brouille les cartes

En présence de cette maladie, les extrémités des feuilles d’ail jaunissent. La croissance ralentit, le feuillage jaunit complètement puis se dessèche.

Dans la plupart des cas,la péronosporose est provoquée par un temps humide ; pendant les étés pluvieux,les cultures d’ail sont beaucoup plus exposées.L’agent pathogène est au contraire freiné par un temps sec et chaud.

La maladie est liée à du matériel végétal infecté et à des agents pathogènes ayant hiverné sur des débris végétaux dans le sol. De plus,les spores du champignon sont facilement transportées par le vent,et des contaminations peuvent se produire dans des jardins voisins même si rien,sur place,ne laissait présager l’apparition d’un faux oïdium.

Pour prévenir la maladie, il faut traiter soigneusement les semences : les exposer au soleil pendant un à deux jours, ou utiliser des solutions de permanganate de potassium à 2 ou 3 %, ou encore le produit « Tiram ». L’ail peut être protégé du faux oïdium en plongeant les caïeux pendant 30 minutes dans ces solutions.

Les jeunes pousses d’ail sont traitées avec de la bouillie bordelaise à 1 %.

En outre, les récoltes doivent être soigneusement séchées. Il faut toutefois garder à l’esprit que l’ail exposé directement au soleil se conserve moins longtemps.

rouille : les taches jaunes qui fatiguent la plante

cette maladie se reconnaît à la présence de taches jaunes sur le feuillage de l’ail. Les taches s’agrandissent puis s’étendent à toute la surface. Les feuilles atteintes finissent par mourir, et la plante s’affaiblit, ce qui réduit la formation des têtes d’ail.

Pour prévenir l’apparition de la rouille sur l’ail, il faut utiliser des caïeux sains. Les parcelles d’ail peuvent être traitées avec une solution de sulfate de cuivre, de bouillie bordelaise à 1 %, ou avec le produit « Fitosporin-M », à raison de 15 ml pour 10 litres d’eau, dès l’apparition des premiers signes de la maladie.

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Bactériose : quand les bactéries s’invitent au stockage

La bactériose est une maladie bactérienne qui affecte l’ail et qui est causée par Pseudomonas xanthochlora Stapp et Erwinia carotovora Holland.Lors de la culture de l’ail, elle se combine souvent à des maladies fongiques et cause des dégâts importants à la récolte. Ces dommages apparaissent surtout pendant le stockage. Sur l’ail, on observe des défauts sous forme de sillons et d’ulcères, et la couleur vire au jaune.

La bactériose peut être liée à un séchage insuffisant des bulbes avant stockage. L’humidité excessive, une température trop élevée et de mauvaises conditions de conservation favorisent aussi le développement de la maladie.

des conditions de stockage propres et sèches, c’est la base. Sans ça, l’ail vous le fait payer cash.

Créer de bonnes conditions de conservation pour l’ail permet de protéger la récolte.

Insectes de l’ail : petits corps, gros dégâts

Insectes de l’ail : petits corps, gros dégâts

Les insectes sont les vecteurs de nombreuses maladies. Et il existe aussi des espèces qui n’hésitent pas à se nourrir de la sève de l’ail,malgré son goût bien piquant.

Mouche de l’ail : la cousine discrète de la mouche de l’oignon

Dans la deuxième quinzaine de mai, elle se réveille et pond ses œufs à la base des feuilles d’ail ou dans le sol, à proximité des plantations d’ail et d’oignon. Les larves pénètrent dans le bulbe et dévorent les jeunes écailles charnues. La croissance de la plante ralentit, puis elle se fane et se dessèche progressivement. Le bulbe devient mou et pourrit, en dégageant une odeur nauséabonde.

Pour limiter les dégâts causés par la mouche de l’oignon, il faut d’abord :

  • respecter la rotation des cultures ;
  • installer les parcelles d’ail à proximité des carottes ;
  • planter l’ail le plus tôt possible, pour les variétés de printemps ;
  • éviter de planter l’ail après des échalotes ;
  • saupoudrer les plants et le sol avec des répulsifs : mélange de cendre et de tabac, avec éventuellement du poivre moulu ou de la moutarde sèche.

Une solution saline à 250 g pour 10 litres d’eau peut être utilisée pour arroser les bulbes d’ail. Ce volume convient pour traiter 1,5 à 2 m². Le premier traitement doit être effectué lorsque la feuille mesure entre 5 et 8 cm.On le répète trois fois,toutes les deux à trois semaines.

Vous pouvez aussi utiliser l’infusion suivante pour pulvériser les planches d’ail contre la mouche de l’oignon :

  • 250 g de tabac ;
  • 3 litres d’eau chaude ;
  • 2 cuillères à café de poivre rouge haché ;
  • 2 cuillères à soupe de savon liquide ou de liquide vaisselle.

Versez l’eau chaude sur le tabac, ajoutez le poivre et laissez infuser pendant trois jours. Pour plus d’efficacité, vous pouvez envelopper le récipient dans un tissu chaud. Une fois ce délai passé, filtrez le mélange, complétez à 10 litres et ajoutez le savon liquide. Il sert à renforcer l’adhérence de la solution au feuillage.

À partir de la levée des plants, l’opération peut être renouvelée tous les 10 à 14 jours.

Les ravageurs de l’ail.Leurs symptômes et les mesures à prendre : vidéo

Mouche de l’oignon : l’intruse des soirées douces

Ce ravageur préfère les conditions sèches et douces. Il hiverne dans le sol et commence à voler quand le temps se réchauffe. La mouche de l’oignon pond ses œufs dans les plantations d’ail ou entre les feuilles, à leur base. En mai et juin, la première génération de larves apparaît. Sur les feuilles d’ail, des rayures longitudinales témoignent de leur activité.

