Quand et comment transplanter un anthurium bonheur masculin à la maison

Rempoter l’anthurium sans lui faire la tête

Rempoter l’anthurium sans lui faire la tête

L’anthurium, avec ses bractées rouges ou roses et son allure exotique, supporte mal l’à-peu-près : un bon rempotage au bon moment lui évite bien des soucis, et la plante vous dira merci. On le cultive beaucoup chez les horticulteurs, et les variétés sont nombreuses : certaines se choisissent pour leurs fleurs, d’autres pour leurs feuilles décoratives, comme l’*Anthurium crystallinum*. Chez nous, on l’appelle volontiers « langue de feu », « flamant rose » ou « bonheur masculin ».

Un pot trop serré, et ça coince au radiclet

Un pot trop serré, et ça coince au radiclet

En apparence, tout commence par un simple changement de contenant.En réalité, le plus dur n’est pas de rempoter, mais de savoir quand le faire. Après l’achat, deux écoles s’affrontent : certains conseillent de laisser la plante tranquille le temps de s’acclimater, d’autres préfèrent une transplantation rapide du « bonheur masculin ».

Les spécialistes recommandent souvent d’attendre environ deux semaines après l’arrivée à la maison.Le problème, c’est que les plantes vendues en jardinerie ou chez les fleuristes poussent souvent dans un substrat de transport pauvre en nutriments. L’apport d’engrais y suffit pour peu de temps, puis la plante commence à fatiguer : feuilles tachées, feuillage qui sèche, tiges florales qui se flétrissent. On ne va pas se mentir, c’est le meilleur moyen de se planter si on laisse traîner trop longtemps.

En sortant l’anthurium de son pot, on voit vite le tableau : racines enchevêtrées, terre presque invisible, volume racinaire comprimé. Un contenant trop petit réduit l’aération, favorise la stagnation de l’humidité et finit par fragiliser la plante. De plus,un manque de nourriture bloque la croissance de nouvelles pousses. Si vous avez acheté un grand spécimen, mieux vaut ne pas tarder.

Le bon moment, ou presque la bonne saison

Le bon moment, ou presque la bonne saison

Pour rappel, les jeunes anthuriums se rempotent en général chaque année, tandis que les sujets adultes attendent plutôt deux à trois ans entre deux rempotages. Souvent, on combine d’ailleurs le rempotage et le rajeunissement des plantes adultes.

L’hiver reste une période délicate, même si l’anthurium n’a pas de vraie dormance marquée et peut parfois continuer à produire des feuilles ou des fleurs. Le meilleur moment pour le rempoter reste donc le printemps.

En cas de pot vraiment trop petit, de substrat détérioré ou de maladie, on peut rempoter en dehors du printemps, mais il faut alors agir avec plus de précaution.

L’anthurium est rarement attaqué par les parasites, mais un incident sanitaire peut aussi justifier une transplantation hors calendrier. Si elle devient indispensable,elle peut se faire à n’importe quel moment de l’année. Même la floraison n’est pas un obstacle : à ce niveau-là, la plante n’est pas si délicate.

Un pot qui respire, pas une prison humide

Un pot qui respire, pas une prison humide

Si la plante est vigoureuse et que le pot est simplement devenu trop étroit, on peut utiliser la méthode du transbordement : on garde la motte en place et on enlève seulement l’excédent de substrat qui se détache facilement. En revanche, en cas de maladie ou de pourriture des racines, il faut nettoyer complètement le système racinaire avant de replanter dans un substrat neuf.

Choisir le bon contenant

Le système racinaire de l’anthurium s’étale. Mieux vaut donc choisir un récipient assez large, mais pas trop profond. L’humidité stagne moins dans ce type de pot, et c’est déjà un bon point.

Le contenant doit correspondre au volume des racines : pas de marge excessive, sinon le substrat s’acidifie et finit par sentir mauvais.

