Gazania : la fleur de midi qui met le feu au jardin, sans en faire trop

La gazania est une fleur charmante qui embellira n’importe quel jardin. Surnommée la fleur d’or de midi par les fleuristes allemands, elle ouvre ses corolles au soleil et les décline en nuances de jaune, d’orange, de rouge et de blanc.
Cette fleur est aussi connue sous le nom de marguerite africaine. Originaire d’Afrique du Sud, elle pousse dans des milieux ensoleillés et secs, un peu comme les marguerites des champs chez nous. On compte environ 40 espèces de gazanias. Sous nos latitudes, on la cultive souvent comme une vivace frileuse ou comme une annuelle, selon le climat. En Russie, par exemple, elle est généralement cultivée comme une plante annuelle.
La tête du jardinier quand la gazania s’ouvre pile à midi : elle a gardé le sens du spectacle.
La plante est basse et herbacée. Elle ne dépasse pas 30 cm de hauteur.Ses feuilles, issues d’une rosette basale, sont pennées ou lancéolées. Leur face inférieure est pubescente. L’ensemble donne un feuillage vert foncé à gris-vert, sobre mais efficace.
De longs pédoncules portent des inflorescences généreuses. Les fleurs peuvent être blanches, jaunes, oranges ou rouge foncé. La teinte des pétales n’est pas uniforme : certaines zones sont plus marquées, plus contrastées. C’est simple, ça attire l’œil à des mètres.
la saison estivale est marquée par une profusion de fleurs. Il faut compter environ trois mois entre le semis et l’apparition de la première fleur. Autrement dit, plus on sème tôt, plus on gagne du temps sur la floraison. Sur un petit pied, on peut voir jusqu’à quarante inflorescences en même temps. Leur diamètre varie généralement de 5 à 9 cm. La nuit et les journées nuageuses provoquent la fermeture des fleurs.
La gazania aime les climats chauds et arides. Les sols lourds et l’humidité excessive ne lui conviennent pas.Elle supporte bien la chaleur, les rafales de vent et les variations de température. Elle tolère aussi de petites gelées, mais pas de grand froid.On ne va pas se mentir : ce n’est pas la plante des jardins détrempés.
Semis de gazania : le calendrier qui ne fait pas lever les yeux au ciel

Le moment du semis dépend de l’objectif de culture. entre la fin février et le 10 mars, on peut semer des graines pour le jardin d’été ou pour des plantations destinées au massif. Avec ce calendrier, la floraison démarre en juin.Les jeunes plants poussent vite et vigoureusement.
Dans les régions au climat tempéré et doux, les semis peuvent aussi se faire en avril. Dans ce cas,on sème directement dans des godets individuels,pas dans une terrine commune.Les jeunes plants se développent alors correctement et ne sont pas inférieurs en qualité à ceux semés en mars.
Pour une culture destinée à la vente, on cherche une floraison plus précoce.C’est possible en semant la gazania en novembre, mais pas en décembre. En plein hiver, les plantules entrent vite en repos ; leur croissance devient faible et lente.
L’hiver ralentit nettement le développement des semis. il faut alors près de six mois avant qu’une plante soit prête à être mise en pleine terre. Un éclairage d’appoint devient nécessaire, car la lumière naturelle manque, avec des journées trop courtes.
Plus on sème tôt dans de bonnes conditions, plus on évite l’effet “brouillon de printemps” sur les jeunes plants.
Choisir ses graines sans se faire piéger
Si vous avez choisi de décorer votre jardin avec des marguerites africaines, mieux vaut vous y prendre tôt pour l’achat des graines, en janvier ou début février. Lors de l’achat,on vérifie la date de péremption indiquée sur l’emballage. Après la récolte, les graines conservent leur pouvoir germinatif pendant environ deux ans.
Le terreau,cette banque de vie du semis
pour les semis,il faut un terreau léger et un récipient adapté. On peut préparer son propre mélange en prenant de la terre de jardin, en y ajoutant du sable et de l’humus. On peut aussi acheter un terreau pour semis en jardinerie. La principale condition, c’est une terre légère, poreuse et qui ne forme pas de croûte après l’arrosage.
Un terreau qui croûte, c’est le meilleur moyen de se planter… au sens propre.
