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Pois de senteur : des fleurs grimpantes,parfumées et faciles à réussir,même si vous débutez

Pois de senteur : des fleurs grimpantes,parfumées et faciles à réussir,même si vous débutez

Avec ses tiges volubiles,ses fleurs légères et son parfum bien marqué,le pois de senteur apporte de la hauteur au jardin sans demander des trésors de matériel. À condition de respecter quelques règles simples,la plante vous dira merci – et votre tonnelle aussi.

Communément appelés pois odorants ou pois de senteur, ces fleurs sont cultivées dans les jardins pour le jardinage vertical, la décoration des tonnelles d’été et des terrasses, mais aussi pour le plaisir, tout simplement. On ne va pas se mentir : c’est le genre de plante qui change vite l’allure d’un coin un peu plat.

Originaire du bassin méditerranéen, le pois de senteur a été découvert et diffusé en Italie à la fin du XVIIe siècle. Le botaniste italien Cupani l’aurait observé en 1696, avant qu’il ne gagne l’Angleterre, où des siècles de sélection ont donné naissance à plus d’un millier de variétés. Là, on parle de sérieux pour le jardin… et pour les amateurs de fleurs parfumées.

Son vrai atout, c’est sa capacité à grimper vite et à fleurir longtemps, à condition de lui offrir un sol vivant, du soleil et un support adapté.

Une fleur qui joue les acrobates

Une fleur qui joue les acrobates

Les tiges robustes du pois de senteur peuvent atteindre 2 mètres, parfois davantage selon les variétés. En s’accrochant à l’aide de vrilles, elles s’élèvent vers le haut pour former un rideau végétal très décoratif. Quant aux fleurs, elles apparaissent en grappes successives : chacune se succède à la précédente, ce qui prolonge la floraison.

La fleur a une silhouette reconnaissable entre toutes, un peu comme un petit voilier. ses éléments portent d’ailleurs des noms précis : le voile, les rames et le bateau. une poésie très technique, en somme.

Il existe aussi des variétés plus petites, autour de 30 cm de haut, qui n’ont pas besoin de support. Pratique pour les bordures, les pots ou les petits jardins (oui, même dans un petit jardin).

deux mois après la levée, le pois de senteur commence à fleurir et reste généreux pendant toute la saison douce.

Un petit voilier au jardin, sans besoin de port. La fleur a le sens du spectacle.

Après la chute des pétales, un fruit en forme de gousse se forme. il contient plusieurs graines, souvent une dizaine selon les conditions de culture. Si vous laissez les premiers fruits mûrir sur la plante, vous pourrez récolter vos propres graines pour la saison suivante.

Graines de catégories, floraisons bien rangées

Graines de catégories, floraisons bien rangées

dans les jardins, on distingue surtout deux grands types de pois de senteur : les annuels et les vivaces. Les deux se sèment à partir de graines et produisent des tiges souples qui s’enroulent volontiers autour de ce qu’elles trouvent sur leur passage. il leur faut donc un support. Sans cela, c’est le meilleur moyen de se planter… au sens propre.

On les installe volontiers :

  • le long d’un mur à habiller ;
  • contre une balustrade, qui peut alors faire office de haie fleurie ;
  • sur une pergola ouverte, pour profiter d’un peu d’ombre légère en été.

Les pois vivaces : discrets mais fiables

Les pois odorants vivaces n’ont pas les couleurs les plus éclatantes du groupe.Le plus souvent, leurs fleurs sont roses ou violettes, réunies en grappes. Leurs tiges, qui peuvent grimper jusqu’à 2 mètres, demandent un support solide en treillis pour se développer librement.

Les pois annuels, eux, offrent une palette bien plus large : blanc, bleu, rose, rouge, bordeaux, lavande… Leur parfum est souvent un peu plus délicat que celui des variétés vivaces, mais ils compensent par leur diversité.

Les pois de senteur fleurissent de juin jusqu’aux premiers froids.Ils préfèrent les emplacements ouverts et ensoleillés, avec un sol fertile et neutre.

Évitez les tiges qui s’emmêlent ou qui stagnent à l’humidité : c’est l’invitation idéale aux maladies et au pourrissement.

spencer, Cazberston, Royal : la famille s’agrandit

spencer, Cazberston, Royal : la famille s’agrandit

Toutes les variétés de pois de senteur sont ensuite classées en groupes. Parmi les plus connues, on trouve le groupe Spencer, composé de variétés à croissance rapide. Cette plante à plusieurs tiges peut atteindre environ 2,5 mètres. Ses hampes florales sont solides et portent généralement de trois à cinq fleurs. Le bord supérieur des pétales, appelé voile, est souvent ondulé.

Dans ce groupe, Aristocrat propose de charmantes fleurs blanches et roses au parfum riche. Sir Arthur apporte des voiles mauves, tandis que Sir Charles se distingue par ses fleurs cramoisies.