Si vous souhaitez surtout multiplier l’anthurium, un pot un peu plus grand peut aider, mais la floraison sera alors moins abondante. Pour garder une belle floraison, on rempote plutôt dans un contenant seulement 1 à 2 cm plus large que le précédent.

Le plastique reste souvent préférable au verre : il garde mieux une température stable. Or, les racines des plantes tropicales n’aiment pas du tout les coups de froid, qui favorisent maladies et pourritures. Si vous réutilisez un pot, pensez à nettoyer soigneusement les parois, avec de l’eau bouillante ou une solution de permanganate de potassium.

*L’anthurium n’aime pas vivre dans un pot qui lui sert trop grand. Classique : la plante fait du frais, et les racines font la grimace.*

Un substrat qui fait la forêt, pas la soupe

Dans la nature, l’anthurium pousse sous les fourrés forestiers, parmi les écorces tombées et les feuilles mêlées à la terre. Le substrat doit donc s’en approcher : légèrement acide, très aéré, et capable de laisser passer l’eau sans la retenir trop longtemps. Si vous можете acheter un substrat spécialement formulé pour les anthuriums, c’est la solution la plus simple.

Certains jardiniers le remplacent par un substrat pour orchidées,à base d’écorce,de tourbe et de sphaigne. On peut aussi préparer son propre mélange. Il doit rester meuble, tout en tenant assez bien pour soutenir une belle plante bien développée. Et là, on parle de sérieux pour le sol : sans structure correcte, les racines étouffent.

Le drainage est indispensable.On peut utiliser des billes d’argile,des éclats de brique ou du gravier.

Deux mélanges possibles

Premier mélange :

  • 2 parts d’humus de feuilles ;
  • 1 part de terre de prairie ;
  • 1 part de gravier grossier.

Deuxième mélange :

  • 2 parts de terre de prairie ;
  • 1 part de tourbe fibreuse ;
  • 1 part d’écorce de pin ;
  • 1 part de sphaigne broyée.

Dans la forêt, on peut récolter de la terre de feuilles, de l’écorce et du lichen ; au jardin, on peut prélever un peu de gazon. Chaque composant a sa fonction. La mousse et l’écorce de pin allègent le mélange, tandis que la terre de feuilles et le gazon lui apportent des nutriments.

La perlite, la vermiculite et le charbon de bois peuvent servir d’additifs, mais leur part ne doit pas dépasser 15 % du mélange.

*Le bon substrat d’anthurium, c’est un peu la recette de la flemme intelligente : assez simple à faire, mais avec juste ce qu’il faut de précision.*

Rempotage : les mains dans la motte

Avant de rempoter, il faut désinfecter le substrat. On peut le faire :

  • en le chauffant au four ;
  • en le passant à la vapeur ;
  • en le plaçant au congélateur pendant trois ou quatre jours ;
  • en l’arrosant avec une solution de permanganate de potassium ou de fongicide.

La tourbe et la sphaigne ne subissent pas forcément ce traitement ; en revanche, le gazon, l’humus et la terre de feuilles peuvent être désinfectés ainsi. Ensuite, on mélange les différents composants.

Avant la transplantation, on arrose l’anthurium pour que la motte soit plus souple et sorte plus facilement du pot.Un récipient en plastique peut même être légèrement écrasé à la main pour aider au démoulage.

Les racines doivent être observées avec attention.On retire toutes les parties abîmées, desséchées ou pourries. ensuite, on laisse sécher la plante à l’air libre pendant une demi-heure avant de la traiter à la phytolavine, si nécessaire.

on verse d’abord le drainage, puis une fine couche de substrat. On installe ensuite l’anthurium bien droit, avant de compléter avec le reste du mélange tout autour. Pendant l’opération, il est utile de tapoter légèrement les parois du pot pour répartir la terre de façon homogène.

À la fin, on tasse légèrement avec les paumes, puis on arrose.

