Freesia : une bulbeuse parfumée pour la maison, la serre ou le jardin

Toutes les fleurs ne jouent pas dans la même cour côté environnement de culture ; certaines se contentent de la maison, d’autres demandent la pleine terre.Ce n’est pas le cas du freesia : cette fleur à bulbe pousse aussi bien à la maison qu’en serre ou au jardin.
De nombreuses espèces et de nombreux cultivars de freesia sont aujourd’hui cultivés, mais ils partagent tous quelques caractéristiques communes :
- une tige nue et fortement ramifiée ;
- des feuilles longues, linéaires, très étroites et soyeuses ;
- des fleurs au parfum délicat et agréable ;
- un réceptacle floral étroit.
Selon le cultivar, la hauteur de la plante et la taille des fleurs peuvent varier.
La popularité du freesia a explosé chez les jardiniers amateurs, et pour plusieurs raisons :
- son adaptabilité au lieu de culture ;
- la beauté de ses fleurs et le parfum qu’elles dégagent ;
- sa remarquable tenue en fleurs coupées.
Trois familles,mille parfums : les freesias qui font la différence

Voici un aperçu des variétés les plus connues et les plus faciles à vivre des trois espèces de freesia,avec leurs principales caractéristiques. Les trois espèces existent en version simple et en version double (leur nom contient alors toujours le mot Double).
Le freesia d’Armstrong, la clochette qui monte
Le freesia d’Armstrong est une espèce de taille moyenne : les variétés atteignent généralement 70 cm au maximum. Les fleurs ont une forme de clochette et se déclinent dans plusieurs nuances de rouge. La variété Cardinal est la plus connue ; ses grandes fleurs rouge vif sont réunies en panicules de neuf à onze fleurs.
Le freesia hybride, le grand ramifié
Certaines variétés de freesia hybride peuvent atteindre un mètre de hauteur. La tige est alors très ramifiée, et les fleurs sont grandes et multicolores. Cette espèce s’adapte même à des conditions difficiles.Ballerina, Rosemary et Pimperina comptent parmi les variétés hybrides les plus appréciées.
Le freesia blanc, petit format mais gros effet
Le freesia blanc, aussi appelé freesia cassé, est un véritable petit gabarit parmi les freesias. Les plantes ne dépassent pas 40 cm de hauteur, mais cela ne diminue en rien leur valeur ornementale : jusqu’à cinq fleurs peuvent se former sur chacune de leurs fines tiges. C’est dès le mois d’avril que cette espèce peut commencer à fleurir.
La variété Alba ravira les amateurs de fleurs blanches, qui paraissent démesurément grandes par rapport à la taille réduite de la plante. Quant à la variété Fragrant, elle séduit par son délicat parfum de muguet, qui émane de ses fleurs jaunes.
Le freesia Alba, tout en contraste : petite plante, grande présence.
En pleine terre, pas en plein cagnard : le freesia cherche l’ombre légère

Comme indiqué plus haut, l’un des principaux atouts du freesia est sa capacité d’adaptation. C’est précisément pour cette raison qu’il faut bien choisir son emplacement avant de se lancer. Et là, on parle de sérieux pour le sol.
Préparer le terrain sans l’épuiser
Le lieu de plantation du freesia doit être choisi en tenant compte d’un point essentiel : même s’il aime une certaine chaleur, il ne supporte pas le soleil direct. Un emplacement légèrement ombragé sera donc idéal.
Une fois le bon endroit repéré, on prépare le sol. Si le freesia doit être cultivé en sujet isolé, il faut creuser une tranchée de 40 cm de profondeur et la remplir avec un mélange de terre adapté.
S’il doit être planté en groupe, on creuse une tranchée de 40 cm de profondeur et de 40 cm de large, puis on la remplit avec un mélange de terre.Pour obtenir un sol bien poreux, on conseille de mélanger tourbe, humus, compost et terre de jardin de surface à parts égales, soit un rapport de 1:1:1:1.
On peut aussi ajouter de la vermiculite ou du sable de rivière pour l’alléger. Le freesia n’aime pas les sols acides ; il convient donc de corriger le terrain avec un peu de chaux si besoin. On ajoute enfin des éléments minéraux, notamment de l’azote et du phosphore-potassium, au mélange préparé.
Choisir des bulbes sains, sinon c’est le meilleur moyen de se planter
Bien implanté depuis longtemps dans les jardins russes, le freesia n’est pas une plante exotique difficile à trouver en jardinerie. Avant d’acheter les bulbes, on les inspecte soigneusement pour repérer tout signe de pourriture ou de moisissure.ils doivent être denses et fermes,sans zones desséchées ni parties poreuses.
Si l’on choisit de cultiver le freesia à partir de graines, c’est plus long. Dans ce cas, au moment de l’achat, on vérifie l’intégrité de l’emballage et la date de péremption des graines.
Préparer les bulbes et les semis sans brusquer le réveil
La préparation des bulbes commence début avril. On les débarrasse d’abord de leurs écailles dures, puis on les plonge pendant une demi-heure dans une solution fongicide (Fitosporine faisant très bien le job). Cela réduit le risque de maladies fongiques et améliore leur résistance à la pourriture.