Le groupe Cazberston : des bouquets bien fournis

Le groupe Cazberston se distingue par sa floribondité. Le feuillage peut compter jusqu’à huit folioles, et les longues tiges de ces plantes les rendent très appréciées au jardin comme en fleurs coupées. Elles ont aussi une belle tenue en bouquet, à condition de couper au bon moment.

Petite remarque au passage : les bouquets de pois de senteur sont plus beaux lorsque plusieurs fleurs de la tige sont ouvertes. Si on coupe trop tôt, les fleurs n’expriment pas tout leur potentiel (et ce serait dommage, franchement).

La série Royal : floraison précoce au program

Le groupe royal rassemble des variétés à floraison précoce. Les pétales supérieurs peuvent être doux (blanc, rose) ou plus vifs (rouge brillant, bleu lavande). Ce sont des plantes utiles pour donner du relief rapidement dans un massif ou sur un support.

Les variétés à faible croissance, elles aussi, sont classées en plusieurs groupes.

Bijou, Pink Cupid, Fantasia : les versions compactes

Le groupe Bijou se reconnaît à ses grandes fleurs et à ses couleurs franches. La plante atteint environ 30 cm et fleurit généreusement.

Le groupe Pink cupid se distingue par le bord ondulé de son pétale supérieur. Les fleurs peuvent être blanches, pastel, bleu-violet, bleu clair, roses ou rouges. Là encore, la hauteur ne dépasse pas 30 cm.

Ces deux groupes conviennent très bien aux massifs, aux bordures et aux bouquets.

Le groupe Fantasia réunit des variétés miniatures, souvent inférieures à 20 cm. Elles sont idéales en couvre-sol ou en bordure, pour composer des tapis colorés et parfumés.

Les formes basses sont parfaites quand on veut du pois de senteur sans construire une pergola entière.

Les petites variétés font le boulot sans réclamer une échelle. La recette de la flemme intelligente.

Semer, patienter, observer : la bonne graine au bon moment

On peut cultiver le pois de senteur en semant directement en pleine terre ou en passant par les plants. Les semis de plein champ se font au printemps ou en automne.Grâce à leur tolérance au froid, les graines semées à l’automne hivernent dans le sol et lèvent dès que les températures remontent.

Le semis d’automne : la version tranquille

Le semis d’automne présente plusieurs avantages. D’abord, les graines levées à l’automne supportent mieux les variations de température du printemps. Ensuite, les jeunes plants s’acclimatent mieux au repiquage. Enfin, ils offrent souvent une floraison plus abondante sur toute la saison.

On sème à l’approche des premières gelées, mais le sol doit être préparé deux semaines à l’avance. Il faut l’ameublir, retirer les racines indésirables et niveler la surface. Dans le sillon, on creuse une profondeur d’environ 5 cm, puis on place les graines à 3 à 5 cm les unes des autres, avant de recouvrir de terre fine et bien tassée.

Au printemps, avec des températures stables, les graines lèvent naturellement.

Le semis de printemps : un peu plus tendu, mais faisable

Les semis effectués fin avril ou début mai utilisent le même principe, avec une profondeur réduite à 1 à 2 cm. En revanche, il faut surveiller l’humidité de près : le sol ne doit jamais se dessécher totalement.

Un voile ou un film léger peut aider à conserver l’humidité en surface. Pour la germination, il faut surtout de l’eau régulière et une température autour de 20 °C.

Un semis bien couvert, puis un peu d’attente. Le jardin, ce n’est pas Netflix.

Des plants en godets : la racine pivotante n’aime pas les embrouilles

Pour obtenir des fleurs plus tôt, beaucoup de jardiniers passent par la culture en godets. Le souci, c’est que le pois de senteur possède une longue racine pivotante et supporte mal les perturbations. Il vaut donc mieux semer dans des contenants en tourbe ou en plastique, afin de limiter le choc au transplant.

Dans le premier cas, la plante est presque totalement épargnée par le repiquage. Dans le second, on transfère la motte entière en pleine terre, sans casser la structure racinaire.

Avant le semis, on trie les graines. On peut les plonger dans une solution saline composée d’1 litre d’eau et de 30 g de sel : les graines vides remontent à la surface, celles qui restent au fond sont conservées pour le semis. Ensuite,il faut bien les rincer pour éliminer le sel,puis les faire tremper une journée dans de l’eau tiède. Cela ramollit l’enveloppe et facilite la germination.

On peut aussi les faire germer dans un tissu humide, conservé au chaud. Là, il faut rester attentif : les jeunes racines apparaissent vite, et c’est le moment de semer sans tarder.

Les plantules sont ensuite installées dans des contenants, puis placées près d’une fenêtre bien éclairée. Un bon ensoleillement évite qu’elles s’étiolent. Quand elles portent 3 à 5 feuilles, on peut les pincer légèrement pour favoriser la ramification.

toutes ces étapes valent aussi pour les variétés vivaces.