Après le rempotage, on remet le pot à sa place habituelle et on évite de trop le bousculer : l’anthurium a besoin d’un petit temps pour se remettre d’aplomb.

*La tête du jardinier quand il découvre que les racines ont fait des nœuds : un rempotage,ça remet tout le monde à sa place.*

Après le passage du pot, on reste doux

les soins après rempotage changent peu, sauf sur un point essentiel : on arrose avec plus de prudence que d’habitude.Les racines ne reprennent pas immédiatement un fonctionnement optimal, et elles restent sensibles au surplus d’eau. Pendant le premier mois, on ne fertilise pas, car le nouveau substrat contient déjà assez de nutriments.

Lumière et température, le duo qui compte

L’anthurium aime une lumière vive, mais tamisée. Le soleil direct lui convient mal. Il se plaît sur une fenêtre à l’est ou à l’ouest. Au sud, il faut l’ombrer ; au nord, il faut souvent compléter la lumière.

Le « bonheur masculin » aime la chaleur. En été, la température idéale se situe entre 20 et 28 °C. En hiver, elle peut baisser un peu, mais sans descendre sous 15 à 16 °C. Certaines variétés ont même besoin d’un léger rafraîchissement pour déclencher la floraison. En revanche, les écarts brutaux et les courants d’air restent à éviter.

Un anthurium stable, c’est un anthurium qui fleurit mieux : pas de grand écart thermique, pas de courant d’air, pas de caprice.

*Spathiphyllum, l’autre “bonheur” de la maison, n’a pas signé pour partager le même drama de fenêtre.*

Arrosage et humidité, sans faire trempette

Pour l’arrosage, on privilégie une eau filtrée, distillée ou au moins à température ambiante. Une eau légèrement tiédie peut aussi convenir. On arrose copieusement, puis on laisse le substrat sécher à moitié entre deux apports. Les racines de l’anthurium pourrissent facilement en eau stagnante.Après l’arrosage, il faut donc vider toute eau restante dans la soucoupe. En hiver, on réduit la fréquence et les quantités.

Comme c’est une plante épiphyte, l’anthurium aime une forte humidité de l’air. Même si certaines sélections prétendent mieux supporter l’air sec, mieux vaut respecter ses besoins : brumisation légère, humidificateur, ou plateau de billes d’argile humides posé à proximité. On peut aussi placer des récipients d’eau autour de la plante.

Moins d’eau dans le pot, plus d’humidité autour : c’est souvent le meilleur compromis pour éviter la pourriture des racines.

*Le feuillage d’anthurium, bien brillant, c’est un peu la version tropicale du “j’ai fait ce qu’il fallait, merci de ne pas me déranger”.*

Engrais : léger, mais régulier

Au printemps et en été, on fertilise l’anthurium toutes les deux ou trois semaines.Comme ses racines supportent mal l’excès de sels minéraux,l’engrais complexe doit être plus dilué que ce que suggère souvent l’étiquette. Les spécialistes conseillent fréquemment de diviser la dose par deux.

L’anthurium apprécie aussi une nutrition foliaire hebdomadaire, sur le feuillage. On peut utiliser un engrais organique une fois par mois pour soutenir la floraison. Une infusion de consoude ou un paillis d’humus de feuilles peuvent faire l’affaire. Le fumier de volaille peut aussi remplacer le fumier de bovin, à condition d’être bien dosé.

Surfertiliser un anthurium, c’est le fatiguer pour rien : mieux vaut nourrir doucement que brûler les racines.

on connait la chanson au jardin d’intérieur : une plante propre, bien rempotée, bien arrosée, ça demande moins de rattrapage qu’un pot trop plein de bonnes intentions.et franchement, c’est plus agréable de regarder une floraison nette qu’un feuillage qui fait grise mine après un excès de zèle.

*Le bonheur masculin en pot, c’est un peu comme une bonne soupe : pas besoin d’en mettre partout, juste de viser juste.*

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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