Ensuite, on plante chaque bulbe à 5 cm de profondeur dans des contenants séparés pour favoriser la germination. avant la plantation, on installe les bulbes dans un endroit bien éclairé et chauffé, tout en surveillant l’humidité du substrat.
Les graines doivent elles aussi être traitées avec un fongicide avant le semis, puis placées dans un récipient rempli d’un substrat riche en nutriments. On les recouvre délicatement de terre,sur 3 à 4 mm,on humidifie légèrement la surface et on couvre le tout avec du verre ou un sac plastique.
Quand les plantules lèvent,on les place près d’une fenêtre à la lumière tamisée et on veille à ce que la terre ne sèche pas. En général, les graines de freesia sont semées en avril, puis cultivées pendant un mois à un mois et demi avant la mise en pleine terre. Il faut le dire franchement : un freesia issu de graines ne fleurit qu’au bout de 8 à 9 mois après le semis. C’est pourquoi peu de jardiniers le cultivent directement en pleine terre à partir de graines.
La patience du semis, ce n’est pas toujours glamour.Mais la plante vous dira merci.
Mai en douceur : quand le freesia prend racine dehors

Le freesia se plante de la mi-mai à la fin mai, lorsque le risque de gelées est devenu presque nul.
dans une tranchée ou un trou préparé à l’avance, on place les bulbes ou les jeunes plants à une distance de 3 à 5 cm les uns des autres.
Si l’on souhaite respecter un espacement entre les rangs, on garde 15 cm.
Selon leur taille, les bulbes de freesia sont enterrés à 3 à 6 cm de profondeur.
Vidéo de préparation du semis de freesia
Freesias, deux semaines après la plantation : la différence se voit déjà.
Serre ou rebord de fenêtre : le freesia joue aussi les stars d’hiver
Cette fleur a gagné en popularité chez les jardiniers domestiques pour une raison simple : elle peut fleurir à n’importe quel moment de l’année, selon la date de plantation en conteneur. Comme peu de fleurs sont vraiment à leur avantage en plein hiver, beaucoup attendent avec impatience cette floraison. pour cela, on plante les bulbes en contenant entre fin août et début septembre.
Avant la plantation en pot, on prévoit deux choses :
- un traitement préventif fongicide pour limiter les maladies fongiques et les pourritures ;
- un stimulant de croissance pour aider les bulbes à se réveiller rapidement.
Pour cultiver le freesia à la maison, il faut un récipient percé d’un trou de drainage.
On installe ensuite une couche drainante au fond, avec des petits cailloux, du sable grossier de rivière ou un drainage acheté dans le commerce.On ajoute par-dessus une couche de charbon de bois.
Le haut du contenant est rempli avec un substrat composé de tourbe, d’humus et de terreau de jardin, à parts égales (1:1:1). On complète ce mélange avec des engrais minéraux riches en calcium et en phosphore.
Une fois les travaux préparatoires terminés, on passe au semis des bulbes. Ils sont enfoncés dans le substrat à 5 ou 6 cm de profondeur. On peut placer jusqu’à cinq bulbes dans 1,5 litre de terreau.
on installe d’abord le pot dans un endroit frais,autour de 12 °C.
Dès l’apparition des premières feuilles, on transfère le pot dans un endroit plus chaud, où la température moyenne se situe autour de 20 °C.
Lys : semis et entretien
En serre, le freesia a tout bon : chaleur douce, humidité et zéro courant d’air
Cette option est la plus confortable pour le freesia, car elle permet de réunir toutes les conditions favorables à sa croissance. Contrairement à une plantation en pleine terre, une mise en place au printemps sous serre permet d’obtenir une floraison beaucoup plus tôt – du début au milieu de l’été – plutôt qu’à la fin du mois d’août. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en serre, on peut :
- maintenir en permanence une humidité élevée, d’au moins 50 % ;
- réduire l’écart de température entre la nuit et le jour, principale cause de nombreuses maladies du freesia ;
- éviter les courants d’air.
Vidéo de la plantation de freesias en pleine terre.
Le freesia en fleurs : eau, soutien et petits gestes qui changent tout
Arrosage et humidité
L’arrosage doit être abondant et régulier depuis la levée des plants jusqu’à la fin de la floraison. Ensuite, on réduit les apports d’eau, puis on les arrête complètement à l’approche du repos des bulbes. En serre, il est plus simple de maîtriser ce paramètre, comme on l’a dit plus haut. Au jardin comme à la maison,on arrose de préférence le soir.
Nutrition
Dès l’apparition des premières plantules, on peut utiliser du nitrate d’ammonium, puis apporter tous les quinze jours des engrais à base de superphosphate et de phosphore-potassium. Cela concerne les freesias cultivés en jardin. En intérieur, un engrais complet soluble dans l’eau pour plantes d’intérieur suffit.
installer un support avant la casse
Les tiges florales de nombreuses variétés sont assez longues ; elles peuvent donc mal supporter le poids des fleurs et casser. Au fur et à mesure de la croissance, on prévoit un support – tuteur décoratif en bois, en bambou ou en plastique – pour éviter ce problème. dans le jardin, un grand grillage discret peut aussi faire l’affaire.
