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La lobélie,une pluie de fleurs à semer finement

La lobélie,une pluie de fleurs à semer finement

La lobélie est une petite fleur généreuse,mais elle ne se laisse pas apprivoiser à la légère : semis très fins,lumière indispensable et arrosage tout en douceur. Si on respecte son rythme, elle offre un nuage bleu, blanc ou rose du plus bel effet, en pot comme au jardin.

Originaire de régions subtropicales, la lobélie est une plante herbacée vivace de la famille des Campanulacées. En climat tempéré, elle ne supporte pas l’hiver et se cultive donc, le plus souvent, comme une annuelle.Le nom de cette fleur rend hommage à Matthias de Lobel, médecin et botaniste qui travaillait à la cour du roi d’Angleterre à la fin du XVIe siècle.

Quelles sont les conditions nécessaires à la croissance de la lobélie ? Avant tout, un peu d’anticipation. C’est une plante à croissance lente,et les semis demandent une vraie attention (on ne va pas se mentir,c’est le meilleur moyen de se planter si on s’y prend au hasard).

Variétés en cascade ou en touffe : à chaque jardin sa lobélie

Variétés en cascade ou en touffe : à chaque jardin sa lobélie

Le choix de la variété est la première étape de la culture. Il faut savoir précisément pour quelle zone du jardin on achète les plants ou les graines.

Pour les cache-pots, les paniers suspendus et les contenants à étages, on choisit des lobélies retombantes.Dans ce cas, les longues tiges, qui peuvent atteindre environ 50 cm, débordent du récipient et composent un nuage de fleurs bleues, roses ou blanches.

La lobélie arbustive atteint environ 30 cm de hauteur et s’intègre bien dans les massifs fleuris, quelle que soit leur exposition. La lobélie naine, elle, reste plus compacte, avec une hauteur maximale d’environ 15 cm, mais sa finesse et sa légèreté font tout son charme.

Un petit nuage floral qui fait beaucoup d’effet pour peu de place.

Semis microscopiques, patience géante

Semis microscopiques, patience géante

La lobélie pousse lentement. Il faut compter environ trois mois entre le semis et le début de la floraison.pour obtenir des fleurs dès le début de l’été, on sème donc dès la fin février, en sachant que cela augmente un peu la difficulté de culture. Les plants ont aussi besoin d’un éclairage suffisant, faute de quoi leurs tiges s’allongent à la recherche de la lumière du soleil.

Pour la culture en pot ou en jardinière, il faut donc préparer à l’avance le terreau, les contenants et les graines. Là, on parle de sérieux pour le sol, même si la graine est minuscule.

Un sol fin, aéré et bien vivant

Pour que la graine microscopique de lobélie puisse s’installer correctement, le substrat doit être de bonne qualité : poreux, bien drainé, capable de retenir l’humidité sans se gorger d’eau, et avec un pH neutre.

On trouve en jardinerie des terreaux prêts à l’emploi pour plantes ornementales. Avant le semis,on peut les alléger en retirant les éléments trop grossiers,en les tamisant si besoin,puis en les assainissant pour limiter les risques de maladies et de ravageurs. Pour ceux qui préfèrent composer leur mélange eux-mêmes, on peut partir sur :

  • 2 parts de terre de jardin ou terre à gazon ;
  • 2 parts de tourbe ou de fibre végétale ;
  • 2 parts d’humus ou de compost bien mûr ;
  • 1 part de sable grossier de rivière.

Une petite quantité de farine de dolomie ou de cendre de bois peut corriger une légère acidité. L’ajout de sable et de vermiculite dans un sol de jardin ou de gazon améliore aussi la structure du substrat.

Certains cultivateurs chevronnés conseillent toutefois de ne pas ajouter trop d’humus, car il favorise le développement du feuillage au détriment de la floraison. Dans un mélange pour lobélie, il faut viser juste : ni trop riche, ni trop pauvre.

Les pastilles de tourbe ou de coco sont aussi largement utilisées pour ce semis. Elles permettent de résoudre deux problèmes en même temps : un support prêt à l’emploi et un contenant. Pratique, surtout quand on veut une petite recette de la flemme intelligente.

Avant le semis, la composition préparée soi-même doit également être traitée. On peut la passer au bain-marie, la chauffer au four, l’arroser avec de l’eau chaude ou la désinfecter avec une solution de permanganate de potassium ou de Fitosporin.

Il est aussi utile de stocker à l’automne certains composants au gel.Ce refroidissement naturel limite une partie des spores et des agents pathogènes présents dans le sol.