Mesures de précaution :

  • respecter la rotation des cultures maraîchères ;
  • éliminer les déchets de la culture de l’année précédente ;
  • travailler le sol en profondeur à l’automne ;
  • traiter l’ail pendant sa croissance avec « Iskra », en suivant la notice.

vous pouvez utiliser les mêmes remèdes traditionnels contre la mouche de l’oignon que contre la mouche de l’ail.

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Nématodes : microscopiques, mais pas anodins

De petits vers parasites filiformes causent des dégâts importants dans les champs d’ail. Trois types distincts de nématodes sont identifiés.

L’apparition du nématode des tiges s’accompagne de taches jaune-brun sur le feuillage. La partie aérienne de la plante s’enroule et se déforme.

Lorsque les racines d’ail sont touchées par le nématode à galles, de nouvelles excroissances, appelées galles, apparaissent. Leur diamètre ne dépasse pas 2 mm. Un examen attentif du bulbe peut aussi révéler des pontes brun clair.

Le nématode des racines est plus difficile à identifier. Il est souvent associé à des infections fongiques et virales. Lorsque l’ail est touché par ce parasite, on observe :

  • un arrêt du développement des racines adventives fines ;
  • des taches jaunes ou brunes, inhabituelles sur le système racinaire ;
  • un aspect général qui évoque un manque d’eau et de nutriments.

Pour protéger l’ail de ces visiteurs indésirables, il faut prendre plusieurs mesures préventives :

  • acheter les semences chez des revendeurs spécialisés ;
  • éliminer l’ail spontané ;
  • maintenir les plantations propres.

Le plus souvent, les plantes hôtes des nématodes sont les mauvaises herbes et les repousses de cultures mal maîtrisées.

Afin de prévenir le nématode des tiges, il est nécessaire de respecter une rotation des cultures maraîchères, en semant après les carottes et les betteraves.

En cas d’infestation par les nématodes à galles, l’ail ne doit pas être replanté sur la même planche pendant au moins cinq ans.

Lors d’un semis d’ail à l’automne, le trempage des caïeux aide à se protéger contre les nématodes des tiges.

  • Eau. Tremper les caïeux dans de l’eau à 20 °C pendant 24 heures.
  • Solution de manganèse. Préparer une solution à 5 % et y faire tremper les semences pendant 24 heures.
  • Formaline. Utiliser une solution à 5 % et y laisser tremper l’ail pendant 12 heures.

L’efficacité de ces techniques varie de 95 à 98 %, et elles améliorent l’adaptation de la plante après la plantation.

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Thrips du tabac : minuscules,mais très gourmands

Ce ravageur est un organisme microscopique de couleur jaune clair ou brun foncé. Il mesure à peine 1 mm. Les femelles pondent leurs œufs dans le tissu spongieux du feuillage, d’où sortent les larves trois à cinq jours plus tard. Elles consomment la sève de la plante et l’appauvrissent en nutriments. La croissance de l’ail ralentit et les tiges deviennent molles. L’insecte hiberne dans la couche superficielle du sol.

Pour prévenir l’apparition de ce parasite sur l’ail, il convient de suivre les recommandations suivantes :

  • respecter la rotation des cultures ;
  • détruire les résidus végétaux ;
  • travailler le sol de manière approfondie ;
  • alterner les cultures d’ail avec des carottes.

En cas d’apparition de thrips, les plants peuvent être pulvérisés avec une infusion de chélidoine. Laissez infuser 1 kg de matière sèche dans 10 litres d’eau pendant deux jours.

Acariens des racines : l’invité qu’on voudrait éviter

Ce parasite est présent dans le monde entier. La plupart des infestations se produisent dans les entrepôts, mais il arrive aussi que les plants d’ail soient attaqués au champ. L’acarien est introduit avec le matériel végétal.

Il pénètre dans le bulbe par sa base et consomme les écailles charnues,ce qui provoque la décomposition des racines.

Pour éviter d’introduire ce ravageur sur la parcelle, il est essentiel d’acheter du matériel végétal sain. En outre, les débris végétaux doivent être brûlés, et les outils de jardinage doivent rester propres.

L’entrepôt où l’ail sera conservé pendant l’hiver est traité avec du dioxyde de soufre, produit par la combustion de fumigènes adaptés. Le local doit rester fermé hermétiquement pendant deux jours pour que la désinfection soit efficace.

Les maladies et les parasites les plus fréquents de l’échalote, illustrés dans le tableau ci-dessous, sont les suivants

Un ail costaud, ça se prépare dès la graine

Un ail costaud, ça se prépare dès la graine

Le plus souvent, tout se joue avant même la plantation. Pour obtenir un ail robuste, on sélectionne un matériel sain, on évite de remettre la culture au même endroit trop vite, et on prend l’habitude de nettoyer les planches après récolte.

Un ail en bonne santé, ça commence avec des caïeux sains, un sol propre et une vraie rotation.

  • sélectionner soigneusement le matériel de plantation ;
  • ne pas remettre l’ail au même emplacement avant quatre ans ;
  • éliminer les débris végétaux de la parcelle ;
  • éviter les excès d’engrais minéraux, qui rendent les plants plus sensibles aux maladies ;
  • supprimer la végétation spontanée et les repousses issues de semis non maîtrisés ;
  • sécher intensivement les récoltes ;
  • maintenir la propreté et de bonnes conditions dans les lieux de stockage de l’ail.

Sans ravageurs ni maladies, l’ail : vidéo

L’ail n’est pas un légume difficile à cultiver. La culture reste simple, et en hiver, le jardinier peut disposer, pour lui et ses proches, d’un aliment riche en vitamines, tout en se protégeant des refroidissements.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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