Semer à la volée… mais pas n’importe comment
La mi-février est une bonne période pour semer la gazania. Remplissez un récipient de terreau et humidifiez-le avec de l’eau tiède. Répartissez les graines en lignes.La distance entre les rangs est d’environ deux centimètres. Il n’est pas nécessaire de recouvrir les graines de terre ; on peut toutefois les saupoudrer très légèrement de sable de rivière rincé, si on le souhaite. Enveloppez ensuite le récipient dans un film plastique ou alimentaire. Cela limite l’évaporation de l’humidité et maintient de bonnes conditions de germination.
Prendre soin des jeunes pousses sans en faire des tonnes
Il faut compter au moins 80 jours pour mener correctement les semis. Ouvrez régulièrement le récipient pour l’aération tant qu’il n’y a pas encore de plantules. Sans cela, des moisissures peuvent apparaître et détruire les graines comme les jeunes plants.
Pulvérisez de l’eau tiède sur la couche supérieure du sol lorsqu’elle devient sèche et friable. toutes les plantules devraient être sorties à la fin de la deuxième semaine. On retire alors le film. En cas de mauvais temps, ajoutez un éclairage avec une lampe de jour ou une lampe LED. Évitez les excès d’eau : le sol doit rester légèrement humide, pas détrempé.
Trois semaines après la germination, repiquez les plants dans des contenants individuels. Le volume minimum du godet doit être de 0,5 litre.La plante n’aime pas être transplantée, alors soulevez-la avec sa motte pour ne pas abîmer les racines. Arrosez ensuite avec soin.
Toutes les deux semaines, après l’arrosage, apportez un engrais complet pour fleurs.Les plants poussent mieux s’ils sont bien éclairés par le soleil ou par une lampe pendant la journée, si la température ambiante atteint environ 25 °C et ne descend pas sous 15 °C la nuit.
Une semaine avant la mise en place définitive, sortez les plants sur la véranda ou à l’extérieur. Cet endurcissement les rend plus résistants. La plante vous dira merci.
En pleine terre, la gazania veut du soleil et pas de pataugeoire

Selon le climat, le calendrier de plantation en pleine terre peut varier légèrement. Dès l’arrivée du temps doux, le sol se réchauffe et l’on peut préparer l’emplacement. Évitez les sols argileux et les bas-fonds où l’eau stagne après les pluies d’été.
La plante se développe mieux dans un endroit très ensoleillé. La terre doit être légère, souple et fine. Ajoutez environ un tiers de seau d’humus par mètre carré. creusez des trous espacés d’environ 20 cm.
Si au moins 12 semaines se sont écoulées depuis le semis, la plante est prête à être repiquée. À ce stade, le système racinaire est suffisamment formé et la transplantation se passe généralement bien. Pour repiquer, utilisez un outil de jardinage afin de sortir délicatement la plante avec sa motte du godet.
Les gazanias à floraison abondante sont souvent utilisées en aménagement paysager ; elles décorent très bien les rocailles et les rocailles alpines. Elles font aussi leur petit effet dans les bordures et les massifs. La marguerite africaine s’associe bien avec :
- l’ursinie ;
- la lobélie ;
- l’arctotis ;
- l’iberis ;
- l’agératum bleu ;
- le venidium.
Un massif bien ensoleillé, quelques gazanias, et voilà de quoi donner du relief sans charger la barque.
Été sous contrôle : eau, compost et petites attentions

Avec un entretien adapté, la plante produit de très belles fleurs. Il faut surtout surveiller :
- l’arrosage ;
- la fertilisation ;
- le désherbage léger et l’ameublissement ;
- le paillage ;
- la suppression des fleurs fanées.
Pour l’arrosage, gardez en tête qu’il n’est pas nécessaire d’arroser souvent. Mieux vaut arroser moins fréquemment, mais en profondeur. La plante tolère mieux la sécheresse que l’excès d’eau. si le sol reste trop humide, les racines risquent de pourrir et la plante décline rapidement.
Avec la gazania, l’arrosoir le plus efficace est souvent celui qu’on utilise moins souvent.
Si vous ne négligez pas les apports nutritifs, la floraison dure plus longtemps et devient plus généreuse. On peut utiliser des engrais organiques ou minéraux. Après la transplantation, la plante produit ses premières fleurs au plus tôt trois semaines plus tard. Les apports suivants peuvent être programmés toutes les deux semaines.
Après chaque arrosage, on ameublit seulement la couche superficielle du sol. Il faut aussi retirer les adventices. La terre autour de la fleur doit rester souple et propre.Un paillage avec des copeaux de bois, de l’humus, du compost ou de la sciure bien décomposée améliore la structure du sol, limite les pertes d’humidité et freine la levée des herbes indésirables.