Au jardin, le pois de senteur aime le soleil mais déteste les courants d’air

Les jeunes plants peuvent être installés en pleine terre à partir de la mi-mai, quand les risques de froid tardif sont passés. Si le temps est très chaud, mieux vaut repiquer en fin de journée ou à l’ombre, afin d’éviter les brûlures sur le feuillage tendre.

Lors de la préparation du sol, on peut incorporer un engrais organique ou un amendement minéral adapté selon l’état de la terre.Le substrat doit être aéré et perméable à l’eau, car le système racinaire descend assez profondément. Cela demande des arrosages réguliers, mais pas détrempés.

L’emplacement doit offrir beaucoup de lumière et une protection contre les vents trop forts. Le pois de senteur aime le soleil, mais il supporte mal la bise. Une légère mi-ombre peut convenir dans les régions les plus chaudes.

Il faut aussi prévoir dès le départ les supports nécessaires pour les variétés hautes.Au fur et à mesure que les tiges poussent, on les dirige dans le bon sens pour obtenir l’effet décoratif voulu.

Le palissage, l’ameublissement et le buttage font partie des petits gestes qui changent vraiment la vigueur de la plante.

Le buttage favorise l’apparition de racines adventives. Résultat : plus de branches, donc plus de fleurs. Et ça, la plante vous dira merci.

Il faut aussi supprimer régulièrement les fleurs fanées. Sinon, la plante se met à former des gousses pour produire des graines, et la floraison ralentit nettement. Si les fruits se multiplient trop,la plante cesse de fleurir plus tôt que prévu.

Si vous voulez récolter des graines, laissez quelques grappes arriver à maturité. Chaque gousse contient en général quelques graines, souvent entre cinq et dix. Il est donc assez facile d’estimer ses besoins pour l’année suivante.

Un support bien pensé,et la floraison grimpe sans forcer. Le tricot du jardinier, en version végétale.

Gousses à maturité, graines à conserver

La capsule contenant les graines se forme à l’endroit où la fleur rejoint la tige. D’abord plate et verte, elle s’épaissit peu à peu. Quand les graines grossissent, la gousse passe du vert-jaune au brun clair à maturité.

C’est le bon moment pour récolter. On coupe les gousses, puis on les laisse sécher quelques jours dans un lieu sec et bien ventilé. On ouvre ensuite les fruits délicatement pour récupérer les graines, que l’on laisse encore sécher deux ou trois jours à l’air libre.

Les semences sèches se conservent dans des sachets en papier, au sec. Les graines de pois de senteur gardent généralement une bonne faculté germinative pendant 7 à 8 ans.

Des graines bien sèches, bien rangées, et vous repartez pour plusieurs saisons.

Oïdium, taches et pucerons : les mauvaises idées du jardin

Les principales maladies sont l’oïdium vrai et faux, la maladie du pied noir et la tache brune. Comme toujours au jardin, la prévention compte autant que le traitement. La rotation des cultures, l’hygiène de la parcelle et l’évacuation des résidus végétaux jouent un rôle essentiel. On évite de remettre des pois de senteur au même endroit avant 3 à 4 ans.

En cas d’oïdium, certaines références de culture citent des traitements à base de fongicides du commerce. Chez Jardin-Bio, on recommande surtout de miser d’abord sur l’aération, le respect des distances de plantation, l’arrosage au pied et la suppression des parties atteintes. C’est plus cohérent avec un jardin bio, et le sol ne s’en porte que mieux.

Les pucerons et certains charançons peuvent aussi s’inviter.Là encore, mieux vaut favoriser les auxiliaires, éviter les excès d’azote et garder des plantes vigoureuses. En cas de forte attaque, on peut utiliser des solutions autorisées en jardinage biologique, en respectant strictement les doses et les conditions d’emploi.

Un pois de senteur bien aéré tombe beaucoup moins malade qu’un pois serré comme dans le métro un soir de pluie.

passer l’hiver sans faire grise mine

Dès l’arrivée des premiers froids, les pois vivaces peuvent rester en place. Les tiges sont coupées au ras du sol après avoir été retirées de leurs supports. Ensuite,on couvre le pied avec un paillis de copeaux ou d’humus.

Cette protection limite les chocs thermiques et préserve la vie du sol. La plante repart ensuite dès le dégel printanier, sans qu’on ait à tout recommencer.

Un bon paillage, c’est la version jardin de la couverture qu’on ne regrette jamais.

La tête du jardinier quand le premier rang repart tout seul au printemps. Le paillage, ce petit coup de pouce à la biodiversité.

Au fond, cultiver le pois de senteur, c’est accepter un peu de patience pour beaucoup d’effet : un support simple, un sol vivant, quelques pinçages bien placés, et la floraison prend le relais. Trois gestes, un parfum, et le jardin change de visage. Pas besoin d’en faire des caisses.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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