Les bons contenants, sans faire compliqué

Pour le semis, on utilise des récipients peu profonds, d’environ 4 à 5 cm de hauteur, munis de trous de drainage. Les contenants et cassettes en plastique vendus en jardinerie conviennent très bien. Ils sont faciles à déplacer, compacts, réutilisables et permettent de repiquer les plants sans trop abîmer la motte.

Les petits contenants récupérés après usage en cuisine sont tout aussi pratiques. Des pots de yaourt ou de crème fraîche peuvent faire l’affaire, à condition de percer le fond avec un clou chauffé pour évacuer l’excès d’eau. Et ça, on l’a déjà tous fait un jour en mode bricolage du dimanche.

Une autre méthode, plus originale, consiste à semer la lobélie dans des coquilles d’œuf. La préparation demande un peu d’attention, mais au moment du repiquage, il suffit d’écraser légèrement la coquille dans la main pour laisser les racines rejoindre le sol.

À défaut de contenants individuels, on peut aussi utiliser une caisse de semis commune, peu profonde.

Des graines minuscules, mais pas capricieuses

Vu leur taille, les graines de lobélie ne demandent généralement aucun traitement particulier avant le semis. On peut utiliser des graines récoltées au jardin ou achetées dans le commerce.

Pour faciliter le travail, les fabricants proposent souvent les graines sous forme de granulés. Un granulé peut contenir plusieurs graines de lobélie, ce qui permet de les répartir plus facilement à la surface du sol.

Fin février pour les plus pressés, tout le mois de mars, voire début avril, sont des périodes adaptées pour semer la lobélie en intérieur. Avant de commencer, on peut mélanger les graines avec un peu de sable fin pour mieux les disperser.

Les contenants sont remplis de terreau, puis arrosés ou humidifiés à l’aide d’un pulvérisateur. On répartit ensuite les graines sur la surface du substrat.

On ne recouvre pas les graines de terre, car la lobélie a besoin de lumière pour germer.

On couvre ensuite le récipient d’un film ou d’une vitre, puis on l’aère chaque jour en retirant la condensation sous le couvercle jusqu’à la levée.

Les premières pousses : un petit feu d’artifice discret

Les premières pousses : un petit feu d’artifice discret

Une fois les semis levés, on retire la couverture. Si possible, on abaisse la température de culture autour de 15 à 17 °C, mais ce n’est pas toujours simple dans un appartement. Il faut surtout surveiller l’humidité du substrat : il doit rester légèrement humide, jamais détrempé.

après l’apparition de la deuxième paire de vraies feuilles, les jeunes plants seront prêts à être repiqués, environ un mois plus tard.

La lobélie aime la lumière, mais déteste les excès d’eau.

On dirait peu de choses au départ, puis tout le pot se couvre d’un brouillard de fleurs.

Arrosage : la juste mesure, pas la noyade

Une humidité modérée et une température plutôt fraîche permettent d’obtenir des plants sains et bien ramifiés. Quand la surface du terreau sèche, on arrose avec de l’eau à température ambiante.

L’excès d’humidité favorise les maladies des semis,mais la sécheresse n’est pas moins dangereuse.Les feuilles se flétrissent rapidement, se recroquevillent, car les racines ne supportent pas le manque d’eau. Il faut donc observer le substrat très régulièrement.

On ne peut pas fixer un calendrier d’arrosage strict. Quand le temps est ensoleillé, on arrose plus souvent, parfois tous les jours. Quand le ciel reste couvert, les intervalles s’allongent.

Le repiquage, tout en délicatesse

Le terreau destiné au repiquage peut être préparé à l’avance, ou constitué d’un reste de mélange de semis. on remplit des cassettes ou des petits contenants individuels, on tasse légèrement, puis on humidifie. Il suffit ensuite de faire un petit trou au center.

À l’aide d’une cuillère à café ou d’une petite spatule, on prélève 5 à 7 plants ensemble dans le contenant de départ. On les installe dans leur nouveau récipient, puis on recouvre légèrement les racines de terre.

Après cela, on arrose avec précaution, à l’aide de la même cuillère, d’une seringue ou d’une poire. L’eau doit être versée avec douceur pour ne pas mettre les racines à nu et éviter que le plant ne penche. Il faut aussi éviter d’arroser le feuillage.

Lors du repiquage en contenant commun, on garde une distance d’environ 4 à 5 cm entre les petits groupes de plants. Si certaines tiges sont trop longues, on peut les enterrer très légèrement.

Après 10 à 14 jours, la lobélie se remet du repiquage. C’est alors qu’on peut apporter une première fertilisation avec un engrais minéral complet pour plantes à fleurs, en respectant scrupuleusement les doses indiquées.