Si vous respectez ces gestes et que vous placez les gazanias dans un endroit ensoleillé, elles fleuriront en juin. En supprimant régulièrement les fleurs fanées, on relance la production de nouvelles inflorescences. Si l’on s’y tient, l’effet décoratif dure jusqu’à l’automne. Là, on parle de sérieux pour le sol… et pour le spectacle.
Quand les dernières fleurs fanent à l’automne, les gazanias les plus robustes peuvent être rempotées dans des contenants. Elles passent alors l’hiver dans une pièce lumineuse et fraîche. Un arrosage rare et modéré suffit. On peut aussi raccourcir chaque tige de moitié. En mai, les plants hivernés peuvent retourner en pleine terre.
Ravageurs et maladies : les invités qu’on n’a pas convoqués
la gazania résiste bien aux maladies, mais lors d’un été doux et humide, elle peut être touchée par la pourriture grise. le signe de cette maladie est l’apparition de taches brunes sur les feuilles, rapidement suivies d’un feutrage gris dû au champignon.
Pour éviter la propagation de l’infection fongique, il faut éliminer la plante malade. Traitez les arbustes sains avec l’un des produits ou préparations suivants :
- phytosporine ;
- bouillie bordelaise ;
- Topaze ;
- Champion ;
- Oxyhom ;
- Integral.
Les pucerons et les tétranyques représentent aussi une menace. Il faut donc inspecter les plantes régulièrement. Les symptômes d’une attaque de tétranyques sont :
- de minuscules trous sur le feuillage ;
- des feuilles qui se décolorent.
Si l’on agit vite, les pieds atteints peuvent être sauvés. Retirez les feuilles trop abîmées.Pulvérisez l’arbuste avec du Fytoverm et couvrez-le ensuite avec un sac en plastique transparent. Le traitement doit être répété une semaine plus tard.
Si l’on découvre des colonies de pucerons, on peut nettoyer la plante avec une solution d’eau savonneuse. Fytoverm ou Actara donnent de bons résultats en cas d’attaque importante. Traitez par temps sec et calme,de préférence après le coucher du soleil.
graines ou boutures : la gazania ne manque pas de ressources
Si des variétés hybrides de gazania sont cultivées au jardin, leurs graines ne doivent pas être récoltées pour une reproduction ultérieure, car elles ne conservent pas les qualités de la plante mère. En revanche, les variétés non hybrides conviennent très bien à la récolte des graines.
Si l’été a été humide et l’automne long et doux, les graines arrivent à maturité correctement. La période de maturation dure environ deux mois. Choisissez les pieds aux plus grandes et aux plus belles fleurs et, lorsqu’elles commencent à faner, enveloppez-les dans deux couches de gaze et fixez le tout avec un lien. Dans ces conditions, les graines mûrissent sans tomber trop tôt et sans être emportées par les intempéries.
Il faut savoir que les graines de cette fleur sont très petites et ressemblent à du duvet. Un capitule peut contenir plus de 200 graines. Leur pouvoir germinatif dure environ deux ans.
Le bouturage reste la meilleure méthode de multiplication pour les plantes hybrides. On peut prélever les boutures à partir de la mi-juillet. Sélectionnez des pousses latérales d’au moins 10 cm de long et coupez-les avec un couteau bien aiguisé. retirez quelques feuilles à la base. Pour favoriser l’enracinement, appliquez une hormone de bouturage ou un équivalent adapté.
Préparez des contenants de plantation remplis d’un sol meuble et riche en nutriments. Installez chaque bouture dans son propre pot. La pièce où elles vont pousser ne doit être ni trop chaude ni trop froide.
Maintenez une température d’environ 18 °C. Arrosez avec de l’eau tiède. Si besoin, complétez la lumière naturelle avec un éclairage artificiel. Deux mois plus tard, les boutures seront enracinées. Au printemps, on peut installer les jeunes arbustes en pleine terre ou les conserver à l’abri.
Chez Jardin-Bio, on aime bien ces plantes qui savent faire le show sans demander un service trois pièces.
La gazania, cultivée de ses propres mains, surprend par ses couleurs vives tout au long de l’été et orne le jardin avec simplicité. Son entretien reste facile, et sa floraison généreuse a de quoi faire sourire, même les jours où le ciel joue les rabat-joie.