Ôter les fleurs fanées
Pour encourager une nouvelle floraison, on supprime les fleurs fanées. On coupe avec un sécateur bien propre,à environ 0,5 cm au-dessus de la couronne. On ne taille les feuilles que si elles sont très abîmées ou pour des raisons esthétiques.
Paillage
Le paillage est particulièrement significant pour les freesias plantés en pleine terre. Recouvrir le sol avec 3 cm de paille grossièrement hachée aide à conserver l’humidité et à limiter les écarts de température. Là,on parle de sérieux pour le sol.
Lumière d’appoint
C’est particulièrement essentiel pour la culture en intérieur pendant l’hiver.Il faut offrir au freesia une durée d’éclairage de 12 heures par jour pour qu’il puisse fleurir correctement. On peut pour cela utiliser une lampe horticole.
Les primevères sont des plantes vivaces modestes à floraison précoce.
Ravageurs et maladies : quand le freesia fait moins le fier
Les principaux ravageurs du freesia sont les thrips et les tétranyques. Comme on ne sait pas toujours quel insecte précis s’est installé sur la plante, on utilise des méthodes efficaces contre l’ensemble du complexe. Cela peut inclure Iskra, Fitoverm et Fufanon. Les remèdes populaires ne suffisent pas contre les thrips et les tétranyques ; il faut donc passer par un traitement adapté.
Les maladies suivantes peuvent toucher le freesia pendant toute la saison de croissance :
- la fusariose et diverses pourritures, causées par des champignons ; un traitement fongicide s’impose ;
- les maladies provoquant la nécrose des fleurs et du feuillage (virus du freesia, virus du haricot), qui sont incurables ; si elles apparaissent, il faut arracher puis brûler la plante entière pour éviter la propagation.
Avant de planter les freesias,mieux vaut ne pas négliger les règles de culture et le traitement du matériel de plantation,car la plupart des maladies apparaissent quand les bases agronomiques ne sont pas respectées.
Du bulbe au bouquet : multiplier sans se prendre les pieds dans les pétales
Le freesia peut se multiplier à la fois par voie végétative et par graines. Voici les deux méthodes, sans oublier les petites limites du terrain.
Multiplier le freesia par les graines
Pour obtenir des graines de bonne qualité, le freesia doit être cultivé de façon à fleurir en avril-mai. Il produit alors un fruit, une capsule contenant environ trois graines. Pendant la floraison, on peut utiliser un pinceau pour polliniser la fleur. Il est aussi possible de faire appel aux insectes pollinisateurs. Les graines récoltées peuvent se conserver trois ans, mais leur pouvoir germinatif est optimal après un an de stockage. On ne récolte les graines que sur des plantes bien florifères.
Multiplier le freesia à partir d’un bulbe
Ici, pas de toughé particulière : le freesia se multiplie de lui-même en produisant quatre ou cinq bulbilles autour de chaque bulbe. L’essentiel est de pouvoir les conserver et de les planter séparément la saison suivante.
Culture à partir de graines, ou comment choisir entre patience et bulbes bien sages.
Hiver au sec,bulbes au chaud : les garder d’une année sur l’autre
Le freesia est une plante à fleurs originaire d’Afrique ; il n’est donc pas surprenant qu’il ne survive pas à l’hiver russe en pleine terre et qu’il faille l’arracher à l’automne. On conseille de conserver les bulbes récoltés dans une pièce humide, à une température de stockage de 22 à 25 °C. Bien sûr, tout le monde n’a pas une pièce adaptée à la maison, mais il existe plusieurs solutions :
- placer les bulbes dans un filet, puis le suspendre au-dessus d’un récipient d’eau ;
- si le jardin se trouve dans une région au climat doux, sans hiver rigoureux, laisser les bulbes en terre en les recouvrant d’une couche de feuilles mortes.
Un bouquet bien placé : le freesia au jardin d’ornement
Dans ce domaine, le freesia a gagné en popularité au fil du temps. Cela tient à plusieurs avantages :
- la qualité ornementale des fleurs et la forme de la plante permettent de l’utiliser aussi bien en plantation isolée que dans des compositions associant plusieurs variétés ou d’autres fleurs ;
- la polyvalence du lieu de plantation permet de végétaliser même des zones minérales du jardin : on peut installer les bulbes dans de jolis contenants ;
- la diversité des espèces et des cultivars contribue à l’effet décoratif du freesia, même sur une rocaille ou une pente alpine (les variétés basses de freesia cassé conviennent particulièrement bien) ;
- le parfum des fleurs de freesia en fait une star parmi les amateurs d’aromathérapie.
Le freesia peut donc être intégré dans de nombreux styles d’aménagement. C’est aussi pour cette raison que cette fleur s’est répandue non seulement chez les jardiniers amateurs, mais aussi chez les professionnels de la production florale. Prêt à lui laisser une place au jardin ?