Il faut aussi se souvenir qu’une bonne luminosité reste indispensable au bon développement des jeunes plants. Si on ne peut pas les placer dans une exposition vraiment adaptée, un éclairage d’appoint peut aider. Deux à trois heures de soleil direct le matin et le soir suffisent souvent aux jeunes lobélias.

Plus tard, quand la durée du jour augmente, la plante a moins besoin d’être placée au plus près d’une fenêtre.La lobélie est une fleur de jours relativement courts : elle demande environ 10 à 12 heures de lumière par jour pour bien se développer.

Quand elle commence à pousser vigoureusement, on peut pincer l’extrémité des tiges pour favoriser la ramification. En retirant 2 à 3 mm de l’apex, on encourage la formation de pousses latérales et on obtient un port plus dense.

Au moment de la plantation en pleine terre, début juin, le plant doit être déjà bien développé. Mais il est déconseillé de le sortir brutalement du contexte protégé du semis. Un changement trop rapide de conditions entraîne une longue adaptation et retarde la floraison.

Il faut donc passer par une phase d’endurcissement : chaque jour, on sort les pots sur la terrasse, au jardin ou sous la véranda, en augmentant progressivement le temps passé dehors.Les plants encaisseront mieux leur installation définitive. La plante vous dira merci.

petit plant, grande exigence : la lobélie se mérite.

Maladies et ravageurs : quand l’excès se voit tout de suite

Les erreurs de culture sont la principale cause des maladies de la lobélie. Le plus souvent, le problème vient d’un arrosage excessif.

Un sol trop humide crée un terrain favorable aux maladies fongiques. L’apparition de taches sur le feuillage peut signaler le début du problème. Pour protéger les plants touchés et ceux qui les entourent, on retire les parties atteintes et on traite le reste avec un fongicide adapté.

Le tétranyque, lui, se développe surtout en ambiance sèche. C’est le ravageur le plus fréquent sur la lobélie,d’où l’intérêt de garder un bon équilibre hydrique autour des plants.

Quand le feuillage se couvre de petites taches brunes et ternes, c’est souvent le signe d’une attaque. Ensuite, le dommage s’étend et la feuille finit par mourir.

Si on a laissé la colonie s’installer partout dans le massif ou les contenants, il faut alors envisager un traitement plus radical, y compris chimique si aucune autre solution ne suffit. Ce n’est jamais l’option de premier choix, mais parfois on évite pire en agissant vite.

Les petits secrets d’une lobélie bien dressée

La lobélie est utilisée depuis plus d’un siècle dans les aménagements paysagers. Les jardiniers ont retenu plusieurs points utiles pour obtenir une floraison régulière et une belle structure de plante.

Les graines se sèment en surface. Leur germination demande de la lumière et une température comprise entre 17 et 20 °C.

Une teneur trop forte en azote retarde nettement la floraison. Il vaut mieux éviter d’apporter trop d’humus animal dans le mélange de terre.

Après le repiquage, pincer l’extrémité des jeunes pousses sur 1 à 2 mm favorise les tiges latérales et donne un port plus touffu. En pleine terre, on peut ensuite modeler la plante selon l’effet recherché.

Il ne doit pas y avoir d’eau stagnante au niveau des racines. Les contenants doivent donc comporter plusieurs trous de drainage.

La lobélie réagit bien à une fertilisation au sulfate de potassium : la floraison devient alors plus abondante et plus longue.

Au soleil comme à mi-ombre, elle fleurit avec générosité. On la place donc facilement en jardinière, en bordure ou dans un massif, sans trop se compliquer la vie.

Sol léger, lumière, fraîcheur : la lobélie adore ce trio-là.

Quelques semaines de patience pour un effet “brouillard fleuri”.Pas mal, pour une graine invisible à l’œil nu.

Une vivace qui fait sa diva… puis redémarre

La lobélie étant une plante vivace, il est possible de la conserver d’une année sur l’autre.Pour cela, on la transplante dans un pot à l’automne, puis on la rentre à l’abri. Il est toutefois probable qu’elle ne fleurisse pas pendant l’hiver.

Au printemps, on peut la remettre en pleine terre et profiter à nouveau de sa floraison. C’est une plante qui sait se faire attendre, mais quand elle se décide, elle ne fait pas les choses à moitié. Et franchement, pour un petit nuage de fleurs dans le jardin, on peut bien lui laisser un peu de temps.

ERIC
ERIC
Eric est jardinier passionné depuis 22 ans. Il partage régulièrement ses conseils et astuces de jardinage sur son blog "Jardin-Bio", pour aider les débutants comme les jardiniers confirmés à entretenir et faire évoluer leur jardin.

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